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DATE7 DÉC. 2025
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Villes à vivre : la dernière bataille ? Comment, ici et là, citoyen·nes et élu·es reprennent la main

Villes à vivre : la dernière bataille ? Comment, ici et là, citoyen·nes et élu·es reprennent la main
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L’immobilier est-il un problème technique ou un enjeu politique ?

PRÊT À L'ÉCOUTE
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Villes à vivre : la dernière bataille ? Comment, ici et là, citoyen·nes et élu·es reprennent la main
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Antoine Anquetil00:00
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Si vous étiez donc déjà là ce matin, le procès de la spéculation immobilière a eu lieu.

Antoine Anquetil00:08
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On a décrit comment les actifs immobiliers, autrefois dédiés à leur usage d'habitations, de commerces, de services,

Antoine Anquetil00:16
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de lieux de rencontre sont devenus petit à petit des actifs financiers

Antoine Anquetil00:21
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et commencent à entraîner une augmentation hallucinante des prêts de l'immobilier.

Antoine Anquetil00:27
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On a aussi abordé comment, petit à petit, les agences bancaires remplacent les librairies dans les cœurs de villes,

Antoine Anquetil00:34
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comment les personnes les plus pauvres ont dû s'éloigner encore et encore en dehors des centres urbains.

Antoine Anquetil00:39
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Et dans cet échange-là, qui va durer un peu plus d'une heure,

Antoine Anquetil00:44
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on va essayer d'identifier s'il existe encore des marges de manœuvre au niveau local pour contrer cette dynamique

Antoine Anquetil00:53
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qui touche la plupart des pays d'Europe.

Antoine Anquetil00:56
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On va essayer de garder un petit temps pour échanger ensemble à la fin des échanges avec les participants, les intervenants.

Antoine Anquetil01:06
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Je vais les présenter rapidement.

Antoine Anquetil01:10
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Je commence par moi, je suis Antoine Anquetil, de Solico.

Antoine Anquetil01:14
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On est une société d'investissement solidaire créée par la Fondation pour le Logement et AG2R La Mondiale

Antoine Anquetil01:20
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et on finance partout en France des projets de logement à destination de celles et ceux qui sont exclus du logement.

Antoine Anquetil01:28
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Je vais donc animer cet échange.

Antoine Anquetil01:32
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Pour échanger avec nous, nous avons invité quatre personnes.

Antoine Anquetil01:38
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D'abord, deux élus, Karine Petit, bonjour.

Antoine Anquetil01:42
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Vous êtes maire, les écologistes du 14e arrondissement de Paris, également élu au Conseil de Paris et à la métropole du Grand Paris.

Antoine Anquetil01:51
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Vous avez donc une expérience du millefeuille, on peut le dire.

Antoine Anquetil01:56
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Vous avez déclaré dans une interview cet été que votre meilleur souvenir en tant qu'élu, c'était l'expérience des grands voisins.

Antoine Anquetil02:04
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Donc un lieu emblématique de l'immobilier solidaire.

Antoine Anquetil02:10
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Donc on va sûrement reparler de tout ça.

Antoine Anquetil02:13
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Et à côté, Peyot, Peyot Dufault, bonjour.

Antoine Anquetil02:17
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Égounon, on dit, c'est ça ?

Antoine Anquetil02:19
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Voilà, en basque.

Antoine Anquetil02:21
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Vous êtes député des Pyrénées-Atlantiques depuis 2024, sous l'étiquette du parti Abert Saleh.

Antoine Anquetil02:27
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Euskal Heria Baye, Abert Saleh, vous nous direz ce que ça veut dire, voilà.

Antoine Anquetil02:34
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Vous êtes très engagé à l'Assemblée nationale sur la question du foncier, de l'immobilier, du foncier agricole.

Antoine Anquetil02:41
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Vous avez déposé une proposition de loi pour lutter contre la spéculation.

Antoine Anquetil02:46
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Vous militez très activement depuis longtemps pour l'accès au logement, avec en particulier vos camarades du parti Euskal Heria Baye,

Antoine Anquetil02:56
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jusqu'à enlever des tuiles sur la maison de Bruno Le Maire.

Antoine Anquetil03:01
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Donc voilà, on en reparlera, je pense, tout à l'heure.

Antoine Anquetil03:08
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Et puis deux personnes qui sont là parce qu'elles sont à la fois dans une posture,

Antoine Anquetil03:15
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on va dire, de recherche, de questionnement sur comment on produit la ville,

Antoine Anquetil03:20
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comment on produit la ville pour tous, avec tous, et qui la fabrique aussi en même temps sur le terrain.

Antoine Anquetil03:27
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Donc on va essayer de passer de la dimension stratégique à opérationnelle et vice versa.

Antoine Anquetil03:34
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Donc j'ai à côté de moi Flor Trotman, bonjour.

Antoine Anquetil03:38
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Tu es urbaniste, tu as beaucoup étudié la question des consommations alternatives au début de ta vie professionnelle.

Antoine Anquetil03:44
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Et c'est sûrement ça qui t'a donné envie de t'intéresser à la consommation alternative de l'immobilier et du foncier.

Antoine Anquetil03:54
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Tu as mis en pratique tout ça avec la création du Sens de la Ville, qui est une agence coopérative de stratégies urbaines et programmatiques, c'est ça ?

Antoine Anquetil04:03
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C'est ce que j'ai lu sur Internet en tout cas.

Antoine Anquetil04:07
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Puis en 2020, un nouveau projet, Basse commune, foncière coopérative,

Antoine Anquetil04:12
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qui s'intéresse à la question des raies de chaussée à impact social, cofondée notamment avec Plateau Urbain, l'opérateur de ce lieu où nous sommes.

Antoine Anquetil04:22
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Et Frédéric Gilly, bonjour.

Antoine Anquetil04:25
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Tu es économiste, géographe, tu enseignes à l'École Urbaine de Sciences Po.

Antoine Anquetil04:31
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Tu as cofondé la revue Métropolitique, que certains d'entre vous connaissent peut-être.

Antoine Anquetil04:36
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Et tu diriges également une entreprise spécialisée dans la co-construction qui s'appelle l'Agence Grand Public.

Antoine Anquetil04:42
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Tu accompagnes des élus, des promoteurs dans leur dialogue avec les habitants et les usagers de la ville et des territoires.

Antoine Anquetil04:49
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Et on va commencer d'abord par prendre un peu de recul parce que si chacun d'entre nous est citoyen à son échelle,

Antoine Anquetil04:57
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on ne les a pas invités en tout cas dans ce tour de table, donc on va le faire de manière détournée,

Antoine Anquetil05:03
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en passant un petit film qui va nous aider à prendre du recul, à ramener la question des habitants.

Antoine Anquetil05:11
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On est beaucoup sur des outils, sur des grandes questions macroéconomiques, microéconomiques depuis ce matin.

Antoine Anquetil05:19
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On va essayer d'aller mettre un peu les pieds dans le terrain pour orienter cette table ronde.

Documentaire05:26
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Est-ce que nous, on est vraiment écoutés ?

Documentaire05:33
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Est-ce que nous, en parlant, on fait des choses ?

Documentaire05:36
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Mais est-ce que ça va vraiment changer quelque chose ?

Documentaire05:38
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Parce qu'il n'y a personne qui vient, personne de la municipalité qui vient voir comment ça se passe ici.

Documentaire05:43
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Je ne dis pas que... Je sais qu'ils n'ont pas trop le temps pour aller partout,

Documentaire05:47
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mais je ne sais pas si en 10 ans, il y a quelqu'un qui est déjà venu ici.

Documentaire05:51
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Moi, ça fait 20 ans que je suis là et personne, je n'ai jamais vu personne.

Documentaire05:54
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Après, peut-être qu'ils sont venus, je n'étais pas là, mais je ne sais pas où j'étais parce que je suis toujours là.

Antoine Anquetil06:01
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Merci. Alors Frédéric, on te voit dans le film, c'est parce que c'est toi qui l'as fait.

Antoine Anquetil06:09
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Pourquoi tu as choisi ces extraits et pourquoi, quand on a parlé de cette table ronde sur la question du pouvoir des élus locaux

Antoine Anquetil06:19
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dans la perspective des élections municipales du mois de mars, de la question des citoyens, tu t'es dit, on va montrer ces extraits-là.

Frédéric Gilli06:28
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Bien, bonjour à toutes et tous.

Frédéric Gilli06:31
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En fait, je pense que la question à laquelle on est confronté, c'est une question de démocratie de manière toute simple.

Frédéric Gilli06:38
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Avec les deux parties du mot, on entend beaucoup de citoyens qui déplorent le fait de ne pas avoir le sentiment d'avoir du pouvoir.

Frédéric Gilli06:47
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Soit parce que les élus ne les représentent pas, soit parce que les élus les représentent,

Frédéric Gilli06:52
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mais ils ont bien conscience où ils pensent que les élus n'ont pas le pouvoir qu'ils avaient.

Frédéric Gilli06:58
▶ Lancer à ce moment

Et dans les deux cas, ils n'arrêtent pas de demander que ça change.

Frédéric Gilli07:02
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Et soit les élus les écoutent, mais ne font pas, et ça pose un problème de démocratie.

Frédéric Gilli07:08
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Soit les élus les écoutent, font, mais n'ont pas le pouvoir, et ça pose un problème de démocratie.

Frédéric Gilli07:13
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Ça, c'est le premier élément de fond, c'est quand on est citoyen d'une ville, qu'on soit citoyen avec des responsabilités.

Frédéric Gilli07:20
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Parce que les élus sont des citoyens de leur ville.

Frédéric Gilli07:23
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Qu'on soit un citoyen avec les responsabilités électives ou un simple citoyen.

Frédéric Gilli07:26
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On est confronté à des acteurs publics, privés, institutionnels, administratifs, des règles, des normes,

Frédéric Gilli07:32
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qui font qu'on en a parlé ce matin avec la question de la financiarisation, avec la question des usages.

Frédéric Gilli07:38
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On est rapidement privé du sentiment de son pouvoir pour tout ou partie.

Frédéric Gilli07:43
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Et par ailleurs, il y a la question de où, comment on le retrouve.

Frédéric Gilli07:48
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Et souvent, on se retrouve dans des espaces où on va avoir le sentiment que les gens font pour les gens,

Frédéric Gilli07:55
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en se donnant bonne conscience avec bienveillance et réconciliation.

Frédéric Gilli07:59
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Mais en réalité, ça ne change rien, parce que ce que demandent les gens, ce n'est pas de la bienveillance.

Frédéric Gilli08:04
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Ils demandent d'être partie prenante des process, et partie prenante pas des process pratiques.

Frédéric Gilli08:10
▶ Lancer à ce moment

Ils ne demandent pas de tenir le crayon à la place de l'architecte ou la calculette à la place du promoteur.

Frédéric Gilli08:17
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Ils demandent de pouvoir peser sur les choix politiques.

Frédéric Gilli08:20
▶ Lancer à ce moment

Donc, c'est la question, elle est véritablement politique et démocratique.

Frédéric Gilli08:23
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Avant toute chose, vivre dans une ville, pour moi, c'est une vraie question de pouvoir aujourd'hui.

Antoine Anquetil08:27
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Merci. Et Karine, vous, vous êtes élue locale.

Antoine Anquetil08:32
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Du coup, quand vous voyez ce film, qu'est-ce que vous vous dites ?

Antoine Anquetil08:35
▶ Lancer à ce moment

Qu'est-ce que ça provoque chez vous et comment ça résonne avec votre expérience ?

Carine Petit08:41
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Il y a quelques jours, on me demandait comment depuis dix ans...

Carine Petit08:46
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Enfin, on a été très interrogée sur la question des crises, de la gestion des crises et comment on essayait d'y répondre et d'y faire face.

Carine Petit08:59
▶ Lancer à ce moment

Et du coup, ça m'a...

Carine Petit09:01
▶ Lancer à ce moment

Et aussi dans la perspective où depuis quelques mois, en tant que mère,

Carine Petit09:09
▶ Lancer à ce moment

je m'interroge sur la question de pourquoi je...

Carine Petit09:14
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Pourquoi et pourquoi faire et comment je dois...

Carine Petit09:17
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Est-ce que je me représente à l'élection municipale ?

Carine Petit09:21
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Donc, c'est beaucoup de questions très personnelles et puis à la fois très, très, très politiques.

Carine Petit09:26
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Et j'ai souvenir d'un moment très précis où, lorsque je pars de chez moi et que je prends le chemin de ma journée,

Carine Petit09:35
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alors j'allais dire de la mairie, mais au sens de l'arrondissement, le 14e, c'est 134 000 habitants.

Carine Petit09:43
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Donc, il y a une question aussi de proximité pour être à l'écoute et faire avec et impliquer les habitantes et les habitants.

Carine Petit09:52
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Et c'était le lendemain de la déclaration du président de la République il y a quelques mois sur l'Ukraine, le conflit en Ukraine, où il a parlé du mot et il a employé le mot guerre.

Carine Petit10:05
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Et dès le lendemain matin, en partant, paf, j'ai croisé trois personnes successivement et ils m'ont parlé en fait de ce sujet avec beaucoup d'angoisse et en se disant,

Carine Petit10:17
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mais à la fois en se disant que les solutions de solidarité, de rebond, d'intelligence collective et de possibilité d'avancer positivement, elles étaient au niveau local.

Carine Petit10:30
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Et puis à la fois on entend, les maires sont les premiers élus à portée de baffes, alors oui, enfin je veux dire clairement,

Carine Petit10:38
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mais il y a aussi une très grande capacité, une très grande ressource d'être à l'écoute et puis de faire avec.

Carine Petit10:47
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Voilà, on a encore ces outils-là, par contre il est clair que pour faire remonter, enfin pour dire aussi qu'on soit parlementaire dans une circonscription,

Carine Petit10:57
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ou maire d'un arrondissement ou d'une commune, parfois on cherche de plus en plus les cadres, les instances, les moments, où on prend le temps de s'écouter et puis de faire remonter ces sujets-là.

Carine Petit11:11
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Et je ne prétends pas du tout être parfaite, par exemple j'étais très frappe, ça m'a beaucoup renvoyée quand la jeune femme au tout début dit,

Carine Petit11:21
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bah ça fait 10 ans et moi je suis tout le temps là, mais ils sont peut-être venus quand j'étais pas là, mais en même temps je suis tout le temps là et je les ai jamais vus.

Carine Petit11:28
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Et moi j'ai des obsessions comme ça où je me dis, je n'ai jamais passé la porte de ce commerçant-là ou de ce restaurant-là.

Carine Petit11:35
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Et là par exemple je me dis, bon c'est trop tard, j'y retournerai après si on a gagné, mais c'est vrai que c'est une préoccupation constante.

Antoine Anquetil11:45
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On sent qu'il y a un décalage qui grandit entre effectivement des attentes et des trajectoires, peut-être aussi des questions de timing,

Antoine Anquetil11:54
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qui diffèrent aussi entre la manière dont on peut mettre en œuvre des politiques et puis l'attente qui est exprimée.

Antoine Anquetil12:01
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Vous, Peyot, vous êtes élu dans une ville, Cibourg, enfin vous étiez élu, vous avez été...

Antoine Anquetil12:07
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Je suis toujours conseillé, municipal mais plus adjoint.

Antoine Anquetil12:10
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Voilà. Et depuis 20 ans, avec votre parti, vous alertez sur le fait que la Côte basque est en train de devenir la nouvelle Côte d'Azur.

Antoine Anquetil12:22
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Et on observe, enfin on entend, on sait que les communes de la Côte basque se sont très fortement mobilisées aujourd'hui sur la régulation des residences secondaires.

Antoine Anquetil12:35
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On observe du coup une divergence assez forte entre le développement de ce territoire et l'attente de la population.

Antoine Anquetil12:43
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Qu'est-ce que vous en pensez ?

Peio DUFAU12:47
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Je vais donner un chiffre assez simple. Cibourg, aujourd'hui c'est 6 000 habitants, un peu moins ce même.

Peio DUFAU12:52
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Aux dernières nouvelles, Cibourg c'était 7 000 habitants il y a 10 ans et entre temps on a construit.

Peio DUFAU13:00
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Donc ça vous donne un peu la dynamique du territoire, c'est-à-dire que malgré les constructions,

Peio DUFAU13:04
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il y a tellement de résidences secondaires nouvelles qui apparaissent parce qu'aujourd'hui un local ne peut plus acheter à Cibourg,

Peio DUFAU13:11
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ni à Saint-Jean-de-Luz, ni à Andaye, ni à Biarritz.

Peio DUFAU13:15
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C'est plus possible et du coup c'est des gens, des citadins souvent, et ce n'est pas un jugement de valeur que de dire ça,

Peio DUFAU13:22
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mais qui achètent des résidences secondaires et qui vident le territoire.

Peio DUFAU13:27
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Et quand on perd de la population, on perd des enfants dans les écoles, on ferme les écoles, on perd des enfants dans les crèches, on ferme les crèches.

Peio DUFAU13:35
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Mais surtout pour le monde de l'entreprenariat, on perd aussi les moyens de loger des futurs salariés.

Peio DUFAU13:42
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Et donc c'est un impact hyper important pour la population qui vit sur le territoire et qui fait vivre le territoire,

Peio DUFAU13:49
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parce que les résidents secondaires, ils ne font pas vivre un territoire et ils ne le vivent pas non plus.

Peio DUFAU13:54
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Et donc aujourd'hui c'est vrai qu'avec Euskal Heria Baye, notre parti à Berthes-Salais, ça fait 20 ans,

Peio DUFAU14:00
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nous on est un parti de militants en fait, on n'est pas un parti d'élus et aujourd'hui je dirais que c'est presque une anomalie que je me retrouve à l'Assemblée nationale

Peio DUFAU14:07
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parce que je n'ai pas cette trajectoire-là.

Peio DUFAU14:10
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Moi je suis de ceux qui étaient derrière. Pendant des années j'ai milité à la CGT cheminot, parce qu'il y avait un cheminot donc...

Peio DUFAU14:18
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Et j'ai beaucoup attendu des élus qu'on avait, j'ai été beaucoup déçu aussi.

Peio DUFAU14:22
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Et c'est ce qui je crois met aussi la barre plus haute pour moi par rapport à l'attente des citoyens et des gens qui comptent sur moi, sur mon équipe, sur notre parti

Peio DUFAU14:32
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pour essayer de faire ce qu'on peut parce qu'on n'est pas capable de tout, mais de réussir à infléchir une tendance qui paraît un peu inexorable.

Peio DUFAU14:43
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Et c'est vrai qu'au niveau du logement à Cybourg, on sort de 20 ans d'équipe de droite et moi j'ai 46 ans aujourd'hui, on a été élu donc il y a presque 6 ans.

Peio DUFAU14:52
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J'étais à 40 ans le deuxième adjoint le plus vieux de l'équipe, le maire ayant 10 ans de moins qu'au mois.

Peio DUFAU14:57
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On a complètement renversé la table, on est une équipe de gauche qui correspond peu au prou à ce qui s'est fait avec le NFP lors des dernières législatives

Peio DUFAU15:06
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avec des socialistes, des écologistes, toute tendance de gauche et des aversalés donc des basques comme moi.

Peio DUFAU15:13
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On travaille hyper bien ensemble, on a réussi des résultats qui font qu'aujourd'hui il n'y a pas vraiment de questions qui se posent sur la réélection du maire à Cybourg alors que c'est une ville de droite.

Peio DUFAU15:22
▶ Lancer à ce moment

Donc c'est, je pense, une bonne chose mais parce qu'on est plus militant et citoyen qu'élu à la base et c'est peut-être ça qui fait que les choses ont peut-être déjà un peu changé chez nous.

Antoine Anquetil15:35
▶ Lancer à ce moment

Il y a aussi une question que je trouve très intéressante et c'était pour ça qu'on avait envie de s'intéresser à ce qui se passe au pays basque.

Antoine Anquetil15:44
▶ Lancer à ce moment

C'est le lien que vous faites entre l'accès au logement et la possibilité de vivre sa culture basque.

Antoine Anquetil15:50
▶ Lancer à ce moment

Dans le sens où si on n'a pas accès au logement dans le pays basque parce que les loyers ou parce que les prix de l'immobilier nous en excluent,

Antoine Anquetil16:00
▶ Lancer à ce moment

finalement on n'a plus la possibilité de vivre sa culture basque, de parler la langue basque.

Antoine Anquetil16:04
▶ Lancer à ce moment

Ça vient du coup interroger la question de quand est-ce qu'on est chez soi, est-ce qu'on est chez soi parce qu'on est propriétaire ou est-ce qu'on est chez soi parce qu'on vient d'ici,

Antoine Anquetil16:13
▶ Lancer à ce moment

parce que c'est notre culture, parce qu'on est né là. Ça interroge quand même la question de la propriété, etc. C'est intéressant non ?

Peio DUFAU16:22
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Ouais alors j'ai participé au printemps, un colloque là-dessus en Corse faisait le lien entre la menace sur les cultures locales et la spéculation immobilière.

Peio DUFAU16:31
▶ Lancer à ce moment

Donc c'est vraiment mot pour mot ce que tu es en train de dire et l'enjeu, on n'est pas basque parce qu'on est né basque.

Peio DUFAU16:38
▶ Lancer à ce moment

On est basque et timologiquement parlant, donc basque, c'est ceux qui parlent la langue sauf que la langue, tout le monde peut l'apprendre, alors elle n'est pas simple.

Peio DUFAU16:48
▶ Lancer à ce moment

C'est la plus vieille langue autochtone d'Europe donc voilà. Mais aujourd'hui le pays basque a toujours accueilli, aujourd'hui et dans les temps anciens, de tout temps à jamais.

Peio DUFAU16:58
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C'est une terre de passage, on passe les Pyrénées que par deux endroits, la Catalogne ou le pays basque. Au milieu il y a des téméraires mais il n'y en a pas beaucoup quand même.

Peio DUFAU17:06
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Et donc les Romains, tout le monde, tout le monde, les Celtes, tout le monde est passé chez nous et nous on a toujours intégré tout le monde.

Peio DUFAU17:14
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Donc la volonté du peuple basque ce n'est pas de vivre en autarcie, d'empêcher les gens de venir, au contraire, nous on est un peuple très accueillant mais accueillant va être les gens qui vivent le territoire comme nous.

Peio DUFAU17:25
▶ Lancer à ce moment

Et donc on essaye l'intégration par la culture, par la langue. On a énormément d'artistes tout bon confondu mais notamment la musique basque est quelque chose de très très fortement développé chez nous.

Peio DUFAU17:39
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C'est un marqueur très important, la danse, la pelote basque. Et donc c'est vrai que si aujourd'hui les Basques, comme ça commence à arriver, sont obligés d'aller vivre dans le sud des Landes ou très à l'intérieur des terres,

Peio DUFAU17:52
▶ Lancer à ce moment

on se retrouve avec une côte très attractive mais sans Basque. Moi j'entends des fois des gens qui disent Biarritz aujourd'hui c'est une enclave parisienne ou russe au pays Basque.

Peio DUFAU18:04
▶ Lancer à ce moment

Parce qu'il y a beaucoup de Russes à Biarritz et aujourd'hui c'est sur contre quoi il faut se battre pour garder ce qu'on est.

Peio DUFAU18:11
▶ Lancer à ce moment

Parce que les gens viennent au pays Basque parce que c'est beau mais parce que la culture est là aussi. C'est ça un des enjeux majeurs de notre territoire, c'est les gens qui y habitent, c'est l'agriculture qui fait le territoire,

Peio DUFAU18:22
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c'est les maisons qui sont aussi notre patrimoine avec une architecture très particulière qu'on ne trouve pas ailleurs.

Peio DUFAU18:28
▶ Lancer à ce moment

Enfin je veux dire c'est ça notre identité et nous on ne veut pas l'imposer aux autres, on veut inviter les autres à venir nous rejoindre dans cette identité, c'est plutôt ça l'idée.

Antoine Anquetil18:38
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Très bien. Cette question du coup, on en revient toujours à la même question, cette question de la progression, enfin du prix, enfin de l'accès, de la difficulté d'accès à l'immobilier par les prix,

Antoine Anquetil18:52
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et du coup de cette conséquence d'éloignement finalement de la vie, donc que ce soit de la vie dans l'habitat, dans le logement, mais aussi dans les commerces.

Antoine Anquetil19:06
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C'est vrai que ça peut paraître, enfin Flore qui est à côté de moi, je vais lui poser une question sur les locaux d'activité, ça peut paraître un peu bizarre de faire rentrer cette question à ce moment là du sujet pour toi.

Antoine Anquetil19:20
▶ Lancer à ce moment

Tout à l'heure je disais que, enfin d'ailleurs on le voit dans ce film, l'immobilier c'est un outil, on évoque tout ce qui est dit dans le film, peut s'incarner par l'outil immobilier selon la manière dont on va l'utiliser,

Antoine Anquetil19:35
▶ Lancer à ce moment

mais en même temps c'est pas une thématique qui ressort quoi, et souvent Christophe Robert qui était là ce matin dit, le logement ça concerne tout le monde, strictement tout le monde,

Antoine Anquetil19:45
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pourtant c'est jamais un sujet qui est à l'agenda médiatique, politique, sauf pour dire des bêtises assez régulièrement, mais en tout cas c'est une question qui est souvent mise de côté alors que c'est vraiment le levier,

Antoine Anquetil20:01
▶ Lancer à ce moment

enfin voilà tu viens de le dire, le levier principal qui permet aux uns et aux autres de vivre ensemble.

Antoine Anquetil20:08
▶ Lancer à ce moment

Et donc sur l'immobilier on va dire économique, c'est la même question, en fait on ne sait pas, enfin on ne sait pas, peut-être vous le savez, en tout cas moi je l'ai découvert il n'y a pas longtemps,

Antoine Anquetil20:18
▶ Lancer à ce moment

que la hausse des loyers commerciaux c'était 30% en 20 ans, avec en plus tout un tas d'autres sujets qui viennent d'additionner à ça,

Antoine Anquetil20:29
▶ Lancer à ce moment

ça veut dire que petit à petit il y a une standardisation des cœurs de ville, la disparition d'un certain nombre de lieux qui jouaient un rôle de lien social important,

Antoine Anquetil20:41
▶ Lancer à ce moment

est-ce que toi tu as créé, Flore, une foncière qui s'intéresse à cette question des rez-de-chaussée, de comment est-ce qu'on peut les reconquérir on va dire pour y remettre la vie, de la vie à l'intérieur quoi, la composante on va dire, économique de la vie quoi.

Flore Trautmann20:59
▶ Lancer à ce moment

Tout à fait, peut-être pour commencer non, je ne trouve pas ça bizarre d'introduire ce sujet de l'immobilier non résidentiel on va dire, parce que ça intègre à la fois le commerce, les lieux d'emploi, l'activité et donc l'un ne va pas sans l'autre,

Flore Trautmann21:14
▶ Lancer à ce moment

et Karine disait tout à l'heure, l'échelle locale et aussi l'échelle qui est un peu appropriable dans laquelle on peut s'impliquer, une échelle qui est celle où on peut percevoir un certain nombre d'enjeux,

Flore Trautmann21:30
▶ Lancer à ce moment

le rez-de-chaussée pour la ville c'est un peu la même chose, c'est l'échelle qui est à hauteur du piéton, qui est l'échelle où on se croise, on vient consommer, travailler.

Flore Trautmann21:43
▶ Lancer à ce moment

Et pour autant, cette échelle-là, ces locaux-là, ils sont jusqu'à il n'y a pas très longtemps encore, ils sont très peu régulés.

Flore Trautmann21:50
▶ Lancer à ce moment

Et d'ailleurs, sujet tout à fait à l'injada politique du moment avec Chine, donc en fait, on commence à s'intéresser de plus en plus à ces sujets-là.

Flore Trautmann22:02
▶ Lancer à ce moment

Et c'est vrai que le fait que ce soit pas régulé ou très peu fait qu'on a cette perte de diversité que tu évoquais en introduction et qui creuse l'écart entre la ville qu'on trouve sympa, inclusive, variée,

Flore Trautmann22:23
▶ Lancer à ce moment

le fait de commerce indépendant, lieu porté par des entrepreneurs qui s'impliquent directement, connaissent leurs clients, choisissent leurs produits versus une ville avec de plus en plus de vacances, de plus en plus de chaînes, franchises et une vraie diversité qui se perd.

Flore Trautmann22:40
▶ Lancer à ce moment

Et pourquoi ? Parce qu'effectivement, la pression foncière est de plus en plus lourde à cette échelle aussi. On dit que depuis une quinzaine d'années, les occupants des raies de chaussée consacrent à peu près deux fois plus d'efforts dans leurs murs aujourd'hui qu'il y a 15 ans.

Flore Trautmann23:00
▶ Lancer à ce moment

Donc forcément, il y a des gens qui peuvent pas suivre et il n'y a pas un équivalent bailleur social pour maintenir cette diversité.

Flore Trautmann23:07
▶ Lancer à ce moment

Donc il se passe sans régulation, c'est-à-dire un mouvement centrifuge de ceux qui n'arrivent pas à suivre cette pression foncière et l'augmentation de la vacance et de la perte de diversité.

Flore Trautmann23:21
▶ Lancer à ce moment

Et donc effectivement, en tant qu'urbaniste, puisque la première coopérative qu'on a co-fondée le sens de la ville, son secteur d'activité, c'est d'abord la fabrication de la ville,

Flore Trautmann23:31
▶ Lancer à ce moment

on était un peu dépité de voir cette tendance sur les raies de chaussée, hausse de la vacance, baisse de la diversité et de cette appropriation citoyenne aussi des raies de chaussée.

Flore Trautmann23:41
▶ Lancer à ce moment

Et avec Plateau Urbain, effectivement gestionnaire de saisures notamment, mais qui a été aussi le gestionnaire et parmi les instigateurs des grands voisins,

Flore Trautmann23:52
▶ Lancer à ce moment

on a convergé vers, en fait, dans le panorama des acteurs de la ville, on a commencé à faire un peu un portrait robot de qu'est-ce qui ferait qu'on aurait des raies de chaussée un peu différentes.

Flore Trautmann24:03
▶ Lancer à ce moment

En fait, il manque un propriétaire qui soit à la fois désintéressé financièrement, impliqué et qui dépasse le rapport bailleur-locataire,

Flore Trautmann24:14
▶ Lancer à ce moment

mais qui laisse leur chance à tout un tas d'aventures d'émerger, qui soit en même temps assez agile, bref, portrait robot et puis on l'a cherché, on l'a pas trouvé, on a dit allez chiche, on y va.

Flore Trautmann24:25
▶ Lancer à ce moment

Et donc on a co-créé Basse Commune, qui est effectivement une société coopérative d'intérêt collectif qui achète et gère des raies de chaussée.

Flore Trautmann24:33
▶ Lancer à ce moment

Un des cas que je vais évoquer là, c'est un cas qu'on est en train d'acquérir les murs d'un lieu à Lyon, d'un collectif qui s'appelle Les Locomotives.

Flore Trautmann24:45
▶ Lancer à ce moment

Les Locomotives, c'est plusieurs associations, structures qui travaillent à la fois dans le social, dans l'humanitaire avec un vrai ancrage dans le quartier.

Flore Trautmann24:54
▶ Lancer à ce moment

Ils sont en face de la place Mazagran à Lyon et donc c'est en même temps l'arrière-court de festivals sur la place, une fonction sociale de quartier essentiel.

Flore Trautmann25:03
▶ Lancer à ce moment

Et ils se sont pris en pleine face, comme beaucoup d'occupants des raies de chaussée, la hausse de l'inflation ces dernières années.

Flore Trautmann25:11
▶ Lancer à ce moment

Le propriétaire, c'est un propriétaire privé qui suit les mêmes indices que tous.

Flore Trautmann25:16
▶ Lancer à ce moment

Et ce collectif, Les Locomotives, collectif autogéré avec pas mal d'emplois, ne pouvait plus suivre.

Flore Trautmann25:22
▶ Lancer à ce moment

Et donc ils ont contacté Basse Commune en nous demandant est-ce que non pas vous voudriez bien de notre ami,

Flore Trautmann25:27
▶ Lancer à ce moment

mais est-ce que vous voudriez bien de notre propriétaire et racheter les locaux, les murs de là où on est et on ne peut pas être délocalisable.

Flore Trautmann25:35
▶ Lancer à ce moment

On a notre importance dans ce quartier et donc là, j'en profite pour faire une petite page de pub.

Flore Trautmann25:42
▶ Lancer à ce moment

On est en train de boucler une levée de fonds pour racheter les locaux de Locomotives.

Flore Trautmann25:48
▶ Lancer à ce moment

Si vous faites partie de ceux qui ont un peu des pannes et qui se disent j'aimerais bien que ça serve à quelque chose,

Flore Trautmann25:53
▶ Lancer à ce moment

à créer un peu plus d'humanité et d'espoir dans nos villes, allez sur le site BasseCommune.com et vous serez guidé.

Flore Trautmann25:59
▶ Lancer à ce moment

Mais voilà, c'est l'un des exemples qui illustre aussi, et un exemple que j'aime bien parce que précisément,

Flore Trautmann26:05
▶ Lancer à ce moment

on a un peu parlé de faire le bonheur des gens, peut-être pas contre eux mais en tout cas pas complètement avec eux.

Flore Trautmann26:10
▶ Lancer à ce moment

Et là, typiquement, on est sur un exemple dans cette activité de foncière d'un collectif qui existe,

Flore Trautmann26:17
▶ Lancer à ce moment

qui a une activité et qui vient nous chercher parce qu'ils cherchent des alternatives et des possibilités de continuer à exister.

Peio DUFAU26:23
▶ Lancer à ce moment

Merci. Tu voulais réagir, Pierre ?

Peio DUFAU26:25
▶ Lancer à ce moment

Oui, alors je souscris totalement sur le constat, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, des pieds de porte qui étaient à vendre des enseignes de commerce locaux,

Peio DUFAU26:34
▶ Lancer à ce moment

chez nos pays basques, ça se vend pour devenir des logements.

Peio DUFAU26:37
▶ Lancer à ce moment

Le mètre carré de logement étant tellement cher et tellement attractif, notamment avec l'allocation saisonnière de meubles et de tourisme,

Peio DUFAU26:44
▶ Lancer à ce moment

ça intéresse énormément tout acheteur. Donc quand on est arrivé là, nous, on a eu un podologue qui fermait parce qu'il prenait sa retraite

Peio DUFAU26:53
▶ Lancer à ce moment

et les trois projets d'achat de logements qu'on a eus, c'était pour en faire de local, du podologue qu'on a eu, c'était pour en faire des logements.

Peio DUFAU27:02
▶ Lancer à ce moment

Et nous, on s'est opposé à ça et on n'avait pas de PLU pour une commune littorale d'entre 7 et 6 000 habitants, quand même, c'était cocasse.

Peio DUFAU27:10
▶ Lancer à ce moment

Et on a rédigé le PLU à 9 ans et dans le PLU, on a un outil qui nous permet d'empêcher la mutation de ces locaux-là.

Peio DUFAU27:17
▶ Lancer à ce moment

On a sacralisé des linéaires de commerce strictes, pas de tertiaires, pas de services, juste du commerce.

Peio DUFAU27:28
▶ Lancer à ce moment

Et ça, ça permet, on va dire, je vais le dire un peu crûment, mais de limer les dents de ceux qui ont les crocs trop longs,

Peio DUFAU27:35
▶ Lancer à ce moment

parce qu'ils n'auront pas d'autre choix que de garder un commerce en place.

Peio DUFAU27:39
▶ Lancer à ce moment

Et donc, ça permet de venir réguler. C'est une contrainte, c'est vrai, mais malheureusement, on en a besoin de ces commerces de proximité.

Peio DUFAU27:47
▶ Lancer à ce moment

Donc, c'est une des solutions qu'on a trouvées, nous.

Antoine Anquetil27:49
▶ Lancer à ce moment

Vous venez de citer deux questions sur lesquelles je voulais interroger Karine.

Antoine Anquetil27:55
▶ Lancer à ce moment

La question de la régulation, vous venez d'évoquer comment on contribue à décider ce qui peut se passer un endroit ou l'autre.

Antoine Anquetil28:04
▶ Lancer à ce moment

Et puis, t'as introduit aussi, Flor, la question du financement, c'est-à-dire qu'on voit bien que le pouvoir, il est lié aussi au fait d'avoir de l'argent ou pas

Antoine Anquetil28:13
▶ Lancer à ce moment

pour faire ce qu'on a envie de faire, ce qu'on prévoit de faire.

Antoine Anquetil28:17
▶ Lancer à ce moment

Toi, comment tu le vis, tu le mets en œuvre au quotidien ?

Antoine Anquetil28:21
▶ Lancer à ce moment

Quels outils tu as à ta disposition pour essayer de contrer cette dynamique ?

Carine Petit28:27
▶ Lancer à ce moment

D'abord, le sujet de la régulation et de la réappropriation politique de ces questions-là, elle est essentielle.

Carine Petit28:36
▶ Lancer à ce moment

Elle est majeure. Et puis, il faut qu'elle soit aussi à tous les échelons.

Carine Petit28:41
▶ Lancer à ce moment

Parce que c'est vrai que ce qu'on disait tout à l'heure, c'est les maires, t'as un petit PLU ou t'en as pas.

Carine Petit28:46
▶ Lancer à ce moment

Il est bio-climatique ou il l'est pas encore, mais il va l'être.

Carine Petit28:50
▶ Lancer à ce moment

En tout cas, le PLU, il respecte aussi, il doit s'inscrire dans des lois.

Carine Petit28:57
▶ Lancer à ce moment

Et quand les lois ne sont pas suffisamment fortes et incitatives pour justement être dans cette régulation,

Carine Petit29:07
▶ Lancer à ce moment

cette maîtrise publique et politique et d'intérêt général de ces grandes questions-là,

Carine Petit29:13
▶ Lancer à ce moment

je veux dire, tranquillou bilou, la financiarisation, elle continue, c'est pas grave.

Carine Petit29:19
▶ Lancer à ce moment

Donc je vais vous donner deux exemples sur les fameux grands voisins.

Carine Petit29:23
▶ Lancer à ce moment

C'était très sympa. On l'appelle les grands voisins, etc.

Carine Petit29:27
▶ Lancer à ce moment

Et on continue de partager les enseignements de ces grands voisins ici, même à l'université, dans les écoles d'urbaniste, etc.

Carine Petit29:35
▶ Lancer à ce moment

Aujourd'hui, c'est un quartier qui sort de terre.

Carine Petit29:38
▶ Lancer à ce moment

Et du coup, cette semaine, on était en jury pour une première à Paris,

Carine Petit29:44
▶ Lancer à ce moment

qui était le fait qu'avec l'ARIVP, bailleur social, propriétaire de tous les socles actifs,

Carine Petit29:51
▶ Lancer à ce moment

donc pour lutter contre les raies de chaussée chiants, ou alors totalement...

Carine Petit29:58
▶ Lancer à ce moment

Bon, bref. Du coup, on a mis en place un appel à projet qui est le Gestionnaire de quartier,

Carine Petit30:05
▶ Lancer à ce moment

où en fait, on essaie de chercher à la fois une programmation collective, publique,

Carine Petit30:11
▶ Lancer à ce moment

et puis une programmation des raies de chaussée qui soit dynamique

Carine Petit30:15
▶ Lancer à ce moment

et qui corresponde aussi à des choses d'intérêt général.

Carine Petit30:19
▶ Lancer à ce moment

C'est aussi pour montrer que l'intérêt général, l'intérêt public,

Carine Petit30:22
▶ Lancer à ce moment

ce n'est pas non plus seulement quelque chose qui va coûter à la collectivité, qui va coûter, etc.

Carine Petit30:29
▶ Lancer à ce moment

On a essayé de trouver des nouveaux mécanismes.

Carine Petit30:31
▶ Lancer à ce moment

Donc le fameux Gestionnaire de quartier, dont on connaîtra le nom au mois de janvier,

Carine Petit30:36
▶ Lancer à ce moment

eh bien, il aura pour permettre ces dynamiques d'intérêt collectifs,

Carine Petit30:41
▶ Lancer à ce moment

il pourra louer pendant dix ans, trois et puis dix ans, eh bien louer un certain nombre de surfaces et de locaux

Carine Petit30:49
▶ Lancer à ce moment

qu'on lui met à disposition, que la puissance publique ou le bailleur social lui met à disposition,

Carine Petit30:54
▶ Lancer à ce moment

pour financer le reste. Voilà.

Carine Petit30:56
▶ Lancer à ce moment

Et puis, par exemple, là, je m'apprête à lancer une bataille.

Carine Petit31:00
▶ Lancer à ce moment

Enfin, bon, on a commencé un peu, mais alors je peux vous dire que c'est un peu le...

Carine Petit31:05
▶ Lancer à ce moment

Vous voyez la tour Montparnasse ? Bon.

Carine Petit31:07
▶ Lancer à ce moment

Eh bien, il y a un socle, un socle de centre commercial

Carine Petit31:14
▶ Lancer à ce moment

qui est totalement aujourd'hui presque quasiment fermé

Carine Petit31:17
▶ Lancer à ce moment

et les copros, les gros copropriétaires, parce que ce n'est pas M. et Mme Michu,

Carine Petit31:22
▶ Lancer à ce moment

c'est des gros, gros, gros copropriétaires au CAC 40,

Carine Petit31:27
▶ Lancer à ce moment

eh bien, s'apprêtent à déposer un projet, mais totalement anachronique

Carine Petit31:33
▶ Lancer à ce moment

et avec une espèce de coup de force anti-démocratique et anti-public,

Carine Petit31:39
▶ Lancer à ce moment

en ayant déposé un petit permis tranquillement.

Carine Petit31:42
▶ Lancer à ce moment

Il y a un PLU et tout, je rappelle, il y a PLB, il y a Ville de Paris, tout ça, nan, nan, nan.

Carine Petit31:46
▶ Lancer à ce moment

Eh bien, on va quand même y aller, puis on va quand même vouloir monter très, très haut,

Carine Petit31:51
▶ Lancer à ce moment

épaissir le bâtiment, faire à peu près 100 000 mètres carrés de bureaux en plus.

Carine Petit31:58
▶ Lancer à ce moment

Vous voyez, il y a la tour, il y a etc., etc.

Carine Petit32:01
▶ Lancer à ce moment

Un petit centre commercial et un petit foot court parce que, vous voyez,

Carine Petit32:06
▶ Lancer à ce moment

c'est l'aspect new-yorkais des entreprises et des choses du CAC 40

Carine Petit32:12
▶ Lancer à ce moment

en termes de finances et d'immobilier.

Carine Petit32:14
▶ Lancer à ce moment

Et du coup, ça fait à peu près trois ans, je dis, mais si tu peux construire,

Carine Petit32:20
▶ Lancer à ce moment

toi gros copropriétaire, 50 000 ou 100 000 mètres carrés en 2025,

Carine Petit32:27
▶ Lancer à ce moment

si c'est ça l'autorisation que tu nous demandes à travers le dépôt d'un permis de construire,

Carine Petit32:32
▶ Lancer à ce moment

je veux dire, en fait, la question de la programmation, elle est essentielle.

Carine Petit32:37
▶ Lancer à ce moment

C'est-à-dire que, en fait, si tu construis 100 000 mètres carrés de logements étudiants

Carine Petit32:44
▶ Lancer à ce moment

avec un petit pourcentage, ne serait-ce que 10 % de logements d'intérêt public,

Carine Petit32:51
▶ Lancer à ce moment

si tu, dans ta programmation, tu mets 3 %, ne serait-ce que 3 %, c'est par exemple 4 000, 5 000 mètres carrés,

Carine Petit33:00
▶ Lancer à ce moment

ce qui est énorme pour déjà y faire et y produire des projets citoyens d'intérêt collectif

Carine Petit33:07
▶ Lancer à ce moment

pour une ville qui n'est pas que compétitive mais qui est aussi inclusive,

Carine Petit33:12
▶ Lancer à ce moment

une ville où on aura plaisir, envie d'y retourner, ne serait-ce que pour y flâner

Carine Petit33:17
▶ Lancer à ce moment

et respirer l'air et la liberté et la poésie, la créativité, l'imaginaire.

Carine Petit33:24
▶ Lancer à ce moment

Fais ça toi dans ton modèle parce que tu as les capacités de le faire, puisque tu as les capacités financières.

Carine Petit33:30
▶ Lancer à ce moment

Donc, il faut qu'on emmène maintenant toutes ces grandes entreprises de l'immobilier,

Carine Petit33:35
▶ Lancer à ce moment

de la promotion immobilière, des assurances, parce que c'est aussi ça, c'est des fonds de pension,

Carine Petit33:40
▶ Lancer à ce moment

c'est vraiment des logiques extrêmement puissantes.

Carine Petit33:43
▶ Lancer à ce moment

Il faut qu'on leur dise, bon, vraiment, sur un pourcentage de la ville que tu maîtrises, dont tu es le propriétaire,

Carine Petit33:50
▶ Lancer à ce moment

et bien agis autrement, voilà, agis autrement.

Carine Petit33:54
▶ Lancer à ce moment

Donc les expériences, les petites expériences des grands voisins, il n'y a pas de petits moyens et grands projets.

Carine Petit33:59
▶ Lancer à ce moment

La ville, c'est très politique, c'est la cité, et en effet, les rez-de-chaussée, les socles actifs,

Carine Petit34:06
▶ Lancer à ce moment

et bien c'est cette interface entre nos vies privées, nos vies de consommateurs, de consommatrices,

Carine Petit34:12
▶ Lancer à ce moment

mais aussi de nos vies en tant que citoyennes et citoyens.

Carine Petit34:16
▶ Lancer à ce moment

Et pour le coup, si le maire ou la mère n'a pas tous les pouvoirs loin de là,

Carine Petit34:23
▶ Lancer à ce moment

et bien on a la grande capacité et la fabuleuse capacité à mobiliser aussi le citoyen et la citoyenne.

Antoine Anquetil34:32
▶ Lancer à ce moment

Flore, tu parlais, quand on a préparé, tu me parlais d'un sujet, du même sujet en fait,

Antoine Anquetil34:38
▶ Lancer à ce moment

de ta dernière visite dans le quartier de l'hôtel de ville à Paris,

Antoine Anquetil34:42
▶ Lancer à ce moment

et à quel point ça t'avait frappé de voir Chine en face de la mairie de Paris ?

Flore Trautmann34:50
▶ Lancer à ce moment

Je vais réserver cette anecdote un tout petit peu plus tard.

Antoine Anquetil34:53
▶ Lancer à ce moment

Ah ok, désolé.

Flore Trautmann34:55
▶ Lancer à ce moment

Non, non, je t'en prie.

Flore Trautmann34:57
▶ Lancer à ce moment

Je veux rebondir sur ce que vient de dire Karine, parce que ça me fait penser à un épisode que j'ai lu plus que...

Flore Trautmann35:04
▶ Lancer à ce moment

enfin j'aurais pu m'en souvenir, mais en 2003, Georges Sarr a été donc maire du 11ème,

Flore Trautmann35:10
▶ Lancer à ce moment

et décide un jour de fermer les portes de sa mairie comme un acte de protestation.

Flore Trautmann35:19
▶ Lancer à ce moment

Et un acte de protestation contre quoi ?

Flore Trautmann35:22
▶ Lancer à ce moment

Porte de la mairie fermée, contre la diffusion de la mono-industrie textile dans le 11ème,

Flore Trautmann35:28
▶ Lancer à ce moment

mais surtout contre en fait son impuissance à faire quoi que ce soit,

Flore Trautmann35:32
▶ Lancer à ce moment

face à cette lame de fond qu'il observait sans avoir vraiment des outils.

Flore Trautmann35:40
▶ Lancer à ce moment

Et ça a été, enfin moi je date un peu de cette époque là,

Flore Trautmann35:44
▶ Lancer à ce moment

enfin de toute façon les changements se font pas qu'en une fois,

Flore Trautmann35:48
▶ Lancer à ce moment

mais une prise de conscience de cette nécessité de réguler,

Flore Trautmann35:52
▶ Lancer à ce moment

et en même temps juridiquement ça a été un combat, et c'est encore un combat qui va pas de soi.

Flore Trautmann35:58
▶ Lancer à ce moment

Par exemple en 2007, donc on est déjà quelques années après,

Flore Trautmann36:01
▶ Lancer à ce moment

la ville de Paris qui a toujours été un peu pirate sur ces sujets-là,

Flore Trautmann36:05
▶ Lancer à ce moment

on dirait pas comme ça mais en fait si, en tout cas pionnière,

Flore Trautmann36:10
▶ Lancer à ce moment

dans son PLU inscrit des linéaires de protection commerciaux,

Flore Trautmann36:14
▶ Lancer à ce moment

Peyol évoquait tout à l'heure, voilà, mais on est 20 ans plus tard,

Flore Trautmann36:17
▶ Lancer à ce moment

2007 la ville de Paris le fait, et est retoquée par le tribunal administratif l'année suivante,

Flore Trautmann36:24
▶ Lancer à ce moment

puis la cour administrative a rétabli cette proposition,

Flore Trautmann36:28
▶ Lancer à ce moment

et en fait il s'opposait là de principe, c'est-à-dire que la ville de Paris disait,

Flore Trautmann36:32
▶ Lancer à ce moment

on doit avoir des outils pour réguler, donc ces linéaires de protection disent,

Flore Trautmann36:36
▶ Lancer à ce moment

ici c'est ça et pas autre chose, et le tribunal dit,

Flore Trautmann36:40
▶ Lancer à ce moment

oui mais là vous portez atteinte à la liberté d'entreprendre et au droit de propriété.

Flore Trautmann36:44
▶ Lancer à ce moment

Donc on a une espèce de frontière ou de curseur qui se déplace entre ces deux nécessités,

Flore Trautmann36:50
▶ Lancer à ce moment

je sais pas si il faut dire nécessité pour droit de propriété,

Flore Trautmann36:53
▶ Lancer à ce moment

mais en tout cas ces deux principes plutôt, droit de propriété, liberté d'entreprendre d'un côté,

Flore Trautmann36:58
▶ Lancer à ce moment

et nécessité de régulation et de protection d'une diversité, d'une dynamique urbaine de l'autre.

Flore Trautmann37:04
▶ Lancer à ce moment

Et bon voilà, ces avancées, reculées, défenses entre la ville de Paris

Flore Trautmann37:09
▶ Lancer à ce moment

et des instances juridiques autres, on continue.

Flore Trautmann37:14
▶ Lancer à ce moment

Et c'est vrai qu'il y a dix jours je crois, avec Basse commune,

Flore Trautmann37:20
▶ Lancer à ce moment

on recevait une délégation québécoise qui est une structure para-public à Montréal,

Flore Trautmann37:25
▶ Lancer à ce moment

PME Montréal, qui fait un peu ce qu'on fait chez Basse commune,

Flore Trautmann37:30
▶ Lancer à ce moment

donc maintien, acquisition d'une diversité de rez-de-chaussée en ville.

Flore Trautmann37:35
▶ Lancer à ce moment

Et on était dans le dixième pour faire visiter des endroits à ce moment-là avec la frontière Paris Commerce,

Flore Trautmann37:42
▶ Lancer à ce moment

qui est un des outils de la ville de Paris.

Flore Trautmann37:45
▶ Lancer à ce moment

Donc si vous suivez bien ça fait le deuxième, la première c'est quand même le PLU,

Flore Trautmann37:48
▶ Lancer à ce moment

le deuxième c'est un outil public d'acquisition.

Flore Trautmann37:52
▶ Lancer à ce moment

Et en fait on réalise à ce moment-là qu'on est ensemble,

Flore Trautmann37:55
▶ Lancer à ce moment

la délégation québécoise, la frontière Paris Commerce et Basse commune à dix minutes à pied de Chine,

Flore Trautmann38:01
▶ Lancer à ce moment

et à l'heure de l'ouverture et de mobilisation.

Flore Trautmann38:04
▶ Lancer à ce moment

Et il se trouve que Basse commune a aussi fait l'acquisition de quasiment 1000 mètres carrés de rez-de-chaussée

Flore Trautmann38:11
▶ Lancer à ce moment

en face de l'hôtel de ville de Paris, qui vont ouvrir en 2028,

Flore Trautmann38:14
▶ Lancer à ce moment

donc on ne les voit pas encore, mais c'était le rez-de-chaussée de l'ancien siège de la PHP.

Flore Trautmann38:19
▶ Lancer à ce moment

Et le temps que les travaux se lancent, c'était un site plateau-urbain,

Flore Trautmann38:23
▶ Lancer à ce moment

les Arches citoyennes qui a été vidé il y a quelques semaines et les travaux vont être lancés.

Flore Trautmann38:29
▶ Lancer à ce moment

Le bâtiment va être transformé et les rez-de-chaussées seront donc propriétaires de Basse commune

Flore Trautmann38:33
▶ Lancer à ce moment

pour des programmations variées de cantines solidaires, réparation de cycles, voilà.

Flore Trautmann38:39
▶ Lancer à ce moment

Donc on a même un symbole, l'hôtel de ville et de part et d'autre, Chine dans le BHV et Basse commune,

Flore Trautmann38:46
▶ Lancer à ce moment

propriétaires coopératifs avec une cantine solidaire, voilà.

Flore Trautmann38:51
▶ Lancer à ce moment

C'est l'acquisition qu'on a pu faire devant l'hôtel de ville,

Flore Trautmann38:55
▶ Lancer à ce moment

notamment par, c'est une acquisition un peu compliquée, mais en tout cas,

Flore Trautmann38:59
▶ Lancer à ce moment

la ville de Paris a donné son avis sur cette acquisition, donc encore une forme d'intervention.

Flore Trautmann39:05
▶ Lancer à ce moment

Et peut-être pour compléter aussi cette prise de conscience,

Flore Trautmann39:10
▶ Lancer à ce moment

tout à l'heure j'ai dit en introduction que c'était un sujet peu régulé,

Flore Trautmann39:15
▶ Lancer à ce moment

il y a quand même de plus en plus d'interventions et notamment on constate,

Flore Trautmann39:18
▶ Lancer à ce moment

pour ne pas parler que des règes-chaussées, que de plus en plus de villes

Flore Trautmann39:23
▶ Lancer à ce moment

rachètent aujourd'hui des fonciers économiques qu'elles ont vendus il y a 30 ans

Flore Trautmann39:28
▶ Lancer à ce moment

et elles leur rachètent x fois le prix auxquels elles l'ont vendu 30 ans avant,

Flore Trautmann39:32
▶ Lancer à ce moment

et là elles se disent, oh là, en fait il y a un cycle d'obsolescence des fonciers économiques assez rapide,

Flore Trautmann39:37
▶ Lancer à ce moment

donc du coup on voit au sein d'une même municipalité ce qui se passe et donc de plus en plus,

Flore Trautmann39:42
▶ Lancer à ce moment

ça a commencé par la Savoie ou de Savoie, à proximité de la Suisse et de la pression suisse,

Flore Trautmann39:46
▶ Lancer à ce moment

mais des territoires entiers qui disent je ne vends plus de foncier si c'est du foncier économique,

Flore Trautmann39:52
▶ Lancer à ce moment

parce qu'en fait à la fin on connaît l'histoire, c'est hyper spéculatif et l'emploi, la diversité va partir,

Flore Trautmann39:59
▶ Lancer à ce moment

donc je garde le foncier en propriété, troisième levier du coup,

Flore Trautmann40:05
▶ Lancer à ce moment

et du coup dissociation des membrements avec un public qui reste propriétaire,

Flore Trautmann40:10
▶ Lancer à ce moment

sur les outils il y en a encore plein d'autres mais ça se diversifie.

Antoine Anquetil40:14
▶ Lancer à ce moment

On va continuer à en parler ensemble, mais il y a notamment un outil dont tu as parlé, la piraterie,

Antoine Anquetil40:20
▶ Lancer à ce moment

et du coup ça me donne envie de revenir vers Peyot pour qu'il nous raconte son histoire de maison de Bruno Le Maire.

Peio DUFAU40:26
▶ Lancer à ce moment

Oui, donc je vous ai expliqué tout à l'heure que nous on a un fléau énorme,

Peio DUFAU40:32
▶ Lancer à ce moment

alors on en a plusieurs au niveau du logement, un c'est les meubles de tourisme et deux c'est les résidents secondaires,

Peio DUFAU40:39
▶ Lancer à ce moment

alors il se trouve qu'avec Ehatschebay, avec la plateforme ERIANBC se loger au pays,

Peio DUFAU40:46
▶ Lancer à ce moment

on a mené plein d'actions, on a des actions mais aussi des demandes de rendez-vous avec des cabinets politiques et notamment celui de Bercy.

Peio DUFAU40:55
▶ Lancer à ce moment

Il y a une surtaxe sur les résidences secondaires qui est plafonnée aujourd'hui, elle a 60%,

Peio DUFAU41:01
▶ Lancer à ce moment

et malgré qu'on essaye de la faire bouger, on a pas mal de freins, notamment au niveau de Bercy.

Peio DUFAU41:07
▶ Lancer à ce moment

Alors Caslantien, on demande un rendez-vous à Bercy, bon évidemment on l'a pas,

Peio DUFAU41:11
▶ Lancer à ce moment

et puis on se dit, bon vous savez les Basques, on a arrêté les actions illégales violentes, je le dis,

Peio DUFAU41:19
▶ Lancer à ce moment

par contre on n'a pas arrêté les actions de désobéissance civile, voire des fois un peu illégales,

Peio DUFAU41:26
▶ Lancer à ce moment

et alors moi j'étais pas du tout député, j'étais juste adjoint au maire à ce moment-là,

Peio DUFAU41:30
▶ Lancer à ce moment

et donc on a décidé de faire une action pour montrer qu'il fallait déplafonner,

Peio DUFAU41:34
▶ Lancer à ce moment

on a été dans la résidence secondaire de la famille de Bruno Le Maire, donc Bruno Le Maire, frère et sœur et sa mère,

Peio DUFAU41:41
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et on a donc été enlever les tuiles du toit.

Peio DUFAU41:45
▶ Lancer à ce moment

Bon, madame, la mère du ministre, est arrivée à ce moment-là, évidemment nous on avait convoqué la presse,

Peio DUFAU41:52
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alors c'était assez coca, c'est bon, moi j'étais un peu le coordinateur de l'action, donc je l'ai dit,

Peio DUFAU41:59
▶ Lancer à ce moment

je l'ai dit, vous inquiétez pas, en plus vous avez de la chance, je travaillais dans le bâtiment, on a vu qu'il y avait des tuiles cassées,

Peio DUFAU42:04
▶ Lancer à ce moment

on va vous les remplacer, c'était pas une blague, c'était vrai, donc on a enlevé les tuiles le temps de l'action,

Peio DUFAU42:11
▶ Lancer à ce moment

sur une partie du toit, on a pas fait tout le toit, parce que c'était une grande résidence secondaire,

Peio DUFAU42:15
▶ Lancer à ce moment

et que vous le croyez ou pas, bon, elle a appelé son fils, qu'elle m'a passé au téléphone,

Peio DUFAU42:21
▶ Lancer à ce moment

donc on a échangé, et puis une semaine après on avait rendez-vous à la préfecture de Pau,

Peio DUFAU42:25
▶ Lancer à ce moment

avec les services de Bercy, pour parler de notre problématique, alors on a pas encore réussi à faire des plafonnées,

Peio DUFAU42:32
▶ Lancer à ce moment

bon, ça, voilà, on arrive pas tout d'un coup, mais en tout cas on a fait prendre conscience à tout le monde,

Peio DUFAU42:38
▶ Lancer à ce moment

que c'était une problématique majeure, et aujourd'hui on en a une nouvelle qui s'est ajoutée à ça,

Peio DUFAU42:43
▶ Lancer à ce moment

c'est que comme les gens veulent pas payer cette surtaxe, ils disent qu'ils sont en résidence principale,

Peio DUFAU42:48
▶ Lancer à ce moment

dans un studio sur la côte basque, alors qu'ils ont une maison ou un appartement de trois étages à Paris, par exemple.

Peio DUFAU42:55
▶ Lancer à ce moment

Voilà, il y a une fraude fiscale à la résidence principale, et c'est un nouvel enjeu qui se fait jour,

Peio DUFAU43:02
▶ Lancer à ce moment

et pour notre territoire c'est un enjeu majeur.

Peio DUFAU43:06
▶ Lancer à ce moment

J'aurais insisté sur une chose qu'on n'a pas évoquée ici, c'est vrai que les citoyens entendent beaucoup des élus,

Peio DUFAU43:12
▶ Lancer à ce moment

et moi le premier c'était mon cas, il faut mesurer quand même que quand on est élu,

Peio DUFAU43:16
▶ Lancer à ce moment

le temps d'élu est beaucoup plus long quand on agit que le temps qu'on a nous quand on regarde faire les choses.

Peio DUFAU43:23
▶ Lancer à ce moment

Quand on prend une décision en qualité d'élu, adjoint, maire, député, ça prend des années des fois pour réussir à concrétiser une action.

Peio DUFAU43:33
▶ Lancer à ce moment

Alors je ne dis pas ça pour nous dédouaner, mais je dis ça parce que c'est du vécu,

Peio DUFAU43:38
▶ Lancer à ce moment

et que tout jeune qu'il était le maire de Sibourg quand on a été élu, il nous a dit on va tout lancer la première année,

Peio DUFAU43:44
▶ Lancer à ce moment

ça nous permettra peut-être de concrétiser des choses avant la fin du mandat, et ça c'était vrai, il avait complètement raison,

Peio DUFAU43:52
▶ Lancer à ce moment

et aujourd'hui c'est vrai que le temps d'action d'un élu est vraiment très long, et je veux sensibiliser les gens à ça,

Peio DUFAU43:59
▶ Lancer à ce moment

et si un jour vous avez la chance de prendre les manettes comme nous étant opposants, on a réussi à le faire,

Peio DUFAU44:07
▶ Lancer à ce moment

activez tout ce que vous pouvez activer dans le délai de temps le plus court, parce que sinon vous n'arriverez à rien, même au bout de six ans.

Antoine Anquetil44:14
▶ Lancer à ce moment

Merci. Frédéric, je voulais te... En fait, du coup, là, Peyot vient d'introduire la question du rapport de force, on va dire,

Antoine Anquetil44:22
▶ Lancer à ce moment

et comment les citoyens peuvent être un levier pour les élus. Toi, de ton expérience, tu travailles avec beaucoup d'élus partout en France,

Antoine Anquetil44:32
▶ Lancer à ce moment

est-ce que c'est pour ça qu'ils t'appellent ? Parce qu'ils ont besoin d'avoir un soutien pour mener des actions contre d'autres acteurs qui seraient trop...

Frédéric Gilli44:43
▶ Lancer à ce moment

C'est très rare que ce soit pour ça. C'est-à-dire qu'assez souvent... Moi, j'ai réussi une annonce, on assimile ça souvent à de la concertation,

Frédéric Gilli44:54
▶ Lancer à ce moment

mais je n'ai pas l'impression de faire de la concertation. Moi, je construis du rapport de force démocratique.

Frédéric Gilli44:58
▶ Lancer à ce moment

C'est-à-dire que ça crée énormément d'incompréhension, parfois, avec certains élus, ou avec certains promoteurs, ou avec certains aménageurs.

Frédéric Gilli45:06
▶ Lancer à ce moment

C'est-à-dire que quand vous regardez ce qui se fait de manière un peu classique en participation citoyenne, dans un processus habituel,

Frédéric Gilli45:14
▶ Lancer à ce moment

vous allez avoir les élus qui vont faire un cahier des charges, les experts qui vont réfléchir, et puis derrière, quand on aura quasiment tout bouclé,

Frédéric Gilli45:22
▶ Lancer à ce moment

on viendra voir les experts de l'usage, c'est-à-dire les citoyens, pour compléter, amender, modifier.

Frédéric Gilli45:30
▶ Lancer à ce moment

Mais en fait, dans une démocratie, le citoyen, l'habitant, ce n'est pas un expert de l'usage. Si on se met sur le terrain de l'expertise,

Frédéric Gilli45:40
▶ Lancer à ce moment

l'expertise, c'est un espace qui est par nature inégalitaire. On est plus ou moins expert, on est expert de quelque chose et pas d'autre chose.

Frédéric Gilli45:49
▶ Lancer à ce moment

C'est du silo et c'est inégalitaire. Le seul truc dans une démocratie qui soit égalitaire, c'est la citoyenneté.

Frédéric Gilli45:55
▶ Lancer à ce moment

Et ça, de ce point de vue-là, nous, ce qu'on crée, c'est qu'en fait, on demande à intervenir au tout début, avant les experts,

Frédéric Gilli46:04
▶ Lancer à ce moment

avant les ingénieurs, quand on est en train de définir les cadres généraux du projet.

Frédéric Gilli46:08
▶ Lancer à ce moment

En disant en fait, on va mettre les citoyens aux côtés des élus pour les aider à définir le cahier des charges.

Frédéric Gilli46:14
▶ Lancer à ce moment

Et alors souvent, dans le mode classique, comme le monde, on va voir les habitants, c'est très tard.

Frédéric Gilli46:21
▶ Lancer à ce moment

Et que les habitants s'en rendent compte, on n'est pas idiots non plus.

Frédéric Gilli46:24
▶ Lancer à ce moment

On le voit bien que tout est quasiment déjà décidé, qu'il ne reste juste à choisir la couleur des peintures.

Frédéric Gilli46:29
▶ Lancer à ce moment

Et donc résultat, ou la taille du parc pour les enfants, mais c'est tout quoi.

Frédéric Gilli46:35
▶ Lancer à ce moment

Et donc résultat, on est tendu. Donc les réunions, elles se passent mal.

Frédéric Gilli46:40
▶ Lancer à ce moment

Donc résultat, les promoteurs et les aménageurs envoient les élus au carton, et les architectes au carton, se prendent les tomates, etc.

Frédéric Gilli46:49
▶ Lancer à ce moment

Donc on comprend que les élus y aillent sur le reculoir, parce que c'est jamais agréable de se faire engueuler.

Frédéric Gilli46:56
▶ Lancer à ce moment

Et c'est simplement parce qu'en fait, dans le triptyque ou quadruptyque, entre la population, les experts, les ingénieurs, les décideurs et les élus,

Frédéric Gilli47:06
▶ Lancer à ce moment

les élus se retrouvent embarqués, du côté de la puissance économique ou financière, et pas du tout du côté de la population.

Frédéric Gilli47:16
▶ Lancer à ce moment

Et donc nous, ce qu'on dit, c'est qu'on dit aux élus, embarquez les habitants avec vous, dans les toutes premières négociations.

Frédéric Gilli47:22
▶ Lancer à ce moment

Allez définir avec les habitants le cahier des charges que vous mettez devant les promoteurs,

Frédéric Gilli47:28
▶ Lancer à ce moment

de manière à ce qu'ils comprennent qu'en fait, ça ne va pas vraiment être possible de faire autrement.

Frédéric Gilli47:34
▶ Lancer à ce moment

Mais quand je dis ça, on le fait aussi avec des promoteurs. On le fait avec des promoteurs qui ont face à eux des élus, qui n'osent plus bouger.

Frédéric Gilli47:42
▶ Lancer à ce moment

Parce qu'il va y avoir une association de riverains, il va y avoir une association d'intérêt local.

Frédéric Gilli47:48
▶ Lancer à ce moment

C'est-à-dire que quand vous n'avez plus aucun espace d'affirmation de l'intérêt général dans une collectivité,

Frédéric Gilli47:53
▶ Lancer à ce moment

en tant qu'élu, vous savez que le premier orteil que vous bougez, vous avez quatre intérêts particuliers qui vous tombent dessus.

Frédéric Gilli47:58
▶ Lancer à ce moment

Et vous pouvez arriver en disant, mais non, mais l'intérêt général.

Frédéric Gilli48:01
▶ Lancer à ce moment

Et les habitants, on regarde en disant, non mais en fait, l'intérêt général, il n'y en a pas l'intérêt général.

Frédéric Gilli48:06
▶ Lancer à ce moment

Tu nous balances l'intérêt général, mais c'est ton intérêt général à toi.

Frédéric Gilli48:09
▶ Lancer à ce moment

Et en fait, les élus peuvent être de très bonne foi.

Frédéric Gilli48:11
▶ Lancer à ce moment

Il ne demeure pas moins qu'en fait, ils se retrouvent en but à cette montée en puissance des intérêts particuliers.

Frédéric Gilli48:17
▶ Lancer à ce moment

Et donc, quand vous êtes un ménageur ou promoteur, c'est un peu pareil.

Frédéric Gilli48:22
▶ Lancer à ce moment

Vous vous retrouvez avec des projets et vous avez face à vous des élus.

Frédéric Gilli48:25
▶ Lancer à ce moment

Vous avez discuté dans le bureau de la maire ou du maire.

Frédéric Gilli48:28
▶ Lancer à ce moment

Vous êtes d'accord sur le fait que pour le coup, il y a un interobjectif à agir, etc.

Frédéric Gilli48:32
▶ Lancer à ce moment

Et en fait, tout le monde se dit, mais en fait, jamais ça va passer parce que t'as la sauce, t'as la sauce et t'as la sauce.

Frédéric Gilli48:36
▶ Lancer à ce moment

On a fait deux, trois cas comme ça où en fait, en amont des premières réflexions un peu abouties, il y avait juste une intention générale.

Frédéric Gilli48:44
▶ Lancer à ce moment

Il y avait un foncier, un promoteur, un ménageur qui se dit, là, on pourrait faire ça.

Frédéric Gilli48:48
▶ Lancer à ce moment

Un élu qui voit une énorme friche dans son entrée de ville et qui dit, mais en fait, on pourrait... et comment est-ce qu'on le saisit ?

Frédéric Gilli48:55
▶ Lancer à ce moment

Par contre, on est allé auprès des habitants, mais pas juste les riverains.

Frédéric Gilli48:59
▶ Lancer à ce moment

On est allé chercher 400, 500, 600 personnes en allant chercher le banc et l'arrière-banc de la ville.

Frédéric Gilli49:06
▶ Lancer à ce moment

En disant, en fait, l'entrée de ville, elle est à tout le monde.

Frédéric Gilli49:09
▶ Lancer à ce moment

Donc ça demande un peu d'effort parce que pour faire venir 400 personnes, il faut rencontrer en face à face 1500 à 2000.

Frédéric Gilli49:15
▶ Lancer à ce moment

Il faut les convaincre que ce soir-là, il y a un bout de l'avenir de leur ville qui va se jouer et que c'est important que leur avis passe.

Frédéric Gilli49:23
▶ Lancer à ce moment

Il y a eu en banlieue sud de Paris un moment comme ça où il y a trois, quatre riverains un peu montés dans leur pavillon qui disent,

Frédéric Gilli49:31
▶ Lancer à ce moment

non, mais en fait, ça va, quoi, vous n'allez pas nous le faire.

Frédéric Gilli49:34
▶ Lancer à ce moment

Et on était allé chercher des... toute une partie de jeunes lycéens qui se trouvaient habité dans le bas de la ville

Frédéric Gilli49:41
▶ Lancer à ce moment

et qui visent dans des caravanes parce qu'en fait, il y a un vrai problème de logement dans la ville, de logement pour les plus pauvres.

Frédéric Gilli49:47
▶ Lancer à ce moment

Et quand ils ont commencé à témoigner que le lycéen a pris la parole en disant,

Frédéric Gilli49:50
▶ Lancer à ce moment

en fait, moi, je suis habitant de cette ville depuis 15 ans et en fait, j'ai toujours pas de logement.

Frédéric Gilli49:57
▶ Lancer à ce moment

Et si, en fait, ça a bougé la représentation qu'une bonne partie des présents dans la salle se faisait de, au final, quel est l'intérêt général.

Frédéric Gilli50:07
▶ Lancer à ce moment

Il y a eu deux, trois réunions. Ça s'est pas fait en une soirée.

Frédéric Gilli50:10
▶ Lancer à ce moment

Il y a eu deux, trois réunions derrière, mais progressivement, les intérêts des uns et des autres se sont alignés dans la ville.

Frédéric Gilli50:15
▶ Lancer à ce moment

Et ça a permis à la maire de la ville, en l'occurrence, c'était une femme, à la maire de la ville,

Frédéric Gilli50:20
▶ Lancer à ce moment

de se saisir d'une reformulation de l'intérêt général en disant, j'ai écouté les habitants et maintenant, voilà ce que j'entends.

Frédéric Gilli50:29
▶ Lancer à ce moment

Et ça a donné un cahier des charges beaucoup plus exigeant auprès du promoteur.

Frédéric Gilli50:33
▶ Lancer à ce moment

Et ça, en fait, c'est de manière un peu générale, c'est-à-dire qu'on a parlé tout à l'heure de la question du pouvoir financier.

Frédéric Gilli50:40
▶ Lancer à ce moment

En fait, oui, l'argent a du pouvoir, mais il a aussi le pouvoir qu'on lui laisse.

Frédéric Gilli50:47
▶ Lancer à ce moment

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, quand on regarde ce qui se passe dans la sphère médiatique ou dans la sphère culturelle,

Frédéric Gilli50:51
▶ Lancer à ce moment

l'argent prend la place que les institutions politiques ou publiques laissent par désinvestissement, par absence de combativité,

Frédéric Gilli51:01
▶ Lancer à ce moment

parfois par absence de courage ou aussi par beaucoup d'entre-soi qui fait qu'on finit par se parler à soi-même en se disant

Frédéric Gilli51:07
▶ Lancer à ce moment

on est très très content de ce qu'on fait mais on oublie de parler aux autres et finalement, progressivement, on s'affaiblit.

Frédéric Gilli51:12
▶ Lancer à ce moment

Et en fait, on est dans un moment un peu sensible de ce point de vue-là parce que...

Frédéric Gilli51:17
▶ Lancer à ce moment

Alors j'ai pris l'exemple des médias ou de la culture parce que c'est emblématique. En ce moment, on se voit comment est-ce que tout ça se fait enfoncer.

Frédéric Gilli51:22
▶ Lancer à ce moment

Mais en matière de logement social, c'est très très tendu également.

Frédéric Gilli51:25
▶ Lancer à ce moment

On voit comment est-ce que, à force de ne pas investir les grandes institutions qu'on a construites au fur et à mesure des années,

Frédéric Gilli51:33
▶ Lancer à ce moment

en force de ne pas aller les ressourcer à l'intérêt général en se disant elles se suffisent à elles-mêmes et on a bonne conscience parce qu'on est vraiment des gens bien,

Frédéric Gilli51:41
▶ Lancer à ce moment

et ben en fait, on finit par mourir tout seul, quoi. Parce que personne vient défendre les trucs qui sont attaqués les uns après les autres.

Frédéric Gilli51:49
▶ Lancer à ce moment

Et je pense qu'on a vraiment besoin, je reviens sur ce qui a été dit dans le film au début, quoi.

Frédéric Gilli51:53
▶ Lancer à ce moment

Je pense qu'on vit un vrai moment démocratique, d'intensité démocratique et ça se joue dans chacun des projets. Dans chacun des projets.

Frédéric Gilli52:00
▶ Lancer à ce moment

Et c'est emblématique, pardon, mais c'est un truc qui m'énerve tout le temps, c'est les maisons du projet.

Frédéric Gilli52:08
▶ Lancer à ce moment

Mais en fait, le mot lui-même dit que ça va pas, quoi. C'est la maison du projet. C'est l'endroit où le projet est chez lui.

Frédéric Gilli52:15
▶ Lancer à ce moment

Donc en gros, c'est pas un truc pour les habitants, c'est pas un truc du quartier, c'est la maison du projet.

Frédéric Gilli52:21
▶ Lancer à ce moment

Ça annonce qu'en gros, on est en train d'installer un truc dans le quartier, à la place du quartier, contre le quartier,

Frédéric Gilli52:28
▶ Lancer à ce moment

et qu'on va tout faire pour que ce truc-là soit bien chez lui, mieux que les habitants du quartier.

Frédéric Gilli52:33
▶ Lancer à ce moment

Alors qu'on pourrait tout à fait faire l'inverse, en se posant la question de savoir quels sont les besoins des habitants du quartier,

Frédéric Gilli52:40
▶ Lancer à ce moment

quels sont les besoins des riverains du quartier, quelle est l'utilité de ce quartier pour la ville,

Frédéric Gilli52:46
▶ Lancer à ce moment

et se poser la question de qu'est-ce qu'on pourrait apporter, qu'est-ce qui manque dans le quartier.

Frédéric Gilli52:50
▶ Lancer à ce moment

Et à ce moment-là, le projet, il change complètement de nature. Il est pas là percé pour lui-même, en soi.

Frédéric Gilli52:57
▶ Lancer à ce moment

Il est là parce qu'il répond à un bout de besoin collectif.

Frédéric Gilli53:02
▶ Lancer à ce moment

Mais ça, ça suppose que le besoin collectif, il soit affirmé, il soit travaillé.

Antoine Anquetil53:05
▶ Lancer à ce moment

Merci, Flore. Là, on a parlé pas mal d'intérêts général. On a parlé de petits endroits.

Antoine Anquetil53:11
▶ Lancer à ce moment

On a parlé, tu dis, ça se joue finalement à chaque interstice, finalement, cette question démocratique.

Antoine Anquetil53:18
▶ Lancer à ce moment

Toi, dans le livre que tu as coécrit, Flore, qui s'appelle Mur solidaire, tu développes une idée, celle des lieux d'utilité sociale.

Antoine Anquetil53:28
▶ Lancer à ce moment

Est-ce que tu peux nous dire ce que c'est, et peut-être dans quelle mesure c'est une contribution à cette vivacité de la démocratie,

Antoine Anquetil53:37
▶ Lancer à ce moment

au niveau local, dans cette logique un peu d'interstice ?

Flore Trautmann53:43
▶ Lancer à ce moment

Oui, le titre complet, c'est Mur solidaire mécanique, au pluriel, des lieux d'utilité sociale.

Flore Trautmann53:49
▶ Lancer à ce moment

L'édition ? L'édition Apogee, septembre 2024. Plus sérieusement, c'est un livre un peu technique,

Flore Trautmann54:00
▶ Lancer à ce moment

mais je pense qu'il y a plusieurs personnes qui pourraient suivre ça ici.

Flore Trautmann54:04
▶ Lancer à ce moment

Je suis un peu embarrassée par cette question parce qu'en fait, c'est décidément, je vais y répondre.

Flore Trautmann54:09
▶ Lancer à ce moment

En fait, on essaye de définir les lieux d'utilité sociale. Je vais y répondre dans ce sens-là.

Flore Trautmann54:14
▶ Lancer à ce moment

On essaie de définir les lieux d'utilité sociale dans ce livre en disant, par un triptyque,

Flore Trautmann54:20
▶ Lancer à ce moment

les lieux d'utilité sociale, ils ont à la fois un objet, un domaine d'activité.

Flore Trautmann54:26
▶ Lancer à ce moment

Ce sont des lieux qui vont poursuivre une mission d'éducation ou d'alimentation ou de pédagogie, d'enseignement.

Flore Trautmann54:34
▶ Lancer à ce moment

C'est l'objet, le secteur d'activité. Mais en fait, ça ne suffit pas.

Flore Trautmann54:38
▶ Lancer à ce moment

Contrairement à un certain nombre de positionnements de fondations qui disent, nous, on a un objet d'utilité sociale.

Flore Trautmann54:45
▶ Lancer à ce moment

Ça ne suffit pas. À nos yeux, et on l'argumente dans le livre, pour dire qu'un lieu est d'utilité sociale,

Flore Trautmann54:51
▶ Lancer à ce moment

on rajoute deux branches au triptyque, une dimension de démocratie interne.

Flore Trautmann54:56
▶ Lancer à ce moment

Et ça, c'est dans le mouvement coopératif absolument essentiel parce que la définition même de l'utilité sociale

Flore Trautmann55:04
▶ Lancer à ce moment

est très mouvante, est très fuyante, est très changeante. En fait, il faut un jeu de pouvoir contre pouvoir,

Flore Trautmann55:10
▶ Lancer à ce moment

débats, dialogues pour constamment redéfinir ce qu'on est en train de faire.

Flore Trautmann55:14
▶ Lancer à ce moment

Donc, à la fois redéfinir ce qu'on est en train de faire et pas capter, pas s'approprier, mais partager l'objet.

Flore Trautmann55:21
▶ Lancer à ce moment

Donc, il y a une dimension de démocratie et une dimension de non-lucrativité.

Flore Trautmann55:26
▶ Lancer à ce moment

Pour nous, ça n'a pas de sens aujourd'hui de dire qu'on installe un lieu d'utilité sociale

Flore Trautmann55:32
▶ Lancer à ce moment

s'il n'y a pas derrière une forme de, peut-être pas de non-lucrativité, mais en tout cas de tempérance à la lucrativité.

Flore Trautmann55:42
▶ Lancer à ce moment

On ne peut pas faire un lieu d'utilité sociale qui soit hyper lucratif. Enfin, il y a quelque chose qui...

Flore Trautmann55:49
▶ Lancer à ce moment

Donc, on dit ça. Et pourquoi est-ce que cette question m'embarrasse ?

Flore Trautmann55:53
▶ Lancer à ce moment

Parce qu'en fait, ces sujets-là de démocratie interne et de lucrativité sont aussi ceux qui font un peu débat

Flore Trautmann56:01
▶ Lancer à ce moment

au sein de l'économie sociale et solidaire. Et à une époque où la Chine ouvre, on a envie de faire front

Flore Trautmann56:09
▶ Lancer à ce moment

et de ne pas se laisser fissurer par justement ces enjeux qui font qu'on a tendance un peu à se regarder

Flore Trautmann56:18
▶ Lancer à ce moment

nous en interne et nos différences, alors qu'il y a d'abord une unification de nos forces,

Flore Trautmann56:26
▶ Lancer à ce moment

nous, économie sociale et solidaire, et avec le public. Et d'ailleurs, le premier est un peu une condition de partenariat avec le public.

Flore Trautmann56:32
▶ Lancer à ce moment

Et c'est ce que j'aimais dans cette visite de la délégation québécoise que j'évoquais, c'est-à-dire

Flore Trautmann56:37
▶ Lancer à ce moment

qu'il y avait vraiment la convergence de ce mouvement de l'ESS et d'acteurs publics à la fois au Québec et à Paris.

Flore Trautmann56:44
▶ Lancer à ce moment

Et moi, je reprends... il y a Timothée Duvergé qui écrit beaucoup sur ces enjeux et je pense qu'effectivement,

Flore Trautmann56:50
▶ Lancer à ce moment

il dit ça, arrêtons de nous regarder entre nous pour arriver à d'abord consolider nos points communs,

Flore Trautmann56:58
▶ Lancer à ce moment

notre base commune et arriver à se tenir la main avec les acteurs publics parce que c'est ça la priorité.

Flore Trautmann57:04
▶ Lancer à ce moment

Mais c'est vrai que dès qu'on essaye d'être un peu précis dans ces définitions d'intérêt général, d'utilité sociale,

Flore Trautmann57:11
▶ Lancer à ce moment

en fait, très vite, c'est des petits points de divergence. Il faut arriver à être précis et à les dépasser.

Antoine Anquetil57:17
▶ Lancer à ce moment

On se retrouve dans les conflits de définition dont parlait Frédéric.

Antoine Anquetil57:23
▶ Lancer à ce moment

On a pris un peu de retard, donc on doit finir dans un quart d'heure.

Antoine Anquetil57:27
▶ Lancer à ce moment

Peut-être que la question maintenant, c'est de se dire, bon, là, on a des échéances électorales qui arrivent assez vite, donc les municipales.

Antoine Anquetil57:35
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Moi, j'ai lu deux sondages qui m'ont intéressé, un premier qui met en avant la sécurité en un, les finances en deux

Antoine Anquetil57:43
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et l'offre de soins en trois comme enjeux prioritaires des élections municipales.

Antoine Anquetil57:49
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Et en même temps, une autre étude avec une méthodologie un peu différente, peut-être que ceci explique cela,

Antoine Anquetil57:57
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qui dit que 88% des Français souhaitent que le sujet des infrastructures, c'est-à-dire des réseaux d'eau, de la voirie,

Antoine Anquetil58:07
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soit au cœur des élections municipales. Comment est-ce que vous vous projetez, vous allez participer d'une manière ou d'une autre,

Antoine Anquetil58:18
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que ce soit en tant que citoyen, en tant qu'élu, en tant qu'accompagnateur de démarche avec des élus ?

Antoine Anquetil58:26
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Comment vous voyez les choses par rapport à ça ? C'est quoi les sujets ? C'est quoi les enjeux de cette prochaine échéance ?

Antoine Anquetil58:33
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Les sujets sur lesquels il faut avancer ? Là, je vais parler de mon territoire.

Peio DUFAU58:40
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On est toujours sur en un le logement, en deux le logement, en trois le logement et en quatre les terres agricoles.

Antoine Anquetil58:47
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Mais si on fait un sondage là-bas... Si on fait un sondage... Non mais c'est ça qui rend...

Peio DUFAU58:51
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Aujourd'hui, il n'y a plus aucun jeune qui peut se loger chez nous parce qu'ils ne peuvent plus acheter, vous l'avez compris.

Peio DUFAU58:57
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Les seuls logements accessibles, c'est les logements sociaux. Et on parlait de PLU tout à l'heure sur le PLU qu'on a rédigé à Cybourg.

Peio DUFAU59:03
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Chaque projet de plus de 30 logements, c'est 75% de logements sociaux, tous.

Peio DUFAU59:09
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Et le pire, c'est que ce n'est pas que nous qui le faisons. La commune de Saint-Jean-de-Luce à côté, en mer et à l'air, c'est 70% de logements sociaux.

Peio DUFAU59:17
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Donc chez nous, c'est le logement, le logement, le logement. Mais y compris pour les patrons d'entreprise qui ne peuvent pas loger leur salarié.

Peio DUFAU59:24
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Je veux dire, c'est devenu un tel problème, c'est dur peut-être à comprendre depuis ici, que les patrons d'entreprise viennent nous voir.

Peio DUFAU59:33
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Nous, élus de gauche, et Dieu sait que je suis à gauche, pour nous dire, trouvez-nous des solutions, on ne peut plus loger nos salariés.

Peio DUFAU59:39
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Les restaurants, les restaurateurs à Saint-Jean-de-Luce, moi j'ai connu ça, gamins, 7 jours sur 7, tous les services, l'été, c'était ouvert.

Peio DUFAU59:47
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On a des restaurants aujourd'hui, ils sont fermés trois jours semaine. Ils ne trouvent pas de saisonniers. Et s'ils les trouvent, ils ne peuvent pas les loger.

Peio DUFAU59:54
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On est arrivé au bout du bout du chemin. Ça a été financiarisé au maximum, et on se rend compte que c'est en train de faire du mal à ceux qui détiennent les capitaux au final.

Peio DUFAU00:05
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Donc on est en train de boucler la boucle. Alors c'est malheureusement très tard, trop j'espère pas, et donc le logement chez nous c'est l'essentiel.

Peio DUFAU00:13
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Aujourd'hui on parle pas de sécurité chez nous, on parle pas de tout ça, c'est pas vrai. On essaye de nous en faire parler dans les médias, c'est ça qui se passe.

Peio DUFAU00:23
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Mais qui détient les médias ? C'est toujours eux-mêmes. Je vais pas rentrer dans ce débat-là, mais tout le monde sait.

Peio DUFAU00:28
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Donc l'enjeu aujourd'hui, c'est montrer qu'avec de la volonté politique on peut agir. On y arrive, en six mois, avec mon équipe on a travaillé une loi pour protéger le foncier agricole et lutter contre la spéculation sur le foncier agricole.

Peio DUFAU00:43
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En huit mois, le projet de loi était adopté en première lecture à l'Assemblée nationale. Je vous ai dit tout à l'heure quand on est élu, il faut tout actionner d'entrée.

Peio DUFAU00:51
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On s'est donné des priorités, on y est arrivé et on espère une lecture au Sénat dans les prochaines semaines.

Peio DUFAU00:57
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Donc oui il faut agir et il faut éviter de tomber dans le piège de moi j'ai un trou devant chez moi. C'est pas ça l'enjeu, l'enjeu c'est l'intérêt collectif et l'intérêt collectif il se nourrit de ce qui sort vraiment des gens.

Peio DUFAU01:11
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Pas de l'intérêt individuel parce que chez lui il a un peu plus de bruit. On va essayer de trouver une solution, mais la vraie solution c'est la solution qui répond à tout le monde.

Peio DUFAU01:20
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Et le logement il n'y a pas meilleure réponse pour l'ensemble de la population que ça je crois.

Peio DUFAU01:25
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Qui veut Karine ?

Carine Petit01:26
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Oui donc j'espère que quand vous allez ressortir de cet amphi vous direz que Payo 6000 habitants, Karine 134 000 habitants, la Gare Montparnasse. Donc vous êtes voilà.

Carine Petit01:38
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Et donc nous les priorités sont le logement. Du coup ce que je veux dire c'est que quand tu parlais tout à l'heure de la taxe sur les résidences secondaires il ne faut pas penser que le 14e arrondissement est exempt du problème très très important et de plus en plus important de la résidence secondaire y compris à Paris.

Carine Petit02:02
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Et dans l'hyper centre ou dans les quartiers très riches de Paris les résidences secondaires ou la préemption en tout cas des logements et des surfaces habitables elles sont là aussi exercées par des personnes extrêmement riches.

Carine Petit02:22
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Donc du coup la question du partage des richesses, du partage des savoirs, du partage des transports. Parce que si on a quelqu'un qui peut venir télétravailler et c'est ça aujourd'hui que les grands groupes tels que AXA, Montparnasse.

Carine Petit02:38
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Mais non, mais c'est super madame Lamar parce qu'en fait ils peuvent habiter au Pays Basque ou à Bordeaux ou à la Rochelle, venir travailler 24-6 heures à Montparnasse dans des super trucs de co-living ou de co-working exceptionnels et repartir.

Carine Petit02:55
▶ Lancer à ce moment

Mais nous on l'avait vu à Paris en fait un des premiers trucs où on a été les plus percutés et les premiers percutés parce que la ville chaire, parce que la crise sanitaire et parce que la crise du logement et du coup la baisse démographique qui n'est pas que à Paris qui est partout en France.

Carine Petit03:14
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Eh bien c'est comment on réagit et comment on agit par rapport à ça. La santé, les transports, on a vu quand vous regardez la carte du réseau ferroviaire, elle est extrêmement claire.

Carine Petit03:28
▶ Lancer à ce moment

On a cette espèce de gros pâté à Paris et tout doit descendre ou monter à Paris et à l'intérieur par exemple, nous le quatorzième arrondissement, on est en compétition et en compétition par rapport à quoi ? Par rapport à l'hyper centre où en fait tout doit se concentrer autour justement de l'hôtel de ville et de quelques mètres carrés quelque part où on a.

Carine Petit03:52
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Et nous on est bon à pouvoir peut-être héberger dans des centres d'hébergement d'urgence les personnes qui vont aller travailler, faire le ménage, faire la cuisine dans les restaurants etc. dans le truc de l'hyper centre et du sur-tourisme.

Carine Petit04:06
▶ Lancer à ce moment

Et donc vraiment la question et nous ce qu'on essaye aussi de faire c'est on doit manger aussi à Paris. Enfin je veux dire la question des terres agricoles elle est aussi extrêmement importante et la ville de Paris doit être aussi ce moteur avec d'autres, eh bien de préserver, de développer les terres agricoles.

Carine Petit04:27
▶ Lancer à ce moment

La question du transport, la question de ne pas surconcentrer les lieux de bureaux qui ne marchent plus au pied de la tour Montparnasse mais bien de les développer et la question aussi de la santé parce que ben pareil nous on a des employeurs à la fois publics et à la fois privés.

Carine Petit04:44
▶ Lancer à ce moment

On a eu il y a trois ou quatre ans le groupe hospitalier Saint-Anne qui est là où vraiment beaucoup il y avait zéro problème de recrutement je veux dire avant la crise sanitaire il a vécu plusieurs mois le directeur à ne recevoir aucun aucune candidature pour pouvoir travailler en tant que personnel soignant.

Carine Petit05:05
▶ Lancer à ce moment

Alors je vous dis pas pour les ambulanciers, les personnes qui sont aussi chargées de toute la logistique de ce type d'équipement public voilà.

Carine Petit05:14
▶ Lancer à ce moment

Et la gestion de l'eau et je termine là dessus parce que après la crise sanitaire quand on a vu les petites parties des parisiens partir et aller habiter ailleurs mais qui peut aller habiter ailleurs pour continuer à avoir le salaire.

Carine Petit05:29
▶ Lancer à ce moment

Enfin les salaires parisiens c'est pas n'importe quelle partie de la population en fait à Hauts-de-Paris que nous avons nous organisé en biens communs donc qui échappent à la logique aussi financière par le biais de la régie et bien Hauts-de-Paris a vu que en fait les consommations baissaient donc les recettes aussi un peu quelque part et que ailleurs quand on n'était pas en régie publique et bien il y avait de grosses pressions sur l'alimentation en eau publique et la distribution en eau publique.

Carine Petit05:59
▶ Lancer à ce moment

Dans les campagnes ou les petites ou moyennes villes et vraiment l'ingénierie parce que moi je suis une bérichonne, je suis une sorcière bérichonne et je peux vous dire aussi que quand on n'a pas de tourisme, d'activité touristique, d'attractivité, quand on n'a pas la mer et quand on n'a pas la plage on voit aussi qu'il y a des soucis d'immobilier, de foncier et comment on mobilise les mobiles.

Carine Petit06:28
▶ Lancer à ce moment

Comment on mobilise les moyens, les cerveaux et les neurones pour faire émerger des projets et que ça ne meurt pas, que ça ne tombe pas tout sec bientôt parce que c'est aussi le cas en terme de maillage de santé, de services publics et de biens communs et de bases communes.

Antoine Anquetil06:47
▶ Lancer à ce moment

Merci Karine, excellente transition avec la table ronde qui va suivre celle-ci sur la question de comment les expériences en ruralité peuvent donner des exemples à tout le monde.

Antoine Anquetil07:00
▶ Lancer à ce moment

Est-ce que vous, vous avez envie de dire une dernière chose ?

Frédéric Gilli07:03
▶ Lancer à ce moment

Je vais juste réagir sur la dernière question. Je me trouve à suivre, accompagner, regarder d'un peu près pas mal de campagnes à Paris, en banlieue, dans des zones rurales.

Frédéric Gilli07:17
▶ Lancer à ce moment

Et je trouve qu'il y a un point commun dans tous les territoires qui renvoie à ce que disait Peyot tout à l'heure sur le sentiment de perdre un peu ses racines ou l'endroit dans lequel on vit.

Frédéric Gilli07:29
▶ Lancer à ce moment

Mais les racines, ça peut être un regard identitaire vers le passé et ça peut aussi être quelque chose de dans quel endroit on s'enracine.

Frédéric Gilli07:38
▶ Lancer à ce moment

La capacité à trouver un endroit où faire sa vie, s'approprier une ville.

Frédéric Gilli07:43
▶ Lancer à ce moment

Et je suis frappé par le fait que à Paris, à Lyon, dans l'Essonne, en Seine-et-Marne, dans le Gard, en Occitanie un peu plus bas, partout, j'entends des gens qui nous disent en fait je n'arrive plus à m'approprier ma ville, elle me rejette.

Frédéric Gilli08:03
▶ Lancer à ce moment

Encore il y a quatre jours dans une réunion publique à Paris, un Parisien, né à Paris dans le 11ème arrondissement, qui a aujourd'hui je crois 37-38 ans, qui est coursier à vélo, qui dit j'ai grandi toute la ville en me disant que je pourrais un jour faire mon trou dans cette ville.

Frédéric Gilli08:21
▶ Lancer à ce moment

Et en fait j'ai l'impression que ma ville me rejette, que je n'ai pas ma place dans cette ville.

Frédéric Gilli08:26
▶ Lancer à ce moment

Il dit je vois ça, tous mes copains sont en train de partir, quand on a un heureux événement ça devient un drame, parce qu'en fait l'heureux événement c'est le moment où on doit partir et on est coupé de toute la bande de copains et de copines.

Frédéric Gilli08:39
▶ Lancer à ce moment

Et ça faisait écho pour moi à une discussion que j'ai eue dans le quartier de la guillotière à Lyon, où quelqu'un disait mais en fait ce quartier il vit parce qu'on est engagé dans le quartier, on est dans les ASOS et tout.

Frédéric Gilli08:55
▶ Lancer à ce moment

On se sépare un par un, dès qu'on a un moment dans notre vie, on se sépare de notre compagne, on a un enfant, on se remet en couple.

Frédéric Gilli09:04
▶ Lancer à ce moment

En fait dès qu'on doit changer de logement, pour plus grand, pour plus petit, peu importe, on est dégagé du quartier.

Frédéric Gilli09:09
▶ Lancer à ce moment

Parce qu'en fait on n'a plus les moyens d'être dans le troisième ou le...

Frédéric Gilli09:13
▶ Lancer à ce moment

Et donc en fait chaque changement de vie est vécu comme une menace et donc en gros, dans un moment comme celui-là, on peut plus projeter.

Frédéric Gilli09:20
▶ Lancer à ce moment

Parce qu'en gros, toute évolution, positive ou négative, fait peser une menace et je pense que moi ce que j'entends sur les questions de sécurité, etc.

Frédéric Gilli09:28
▶ Lancer à ce moment

Ou sur les questions de logement, ça se cristallise beaucoup autour de la question des jeunes.

Frédéric Gilli09:32
▶ Lancer à ce moment

Mais tout ça c'est la même question en fait.

Frédéric Gilli09:35
▶ Lancer à ce moment

C'est est-ce que le titre de cette table ronde, est-ce qu'on va faire des vivres à ville ?

Frédéric Gilli09:38
▶ Lancer à ce moment

Est-ce que moi en tant que citoyen de ma ville, j'ai les moyens, j'ai le pouvoir, en jeu démocratique, j'ai le pouvoir ?

Frédéric Gilli09:46
▶ Lancer à ce moment

Est-ce que les élus ont le pouvoir de me garantir qu'on va construire quelque chose ensemble dans les 6, 10, 15 prochaines années si on a envie d'y rester ?

Frédéric Gilli09:54
▶ Lancer à ce moment

Parce qu'on pourrait avoir envie d'en partir.

Frédéric Gilli09:56
▶ Lancer à ce moment

Mais je pense qu'un des enjeux décisifs pour la prochaine campagne municipale et pour les prochaines présidentielles, c'est celle-là.

Frédéric Gilli10:03
▶ Lancer à ce moment

C'est est-ce que ou pas on a ensemble les moyens de regagner du pouvoir sur nos vies.

Peio DUFAU10:08
▶ Lancer à ce moment

Merci.

Peio DUFAU10:09
▶ Lancer à ce moment

Peyot, je te laisse le mot de la fin.

Peio DUFAU10:11
▶ Lancer à ce moment

Comme la question n'est pas venue, je vais juste faire une petite parenthèse.

Peio DUFAU10:17
▶ Lancer à ce moment

Aujourd'hui quand on parle de logement, quand on parle de terres agricoles, de régulation, on nous oppose tout le temps la propriété privée qui est inscrite dans la constitution.

Peio DUFAU10:28
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Qui n'est pas le cas du droit au logement.

Peio DUFAU10:32
▶ Lancer à ce moment

Et je pense que ça a été dit ce matin, mais aujourd'hui le logement c'est plus devenu un toit, c'est devenu un investissement.

Peio DUFAU10:39
▶ Lancer à ce moment

Et l'écrasante majorité du nombre de logements dans l'hexagone sont détenus par une infime minorité de personnes.

Peio DUFAU10:48
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Et que la financiarisation fait qu'on arrive un peu à la limite du modèle actuel.

Peio DUFAU10:54
▶ Lancer à ce moment

Et que moi je pense qu'un jour ou l'autre il va falloir pousser fort tous ensemble pour dire que l'intérêt commun d'avoir droit à un logement il doit être au moins au même niveau si ce n'est au dessus de celui de la propriété privée.

Peio DUFAU11:10
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Parce qu'il n'y a que comme ça qu'on arrivera à détricoter et à répartir un peu les richesses pour que tout le monde vive mieux et pas certain beaucoup mieux que les autres.

Antoine Anquetil11:18
▶ Lancer à ce moment

Merci, merci. Alors merci à chacune, à chacun d'avoir écouté. Merci Karine, Frédéric, Peyot, Flor d'avoir bien voulu venir ici pour échanger avec nous.

Antoine Anquetil11:38
▶ Lancer à ce moment

Bien sûr vous retrouvez dans le salon tout un tas de structures, de projets, de personnes qui font des choses pour essayer de faire ces petits pas dont on a parlé.

Antoine Anquetil11:49
▶ Lancer à ce moment

Si vous avez envie de continuer à parler des municipales et de leurs enjeux, vous pouvez aller à 16h30 à la cantine.

Antoine Anquetil11:57
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Il y a une émission radio en public animée par Paul Citron et Hugo Christie de surface plus utile sur les enjeux des élections municipales.

Antoine Anquetil12:07
▶ Lancer à ce moment

Vous y retrouverez notamment Peyot. A 18h on en parlera aussi dans la conclusion de la journée.

Antoine Anquetil12:14
▶ Lancer à ce moment

On va partager quelques propositions à mettre dans le débat public. Et puis dans quelques instants, je les vois, ils sont là.

Antoine Anquetil12:23
▶ Lancer à ce moment

C'est la table ronde. S'inspirer de la ruralité pour s'aménager, animée par Samuel Chabret avec Gaël Kozik de Village Vivant,

Antoine Anquetil12:31
▶ Lancer à ce moment

William Loveluck de Terre de Lien et Angeline Broust d'Hameau léger. Merci, bonne suite de Kermesse.

Transcription générée par IA (Whisper) • Peut contenir des erreurs
Les corrections proposées sont modérées avant publication sur le fichier audio.
NOTES D'ÉMISSION

Animée par Antoine Anquetil – Responsable du développement chez Soliko

  • Peio DUFAU Député EHBai du Pays Basque · 6e circonscription des Pyrénées Atlantiques
  • Carine Petit, Maire du 14e arrondissement de Paris
  • Frédéric Gilli  – économiste-géographe, spécialiste de la concertation
  • Flore Trautmann – Directrice associée au Sens de la Ville et co-fondatrice de Base Commune

L’immobilier est-il un problème technique ou un enjeu politique? Quelles marges de manœuvre ont les élus locaux sur les projets immobiliers, entre pression foncière et assurer le bien être des habitants ? Dans la perspective des municipales 2026, élu·e·s, citoyen·nes,acteur·ices de l’ESS doivent construire des alliances. Lesquelles ?

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