Parles-moi d'IA. Mesdames et messieurs, bonjour. Je suis un super-ordinateur Karl, cerveau analytique de recherche et de liaison. C'est une machine qui ressent les choses. On nous raconte n'importe quoi sur l'IA. Alors, qu'est-ce que tu en dis, Kit ? Moi, je n'en dis rien du tout. La créativité, elle reste du côté de l'humain. Parles-moi d'IA, présenté par Serge Abidboul. Bonjour à toutes et à tous. Eh bien, je suis au micro pour l'animation de cette émission. Et même si la phase de rodage est passée, selon Jean-Philippe Clément, qui réalise ce podcast, continue à être tolérant. Je ne suis pas un journaliste pro. Aujourd'hui, on va parler de commun numérique, de droit et d'IA. Notre invité est Vincent Bachelet, un juriste en droit de la propriété intellectuelle et du numérique, spécialisé dans les questions liées aux licences libres et à l'organisation de commun numérique. C'est un des fondateurs. Il était secrétaire général de CoopCycle, un truc qu'on aime bien à Cause Commune et dont on parlera un petit peu. Il a soutenu une thèse en droit à l'université de Paris-Saclay. Il est maintenant chercheur postdoctoral à l'université de Panthéon-Sorbonne. Alors, accordez-vous 30 minutes pour interroger une nouvelle fois ce que provoque l'éruption de l'intelligence artificielle dans notre vie d'un point de vue social, culturel, éthique, technique, politique et tout. Cause Commune 93.1 FM. Vous êtes bien sur Cause Commune, la voie des communs, la voie des possibles. Vous nous écoutez sur le web cause-commune-au-singulier.fm et sur son app mobile. Sur la bande FM à Paris, sur 93.1 et sur le DAB +, en podcast sur votre plateforme préférée. Chers auditeuristes, si vous appréciez Parles-moi d'IA, si vous pouvez nous aider en likant et partageant notre émission, cela nous fait connaître car cela manipule les algorithmes et... C'est cool de manipuler un algorithme. Vous écoutez Parles-moi d'IA. Dans ce podcast, on parle d'intelligence artificielle, une nouvelle science qui transforme le monde, mais va aussi parler d'un sujet qui nous tient particulièrement à cœur, à Jean-Philippe Clément et à moi-même, les communs numériques. J'ai invité pour ça Vincent qui est post-doctorat à l'Université Panthéon-Sorbonne pour nous en parler. Alors, en voiture avec Vincent. Bonjour Vincent. Bonjour Serge. Merci d'être avec nous en studio pour l'émission Parles-moi d'IA. Peux-tu nous dire rapidement quel est le parcours qui t'a conduit à une thèse en droit dans le domaine du numérique ? D'où tu viens ? Oui, alors en fait j'ai fait un parcours assez classique en droit, une licence en droit privé puis un premier master en droit des affaires où j'ai découvert le droit de la propriété intellectuelle et c'est ce qui m'a vraiment plu. Et ensuite, dans le cadre de ce master de propriété intellectuelle, j'ai découvert le droit de l'open-source et des communs numériques qui étaient relativement émergents parce que c'était le milieu des années 2010. Et j'y ai consacré mon mémoire de recherche en M2 et j'ai fini avec plus de questions que de réponses. Donc je me suis dit que pourquoi pas poursuivre avec une thèse sur le sujet. Eh ben voilà, on va arriver sur ta thèse qui porte sur la valorisation par le droit de la production des communs numériques. Alors on va démarrer en douceur. Est-ce que tu pourrais nous dire un petit peu ce que c'est que pour toi, les communs numériques ? Oui, oui, je pourrais. Déjà, il n'y a pas de définition vraiment unanime, donc ça va être ma vision. Il y a une entente entre chercheurs, entre tous les chercheurs, tous les praticiens sur un triptyque, une communauté, une ressource, une gouvernance et après, c'est les avancements entre chaque qui changent. Moi, personnellement, je défends plus une approche des communs et des communs numériques par la communauté plus que par la ressource. Donc pour ce qui est des communs numériques, je défends l'idée que la ressource qui est produite doit être partagée sous licence libre, qu'il n'y a pas de restrictions d'accès à la ressource. Mais par contre, il y a une importance à accorder dans l'entretien de l'infrastructure matérielle mais aussi humaine, ce que certains chercheurs ont appelé dispositif, sociotechnique de production. Et ça, c'est donc ce dispositif sociotechnique qui, associé à la communauté, forme pour toi la notion, la base du commun numérique, c'est ça ? Oui, c'est ça. Sachant que dans le cadre des communs matérielles classiques, on va parler d'eauchamps, de forêts, que sais-je, c'est la ressource qui va être mise au centre, c'est celle qu'on produit, qu'on entretient. Dans le cadre des communs numériques, moi, je défends l'idée que ce qu'il faut protéger, entretenir, c'est la communauté qui va, elle, à son tour, être en capacité de produire la ressource libre. Vaste programme. Alors, maintenant, on va zoomer un peu sur ta thèse. Dans ta thèse, tu questionnes des outils juridiques autour des communs. Tu les questionnes parce qu'il y a des problèmes. Qu'est-ce qui ne