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TDoR 2025 – « Nos mort.es ne doivent pas être oublié·e·s »

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Vous écoutez Cause Commune 93.1 FM ou bien cause-commune.fm
et c'est le moment à corps au corps.
On revient à l'événement et puis après on va passer au déroulé avec les personnes proches
ou les personnes qui veulent parler, qui veulent partager un texte en premier,
puis les associations, les collectifs et puis on finira.
On finira...
Et on finira par la lecture des...
Le moment de recueil.
Alors c'est une journée internationale de mémoire et de recueillement, le 20 novembre,
qui se déroule dans le monde entier.
Donc de recueillement pour les personnes trans qui ont perdu la vie
en raison de violences, de discriminations.
C'est un jour pour se souvenir, pour honorer leur vie, désolée.
C'est aussi un jour pour réfléchir aux défis, la fracarité massive, les violences de genre,
les violences familiales, les violences conjugales, les problèmes liés à la consommation de drogue,
le mauvais accompagnement par les pouvoirs publics, la criminalisation du travail du sexe.
Chaque année, la vie des personnes décédées nous rappelle que ces morts ne sont pas de fatalité individuelle,
mais relèvent de mécanismes systémiques.
Et donc le tidor, c'est un moment complexe où se mêlent plein d'émotions,
tristesse, colère, deuil, mais aussi courage, solidarité, envie de lutter.
C'est un moment où on apprend à transformer le deuil en force, à transformer la tristesse en colère.
C'est aussi un moment pour relaniquer nos droits, pour rendre visible que nos vies sont importantes.
C'est une journée pour appeler que toutes les identités trans, binaires, non binaires,
de toutes les cultures méritent dignité, tolérance, respect et que nos existences sont multiples et toutes légitimes.
En nous rassemblant ici, place de l'hôtel de ville, nous reconnaissons aussi le chemin parcouru,
la possibilité de parler publiquement au centre de la ville et d'avancer, arracher.
Le tidor nous rappelle qu'on est à la fois au début de la libération et encore très loin d'où on devrait être.
Pour traverser ce moment, nous avons la chance d'être entouré de nombreuses voix,
celles de la communauté, des collectifs, des associations, des personnes qui les vivent,
celles à la réalité, qui les portent mieux que quiconque.
Et aujourd'hui, ce sont ces voix que nous allons écouter.
Bonsoir tout le monde, merci d'être venu en nombre, ça fait plaisir surtout aujourd'hui.
Alors moi je vais vous parler du patchwork des noms pour ceux qui sont tout derrière,
je vous inviterai après à venir observer ce patchwork.
Parce qu'aujourd'hui, pour le tidor, nous présentons ce patchwork des noms,
patchwork qui a été fait au past, fait avec les amis du patchwork.
C'est un patchwork unique, construit pour garder la mémoire des personnes transdécédées,
des vies fauchées par la transphobie, par la violence sociale, institutionnelle, policière et par l'abandon politique.
Dans le contexte actuel où les droits sont fragilisés,
où les discours anti-trans gagnent du terrain,
où la violence se banalise, ce patchwork devient un acte de résistance.
Chaque nom ici rappelle que l'effacement n'est pas une théorie, il tue.
Que l'exclusion n'est pas un débat, c'est une réalité.
Et que nos mortes, nos morts ne doivent jamais devenir des chiffres.
Associer ce patchwork à cette journée, c'est dire clairement que nos communautés se tiennent debout, ensemble malgré tout.
Nous le présentons pour honorer nos mémoires,
pour dénoncer les violences qui les ont emportées et pour rappeler aux institutions que leur vie aurait pu être sauvée.
Le patchwork est notre réponse collective, un refus de l'oubli,
une preuve d'amour et un engagement communautaire.
Pour que leur nom reste visible, pour que nos luttes restent vivantes. Merci.
Je vais vous parler de mon ami Gérard.
C'est un ami que j'ai rencontré au collège et on l'a tout de suite accroché.
On ne s'est pas quitté pendant le lycée.
Il était drôle, passionnant et passionné.
On a grandi et évolué ensemble dans un groupe d'amis
et on s'est ouvert les uns aux autres sur nos genres et nos sexualités.
Il nous a aidés à nous découvrir, il avait la discussion facile sur plein de sujets.
J'aimerais le remercier pour ça, pour nous avoir aidés à nous comprendre et à nous accepter.
Mais si je vous parle aujourd'hui de lui, c'est que je ne peux plus lui dire tout ça de vive voix.
Parce que Gérard est mort.
Il s'est ôté la vie le 6 septembre 2024.
Sa gentillesse et ses blagues cachaient une famille intolérante qui ne l'a jamais respectée.
Violence, agression depuis l'enfance, rabaissement quotidien sur son physique, sur son attitude,
sur tout ce qui faisait de Gérard son essence.
Et elles étaient psychophobes et transphobes.
Car oui, Gérard était un transpédé, neuroaï et anarchiste et ça, sa famille ne l'a jamais attaqué.
Ils ont laissé Gérard dans une précarité financière terrible.
Aujourd'hui, je suis en colère.
Un an après que Gérard nous ait quitté, je le suis toujours.
Pas contre Gégé qui a décidé de mettre fin à ses journaux, mais contre tout ce qui l'a poussé à cet acte.
Contre moi de ne pas l'avoir, de ne pas m'être rendu compte de la détresse de mon ami,
que je connaissais depuis le collège, pour lui avoir envoyé un message de moi avant son décès.
Pour qu'on essaie de se voir mais qu'on n'a pas trouvé de disponibilité.
J'en veux à l'Etat qui a laissé Gérard dans une précarité honteuse.
Mais par-dessus tout, j'en veux à sa famille qui n'a jamais respecté de son vivant.
Et encore moins maintenant, on a dû se battre avec elle pour avoir le droit de mettre son nom,
son prénom Gérard sur son urne, et même si la famille a fini par accepter ce prénom,
il y a le nom.
Elle n'a pas dû s'empêcher d'ajouter son déname, et ce malgré nos contestations.
J'ai peur de ce qui pourrait se passer pour mes amis, pour nous,
pour les personnes trans-tédégouines, pour les personnes trans-travailleureuses du sexe,
pour les neuroas, j'ai peur de voir un nom de plus dans cette liste.
Je parle ici ce soir pour Emma, COT de la Ville, le 2 novembre 2025.
Je vais écrire un poème, je vais vous en lire une partie, dans nos cœurs éparpillés.
Et ces français qui ne veulent pas me laisser, aime-moi encore une fois.
Emma, aide-moi à retrouver la foi d'un monde meilleur, pour toi, pour moi.
Merci.
Il y a d'autres personnes qui voudraient prendre la parole.
J'ai le meilleur ami de 3 ans, de Charlie, où ça je peux dire.
Et ça fait un bon moment dont j'ai fait un poème pour parler d'elle,
pour pouvoir peut-être toucher des gens.
Charlie, on s'est connu puis reconnu, ensemble malgré tes si beaux défauts,
on s'est vu puis revu ensemble et tu as été mon héros.
Tu m'as tellement aidé, malgré mes si horribles défauts,
tu seras toujours là aussi pour moi, comme tu as été quand tu étais là.
Je te dis que moi je serai plus tard et tu m'en répondu trop tard.
Et c'est sous les étoiles que tu seras ma toile,
sous les fleurs, sous mes pleurs, sous les étoiles.
Je suis une frère, la sœur de Joe, qui nous a quitté cette année le 5 mars 2025, voilà.
Et qui m'a laissé une lettre avant de partir, me demandant de vivre un peu pour lui,
et de surtout continuer à faire ce qu'on aimait faire le plus ensemble,
c'est-à-dire beaucoup de musique et d'art.
Voilà, donc j'ai écrit cette année une chanson que j'aimerais chanter rapidement.
Je te laissais caresser les ans de talent qu'on a pris le cours du temps.
Restez coincés les couilles de l'air et donnez-les avec le temps.
C'est la dernière année aussi, aujourd'hui, témoignée pour mon amie Céline.
Elle aurait fêté ses 29 ans aujourd'hui.
Cette semaine, ses cendres ont été dispersées dans la manche,
montre-le moi d'où elle a vécu, et je voulais en profiter pour lui rendre hommage.
J'ai des amis qui le feront aussi au Tidor de Rennes,
et donc je voulais passer un message à toutes les autres villes
qui vont aussi réaliser le Tidor, car nous ne sommes pas juste ici, à Paris,
mais partout en France et même ailleurs.
La première fois que j'ai connu Céline, elle était dans un état psychologique très compliqué,
et je me suis reconnu en elle.
Je venais de commencer ma transition, et j'étais tout aussi perdue qu'elle.
Après plusieurs mois, nous sommes revus, et elle allait beaucoup mieux.
Si je n'aime pas parler de la date de sa mort et la date de son anniversaire,
c'est pour se unir le fait qu'énormément de ces personnes qui nous ont quitté
avaient, malgré elles, toujours envie de vivre, et toujours envie de continuer.
C'est ce que j'ai vu dans ses yeux, c'est ce que j'ai vu la dernière fois que je l'ai vu,
au mois de janvier de cette année, et je me disais que tout allait bien,
que le plus dur était derrière elle, et pourtant, elle nous a quitté.
J'espère que cet hommage nous permettra de nous rappeler que,
malgré les situations difficiles que nous vivons, il y a toujours un espoir,
et oui, c'est kitsch, et oui, c'est cliché, et pourtant, ça existe.
Mais même si les choses vont mieux, il faut toujours veiller sur nos proches,
et veiller toujours sur celles qui sont autour de nous.
Alors, quand vous rentrerez chez vous ce soir,
passez un message à des personnes que vous n'avez pas parlé depuis longtemps,
peut-être que cela pourra sauver des vies. Merci beaucoup.
On va vous dire un petit mot pour notre ami Loïs,
qui nous a quitté le 4 octobre 2025.
Moi, je pense parce que le désalix résonne,
et la famille a encore trop de pouvoir aujourd'hui, tant de choses, alors qu'elles sont si maltraitantes.
Et voilà, on voudrait juste vous en donner la parole à tous les amis
qui ont été près de nous, près de lui, qui savaient vraiment qui il était,
et qui l'aiment, et qui continueront de l'aimer, où qu'il soit, et pour tout, pour tout.
Tous, c'est eux qui continuent à vivre et à survivre. Voilà.
On vous aime, et dîmes les amis.
Parce que, ouais, du coup, ce n'est pas loin de moi qu'il est parti.
Je n'arrive pas à comprendre qu'il est parti parce qu'on est amis,
parce qu'on a été proches dans l'âge, dans notre partie de vie.
C'était un peu un frère pour moi, dans mon cœur.
J'avais l'impression qu'on allait se connaître toute notre vie,
qu'on allait évoluer toute notre vie ensemble.
On avait tellement de choses de plaisir.
Quand je pense à vie, je pense à ce qu'on avait de plaisir.
Je pense à tout ce qu'on allait faire.
Et je n'arrive pas à comprendre que ces choses-là,
je ne pourrai jamais les faire avec lui.
Je ne vais plus jamais lui parler.
Je ne vais plus jamais entendre son avis.
Quand j'ai appris qu'il était mort, je me suis promis.
Je ne vais plus jamais vouloir mourir.
Je ne vais plus jamais, jamais, faire ça sérieusement.
Parce que j'avais vif pour lui quelque chose.
Comment, pour ça, pour tout ce qu'il voulait faire.
Et il voulait faire tellement de choses.
Bonsoir à tous.
Moi, c'est Eméo de l'Accepted Stage.
Je suis accompagné de Ciel.
On va vous dire quelques mots sur le recensement
que nous avons mené cette année pour le TIDOR.
Du coup, le recensement, comment ça s'est passé cette année,
on a mis en place il y a 4 ans accepté le FLIRT,
un questionnaire que vous avez sûrement dû voir passer sur le guide.
On pouvait recueillir les informations des nosadels qui ne sont plus là.
Et ensuite, c'était un travail de revérification des informations.
Je vais laisser Ciel préciser ces éléments.
Bonsoir à tous.
Du coup, notre travail, ça consistait à recontacter
les personnes qui avaient envoyé le formulaire
et puis par écrit ou parfois par téléphone.
Puis quand on n'avait pas assez d'infos,
on essayait de recouper avec des avis de décès
qui est parfois un peu difficile
parce qu'il y a beaucoup de prénoms de usage
qui ne sont pas respectés dans ces avis de décès-là.
Je ne sais pas si...
Du coup, on a écrit un petit texte qu'on aimerait bien lire
pour parler de notre expérience de ce recensement.
Les prénoms défilent sur le tableau Excel.
Les photos de visages inconnus s'enregistrent sur mon ordinateur.
Des photos de vis qu'on me raconte au téléphone
viennent ponctuer mon quotidien depuis quelques semaines.
Des échanges de mails si intimes qu'anonymes.
Des récits précieux, parfois quelques mots,
parfois un besoin irrépressible de raconter.
On ne se connaît pas et pourtant j'en sais un peu plus sur elleux
qu'elles n'en sauront jamais sur moi.
16 ans, 16 ans, 36.
Un disparisson vient me toucher en plein cœur.
Je me sens débordé d'amour et de tristesse
pour tous de ces mortes et celles qui leur survivent.
Débordé, je le suis aussi de joie et de gratitude
pour tout ce que c'est eux qui ont souhaité se rassembler.
Aujourd'hui, du sens à être relié les uns les unes aux autres.
Recenser des fantômes qu'on a parfois connus
avant qu'elles soient arrachées à la vie,
c'est leur donner une place parmi nous.
C'est apprendre à vivre avec ces spectres qui nous hantent
autant qu'ils nous épaulent.
Le recensement communautaire pour le titeur
c'est aussi faire avec nos blessures
et imaginer son nom remplir une ligne de plus
pour le titeur à venir.
Prendre peur à l'idée de voir son portrait
éclairé à la lueur des bougies en soir de novembre.
C'est se demander quelle photo de soi on aimerait voir,
quels mots on aimerait entendre dans la bouche de nos proches
crachés par une sono qui grésille.
Mais fabriquer la mémoire collective de nos disparus
c'est aussi se donner de la force pour rester en vie.
Qui dansera avec les fantômes
s'il n'y a plus de vivanteux pour leur tendre la main ?
Qui arpentera les rues avec nos disparus
s'il n'y a plus de vivanteux sur leur chemin ?
Qui enfin s'endormira dans leurs bras la nuit
s'il n'y a plus de vivanteux pour occuper nos lits ?
Nos morteux ont besoin de nous vivantes
aussi longtemps que possible pour porter leur mémoire.
Nos mots sont aussi une invitation
à prendre soin de celles qui portent nos communautés à bout de bras.
Telle qui est à chaque manif et prend toujours la parole.
Celui qui te demande comment tu vas
et à qui on ne retourne pas souvent la question.
Bien celle que tu admires par son courage et sa force apparent
mais qui a peut-être, elle aussi, besoin d'une épaule pour la soutenir.
Je fais un vœu de lui de continuer à affûter nos outils
et à les partager, à faire du commun pour briser l'isolement
qui trop souvent nous tombe dessus.
Nos communautés sont belles, lumineuses et puissantes
mais aussi fragiles et épuisées.
Et si l'auto-organisation communautaire reste notre arme principale
elle ne saurait se passer des solidarités qu'on construit
dans les marches de ce monde qui part à la dérive.
Merci à tous et merci d'être ici
pour qu'on se sente aussi moins seul dans ce travail de recensement.
Je vous remercie tous d'avoir accepté ce texte.
Malgré la vie arrachée, malgré la vie opprimée, malgré l'être serré
rien ne pourra étendre nos espoirs.
Par ces testés, comme l'ensemble de notre communauté transféministe
nous serrons les coutres à côté des membres de notre communauté
ainsi que les proches.
Notre travail est plus nécessaire que jamais.
La phobie s'est intensifiée et soutenue étroitement
par le dégouinement fasciste padou dans le monde.
La priorité frappait plus les personnes trop marginalisées
comme les travailleurs et travailleuses du sexe,
les migrants et migrantes et les femmes transveillissantes.
Nous faisons toujours le travail dont l'État ne s'occupe jamais
alors qu'il s'enrichit les millénaires
et laisse les gens mourir de faim dans la rue et dans le froid.
Nous accompagnons nos adeptes dans toutes les démarches administratives,
sociales et médicales en espérant qu'il y ait une de plus.
Nous combattons dans les rues et dans tous les espaces disponibles
afin que la vie des personnes trans vaille autant que la vie des autres
et que nos mains ne sombrent jamais dans la différence.
Nous nous battons franchement au travail et à l'amour,
sous garantie, dignement que toutes les personnes trans.
Pourtant, cette année, 291 personnes trans et cuir ont été assassinées,
dont 25 camarades en France.
La plupart d'entre elles sont rejetées par la famille,
aux suicides, poussées à l'isolément
et durent subir l'immolance que ce soit dans la rue,
dans les hôpitaux ou dans le travail.
La transphobie, la priorité, la putophobie,
le validisme, le racisme, les frontières et les papiers nous tuent.
Les travailleurs du sexe trans, avec un temps de 34%,
sont comme les années précédentes le groupe le plus ciblé par les trans féminicides.
Les syndicats qui partent de la lutte contre la transphobie, bien sûr,
tout le temps, ils postent, tuent les choses sur Instagram et ailleurs, sur Twitter,
ils préfèrent fermer le cœur.
Alors que nous voyons très bien qu'elles sont tuées, nous sommes trans et putes.
Abolitionnisme ne nous sort pas la vie, mais nous expose plus de violence.
Combien de morts de nos soeurs putes trans faudrait-il
pour qu'elles se réveillent et qu'on finisse avec la hypocrisie ?
Les putes ne sont-elles pas des travailleuses ?
Nos morts ne valent-elles pas celles des autres ?
Les travailleurs et travailleurs trans, nous ne térons jamais.
Nous restons toujours moblisés et déterminés.
Toutefois, nous voulons vous rappeler que cette année,
nous avons aussi vu le nombre d'assassinats des militants et militantes trans en montée,
de 6% en 2023 à 9% en 2024 et jusqu'à 14% pour cette année 2025.
Ce n'est pas un hasard, mais c'est le résultat de la montée de la politique fasciste
et reactionnaire partout dans le monde.
Ils préfèrent désigner les personnes trans, les migrants et les migrantes,
les femmes volées, les femmes musulmanes et tous les peu opprimés
comme cible principale afin de détenir notre regard des vrais problèmes,
les fascistes, les racistes et les houtards riches qui causent le désastre et le chaos.
Nous resterons unis, sudés et plus forts et fortes que jamais
dans la lutte contre la tronphobie, contre le fascisme,
contre le racisme et toutes les formes d'exploitation et de violence systémique.
Pour commémorer nos morts, nous resterons en vie, poids et de joie.
Avec nos poids enlevés anti-fascistes brillants de paillettes trans féministes et glorieuses.
Vive la lutte, vive la résistance de tous les peu opprimés.
Sine à Paris, du Soudan, au Congo, jusqu'à ici,
tous les peu du monde entier solaire pour les droits des personnes trans,
pour les droits de tous les peu opprimés colonisés,
jusqu'à la fin de la repression, notre libération collective jusqu'au bout.
Hasta la victoria siempre !
Ce soir, je ne vous parle pas seulement en tant que première afro-européenne et française queer
avant de reprendre une couronne internationale,
je me fais les porte-paroles pour mes sœurs du mistrans global,
de leurs adeptes trans venus d'Inde, Thailand, Libye, Thalie, du monde en soi.
Ils aiment à vous adresser quelques mots que j'ai dû résumer.
Leur message est simple et universel.
Que nos identités ne soient plus jamais une raison d'avoir peur.
Que nos corps ne soient plus jamais un prétexte pour nous rejeter.
Que nos voix trouvent enfin l'espace qu'elles méritent.
Elles m'ont demandé de vous rappeler que derrière ce qui semble superficiel,
c'est que les concours de votés, il y a des femmes qui se battent pour la dignité,
pour la sécurité et pour le droit fondamental d'exister pleinement.
Et malgré nos cultures différentes, nous partageons le même rêve.
Un monde, pour être soi, n'est plus un acte de courage, mais une hésitance.
Alors ce soir, c'est ensemble que nous parlons, avec force,
avec cierte et avec espoir, pour ne plus perdre de frères et de sœurs autour du monde.
J'aimerais aussi vous partager une conviction profonde.
Agir compte.
Le 25 mars dernier, j'ai organisé mon tout premier événement
avec le soutenant de l'Asie de Paris et l'association Inspiration Worldwide.
Les Inspiration Awards.
Qui pour sa première édition a mis en avant notre communauté et ses alliés et sa mémoire.
Parce qu'inspirer les autres, c'est essentiel.
Parce que mettre en lumière les acteurs rices soient connus et inconnus,
qui œuvrent chaque jour pour la tolérance et la diversité, c'est une responsabilité.
Et il est important de montrer qu'on n'est pas seul ou anormal.
Pour ne pas être invivibilisé.
Pour continuer à exister, à célébrer et à faire avancer notre société.
Avant de conclure, je prends la parole à titre personnel cette fois-ci.
Ce soir, j'ai ma mère qui est là.
Et je vais montrer à celles et ceux qui se sentent isolés
qu'avoir le soutien de son entourage, de sa famille de sang est possible.
Des faux, une famille de cœur vous attend.
Et elle est tout aussi importante.
Parce que leur présence signifie beaucoup.
Parce qu'il est important de montrer qu'il est possible d'être soutenu.
Et même lorsque nos parents ne nous comprennent pas, eux aussi apprennent avec nous pas à pas.
Alors ensemble, croyons demain, agissons aujourd'hui.
Et n'oublions pas ceux qui ont succombé aux violences physiques et psychologiques.
Ensemble, levons nos poings pour résister et honorer.
Bonsoir, je vous parle de l'association Outrance, qui est une association de criministe d'autosupport trans.
Je ne vais pas prendre la parole très très longtemps ce soir.
Mais c'est important que chacun et chacune puisse se retrouver sur cette place d'hôtel de ville.
Il y a de plus en plus de monde dans les personnes qui viennent au fur et à mesure des tirs d'or.
Et malheureusement, on a aussi de plus en plus de monde tous les ans.
Qu'on a commémoré avec de plus en plus de personnes chaque année qui meurent parce que trans.
On va égrainer tout à l'heure et qui sont faites grâce au recensement qui vous a été présenté tout à l'heure.
Il ne représente malheureusement pas l'intégralité des personnes qui sont mortes en France cette année.
Simplement d'être trans, sans compter d'autres personnes à travers le monde qui meurent encore.
Aujourd'hui, d'être trans tout le temps, on ne devrait pas mourir d'être nous.
On ne devrait pas mourir d'être simplement dans nos identités et pouvoir simplement vivre notre genre.
Donc il faudrait que l'on puisse penser ensemble à plus largement que les noms essentiels qu'on va égrainer tout à l'heure.
Mais aussi tous les noms qu'on ne pourra pas du tout égrainer parce que encore plus isolés, encore plus inconnus sont mortes ou mortes dans leur coin.
Si on en est à ces réunions-là malheureusement tous les ans, si tous les ans on se retrouve pour parler des douze derniers mois,
et sans oublier toutes les personnes qui sont mortes dans les années précédentes,
c'est parce qu'on est aussi dans un état, dans une société qui nous opprime encore parce que trans.
Parce qu'aujourd'hui c'est compliqué d'être une personne trans encore en France,
parce qu'on est encore sous la dictature de la dysphorie de genre qui considère que si on ne souffre pas, on n'est pas légitime à être des personnes trans,
et à nous obliger à souffrir, ça nous oblige aussi au suicide et à l'irréversible.
Pour le coup c'est ça, la vraie irréversibilité de nos transitions, c'est sur cette irréversibilité qu'il faut se battre et pas sur les prétendues irréversibilités de nos transitions.
On a le droit de vivre nos vies, on a le droit de vivre nos genres, on a le droit de vivre nos fluidités, on a le droit d'être qui on est,
on a le droit de pouvoir avancer, d'avancer, de revenir en arrière, on a le droit de vivre nos intensités, on doit pouvoir avoir le droit de le faire tout le temps,
et on a le droit de se rassembler aussi pour penser à toutes les personnes qui meurent chaque année parce que trans.
Et j'espère qu'une année, et que l'année à venir, on se rassemblera sans nouveau nom,
mais juste pour se souvenir des personnes qui ont donné envie pour nos droits, pour nos luttes,
pour qu'on puisse vivre, pour qu'on puisse être simplement, même si on n'est pas forcément dans la meilleure période pour ça.
Et en arrivant sur cette place, et en regardant le bâtiment devant lequel on se trouve,
on a des grandes affiches avec une d'un côté qui parle d'unité, de l'autre qui parle de résistance.
Résistons ensemble, et donc il n'y a qu'un seul mot qui vient à la tête, c'est résistance. Merci à tous.
J'ai réuni ici sur cette place de l'Hôtel de Ville pour un moment que personne ne nous a offert.
On est là parce que la communauté trans encore et toujours organise sa propre mémoire et sa propre dignité.
On est ici parce que nous refusons que nos morts disparaissent dans le silence.
Et ce silence institutionnel n'est pas neutre. C'est un silence qui est organisé pour l'eux,
et c'est un silence qui organise un oubli, un effacement.
Les morts trans ce ne sont pas des accidents, ce sont des morts sociales, politiques,
et le dit d'arce un moment où on vient accueillir cette tristesse pour en faire aussi une rage, une lutte pour les visions.
On meurt parce qu'on a été isolés, parce qu'on a été plus carencés, immédiés, explosés d'environnement,
sous l'épargne du système de soins, parce qu'on nous a refusés d'épargner.
On meurt de violence, on meurt de frais, on meurt de drogues, on meurt de réduction de risque, on meurt d'absence d'amour.
On est sur le petit paradis sur la précarité parce que c'est quand même un sujet qui est important.
On compte beaucoup. On voit quand on évolue sur le recensement.
Chez les personnes trans de 18 à 30 ans, la grande majorité vit encore sous le sol de pauvreté.
C'est documenté, c'est confirmé, c'est la réalité quotidienne.
Dans nos communautés, beaucoup de jeunes, non pas drôles, mais très jeunes chez les amis,
solutions temporaires dans l'un chez l'autre, plus l'autre, se vivent en instabilité permanente.
Notre réalité, c'est le travail. Beaucoup n'arrivent pas à trouver, pour enregistrer le travail,
les technologies, les gens lâches, en ministère psych, harcèlement, chef-graphe, transport, les sentiments cabouflés.
Et d'ailleurs, sur ce passage sur le travail, je voudrais rendre un hommage à Cynthia qui nous a quitté cette année.
Cynthia est une héroïne. Vous la connaissez tous parce qu'elle avait obtenu l'année dernière, à 21 ans,
la condamnation du McDonald's qu'il employait pour harcèlement et discrimination.
Et le résultat de tout ça, c'est qu'on a payé le prix des expulsions, du changement de job constant,
des parcours chaotiques imposés par la transphobie sociale et institutionnelle.
C'est aussi la mort. Ça veut dire que la précarité, c'est pas un détail, c'est logement, santé, alimentation, accès au travail.
Et on a besoin d'être pris au sérieux sur cette question. On en a marre des gens qui nous expliquent la révolution en nous citant Marx et Ingalls.
On vous voit les collectifs qui essaient de snobler les assauts communautaires.
On en a marre des militants qui enchaînent les références théoriques alors que nous, on travaille pour loger les copines, nourrir les copines, sécuriser les copines et les copains.
Et aujourd'hui, au lieu d'écouter les personnes transprécaires, on se retrouve encore à débattre avec des militants au nom de Trotsky, de Luxembourg.
Mais sérieusement, lâchez-nous la grappe.
Oui, on veut s'organiser politiquement. Oui, nous aussi, on veut faire de l'antrisme dans les syndicats. Bravo.
Mais à un moment, il faut reconnaître sa position sociale et arrêter de parler à la place des personnes qui sont littéralement en cours de survie.
Écoutez les collectifs qui distribuent la nourriture. Écoutez les collectifs qui font du conseil juridique pour les TDS.
Écoutez les collectifs qui accompagnent les personnes transexilées, qui font de l'accueil social, qui organisent des ateliers injection dans toutes les régions de France.
Et vous voyez, les réalités en face, on n'est pas sur un débat Twitter. Ici, c'est la vraie vie et ici, il y en a.
Quelques mois, on va fêter les dix ans de la loi de 2016 qui tue des travailleurs du sexe, qui tue des femmes trans.
Ces dix ans de loi qui infantilise les travailleuses, qui les victimise au lieu de les protéger.
Dix ans quand on en est encore à discuter de savoir si vie ou non on a le pouvoir d'agir.
Une loi qui est une insulte aux femmes transexilées qui ont traversé des continents pour vivre ici.
Une insulte à celles qui connaissent mieux que n'importe qui la violence, le danger, la rue, qui savent reconnaître une situation de violence quand elles en vivent une.
Une loi qui met en danger une loi qui tue directement.
Et ce qui est une violence ce n'est pas le travail du sexe. C'est le fait d'être criminalisé, surveillé, expulsable et traité comme des enfants incapables de choisir.
Ce qui est une violence, c'est des centaines de milliers d'euros alloués à la lutte contre la traite et pas un centime aux assauts de travail du sexe qui sauvent vraiment des vies.
La violence, c'est le devoir des féministes blanches, bourgeoises, fils, décider de qui est une victime et de qui a des droits.
Et la violence, c'est le devoir de la police refuser de prendre les plantes de nos collègues qui subissent des agressions sur leur lieu de travail.
Et il est important alors qu'on rend hommage à nos mortes, il est temps de combattre plus que jamais cette loi qui tue.
Le sexe est un travail, merci.
Et un petit dernier paragraphe sur les personnes usagères, usagères de drogue.
Il y a un vrai sujet aujourd'hui de consommation de produits psychoactifs dans nos communautés.
Et je ne dis pas ça comme un jugement moral mais comme un symptôme social évidemment.
Discrimination, isolement, violence, c'est un sujet qu'il faut nommer clairement parce que c'est intimement lié au risque de suicide.
Comme le disait Sarah Schulman, je ne connais pas un seul ami qui ait pris sa propre vie sobre.
Et malheureusement c'est quelque chose qu'on observe dans le recensement et dans nos vies.
C'est un sujet qui révèle aussi les lacunes du système de santé,
un système qui ne comprend pas nos usages, qui ne sait pas nous accueillir, qui se satisfait de nous perdre en route.
Aujourd'hui on essaie de travailler sur cette question mais on ne peut pas se contenter de projets expérimentaux,
on a besoin d'être traités comme de vrais partenaires.
On a marre de consulter ponctuellement quand ça arrange et ignorer dès qu'il faut prendre des décisions concrètes.
On veut être de vrais partenaires du système de santé, partenaires au moment de la conception des programmes,
partenaires au moment de la mise en oeuvre des programmes et au moment de l'accueil des soins, des médiations.
Depuis le colévite, les collectifs trans ont montré qu'ils savaient ouvrir des espaces de réduction des risques,
accompagner des personnes qui s'injectent des hormones, identifier des personnes en danger, créer du lien,
rediriger vers les rares médecins compétents. Le savoir communautaire existe, il fonctionne, il sauve des vies.
Il faut que les agences de santé investissent réellement dans la communauté, pas des miettes, pas une expérimentation.
Mais si nous sommes à nous, on sait ce qui marche, on sait ce qui manque, on sait ce qu'il faut financer.
En 2026, on en est encore à compter les médecins sur les doigts de la main dans certaines régions.
On en est encore à proposer des consultations visio cinq ans après le Covid
parce que c'est parfois la seule manière d'avoir un accès digne.
Et pendant ce temps, les formations de médecins ignorent encore, les formations principales ignorent encore les personnes trans.
Les médecins sortent d'études sans avoir entendu parler de nous autrement qu'à travers Trump ou JT ou Pascal Pro.
J'essaie d'être un peu drôle ici.
Pascal Pro, il s'y connaît très bien en trans.
Il s'y connaît très bien ma fille.
On nous laisse compter nos mortes.
Comment? On va parler? Conclusion. Conclusion, pardon.
Chaque année, on nous laisse compter nos mortes et chaque année, on revient.
On est là. On restera là. Pour nos mortes. Pour nos vivantes. Merci.
À tous. Je parle au nom du past.
Ce soir, nous sommes réunis pour rendre hommage. Hommage à nos mortes.
À celles et ceux dont les noms remplissent nos mémoires, nos marches, nos cris.
À celles qui ont été emportées par la transphobie, la violence, la précarité, l'isolement, le silence.
À celles que nous aurions aimé pouvoir aider et protéger.
La mémoire prend sens ce soir parce qu'elle guide la lutte.
Parce que pendant que nous prononçons leur nom, pendant que nous tentons de porter leur mémoire,
les violences continuent et l'État permet que ces violences continuent.
L'État permet que les associations qui accompagnent les personnes trans soient affaiblies.
Nous faisons face à la réduction de nos financements, à la suppression des dispositifs dont nous bénéficions.
Et nos équipes ne s'arrêtent pas pour autant, mais s'épuisent.
Nos espaces communautaires récit, alors qu'ils sont souvent le dernier recours,
parfois le seul lieu de soins, de repos, de respiration.
L'État organise aussi le durcissement des parcours de migration et conséquemment punit les personnes transmigrantes.
Les têtes de séjour pour soins deviennent de plus en plus difficiles à obtenir.
Les OQTF se multiplient, y compris pour des personnes gravement malades ou déjà bien insérées depuis plusieurs années.
Et nous faisons face à des délais de traitement pour des demandes de têtes de séjour anormalement longues.
L'État ferme les portes.
Les vies de nos soeurs, de nos frères, de nos adelfes basculent pour un retard administratif.
Le chaos administratif dans lequel nos communautés sont plongées est un choix politique
qui considère nos existences comme négligeables.
L'État permet également que l'accès aux logements soit un terrain de violence.
Nous voyons des personnes trans, migrantes, travailleuses du sexe,
reléguées à des logements insalubres, dangereux, hors de prix.
Nous voyons des personnes trans rejetées par leurs familles se retrouver à la rue,
ou au mieux dans des hôtels sociaux dégradés,
dans des dispositifs d'évergement qui ne reconnaissent ni leur identité
et qui les humilient, qui les exposent à la violence.
L'État continue de criminaliser le travail du sexe,
ce qui met en danger directement nos communautés.
La criminalisation ne protège pas, elle isole, elle précarise, elle tue.
Ce soir, nous commémorons nos mortes, mais aussi nous exigeons la protection de nos vivantes.
Nous vivantes.
Celles qui se battent chaque jour contre la transphobie, contre la violence économique,
contre les frontières, contre un système qui attaque ou au mieux ferme les yeux.
Alors nous exigeons.
Nous exigeons que le travail des associations communautaires trans soit reconnu à sa juste valeur
et que conséquemment leur financement cesse d'être remis en cause.
Nous exigeons que les politiques migratoires cessent d'expulser du millier de condamnés.
Nous exigeons que l'accès aux soins soit garanti
et ne soit pas conditionné à des procédures interminables.
Nous exigeons que le travail du sexe ne soit plus criminalisé.
Nous exigeons que l'accès au logement soit un droit réel,
qui ne donne pas lieu à des discriminations quotidiennes.
Nous exigeons que les personnes trans aient le droit de vivre sans peur, sans contrôle, sans violence.
Nous exigeons la justice.
Nous exigeons la vie.
Ce soir, nous honorons celles qui ne sont plus là.
Nous portons leurs noms, leurs histoires, leurs luttes.
Et en leur nom, nous refusons d'en laisser mourir d'autres.
Que leur mémoire guide nos luttes.
Et nous continuerons à lutter ensemble tant qu'il le faudra. Merci.
L'objectif de l'élection de trans.
Le 20 novembre, il y a des dates qui nous parlent beaucoup.
Dates redoutées.
Chaque 20 novembre, nous nous disons, mais qui seront encore là l'année prochaine.
Plusieurs années, nous assistons à l'augmentation significative du nombre de nos morts.
Ceci est la conséquence directe de la transphobie
et de la cisnormativité qui pollue notre société.
Une transphobie qui s'immisce jusqu'aux creux des mouvements de ces pseudosalliés.
Une transphobie qui marginalise toujours plus nos corps.
Une transphobie qui tue.
La transphobie, c'est se faire mégenrer et moquer en permanence.
C'est se faire humilier par les contrôleurs parce que nos papiers ne correspondent pas à notre genre.
C'est des autres emplois refusés pour cause de transidentité.
C'est faire face au refus de soins, de violences médicales.
C'est des insultes et des agressions dans la rue, au travail et ou chez soi.
C'est être fétichisé, sexualisé et essentialisé pour notre transidentité.
C'est voir notre consentement non respecté et voir notre corps dépossédé.
C'est se faire infantiliser, méfriser et voir notre parole confisquée.
C'est être une des cibles favorites des fascistes.
Aujourd'hui, nous sommes en colère.
Années après années, nous comptons les morts.
Alertons, manifestons contre ce système qui profite aux plus blancs et aux plus cis, mais en rein.
Regardons les chiffres.
Quand 80% des recruteurs estiment que la transidentité est un frein à l'embauche,
quand l'Agence des droits fondamentaux indique qu'en Europe,
une personne trans et ou intersexe sur cinq
déclare avoir été physiquement ou sexuellement agressée au cours de leur vie
à cause de leur identité de genre,
cette proportion est d'où par rapport à d'un groupe LGBTI en ce qui concerne la violence physique et sexuelle.
Quand l'on sait qu'une personne trans a environ 8% de plus de risques de suicide,
ces chiffres démontrent l'urgence de la situation.
Par le même temps, nous faisons face au mépris total des personnalités politiques et des institutions,
nous utilisant pour parader une pseudo-intersexualité sans prêter considération à nos enjeux.
La transphobie, c'est le fascisme.
Le 14 février 2020, Sacha écrivait.
Elle est tous vous faire voir pour votre irrespect.
Aujourd'hui, ma transition est décrédibilisée
par une poignée de personnes qui pensent que demander mes droits n'est pas légitime,
le droit de demander à être genré à ce qui correspond à ce que je suis dans ma tête,
le droit de leur faire la remarque,
tout ça en leur laissant le temps de se tromper, bien sûr.
Mais si j'explose, c'est à force de prendre sur moi
et de constater l'absence d'efforts de ces personnes,
ainsi que leur manque de considération.
Ce que je suis ne regarde que moi,
mais mon combat consiste aussi à réussir à me faire accepter dans cette société
sur laquelle je cendre avec ma vogue,
en tant que femme.
Femme.
Car les gens ne connaissent pas la diversité de ce que peuvent être les corps.
Alors c'est comme ça que je... genre.
J'accepte que certaines...
J'accepte que certaines personnes ne me voient pas comme telles.
Mais aujourd'hui, chaque jour est un combat.
Et ces gens-là ne sont pas conscients.
Ils vivent dans leurs bulles.
Ils vivent sans se préoccuper de la portée de leurs mots.
Des mots déterminants qui jouent un rôle énorme dans ma dysphorie.
Je suis consciente de la difficulté de ce travail,
car il m'a pris énormément de temps.
Aussi, moi je demande juste que ce que je fais ne soit pas décrédibilisé,
vu comme une lubie.
C'est le choix le plus dur que j'ai fait dans ma vie.
Et je ne cesserai jamais d'en payer le prix fort.
Chaque minute.
Mais l'issue n'en sera encore que plus belle.
Si je ne me suis pas tiré le bal avant.
Donc faites attention s'il vous plaît.
Sacha, femme trans, qui a mis fin à ses jours en septembre 2021.
Comment faire lorsque la parole nous est retirée ?
Devons-nous rien faire et se taire ?
Comme dit une grande militante, la parole ne se demande pas, elle se prend.
Nous sommes venus à ce temps.
Ce temps où notre rage gronde au détour des ruelles.
Où les claquements de nos semelles résonnent dans les villes.
Ce temps où l'insurrection de nos corps devient nécessaire.
L'insurrection contre les violences médicales que nous subissons.
L'insurrection contre l'exclusion sociale et professionnelle que nous subissons.
L'insurrection contre l'inaccès aux soins
des personnes trans victimes de violences conjugales.
L'insurrection contre nos meurtres.
Appels à rendre coup pour coup.
Partout, où il le faudra.
Dans les tribunaux, dans la rue, au travail et chez soi.
Que le système tremble face à notre colère.
Trance, on meurt, la silence demeure.
Nous allons maintenant passer à la lecture des prémins de ma chère expérience.
Le Pi, Charlie, à 21 ans.
Sacha, à 13 ans.
Cynthia, à 22 ans.
Andr, à 28 ans.
Clément, à 17 ans.
Geoff, à 26 ans.
Lunaf, à 20 ans.
Céline, à 28 ans.
Nor, à 23 ans.
Masha, à 19 ans.
Younes, à 31 ans.
Judas, à 31 ans.
Luna, Dionne, à 36 ans.
Madame Kurt, à 47 ans.
Christina, à 39 ans.
Moa, à 26 ans.
Louise, à 23 ans.
Alex, à 23 ans.
Gaëlle, à 36 ans.
Dolly, à 38 ans.
Emma, à 30 ans.
Maxime, à 24 ans.
Louis, 20 ans.
Alistar, Blair, Onyx, à 29 ans.
Emma, à 16 ans.
Azur, à 25 ans.
On va maintenant faire le rituel de la minute de silence.
Toujours cette minute de silence et depuis des années maintenant.
On propose aussi de faire une minute de bruit.
Là, ça fait une heure que le mot résonne.
On espère que les mots que les copains, les copines, les camarades ont dit ont résonné avec vous.
Maintenant, c'est à vous aussi de faire résonner l'hôtel de ville.
De la faire résonner avec toute votre tristesse, toute votre âge.
Parce que de la colère, on va en avoir besoin.
Avec le temps qui court, on va en avoir besoin pour lutter contre la transphobie.
Donc on vous propose de... je vais compter jusqu'à trois et de crier.
De crier les préloms, de crier votre rage, de crier ce que vous voulez.
Mais de faire un putain de bruit pour que Paris nous entende.
Et qu'on soit pas juste là, en fait, dans le silence, à commémorer nos morts.
Merci beaucoup d'avoir été là ce soir.
Merci à toutes les personnes qui sont réunies pour pleurer et célébrer et crier.
C'est les qui sont là.
Le rassemblement arrive assez à fin.
On va de notre côté laisser encore quelques minutes les banderoles et les photos.
Et si vous voulez repartir avec le cadre de la personne qui vous a été proche, n'hésitez pas.
Et on pourra tranquillement finir le rassemblement et se mettre au show.
Et continuer à vivre et à rayonner autant qu'en ce sens.
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