Rayons Libres sur Cause Commune. L'idée c'est que toutes les personnes qui peuvent faire du vélo le fassent. Et il y a encore de la marge. Je pense que le vélo c'est tellement un outil qui rend libre. Rayons Libres présenté par Jérôme Sorel sur Cause Commune. Bonjour à tous, bonjour à toutes. Et cette émission elle n'est pas en direct. Et cette semaine on va photographier les cyclistes. Vous êtes sur Cause Commune, vous êtes dans Rayons Libres. Salut à toi, peu importe comment tu nous écoutes sur la FM Parisienne, sur le DAB+, en streaming, via l'appli Cause Commune, en direct, en différé. Peu importe ton mode de consommation de Rayons Libres. Merci de nous écouter et bonjour. Mais avant de causer et de photographier les cyclistes, on va poser un autre regard. Depuis dix jours, mon vélo est remisé. Je suis privé de vélo. Dix jours que mes journées sont gâchées, vous dites-vous. Eh ben non, pas du tout. Je m'étonne moi-même. Depuis dix jours, je me déplace dans Paris à pied, beaucoup. En scooter un peu et en métro très souvent. C'est dans le métro que je me suis dit que l'on devrait tous et toutes s'imposer de temps en temps de changer de mode de déplacement. Ne pas attendre d'y être contraint comme moi, là. Je me dis aussi que cet exercice de changer son mode de déplacement n'a de l'intérêt que si on s'impose de laisser son écran dans sa poche. Pour ne pas être dans sa bulle, mais plutôt observer celle des autres. Changer de mode de déplacement, j'y vois plein de vertus. Entre autres, aborder son environnement avec un autre rythme. Circuler en intégrant d'autres contraintes. Celle imposée par les plans de circulation, celle imposée par les autres usagers, celle que l'on s'impose parce qu'on croit qu'on est pressé. On éprouve ainsi physiquement le « mets-toi à ma place ». D'ailleurs, « mets-toi à ma place », c'est une proposition que l'on entend souvent de la part des militants des vélos, du vélo. Les automobilistes, quand ils passent leur permis, doivent avoir un moment obligatoire sur un vélo, qu'ils réalisent ce que c'est. On n'entend pas souvent les automobilistes réclamer la même chose de la part des cyclistes. En ville, pourtant, ce serait intéressant. Oui, la cyclosphère pourra me rétorquer que ces automobilistes ont fait le choix d'être en voiture et donc qu'ils doivent assumer. Est-ce que la vérité n'est pas un peu plus nuancée ? Se glisser dans le métro sans regarder son téléphone, c'est aussi, je pense, hyper intéressant. Déambuler à n'importe quelle heure de la journée dans ses couloirs. Se demander, et si je ne pouvais pas marcher, comment je ferais dans ces couloirs ? Se demander s'il partit de chez toi cinq minutes plus tôt ou plus tard, changerait l'expérience avec plus ou moins de monde dans la rame. Marcher aussi dans la ville, c'est tenter de compter les vélos, épaves et ventouses. Je ne sais pas compter jusqu'à mille, donc j'ai échoué. À pied comme à vélo, je ne veux pas chercher le chemin le plus court, mais le plus agréable, chercher ce trajet le plus agréable, écouter, regarder, observer. Tout ça pour poser un autre regard, un regard un peu plus éclairé, parce que l'expérience de l'autre est éprouvée. Poser un regard éclairé et capturé, c'est le métier de mon invité. Sa vie est de rester à l'ombre pour jouer avec la lumière de l'autre. Il est photographe, accrédité souvent sur les événements cyclistes ou sportifs. Il pose aussi son œil sur la ville, ses habitants, sa nature, son architecture. Certains tendent un micro, d'autres posent un objectif. Comment Thomas Maheux travaille ? Comment est-il devenu professionnel ? Vous, auditeurs, auditrices, avez peut-être envie de lui demander selon lui, qu'est-ce qui fait une bonne photo ? Eh bien, je vais vous décevoir, la réponse ne m'intéresse pas beaucoup parce qu'une bonne photo, selon moi, elle existe parce qu'il y en a eu d'autres avant, d'autres après, un contexte, une œuvre, on pourrait dire. Thomas vient de remporter le concours de photos du magazine suisse Cycle Magazine, édité par Rosolis. Et si vous ne connaissez pas cette proposition, je vous invite à vous y plonger. Un lien avec le compte Insta de Thomas est à retrouver sur la page de l'émission, sur notre site idem pour Cycle Mag. Bonjour Thomas Maheux, merci beaucoup d'être au micro avec nous aujourd'hui. Bonjour, bonjour à tous et merci à vous de m'accueillir. Eh bien, c'est un plaisir. La première question que j'ai envie de vous poser, Thomas, c'est quoi votre méthode à vous ? Pour réussir à poser un regard différent sur votre environnement ? Ouah, ça c'est compliqué. C'est tout. Alors moi, j'ai changé de mode de transport. D'accord. Je pense que ce que vous avez dit au début de marcher déjà, par exemple, c'est vraiment une bonne façon de poser un regard différent, de regarder ce qui se passe autour de nous. Je crois que c'est quelque chose qui m'anime beaucoup d'ailleurs. S'il y a bien quelque chose chez moi qui anime ce que je fais, c'est la curiosité. Et si je peux en reven