#330 – Bien manger en randonnée

📝 TRANSCRIPTION & RECHERCHE00:00
Rayons Libres sur Cause Commune.
L'idée c'est que toutes les personnes qui peuvent faire du vélo le fassent.
Et il y a encore de la marge.
Je pense que le vélo c'est tellement un outil qui rend libre.
Rayons Libres présenté par Jérôme Sorel sur Cause Commune.
Bonjour à tous et bonjour à toutes.
Aujourd'hui bien cuisiné, en voyage, à vélo.
Vous êtes sur Cause Commune, c'est le moment de Rayons Libres.
La première émission de 2026, cette émission n'est pas en direct.
Comme une rando, mais une rando importante.
Merci de votre écoute, merci de vos likes et commentaires.
Merci de vos messages sur nos réseaux sociaux.
Merci pour vos dons aussi.
Cause Commune est une radio associative qui existe aussi
parce que quelques auditeurs, quelques auditrices nous aident financièrement.
Des dons qui nous permettent de diffuser, d'entretenir notre matériel, de le renouveler.
Chaque euro sera évidemment le bienvenu et bien utilisé.
Aussi ce vendredi 9 janvier, notez notre soirée open mic, porte ouverte à partir de 19h.
Apportez une boisson, des fruits, rien, des copains.
Venez partager un moment avec des bénévoles de Cause Commune
et venez causer dans le micro si ça vous chante.
C'est au 22 rue Bernard Dimey, Paris 18.
Avant de cuisiner, de faire la popote,
la première diffusion de cette émission est le premier lundi de janvier 2026.
Le moment donc de vous souhaiter, de nous souhaiter une belle année 2026.
Je vous À vous, , j'ai un peu de mal là au moment de l'enregistrement, le 24 décembre,
de vous proposer une liste de vœux pertinentes.
C'est la grande cause nationale en 2026, la même qu'en 2025, la santé mentale.
Comme un aveu de nos politiques, on vous a rendu fou en 2025
et pour nous faire pardonner, en 2026, on met la santé mentale en sujet principal.
Il y aura les élections municipales, vont-ils réussir à nous faire aller mieux ?
Je ne sais pas, je ne suis pas sûr.
Il me semble que c'est à nous, nous tous, nous toutes, de décider si on peut aller mieux.
À vous, à nous de choisir les élus locaux qui vont nous représenter.
En ne choisissant pas les plus médiatiques, les beaux parleurs ou les belles parleuses,
en ne choisissant pas de glisser son bulletin pour celui ou celle qui nous fera les plus belles promesses,
mais de préserver son bulletin pour celle ou ceux que nous avons envie de croire.
Oui, envie de croire. En choisissant celui, celle qui a un programme généreux,
non pas pour nos petits enjeux personnels, mais un programme pensé pour les autres,
pensé pour nos voisins, pensé pour nos enfants aussi, pensé pour que globalement nos villes aillent mieux,
Pour que globalement nous puissions mieux vivre ensemble.
En 2026, la priorité sera de faire de la santé mentale une réalité tangible dans la vie quotidienne de chacun.
On peut le lire sur le site web de l'État.
Cette réalité tangible passera par les urnes, par vos choix.
Aussi, je pense simplement à vous tous, vous toutes qui vivez, qui subissez des hauts et des bas,
des coups de bien et de moins bien sur votre morale. Nous sommes tous concernés.
Certains, certaines plus que d'autres. Sans verser dans des propos simplistes, voire même simplets,
j'ai fait un constat. Quand j'ai décidé de glisser du vélo dans mon quotidien, il y a maintenant un peu plus de 10 ans,
cela m'a permis d'aller mieux. Je l'ai verbalisé il y a peu de temps : le vélo taf m'a évité la dépression,
le burn-out. Pédaler entre 40 et 50 km par jour m'a fait vraiment du bien, un bien fou.
Aujourd'hui encore, pédaler est mon baromètre.
Quand je décroche, quand j'ai moins envie de pédaler, c'est que je vais moins bien. Alors je me force un peu à aller pédaler.
Le soir, le matin, le week-end, je retourne dans un cercle vertueux. Plus je pédale, mieux je vais.
Si cela a fonctionné pour moi, peut-être que cela fonctionnera pour vous.
Oui, mon traitement est le vélo. Je vous souhaite en 2026 de trouver votre traitement.
Il a peut-être deux roues, une paire de pédales et une selle.
Une autre façon de prendre soin de soi, c'est de bien manger. Au-delà de bien manger,
c'est de prendre du temps pour cuisiner, prendre du temps pour partager un repas.
Avec mon invité du jour, nous avons constaté qu'on peut bien manger, bien cuisiner, même quand le confort n'est pas là, même quand nous sommes en itinérance sur nos vélos ou en randonnée.
On peut bien manger pour trois fois rien. Cela s'apprend. Nicolas Leroux est cuisinier.
Il est aussi l'auteur de ce livre « Fou de rando » publié chez Glénard en 2025.
Un Rayons Libres qui a des allures de top chef finalement.
Bonjour Nicolas Leroux. Merci infiniment d'être micro avec nous aujourd'hui.
Bonjour Jérôme. Merci de m'inviter.
C'est une introduction qui me touche aussi pas mal.
Merci pour ce petit mot Nicolas. Nicolas, j'ai envie de vous poser la première question.
C'est quoi à vous votre baromètre, le baromètre de votre humeur ?
Le baromètre de mon humeur. Comment je me sens là maintenant ?
Non, non. Là dans mon édito, je dis que moi le vélo, je me rends compte que c'est mon baromètre.
Quand j'ai pas envie d'en faire, c'est que je vais pas bien ou pas très bien et donc je me force un peu à y aller.
Vous, est-ce que c'est pareil ? Ou alors est-ce que c'est de vous mettre derrière les fourneaux par exemple ?
En tout cas, si j'ai pas ça, c'est que je vais pas bien. Donc oui, ça c'est mon baromètre.
Et pour aller mieux, oui, le vélo je pense que c'est une bonne option en tout cas et qui est aussi la mienne.
On peut revoir et reconnaître dans votre livre que c'est aussi, j'ai la sensation que vous avez besoin d'aller dehors, d'être dehors.
Est-ce que vous diriez pour vous qu'une randonnée à pied ou à vélo réussie est conditionnée parce que vous allez manger avant, pendant et après ?
Oui, ça peut jouer. En tout cas, c'est un peu la cerise sur le gâteau dans une sortie à vélo ou à pied.
Et pareil, ce livre, Food Rando au-delà d'être un guide et de recette, à mon sens quand je le lis,
il ressemble à une sorte de manifeste pour la promotion d'une vie plus sobre. Est-ce que j'ai raison ?
Oui, c'est tout à fait ça et c'était l'idée au travers de ce livre de proposer des solutions pour bien manger
mais aussi de mettre en avant, moi, ma façon de voyager et ma façon de vivre.
C'est plus sobre et c'est ce que je mets en avant.
: Et alors, ce qui est intéressant, c'est que vous dites "ma façon de voyager" et "ma façon de vivre".
: Quand vous voyagez, avez-vous la sensation d'être dans le prolongement de votre vie quand vous êtes plutôt sédentaire ?
Tout à fait, oui, tout à fait. Et en tout cas, ma façon de voyager est vraiment axée sur la façon dont j'ai envie de vivre, donc oui.
: Alors justement, mettez des mots là-dessus. Votre façon de voyager. Comment voyagez-vous ?
Principalement à pied et à vélo. Moi, l'idée d'un voyage, c'est un voyage qui commence au pied de ma porte.
J'ai arrêté de faire des longs voyages qui utilisaient l'énergie fossile. Et puis l'idée, c'est de faire tout à proximité de chez soi,
avec des moyens plus propres et plus sables. Donc le train, le mix train-vélo est quand même pour moi l'idée d'un voyage réussi.
: Et donc ça veut dire quand vous dites "vous avez arrêté", ça veut dire, et c'est pareil, c'est ce qu'on lit dans la bio de votre livre,
: vous êtes rendu notamment en Italie en partant de France pour aller faire une période sur un bateau de Sea Shepherd, c'est ça ?
Oui, c'est exactement ça oui. Je commençais initialement juste un voyage à vélo à travers tous les massifs français et puis en cours de route Sea Shepherd m'a contacté pour aller cuisiner sur un autre bateau.
Donc j'ai changé ma trajectoire et j'ai rejoint le bateau à vélo. C'était trois mois de mission en mer Méditerranée pour préserver la biodiversité sur ce point-là qui est vraiment en tension.
Et je suis revenu depuis la Sicile, la Sardenne, la Corse jusqu'à l'île à vélo. Ça c'était un peu ma plus belle aventure en tout cas, la plus complète et qui rassemble un petit peu tout ce que j'aime,
donc le voyage, la cuisine et l'engagement pour essayer de préserver la planète.
: Et justement, quand vous me dites Sea Shepherd, alors pour les auditeurs et auditrices, j'imagine qu'ils connaissent Sea Shepherd, mais c'est une association, je crois que c'est une ONG, ou je suis pas sûr.
: C'est une ONG qui est sur les mers et qui essaie de protéger l'océan et le monde marin, c'est ça ?
: Quand vous dites "ils m'ont appelé pour aller cuisiner à bord pendant trois mois sur une mission", vous êtes aujourd'hui identifié comme un cuisinier, c'est votre métier ?
C'est mon métier actuellement, oui. Depuis trois ou quatre ans, il y a eu un petit changement de vie où je travaillais dans le monde de la logistique à l'époque.
Et je me sentais plus concerné, j'avais envie de faire autre chose et du coup la cuisine s'est un peu imposée assez naturellement parce que je suis un gourmand et j'aime bien manger et du coup c'est venu de cuisiner.
C'est mon activité principale depuis maintenant trois ans, oui.
: Et pareil, quand vous dites "j'ai changé de vie", "je suis devenu cuisinier", vous avez appris tout seul ou vous avez fait une formation avec un diplôme au bout ?
J'ai fait une formation qui s'appelle "cuisine mode d'emploi" qui se passe en 12 semaines pour les personnes qui sont en reconversion ou en réinsertion et qui amène un diplôme de cuisinier,
un peu l'équivalent d'un CAP. Donc après j'ai passé le CAP en candidat libre qui permet d'avoir une bonne base et puis de faire la cuisine qu'on aime.
: Et comment Sea Shepherd vous a identifié ? Comment ils ont eu votre numéro ? C'est du réseau ? Étiez-vous déjà dans le circuit ou comment ?
Il y avait du réseau et en fait j'avais postulé parce que pour moi c'était un peu l'aboutissement de ce changement de vie.
Pour moi Sea Shepherd c'est une aventure. C'est le métier de la cuisine et puis un engagement d'activiste qui ont regroupé tout ce que je voulais faire.
Donc j'avais postulé et il y a eu un peu de réseau également pour avoir les bonnes personnes qui téléphoner.
: Donc ils n'ont pas regardé qui avait été "fraîchement diplômé" et vous ont appelé donc vous connaissez ?
Tout le monde peut postuler pour y travailler. En fonction des besoins ils ont beaucoup de besoins en cuisine principalement parce que c'est dur d'être à bord et du coup quand on postule on est rappelé si on a des compétences particulières.
: Et alors j'ai quand même envie de vous poser la question parce qu'aujourd'hui nous sommes sur une émission "Tourner autour du vélo" et on va dire que vous allez nous raconter comment est-ce qu'on peut cuisiner quand on est en randonnée ou quand on est "hors domicile".
: Quelle similitude avez-vous trouvée entre cuisiner en mer à bord d'un bateau et cuisiner en pleine nature à côté d'un vélo ?
Il y en a pas mal. En termes de cuisine avec ce qu'on a sur un bateau on part avec des provisions et donc les provisions partent assez vite ensuite on s'adapte. La similitude serait la créativité quoi. On n'a pas l'opulence qu'on peut avoir quand on est chez soi en tant que sédentaire, il faut être créatif pour trouver des recettes qui puissent être sympathiques et se faire plaisir après une journée de vélo
ou de travailler en mer.
: Et alors on va tenter d'être un peu pratique comme votre livre. Par où commencer quand on veut cuisiner en itinérance ? Avez-vous des conseils ? S'entraîne-t-on d'abord chez soi par exemple dans le confort de sa cuisine ?
Moi je pense pas. Moi j'aime bien se dire que c'est dans les éléments qu'on va trouver la solution. Après les conseils prioritaires seraient d'avoir le matériel nécessaire qui est assez simple : un réchaud, un couteau et une fourchette-cuillère. Et à partir de ce moment-là on peut commencer avec des choses simples et aller un peu plus loin si on a envie de s'amuser.
: Oui mais c'est quand même quand on lit votre livre "Foudrando" publié chez Glenda vous racontez que vous avez quand même des éléments de base comme des ingrédients de base comme de l'ail et du gingembre. Vous dites "voilà, j'ai toujours de l'ail et du gingembre sur moi parce que ça permet de relever n'importe quel plat". C'est ça que vous dites ?
Oui c'est vrai qu'il y a une partie matérielle et ensuite il y a une partie ingrédients. C'est chouette d'avoir une petite base, une petite trousse à outils qui permet de pimper et de sublimer des repas très simples donc ça sera de l'ail, de l'oignon, du gingembre, quelques épices, un mix d'épices qu'on peut préparer avant chez soi en fonction de ce qu'on aime et moi c'est vrai que j'amène toujours de l'huile d'olive qui permet aussi de rendre moins fade un steak ou d'apporter du goût dans...
dans un plat et vraiment cuisiner. À pied c'est très facile de l'emporter et à vélo il y a quelques astuces mais oui d'avoir un peu cette trousse à outils qui fait que de la semoule ou un féculent classique devient en fait super bon quoi.
Oui mais là vous glissez un petit mot "il y a quelques astuces" parce que pour ceux qui nous écoutent ou celles qui nous écoutent qui partent en itinérance où chaque gramme finalement est potentiellement compté. Est-ce qu'on est en itinérance tranquille ou en ultra distance avec une notion de performance ? Vous dites il y a des petites astuces pour emmener de l'huile d'olive ça veut dire quand vous dites "vous avez toujours avec vous", vous avez toujours une bouteille de 50 centilitres d'huile d'olive avec vous
Ouais, ma base moi c'est toujours 50 centilitres. Après la bouteille je la transfère souvent dans une bouteille de San Pellegrino parce que le plastique est un peu plus dense et épais. Ensuite il faut trouver où on la met donc si on est en cyclotourisme avec des grosses sacoches à l'arrière, c'est facile. Moi j'ai plus l'habitude de voyager avec juste une sacoche sur le dos et assez minimaliste et dans ce cas-là ça peut s'accrocher sur la fourche.
Ça peut se mettre au niveau de la sacoche de cadre, ça peut aussi se mettre sur la sacoche de selle. Voilà, ça reste que c'est vrai que c'est 500 grammes du coup en plus mais dans une optique de voyage et de confort pour bien manger, pour moi c'est devenu un indispensable.
C'est aussi indispensable pour vous que la pompe pour réparer une crevaison ?
Oui carrément. Et puis dans ce cas ça permet d'huiler un peu la chaîne, à des conseils mais encore s'il n'y a rien d'autre.
J'avais fait ça en Italie. Mais c'est bien sur le moment mais après ça prend un peu toute la poussière de la route.
Quand je vous posais la question est-ce que c'est bien de commencer à s'entraîner d'abord chez soi ? Alors moi vraiment je m'étais mis à ma place en me disant : mais si je dois partir en voyage à vélo et en plus me faire ma popote, j'aurais commencé probablement en prenant votre livre et en commençant par votre section grignotage. En cuisinant mes propres barres de céréales, par exemple, juste pour prendre la main.
Est-ce que par exemple ça vous semble être une bonne idée ? Parce qu'évidemment c'est votre métier, vous êtes cuisinier. Mais mettez-vous à la place de quelqu'un comme moi qui cuisine un peu mais qui voyage aussi un peu et parfois à vélo.
Relier le tout n'est pas si naturel pour moi. Est-ce que par exemple nos auditeurs, ceux qui sont un peu comme moi : leur dire "prenez la section grignotage et apprenez à faire vos propres barres de céréales" ? C'est une bonne façon de commencer ?
Oui c'est sûr. Et de toute façon il y a quelques recettes dont les barres qui sont à préparer en amont chez soi et qui permettent d'emmener ces barres de céréales maison avec soi sur une sortie à la journée ou sur un voyage de 4-5 jours.
Donc après si on a besoin d'être assuré pour être sûr que son matériel marche bien ou de tester des recettes du coup en formule réchaud : oui, il faut s'écouter et puis faire ce dont on souhaite. Après je considère que sur les recettes en tout cas que je propose, il y a vraiment des très faciles, des un peu plus difficiles. Oui, les plus difficiles si on veut les tester en amont : pareil c'est en fonction de ce que chacun souhaite faire.
Oui et puis de son expérience et puis d'une sorte de quelle est l'énergie de chacun quand ils partent comme ça.
Après je considère que le réchaud c'est entre un gaz à la maison et une poêle et un réchaud et une popote : les outils sont les mêmes mais plus un peu minimalistes et petits quoi. Mais il n'y a pas beaucoup de différences.
On va se faire la pause musicale. Auditeur, auditrice vous écoutez Rayons Libres, vous êtes sur Radio Cause Commune 93.1 FM. Rayons Libres qui cuisine, qui popote, qui tambouille. Nous sommes avec Nicolas Leroux, aventurier et cuisinier ou l'averse auteur de ce livre "Food Rando Paris chez Glénat" il y a quelques mois. Je vous propose de glisser dans vos oreilles à Aaron Frazer : Payback. On se retrouve dans quelques minutes avec Nicolas Leroux.
Nous sommes toujours avec Nicolas Leroux, auteur de ce livre que vous devriez tous avoir dans votre bibliothèque ou dans votre musette : Food Rando Paris chez Glénat. Deuxième partie de Rayons Libres sur Cause Commune 93.1 FM.
Nicolas, juste avant la pause musicale on évoquait le réchaud, l'entraînement et puis s'approprier quelques recettes, les ingrédients : le must have. Mais est-ce qu'il y en a des ingrédients qu'il faut bannir quand on part comme ça en itinérance à vélo ou en randonnée ?
NICOLAS LEROUX Des ingrédients qu'il faut bannir là comme ça j'en ai pas la tête. Après moi je dirais les lyophilisés quoi ou je me bats un petit peu pour justement proposer une alternative en tout cas à cette solution-là. Bon après, je n'ai pas en tête d'ingrédients souvent on a peur d'emmener des œufs et au contraire je pense que c'est un ingrédient qui peut ravir et en fait qui dans la boîte d'œufs tient très bien quoi. Je pense qu'il faut il faut le tester.
Il faut tester prendre des œufs juste faire attention quand on ferme la sacoche de ne pas bourriner quoi.
Oui c'est ça ou alors aller mettre dans des endroits. En fait l'emballage en carton est hyper solide quoi et j'ai pas mal d'expérience à bien les secouer et en fait ça tient bien. Et pour un petit déjeuner, c'est comme ce qu'il y a de plus efficace : se faire des œufs brouillés avant de...
Partir pédaler et cuisiner. Est-ce que vous au-delà de votre livre vous proposez par exemple des formations ?
Pas des formations mais des ateliers oui. Je fais pas mal de festivals d'aventure où je propose un petit atelier qui dure une heure en présentant les différents types de réchaud, différents types de combustibles qu'il faut emmener du coup en ingrédients avec soi et puis on se fait une recette tous ensemble.
Si on peut et qu'il y a possibilité dans un jardin on regarde un petit peu aussi les différentes plantes sauvages qu'on peut cueillir pour venir piper un petit peu le repas du soir. Donc des ateliers ouais.
Et alors justement là vous me parlez de plantes sauvages il y a toute une section dans votre livre sur les plantes sauvages : l'ortie, l'ail des ours, l'oseille, la ciboulette. Est-ce que ça veut dire qu'il y a des saisons plus propices à la bonne tambouille en itinérance ?
C'est vrai que printemps et été pour les plantes sauvages oui c'est un peu plus sympa. D'une manière générale c'est un peu plus sympa d'aller cueillir à cette période-là.
En tout cas pour les plantes sauvages oui : l'été et le printemps c'est là où il y a plus de possibilités. L'ail des ours au printemps c'est quand même quelque chose qui est assez facile à reconnaître et qui sublime un plat, il n'y a pas de doute.
Et pareil ça veut dire aussi qu'il y a des régions qui sont plus agréables que d'autres ? Par exemple l'ail des ours : on en trouve partout au printemps ?
Oui un peu partout oui vraiment. Là-dessus j'en ai eu dans la région du nord à Lille autant qu'en montagne oui.
D'accord et vous avez appris à les reconnaître ces plantes et aussi appris à les trouver. Il y a des bons plans cachés pour les champignons ? Il y a des bons endroits où on peut trouver justement ces ails des ours ?
Oui il y a des endroits qui sont un peu spécifiques mais on le sent direct. Ça va être dans des forêts et puis pour l'ail des ours par exemple : on va vraiment sentir l'ail d'un seul coup dans l'environnement dans lequel on se trouve donc on le trouve comme ça.
Et moi je me suis vraiment formé sur le tas. J'ai fait un tour de France à pieds et à vélo qui est mon premier gros voyage il y a quatre ans. C'est pendant ce voyage-là où je me suis renseigné, où je discutais beaucoup avec les gens qui étaient en montagne et qui au fur et à mesure me montraient les différentes plantes qui peuvent exister.
Donc l'ail des ours ça va être en forêt. Après il y a en alpage beaucoup de le quai nopo de Bonne-Henri qui est l'épinard sauvage qui est aussi pour moi quelque chose : c'est de l'épinard quoi donc ça va vraiment pimper avec un peu d'ail, qu'on a un plat de pâte va devenir juste incroyable. Et puis il y a une saveur vraiment particulière à cueillir et derrière de transformer et de manger : c'est quelque chose qui est super chouette. C'est un peu comme une reconnection à un environnement qu'on a un peu perdu.
Et pareil vous êtes dans, enfin je pense que nos auditeurs l'ont compris : vous êtes dans une démarche de sobriété. Alors il y a une recette qui m'a quand même bien interpellé dans votre livre qui est votre recette à base de peau de banane. Ça m'intrigue, ça se cuisine facilement la peau de banane ?
En tout cas dans cette recette-là au pancake l'idée c'était de trouver : on va manger une banane pendant son effort, qu'est-ce qu'on fait sa peau de banane ? Et en fait la plupart des pots, des fruits et légumes se mangent. C'est juste que nous on a l'habitude d'enlever ce qui est là où il y a le plus de nutriments.
Donc c'était une petite astuce : que faire cette peau de banane ? Et comme les pancakes là c'est des recettes où il n'y a pas d'œufs dedans. Ça permet de donner en fait la banane de manière générale donne un liant en fait à la préparation.
Une sorte d'adhésif comme si elle avait donné le tout.
Exactement ouais.
Si nos auditeurs ou nos auditrices ne sentent pas l'âme ou l'énergie ou la compétence pour faire leur popote. Quel conseil est-ce que vous leur donneriez malgré tout pour se nourrir de manière sobre et gourmande au quotidien ?
Après ça va dépendre si c'est en rando ou si c'est à vélo. À vélo forcément il y a un pléthore de choix sans cuisiner. Si c'est en rando : c'est vrai que le couscous qui ne cuisine pas et qui peut se faire à froid avec juste mettre de l'eau dans la semoule et ensuite rajouter tous les ingrédients d'épices, d'ail, d'huile d'olive. Ça fera complètement l'affaire.
Dans ma question je vous pose la question : comment est-ce qu'on peut se nourrir de manière sobre et gourmande ? Je me pose la question, là moi comme ça. Est-ce que c'est compatible ces deux objectifs ? Mais avant de commencer à répondre, ce sera la question que je vous posais juste après la chronique d'Abel Guggenheim : est-ce qu'on peut cuisiner de manière sobre et gourmande ?
Pour l'instant on est vers la fin de RayonLib. Nous sommes avec Nicolas Leroux toujours cuisinier, randonneur, chef. On va s'écouter la chronique d'Abel Guggenheim.
Abel, évidemment je te souhaite une excellente année en 2026 et on t'écoute pour ta première chronique de 2026.
Bonjour. Dans mes trois précédentes chroniques j'ai entre autres abordé l'aspect sémantique de la distinction entre vélo et VAE ainsi que l'emploi d'expression vélo-électrique : oxymore couramment utilisé mais qui ne correspond à rien d'administrativement existant.
Comme l'a écrit Albert Camus : "Mal nommer un objet ajoute à son malheur", je continue à n'utiliser le mot vélo que pour les vélos et à parler de VAE pour ce que d'autres nomment vélo électrique.
Mais c'est parfois difficile de ne pas utiliser un mot que tout le monde emploie autour de vous.
Je me sens parfois dans la même situation que Benjamin Morel, un constitutionnaliste qui intervient souvent dans la presse et dans les médias audiovisuels où il explique avec des mots simples et compréhensibles par tout le monde les méandres de la vie politique.
Mais il a aussi une habitude que j'apprécie très particulièrement : même lorsque toutes les personnes présentes parlent de l'article 49.3 de la constitution, il emploie systématiquement et imperturbablement l'expression article 49 alinéa 3.
Car, comme j'ai déjà eu l'occasion de vous le dire, la constitution ne contient aucun article 49.3, mais juste un article 49 comportant 4 alinéas dont le troisième est celui qui est à proprement parler considéré comme un article autonome.
L'article 49.3 de la constitution de la République française est comme le vélo électrique : tout le monde en parle mais il n'existe pas.
Il y a au moins deux autres cas d'approximation sémantique dans le domaine du vélo, tous deux dans la dénomination d'une association.
Au cours du dernier Rayons Libres, vous avez pu entendre parler de la FF Vélo.
Plus loin dans le programme, il a été question de la FFCT, fédération française de cyclotourisme.
Il s'agit du même objet, sauf que la FFCT existe et la FF Vélo n'existe pas.
La FFCT a été il y a quelques années l'objet d'un putsch interne raté. Il était prévu de la renommer fédération française du vélo.
Avant l'assemblée générale qui devait voter ce changement, le nom du site avait été changé et un logo créé, mais le changement de nom ne fut pas approuvé.
On garda cependant le site ffvelo.fr et surtout le logo, très efficace visuellement. Ce qui accréditait pour beaucoup le changement de nom qui n'a pas eu lieu.
Une autre curiosité est le nom ancien de l'association MDB dont j'ai l'honneur d'être membre du conseil d'administration et d'en avoir été président,
initial qui signifie mieux se déplacer à bicyclette comme l'a décidé l'assemblée générale en 2004.
Le nom précédent était pour tout le monde mouvement de défense de la bicyclette, mais en réalité il avait été créé en 1974 sous le nom mouvement défense de la bicyclette,
sans la préposition de entre mouvement et défense.
Rien n'indique que ce changement, apparu sur la revue Roux Libre à l'été 1993, ait jamais été décidé.
Il semble s'agir d'une évolution progressive collective, un mystère à éclaircir.
À lundi prochain.
Merci beaucoup Abel. Nicolas, donc quelle est la dernière question que j'ai envie de vous poser : est-ce que pour vous cuisiner d'une manière sobre et gourmande c'est compatible ?
Oui je pense que c'est carrément compatible et c'est aussi ce que je propose dans le livre. Je pense qu'il doit y avoir 80% des recettes qui sont végétariennes,
quelques-unes qui sont véganes aussi. Forcément du coup c'est de la sobriété en diminuant au maximum les produits d'origine animale,
et également l'idée du livre est aussi de trouver des produits qui sont sur le voyage autour de soi donc c'est aussi consommer local,
ce qui permet de consommer plus sobre et via le tourisme qu'on fait, participer à l'économie du coin,
je pense que consommer local plus végétarien c'est une cuisine qui est hyper réconfortante et hyper gourmande et c'est bon, donc sans aucun problème.
Il y a moyen, et quand même une petite dernière question Nicolas : cuisiner,
c'est pareil, est-ce que se faire sa popote et avoir quand même une approche minimaliste du chargement sur le vélo,
Absolument. D'autant plus qu'il y a maintenant du matériel de réchauffe qui est très minimaliste et qu'on peut tout avoir,
en tout cas moi je fais le voyage de façon très minimaliste et avec tout l'équipement nécessaire donc c'est complètement compatible.
On a souvent peur de ça mais comme tout il faut tester. Se faire prêter du matériel au-dessus pour tester à des copains,
et puis ensuite si on accroche pourquoi pas investir sur du matériel.
Et puis pourquoi pas participer à l'un de vos ateliers. Merci beaucoup Nicolas, auditeur ou auditrice,
ça y est ce Rayons Libres est terminé. N'oubliez pas : le vélo est une chance,
ce serait dommage de ne pas l'enfourcher, et pour bien l'enfourcher, mangez bien.
Merci beaucoup Nicolas Leroux d'être venu nous raconter votre vision de la cuisine en itinérance à vélo.
Je vous propose à tous et toutes de rester sur 93.fm sur Cause Commune,
il sera à 14h30 quand vous écouterez cette émission pour la première diffusion,
et je vous dis à la semaine prochaine. Avant, n'oubliez pas : ce vendredi, micro ouvert au 22 rue Bernard Dimey Paris 18 à partir de 19h,
venez, on se souhaitera une bonne année pleine d'accolades et de bons vols-tons. À la semaine prochaine et merci beaucoup Nicolas.
Merci, Jérôme.
Rayons Libres.
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