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#34 – Syndicalisme TDS – Genèse du STRASS

📝 TRANSCRIPTION & RECHERCHE00:00
Mylène Juste, lumière rouge, vie d'insurgé·e, en direct sur Cause Commune.
Tous les premiers jeudi du mois, je tends le micro à mon invité travailleuse du sexe.
Intervenez en direct, au 09-72-51-55-46.
Insurgé·e...
Bonsoir, bonsoir, je suis Mylène Juste, travailleuse du sexe, dite tradie de rue,
depuis plus de 20 ans, et avec ma complice en régie Corinne.
Bonsoir Corinne.
Bonsoir Mylène.
Ce soir, nous passons aux grilles de figure du militantisme TDS.spécial, syndicalisme.
Nous sommes en direct sur la radio de Cause Commune, 93.1, et sur les chaînes Twitch et YouTube de la radio.
Alors, intro, édito, vulgarisons, en quelques lignes.
Le syndicalisme, c'est quoi ?
C'est né en Grande-Bretagne, avec la première révolution industrielle à la fin du XVIIIe siècle.
C'est un mouvement visant à défendre les intérêts des travailleuses,
en particulier des travailleuses salariées grâce à l'action des syndicats professionnels.
La fonction propre du syndicalisme, c'est de représenter les travailleurs et les travailleuses,
de promouvoir et de défendre leurs intérêts spécifiques en tant que travailleuses et travailleurs.
Et c'est l'objet du Strasse, le syndicat du travail sexuel.
Les études s'accordent pour dire que le taux de personnes syndiquées est passé de 30% dans les années 50
à moins de 10%. Aujourd'hui, le syndicalisme accuse le choc néo-ultra-libéral.
Le 2 décembre 2025, la CGT raccolle la base.
Syndiqués, vous devenez acteurs et actrices de votre environnement de travail et plus largement de la société.
C'est aussi utile à vous-même qu'à vos collègues, qu'à vos proches.
Le monde du travail est de plus en plus dominé par des logiques économiques et financières.
Le 12 février 2026, l'OIT et l'Organisation Mondiale du Travail posent la question du renforcement de la résilience,
définition capacité à surmonter des chocs traumatiques.
Des syndicats, au secrétaire général de la Confédération Syndicale Internationale, Luc Triangle,
a la question du point de vue de la Confédération Syndicale Internationale.
Quels sont selon vous les principaux défis et opportunités auxquels sont confrontés les syndicats en 2026
et comment la CSI se positionne-t-elle pour y répondre ?
Luc Triangle répond que le principal défi est clair, les attaques coordonnées contre la démocratie,
les droits des travailleurs et travailleuses et les institutions multilatérales s'intensifient.
Les forces politiques d'extrême droite, les gouvernements autoritaires et une élite milliardaire
s'allient pour affaiblir les syndicats, restreindre la syndicalisation, criminaliser la contestation
et bloquer les progrès à l'OIT, à l'ONU et dans les institutions financières internationales.
Nous accordons la priorité au soutien à l'organisation et à l'inclusion,
en particulier pour les travailleurs et travailleurs informels, les migrants, les femmes et les jeunes,
car la force et l'indépendance futures du mouvement syndical dépendent de l'augmentation de nos effectifs.
Nous soutenons également nos affiliés par des recherches, des outils de campagne et des mécanismes de solidarité,
en particulier lorsque les syndicats sont en première ligne de la répression.
Enfin, nous renforçons les alliances au-delà du mouvement syndical à l'ère de l'autoritarisme.
La défense de la démocratie et de la justice sociale passe par la construction d'une Cause Commune
avec tous ceux dont les droits sont menacés.
Les syndicalistes ne sont pas les seuls à faire face à la répression.
Une attaque contre les droits d'un mouvement est une attaque contre tous.
Il ne s'agit pas d'un combat abstrait.
En 2026, les syndicats se battront pour la démocratie, car c'est ainsi que les travailleurs et travailleuses
garantissent leurs droits, leur dignité, leur sécurité et un avenir commun, nous dit Luc Triangle.
Donc je pose ici la question, pas du tout ironiquement, n'est-ce pas ?
Faut-il contacter, nous le strass, Luc Triangle, qui est issu du syndicalisme chrétien,
pour mettre en pratique leur programme, en fédérant tous les collectifs et syndicats de Tédès, d'Europe et de Navarre ?
Syndicalisme d'affaires, syndicalisme de transformation sociale, syndicalisme révolutionnaire, syndicalisme réformiste,
syndicalisme de lutte, syndicalisme jaune, syndicalisme chrétien, éco-syndicalisme, anarcho-syndicalisme,
les différents courants syndicaux sont impactés par l'idéologie d'une certaine conception du monde,
art, économie, culture, droits individuels et collectifs, avec une notion d'esprit ou de tendance,
qui selon Marx relève de la fausse conscience et de la mystification.
Mais de quelle tendance relève le syndicalisme pute ?
À la base, on a des lois prohibitives et criminalisantes, des monopoles, des abus, de la morale,
des enjeux sociaux, sociétaux et sanitaires, et au milieu de tout ça, des travailleurs et travailleuses.
La barque est lourde d'oppression pour celle-là, mais aussi et par conséquent de revendications
et l'idéologie la plus virulente et du côté des non-concernés.
C'est l'idéologie d'un monde sans travail sexuel ou plutôt sans sexualité marchande, physique et même virtuel,
orchestré par le mouvement dit abolitionniste, usant d'un champ lexical intentionnellement manipulateur des émotions
et permettant ainsi l'élaboration d'une propagande nourrie de mensonges, d'injustices épistémiques, de faits divers
et de conflits d'intérêts politiques et idéo-associatifs.
C'est un analogiste à moi, idéo-associatif.
Le terme abolitionnisme, faisant référence aux doctrines visant à éradiquer les conséquences les plus cruelles des systèmes de domination,
esclavage, peine de mort et privilèges, le simple fait de l'utiliser dans l'opposition à la prostitution et à travail sexuel en général,
crée de multiples biais émotionnels et un amalgame récurrent entre violence sexuelle, exploitation, viol et le travail sexuel.
Si ces partisans promeuvent leur idéal dans les rapports homme-femme et même la sexualité entre les hommes et les femmes exclusivement,
donc dans le monde genré binairement, du patriarcat agonisant, pour les travailleuses et travailleurs du sexe,
il est question de leur droit à disposer de leur corps, leur droit au droit commun, leur droit à être et vivre légitimement par leur travail.
Car la prostitution et tous les domaines du travail sexuel, pornographie, erotisme, danse, triptys, domination, TDS virtuel,
on dit TTDS, fétichisme, etc., vente d'articles aussi, ne sont pas interdits en France.
On a donc à l'intérieur de cette idéologie, abolitionniste, une autre idéologie, celle de la dinguerie, n'est-ce pas ?
La dinguerie néolibérale d'une société où tu dois te prendre en main constamment et te battre,
où tu subis la déshumanisation liée aux nouvelles technologies et à la surveillance, le déclassement, la compétition, les inégalités,
où selon le philosophe Jean-Philippe Pierron, les vulnérables entrent en conflit avec leur figure contraire, qui est l'entrepreneur d'eux-mêmes.
Cette dinguerie abolitionniste, c'est en 2016, donner tous les feux verts aux travailleuses du sexe et travailleurs du sexe,
tapin de rue escorte pour prospecter via l'abrogation du délit de racolage, énagère et toujours nous autoriser au statut de travailleuses et travailleurs indépendants et auto-tamponneurs,
et nous redresser pour travailler dissimulés en cas de non-déclaration, mais créer un PV si on nous approche,
et maintenir les pires conditions de travail imposées par les réglementations sur le proxénétisme de soutien et hôteliers,
ayant pour conséquence non la disparition du travail sexuel, mais l'inversion des rapports de force, la précarisation, l'augmentation des violences,
la réorganisation de la prostitution avec des intermédiaires, donc avec des risques de profit et d'exploitation grâce à la situation prohibitive.
La dinguerie abolo-progressiste, c'est de se comporter en groupe dominant pour s'emparer de la condition d'un groupe minoritaire en réunir tous les principes du progressisme.
Propagande, domination, passage en force, mensonge, conflit d'intérêt, silenciation. C'est ce que notre groupe subit.
Dans cet état des idéologies, intérêts et d'organisation du monde qui étranglent tout un pan de travailleuses et travailleurs que sont les TDS,
dénoncer et se lever pour ces droits n'est pas une option pour nos deux invités combattifs et combattives,
et pour l'ensemble des TDS et travailleurs du sexe en lutte, c'est une essence qui s'inscrit dans l'intersectionnalité des oppressions,
racisme, trans, homophobie, sexisme, classisme, validisme et violence systémique de sociétal à économique dans leur ensemble.
Avec nos invités, comme pour beaucoup de combattantes et combattants et de nos Adelphes, il n'est pas question de renoncer à un faisceau de valeurs et de droits fondamentaux,
eux-mêmes inscrits dans la déclare ration universelle des droits de l'homme, tous les êtres humains n'est-ce libres et égaux,
chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés sans distinction, aucune.
Ni de se plier aux courants idéologiques sociaux lorsqu'ils enfreignent ces droits.
Et c'est le point de départ probablement du syndicalisme pute français incarné par le strass depuis ce, depuis 2009.
Avec Cadyne et Thierry, nous allons aux origines du premier syndicat du travail sexuel français, de ses batailles, de la situation actuelle et, peut-être si on a le temps, des perspectives.
Cadyne, bonsoir. Bonsoir. Thierry, bonsoir. Bonsoir.
Alors on va faire comme d'habitude, on va pas parler de vous, parce qu'on va parler de syndicalisme, mais vous en avez l'habitude, puisque vous êtes, moi, vous êtes...
On en parle depuis un moment. Non mais voilà, vous êtes militante, donc c'est d'abord le mi-dentisme et vous après.
Mais bon, grosso modo vous êtes tous deux quadrats. Voilà. Tous deux activistes pour les droits des TDS depuis de nombreuses années.
Et parmi les premiers acteuristes de la lutte au strass et même à sa fondation, donc toi Cadyne, tu es TDS escort à Paris et ailleurs, des fois en tournée, on dit, à l'occasion, le déplacement.
Et actuellement, tu es juriste au service juridique du strass et tu viens même de passer SG, secrétaire général.
Autre champ activiste, les bébêtes, non ? Beaucoup d'autres champs. Beaucoup d'autres genres de bipèdes et de quadrupèdes.
Entre aussi l'anticolonialisme, le lutte féministe, les luttes algepéticulipes. Voilà, tout ça, tout ça.
Je suis pas sûre que les gens ont compris pour la cause animale quand tu parlais des bébêtes.
Mais si j'ai dit quoi ? L'antispécisme. Oui, il y a l'antispécisme. Les luttes ou les droits des TDS, c'est un sujet qui me fait beaucoup à coeur.
Etudes, bon, des études, des diplômes, t'as fait des études, je suppose. Droit et sciences politiques. Droit et sciences politiques, voilà. Début TDS, il y a longtemps.
Il y a un petit moment. Et tu as fait... Tu t'aimes 5 ans. Et tu as fait moult jobs. Également. En dehors de l'activisme du TDS, tu as fait d'autres, d'autres, d'autres jobs.
Oh Thierry, alors on ne te présente plus, mais on te présente encore à chaque fois, petite piqûre de rappel, nous TDS escortes à Paris, anciens acteurs porno.
Et ailleurs aussi, parce que quand tu fais des déplacements, ça t'arrive, pour faire des traductions. Oui, bah tous les pays où je... De vagabonder dans les hôtels.
Dans tous les endroits où je vais en général, je rencontre des gens et je ne suis pas inactif sexuellement. D'accord. J'ai même fait l'amour dans des pays où j'aurais pu risquer 14 ans de prison pour les actes sexuels que j'ai connu.
Bien, bien. Tu as une vie très dangereuse. C'est ça. Donc tu es actuellement coordinateur, pléso-éducatrice, autre au champ d'activisme. La lutte contre le sida, je suis toujours membre d'Act Up. J'ai rejoint Act Up quand j'avais 18 ans, donc ça fait plus de 25 ans aussi, enfin si, 25 ans.
Bah après oui, lutte LGBT, féminisme, les questions des drogues et de la réduction des risques. Et puis, bah après, je pense que j'ai un master en histoire du genre. Histoire du genre.
Et première fois, première passe ? Alors ça dépend comment tu définis. Parce que les abolitionnistes diraient que j'avais des conduites pré-prostitutionnelles déjà très très jeunes. Mais oui, c'est ça, ma première passe, ça porte dauphine, je crois que c'était en janvier 2002, quelque chose comme ça. Je me rappelle parce qu'il faisait froid cet hiver. Je crois que c'est ça. Après, je me trompe peut-être sur les dates.
Et puis t'as eu d'autres jobs ? J'ai fait beaucoup de jobs. J'ai commencé Factor parce que ma mère travaillait à la poste. Comme beaucoup d'enfants de postiers, j'ai fait les remplacements de Factor l'été, les samedis matins et tout ça. J'ai fait serveur, barman, standardiste. J'ai bossé à la réception de tétus.
J'ai fait, je sais pas tous les trucs que j'ai fait, mais research assistant, comme j'étais à Londres à la fac. Et puis je fais aussi des traductions puisque je parle anglais, donc je fais un peu de traduction interprétaria.
Puis du travail de plaidoyer, puisque même jusqu'à aujourd'hui, j'ai pas mal de boulot. Mais malgré tous mes multitalents, je pense que c'est le travail sexuel que je fais le mieux.
Donc, allons-y pour l'Ostrace-la-Génèse. Alors, en 2009, les Assises à la prostitution s'organisent. Alors, racontez-nous, ces Assises, qu'est-ce que c'était ? Comment, pourquoi, avec qui ? 2009, t'étais où ?
Je pense que c'est pas utile de remonter même un petit peu sur la préparation. Les Assises même, ont été l'événement. Mais en 2009, on est dans le contexte de plus d'enfin, il y a 6 ans de LSI.
Oui, c'est le 18 mars 2003, la loi Sarkozy sur la sécurité intérieure, dont le racolage passif. Donc ça fait déjà 6 ans.
Enfin, je trouve intéressant de revenir. On s'est rencontrés dans le magnifique petit groupe qui s'appelait Les Putes.
Je pensais qu'on se connaissait avant. Oui, mais on n'était pas dans le même... Bon, voilà, on va rencontrer.
C'était OMPA à l'époque. Oui, tout à fait. Pardon, elle a la STA. Oh, c'était encore même avant. Oui, mais c'était avant le OMPA. Bon, je ne sais plus.
Mais non, surtout, c'était en 2002. Il y a eu un énorme mouvement pour contrer la loi de sécurité intérieure qui a été annoncée, qui est très intéressante à documenter en soi.
L'histoire le dit, on a malheureusement perdu, mais mine de rien, ça a été vraiment un moment de construction communautaire parce que, comme tout moment d'auto-organisation,
parce que ça a été réellement un moment d'auto-organisation, ça a donné un vrai élan dans la construction de... j'aurais presque envie de dire de conscience de classe,
en tout cas de conscience de groupe, en réaction justement à cette annonce d'une loi extrêmement répressive qui... Oui, dans le TDS, qu'est-ce que ça a changé ?
On passait de racolage passif à racolage actif ? Selon les circonstances passées d'une situation où il y avait une répression assez fluctuante,
mais qui était selon les endroits plus ou moins de répression selon les formes de travail, il y avait le racolage actif qui pouvait être réprimé,
mais dans la pratique, il y avait quand même pas mal de... ça pouvait varier quand même selon les lieux, on peut pas dire qu'il n'y avait pas de répression, il y en avait évidemment.
Il y avait évidemment de la répression sur des sujets comme le proxenitisme, etc. Mais vraiment, la LSI a marqué un coup énorme dans le changement,
à la fois dans une annonce et surtout dans l'ouverture par une possibilité de répression assez importante.
Lorsque la loi est passée, il y a eu, enfin corrige-moi, mais moi je le dis comme ça, Thierry, il y a eu vraiment un coup de massue porté sur le mouvement,
parce que c'est une fois qu'elle est passée, il vient tout simplement la contester. Et on était dans une situation, on va dire, un champ politique ou associatif
où il y avait des associations de santé communautaire, mais qui justement, il y avait la majorité, l'intégralité de l'expression politique ou publique
sur la question était d'un angle abolitionniste. Et les organisations communautaires étaient reléguées à une question de santé et de gestion interne
qui n'avait pas la possibilité nécessairement, surtout avec à la fois le poids de l'idéologie abolitionniste et le poids de la rhétorique répressive.
En gros, il y avait cette alternative-là, il y avait abolition ou répression, c'était le seul champ et le seul espace d'auto-organisation, c'était l'associatif santé communautaire.
Et donc dans cet espace, l'idée était de créer un groupe activiste réellement sur le modèle de la formation, que tu connais bien Thierry.
En 2002, il y a quand même eu un sursaut de mobilisation communautaire pour essayer d'empêcher la loi Sarkozy et l'article sur le racolage passif.
C'est l'époque où Claire Cartonnet était porte-parole du mouvement, elle a eu quand même pas mal d'interventions à la télé.
Il y a eu le 5 novembre 2002 devant le Sénat, qui a été une journée d'immobilisation assez importante.
Malheureusement, tout ça n'a pas fonctionné. Je pense que c'est effectivement aussi parce qu'on n'avait pas vraiment d'alliés au-delà du champ de la santé,
que les féministes à l'époque étaient à 80-90% abolitionnistes et donc elles faisaient des contre-manifes contre la nôtre pour dire qu'elles étaient contre le racolage,
mais que quand même la prostitution c'était mal. Le champ du féminisme n'admettait absolument pas aucun autre champ féminisme.
C'est à l'époque où même parmi les nouvelles féministes qui arrivaient, c'était Jeannie Punissoumise, donc rien que dans le titre du nom de l'association,
tu vois que c'était contrevenu. Il y avait des femmes publiques de Anne Souris et Catherine Deschamps qui ont essayé,
mais bon, c'était très peu de féministes qui nous soutenaient. Donc on était assez isolés. Effectivement, le mouvement du coup,
après le passage de la loi, il y a eu la répression quasiment tout de suite. En réalité, même la répression a commencé même avant.
C'est-à-dire que dès que Sarkozy a été émise de l'intérieur, il y avait déjà des dessins de flics sur les maréchaux.
Moi, chez Porte de Phine, j'avais une gueule, j'avais de l'air d'un mineur, donc j'étais contrôlé cinq fois par soirée.
Il y avait quand même du harcèlement policier.
Qui lui a servi pour sa campagne, justement. C'était exactement ça, il lançait la loi, il faisait une pub pour sa loi.
C'était dans le contexte où Le Pen est arrivé au deuxième tour. Quand la droite arrive au pouvoir, ils y vont vraiment au bleu marine.
C'était un peu un slogan de Sarkozy qui disait que le bleu marine va revenir à la mode, en parlant de la couleur des uniformes des policiers.
Je pense que c'est un clin d'œil aussi. Je ne sais pas si Marine Le Pen n'était pas encore en haut de l'affiche.
Moi, je pense que c'est le début de l'ère pré-fasciste qu'on vit encore aujourd'hui.
C'est une normalisation de la répression avec un test des entraves au droit humain sur les populations clés plus fragiles.
Et petit à petit, ça généralise toute la population. On commence par les putes, par les groupes indésirables.
Ce qui permettait aussi de montrer une fermeté, une dureté. C'était de faire sa pub sur notre dos aussi.
C'était montrer à quel point la ligne était...
Le discours de Sarkozy, c'était tranquillité publique, pour sécurité, pour les riverains.
Et puis il y avait une instrumentalisation de la question de la traite, comme d'habitude, pour dire qu'il allait résoudre le problème, qui évidemment n'a jamais été résolu.
Venons aux Assises, justement.
En fait, tous les 18 mars, chaque année, on faisait une manif et aussi des Assises de la prostitution, en référence aux Assises qu'il y avait eu dans les années 70.
Et chaque année, au 18 mars, c'était un peu l'événement pour rappeler que tous les ans, on s'opposait toujours à cette loi et maintenir cette position.
Parce qu'en fait, à part les putes, personne ne disait plus rien sur ce délit de racolage.
Je pense que ça a été une stratégie qui a fonctionné, parce que la gauche a été obligée, une fois arrivée au pouvoir, de remettre en cause ce délit de racolage.
Parce que là, c'était... Et là, pour le coup, tout le monde...
En tout cas, toutes les féministes étaient d'accord pour dire que c'était une répression qui visait les femmes, qui étaient sexistes, que c'était interdire de l'espace public des femmes,
que c'était en plus jugé sur des tenues, jugé indécent, etc. Donc tu avais vraiment tout le framework, le vocabulaire du sexisme, etc.
Et je pense que c'est vraiment dû aux luttes des traves du sexe. Sinon, je pense que ça aurait été passé aux oublis.
Tout le monde nous aurait oublié et le délit de racolage aurait continué s'il n'y avait pas eu de mobilisation.
Donc je pense que c'est quand même une victoire du mouvement. Alors certes, ça a été remplacé par la pénalisation des clients, mais je pense que c'est une étape.
Et je pense qu'on va la subir pendant au moins 10 ans. C'est le 10e anniversaire de la loi 2016 sur la pénalisation des clients.
Revenons aux A6 en 2009.
La création du strass même.
Je savais qu'il y aurait des...
Cette mobilisation contre le délit de racolage, puis la pénalisation des clients, c'est un peu le cœur du strass en termes de mobilisation.
Donc 2009, oui, c'est dans ce contexte-là. Et là où on a une plus-value, ce qu'on apporte, je pense,
c'est qu'on veut aller justement au-delà de la question de la lutte contre la pénalisation pour la décrime, et c'est-à-dire parler de travail et avoir une approche syndicale.
C'est exactement ça, c'est-à-dire les A6 elles-mêmes, c'était un événement maintenant, mais ce qui est beaucoup plus intéressant à réfléchir et à raconter,
c'est la réflexion, c'est la stratégie. L'idée c'était, oui, dans un contexte, parce qu'elle a été quand même donné lieu à une belle galerie des horreurs de l'heure dans la répression,
mais l'idée c'était au-delà de dénoncer la répression ou les violences, d'aller plus loin, on demande des droits.
Et ce n'est pas juste, pardon, la trivialité de la manière de le dire, mais c'est pas juste arrêter de nous taper, c'est une vraie réflexion politique,
à la fois sur comment est-ce qu'on s'organise pour répondre à la répression, mais qu'est-ce qu'on revendique et qu'est-ce qu'on demande, et dénoncer toute la gamme.
On n'avait pas l'intention de se contenter de juste dénoncer les pires des violences. Et pour ça, puisque justement, politiquement, on ne voulait pas se placer
dans l'idée de l'humanitaire, ou de la condescendance, ou de la pitié, ou de ces postures de sauveteur que justement les abolitionnistes ont dans leur discours,
l'idée d'une auto-organisation non basée autour de la bonne volonté des gens qui voudraient bien nous octroyer quelques petits droits si vous voulez bien,
mais réellement de se poser dans la lignée précisément du syndicalisme, le travail du sexe c'est un travail, l'attractivité c'est un travail.
Donc l'idée lors des Assises c'était de rassembler autant que peut la communauté pour pouvoir discuter ensemble et s'auto-organiser, non plus dépendre de la bonne volonté
d'un leader extérieur, que ce soit politique, scientifique, chercheur, etc., mais réellement faire émerger une parole de la communauté elle-même, et du coup de la formuler
sous l'angle d'une lutte pour nos droits avec toute la spécificité qu'il peut y avoir sur le syndicalisme dans ce rejet.
Vous étiez, alors il y avait des personnes qui ne sont plus là maintenant, mais il y a eu des figures quand même, comme maîtresse Nikita, maîtresse Nujida, Morgane Merteuil…
Morgane arrive en 2011, elle n'était pas en 2009, mais je pense que chaque année il y avait ses Assises, on avait préparé un peu en ayant quelques ateliers au programme,
et effectivement il y avait un atelier prévu sur le syndicalisme. Donc on avait un peu préparé à l'avance en se disant…
Évidemment qu'on l'avait totalement préparé !
Oui, mais on ne savait pas ce que ça allait donner en fait, c'est-à-dire qu'on espérait que la proposition de créer un syndicat prenne, mais on ne savait pas si ça allait prendre ou pas.
Il se trouve que ça a complètement pris et que ça a très bien fonctionné. Cette année-là, ce qu'il y avait un peu de nouveau aussi c'est que…
Il y avait qui comme groupe de TDS, comme Orga ?
Il y avait « Femmes des droits, droits des femmes » de Bois de Vincennes, il y avait le PASTE avec Camille et le Bois de Boulogne en gros, le BUS des femmes, le collectif L'Épute…
Les droits et la prostitution ?
Oui, droits et prostitution, oui. Et après, il y avait toutes les assauts de provinces aussi, de régions, donc Cabellia, Gracitis, etc.
Et donc, ce qui était intéressant, c'est qu'en 2009, Olivier Pi nous avait ouvert les portes du Théâtre de l'Odéon.
Il y avait toute une anecdote là-dessus parce qu'on avait fait une manif devant le Sénat justement en novembre pour l'anniversaire de la mobilisation devant le Sénat.
Et comme le Sénat est juste à côté du Théâtre de l'Odéon, il y a Olivier Pi qui par hasard « Voit des putes » manifesté devant le Sénat à deux pas de son opéra.
Pardon, oui, c'est ça, du Théâtre. C'est pas l'opéra, c'est le Théâtre. Théâtre de l'Odéon. Et donc, il dit « Oh, les putes, nanana, c'est super ! »
Bref, tu vois le mec un peu artiste qui est très content d'avoir début de manifester. Et puis, ils font « Mais qu'est-ce que vous demandez ? »
Et puis, à un moment donné, il dit « Ah, vous êtes le directeur de l'Odéon ? Ah bah, il faudrait nous ouvrir les portes, comme ça on pourrait faire… »
Il a dit « Ah, mais oui, tout à fait ! » Et en fait, nous, on pensait pas qu'il allait nous rappeler ni rien, tu vois.
Et en fait, trois mois, enfin, quelques mois après, oui, c'est trois mois après, en gros, on a préparé les assises au Théâtre de l'Odéon.
Et donc, il y a eu l'annonce du… Et la création du syndicat. Et c'était, comment elle s'appelle, la journaliste…
Je me souviens pas du tout. Je me souviens pas, qui fait… qui est encore à la télé en ce moment, Laura Delaire.
Laura Delaire qui animait en partie les débats et en tout cas le panel de institution à la fin.
Et en fait, bon, il y avait une ambiance un peu mé-68, quoi. Je pense qu'il y a plu pas mal parce que ça part…
Dans la foule, évidemment, les putes prenaient la parole et personne ne respectait les consignes, il n'y a rien.
Mais en tout cas, ce qui est bien, c'est que du coup, il y avait 200 putes qui étaient là, de toute la France, qui étaient venues spécialement pour l'événement.
Et quand on a annoncé la création du Strass, je pense que ça a vraiment très bien pris.
Et dès la première année, on avait 200 adhérents. Donc quand les gens disent, oui, les deux fondateurs, ce sont deux hommes, etc.
Non, pas du tout. En fait, on était 200 personnes. Certes, il y avait deux hommes dans les 200, mais on était 200.
Le Strass, pourquoi le Strass ?
Qu'est-ce qu'on a joué pour essayer de trouver les adhérents ?
Je pense qu'on cherchait un acronyme. On s'est dit qu'en allemand, c'était la rue, que Strass était en référence.
Ça faisait aussi, évidemment, référence aux bijoux.
Oui, bijoux, rue.
Et puis on s'est dit syndicat du travail sexuel, ça rentre comme acronyme pour Strass.
Et on s'est dit, oui, Strass, c'est bien comme...
Pourquoi est-ce que tu dis, c'était justement...
Il y avait un côté classe, oui, c'est ça.
Oui, il y avait un côté...
La révolution en talons.
Oui, c'est ça.
Avec le Strass et des paillettes. Pas trop.
Alors maintenant qu'on a parlé, on va faire une petite pause. On va écouter Des Pêches Modes, Everything Counts.
Parce que là, on va enchaîner sur la deuxième période après la naissance et la construction du Strass.
Il y a pas la boum, la danse de la loi 2016.
La loi 2016, deuxième période, le chaos, la violence de la lutte.
Alors personnellement, je me souviens parfaitement du jour où j'ai appris le projet de loi depuis un du client.
J'étais rublon-blond en train de discuter avec les collègues.
Et puis j'ai vu arriver de loin Thierry Schaffweiser à compagnie de ma chatte.
C'était pas Iris ?
Non, Iris, c'était une autre fois où j'étais très en colère et je vous avais engueulé tous les deux, il pleuvait.
Et j'avais dit à Morgane, les petits sont venus nous emmerder alors qu'il pleuvait et que je m'étais engulé avec un client, un connard.
Bon bref, donc passons.
Donc moi j'avais arrêté le tapon depuis trois ans, je venais de racheter un studio pour travailler.
J'avais des projets de vie, des réparations personnelles très importantes à réaliser après six années de violence conjugale.
J'étais enfin libre et je gagnais très bien ma vie, je pouvais pourvoir à tous les besoins pour mon enfant.
Et balaboum, et vlan.
Donc Thierry, tu débarques tout le monde avec ma chatte.
On est en septembre 2012, je crois, quand ça a été annoncé.
L'annonce a été le 25 juin 2012 dans le JDD par Naja Dhalobal Kessem, je m'en souviens parce que le 25 juin c'est mon anniversaire.
Donc j'ai eu un très bel anniversaire évidemment.
Et septembre, oui c'est la relance au niveau du parlement puisque en fait le gouvernement Hiro n'avait pas envie d'en faire un projet de loi,
puisque je pense que Hiro ne soutenait pas la loi, mais les députés, je ne sais plus comment ça s'appelle, les Kutels et l'autre là,
en ont fait une proposition de loi et comme le PS à lui seul avait la majorité absolue,
en fait en septembre on a eu une visite de courtoisie avec deux députés PS.
On a compris que c'était vraiment pour faire semblant de nous écouter et que c'était mort.
C'était mort au niveau du groupe PS à l'Assemblée.
Mais par contre, on a quand même réussi à rallonger la lutte de plusieurs années parce qu'on a réussi à la bloquer au Sénat en gros.
C'est-à-dire que les sénateurs par contre, on a réussi à les convaincre que c'était une mauvaise idée
et du coup, ni le gouvernement Hiro, ni les sénateurs n'avaient envie de remettre à l'ordre du jour la loi.
On espérait que ce soit mort dans les…
Mais tu vas très vite, mais quand même vous aviez vu à l'époque, vous avez demandé Nachat Bhadour Belkacem ministre,
c'était le premier ministère de la rencontrer et ça s'est très mal passé.
Avant même l'annonce, déjà ça faisait des années et des années et des années qu'on luttait contre la LSI,
contre la répression et contre l'État à l'époque de la loi.
Bien avant l'annonce, on le voyait venir, le modèle nordique était le modèle qui était poussé par les abolitionnistes
et dans tous nos rencontres, nos manifs, nos débats, nos discussions, nos lobbying, etc.
Pour dénoncer les effets de la répression, on était souvent, je n'ai pas d'exemple en tête,
mais peu importe la réponse qui était souvent apportée, l'alternative à la répression était…
en gros on l'a vu venir de loin, déjà parce que c'était le modèle qui était activement poussé par le mouvement…
Le mainstream institutionnel abolitionniste.
Voilà, les partisans, les mouvements qui étaient partisans justement, il y avait vraiment un activism.
J'allais vous demander à cette annonce qu'est-ce qu'elle vous a fait, parce que nous on a été sous le choc,
mais vous, vous l'aviez donc vu venir puisque vous étiez depuis…
Je vais te dire une cosa.
Dis, dis, on l'avait bien dit !
En fait ça commençait en 2006, c'est-à-dire que c'est en 2006 que le mouvement d'Uni a adopté cette position.
C'est-à-dire que l'abolitionnisme originel français n'est pas pour la pénalisation des clients.
Il y a eu la loi 1999 en Suède et ça a mis quand même quelques années avant que les Amnisties français le reprennent.
Et en 2006, il y a eu la Coupe du Monde en Allemagne et ça a été une grosse campagne médiatique de la part des abolitionnistes
pour prétendre que 40 000 femmes allaient être déportées en Allemagne pour être des esclaves sexuels, qui était un gros hox,
mais qui a été repris par tous les médias.
Dire hox, c'est ce que ça veut dire ?
Et ça a été repris par tous les médias comme si c'était une information avérée.
Sauf que, évidemment, c'est un truc complètement inventé.
Il n'y a jamais eu de 40 000 femmes déportées pendant la Coupe du Monde.
Il y aurait eu 20 centimètres carrés chacune, ça n'aurait été pas parti.
Et ça a été l'occasion pour le Parti socialiste de l'adopter comme programme du Parti socialiste à partir de juillet 2006.
Et Segwayne Royad l'a repris dans sa campagne pour être présidente en 2007.
Elle n'a pas été élue, mais par contre, en 2012, quand ils sont arrivés au pouvoir,
c'est ressorti tout de suite avec Valo Belkacem, alors que Hollande parlait de responsabilisation des clients et pas de pénalisation,
parce que c'est ce qu'on avait un peu réussi à obtenir du candidat Hollande, qui n'aille pas sur la PNA.
Et qui surfait sur les dénonciations des conséquences de la répression,
en disant d'une manière de ne pas répondre à la demande de droit, mais détourner la dénonciation des violences.
Finalement, on va continuer, mais qui est finalement une répression différente.
Et à chaque fois, c'était basé sur des mensonges.
Donc, premier mensonge sur les 40 000 femmes déportées en Allemagne pour l'adopter comme programme.
Et deuxième mensonge, des 90% de victimes de la traite, défendues par Valo Belkacem, qui, à l'Assemblée et au Sénat, disaient,
l'approvision, ce n'est pas qu'une représentation, la vérité, c'est ça.
Donc, elle invente une représentation comme vérité, et la vérité de l'approvision, c'est eux qui l'ont imposé, en racontant n'importe quoi.
Donc, quand c'était répété par tout le monde, en tout cas, les journalistes ont juste fait des copiers collés du communiqué du gouvernement,
sans jamais vérifier les chiffres, parce qu'évidemment, ils n'ont pas ça à faire.
Du coup, c'est devenu une vérité médiatique.
Et toi, si tu dis non, c'est faux, on te traite toi de négationniste.
Donc, c'était assez compliqué, surtout que nous, on n'avait pas la parole.
En face, les opposants, ce n'était pas nous, c'était Elisabeth Lévy, écauseur, et son truc, les 343 salauds.
Donc, du coup, c'était vraiment l'horreur, parce que tu avais d'un côté la parole sexiste, décomplexée, genre, touche pas à ma pute,
si on n'a plus le droit déjà de fumer dans les édits publics, on ne peut même plus aller aux putes.
Enfin, tu vois, c'était vraiment très basique comme argumentaire, et nous, on n'existait pas, tu vois.
On a vraiment été dépossédé de ce truc, alors qu'on était les premiers concernés.
Et donc, voilà, oui, contexte assez horrible et assez déprimant, oui.
Bon, on a quand même, je pense, bon, on a quand même réussi à résister, à lutter, à faire reculer le processus,
parce que ça a quand même été bloqué.
Trois ans et demi quand même, trois ans et demi, jour et nuit, on en a chié, trois ans et demi.
Ils pensaient sincèrement pouvoir le faire passer en six mois sans la moindre résistance, et finalement, bon...
Il y a eu toutes les navettes.
Il y a eu des navettes, il y a eu des...
On a quand même fait des manifs où il y avait au moins mille putes dans la rue quand même.
Je m'en rappelle, en octobre 2013, on était au moins mille putes dans la rue.
Donc ça, je pense que ça a dû surprendre quand même, parce qu'ils ne s'attendaient pas du tout à ce que...
Parce que pour eux, c'était les pauvres victimes qui sont des incapables et il faut les sauver.
Et on dirait juste merci de nous sortir de la precision.
Et là, on disait fuck you, en fait, tu vois, donc...
On disait fuck you, mais on disait aussi avec une vraie analyse politique,
avec un vrai discours de toute la communauté qui se saisissait vraiment d'un texte de loi qui concernait littéralement nos vies.
Justement, donc là, on a vu quand même, au travers de ce plaidoyer, de cette mobilisation,
que nos adversaires principaux et les plus féroces, c'était les courants féministes,
si on veut, ils étaient à gauche, ce courant était à gauche.
D'ailleurs, c'est une socialiste qui a porté la loi et l'a fait voter par ses concerts et confrères à l'Assemblée.
Il y a très peu de votes, tout le monde était absent le jour du vote, mais principalement des gens de gauche, socialistes.
Donc voilà, on peut avoir une analyse et une compréhension de phénomènes, de marqueurs abolitionnistes plutôt du côté socialiste.
Après, la social-démocratie, pour moi, ce n'est pas vraiment la gauche, on le voit bien.
On le sait au moins depuis 1983 en France, voire avant.
Après, je pense qu'il y a cette facilité de pouvoir se prétendre progressiste et féministe sur cette question-là.
À un moment donné, où les luttes féministes n'ont pas d'agenda politique,
ou en tout cas, c'est très restreint sur la question du vote et de la prostitution,
donc ça montre vraiment l'absence de réflexion et de réels programmes féministes.
Et pour les social-démocrates, c'est très pratique comme loi.
Oui, il y a eu ça sur la prostitution avant même les VSS.
Oui, après, la question du viol, c'est un vieux thème féministe depuis très longtemps.
Effectivement, c'est avant MeToo, mais en réalité, on parlait déjà des violences avant MeToo.
Mais en tout cas, je pense que pour le PS et cette gauche-là, c'était très pratique d'aller taper sur les clients,
parce que c'était une façon de prétendre être féministe à très peu de frais,
puisqu'il suffit juste d'envoyer les flics, et tu ne résous rien du tout,
et tu prétends avoir un super bilan féministe alors qu'en fait, tu as juste fait de la merde.
Je pense qu'on va aller plus loin sur le côté analyse.
Selon les courants, il y a une vraie question de défaut d'analyse de base idéologique qui joue.
Au caricaturé, côté extrême gauche ou gauche, et ça revient sur l'importance de l'idée de créer un syndicat,
et de parler et d'agir en tant que travailleur.
La spécificité du syndicalisme dans notre contexte, c'est que, historiquement, dans la majorité des cas,
le syndicalisme va chercher à organiser les travailleurs vis-à-vis d'un patron,
vis-à-vis du système capitaliste et de la mainmise sur les moyens de production,
et que dans la théorie de gauche et de l'extrême gauche, ou en tout cas syndicaliste historiquement,
effectivement il est difficile, il faut réanalyser, ça fait partie justement aussi du travail qui est important,
en termes de réflexion théorique que nous devons faire nous-mêmes dans le Strasse,
pour s'approprier cet outil syndicalisme dans un contexte où on n'est pas sur un lieu de travail organisé vis-à-vis d'un patron.
Le contexte de rapport de force n'est pas le même, le contexte légal n'est pas le même, le cadre légal n'est pas le même.
Donc c'était, en gros on a les théories de Marx, on est assimilé au Lumpenproletariat,
et justement à ces franges exclus du mouvement des travailleurs, donc toute la question du travail du sexe par rapport aux luttes syndicales
n'était pas du tout vu sous le prisme travail, mais par rapport au prisme de faits sociaux, mais qui nous dépossède de ça.
Côté féminisme c'est encore autre chose, en gros quand on peut parler de féminisme mainstream, et ça c'est, le féminisme bourgeois il n'est pas nouveau,
systématiquement le féminisme institutionnel exclut les minorités à l'intérieur du mouvement féministe,
que ce soit les femmes voilées, que ce soit les personnes trans, que ce soit les putes, systématiquement les droits des minorités ont été zappés, ou en tout cas…
En tout cas à l'époque c'est sûr que les féministes leaders ou qu'on entendait plus étaient effectivement putophobes, islamophobes etc. et on en a encore des restes aujourd'hui, mais à l'époque c'était vraiment la majorité.
Non mais tu vois les années 90, il y a eu Jospin qui a mort il n'y a pas longtemps, donc du coup on a reparlé à Gazanski, histoire de la parité très binaire, très essentialiste, qui a aussi exclu la question de l'action affirmative pour les autres minorités.
Donc on a parlé d'un universalisme qui était homme-femme, shabada-bada, mais en fait c'était aussi un truc anti-minorité, et le Pax c'est ça aussi, c'est le refus de l'égalité.
On fait un contrat où on accorde quelques droits mais qui n'est pas à l'égalité, parce qu'il y avait ce mythe de la différence sexuelle qui devait être préservé par beaucoup de ces féministes différentialistes, ou universalistes qui pensaient cette binarité comme universelle.
Du coup tu es dans cet héritage-là, tu es dans ce contexte-là, même les féministes matérialistes en France étaient très anti-travis sexuels, parce que Delphi pour elle le sexe avec les hommes c'est quasiment du viole, si elle ne dit pas carrément que ça l'est.
Du coup évidemment la prostitution, en tout cas ça a toujours été l'un pensé, alors que si tu poursuis la logique de l'analyse sur la division sexuelle du travail, sur justement le travail caché, le travail féminisé caché, dans le cadre de la famille,
en fait le travail sexuel rentrait très bien dans l'analyse, mais elles n'ont pas voulu l'inclure. C'était les gènes de garde qui luttaient pour la représentation des femmes en politique, donc c'était un féminisme qui favorisait beaucoup les bourgeois.
Il y avait une mixité avec Clément Hinnotin, mais pareil qui était bon sur la critique de la publicité sexiste, sur des trucs de représentation, mais la question des putes c'était les abolitionnistes qui dominiaient, donc c'était assez compliqué.
Donc à l'époque effectivement beaucoup de moyens chez les abolitionnistes déjà en termes de, des moyens, ça matérielle, mais des moyens aussi, les médias qui suivent, qui suivent la propagande, et puis un féminisme mainstream qui est très abolitionniste.
D'ailleurs ça a pas mal changé là, les dernières manifs du 8 mars n'ont pas la même tronche que celle d'il y a 10 ans.
On a perdu quelques batailles, mais on en a gagné je pense aussi, il y a une réelle évolution.
Je pense que c'est grâce aussi à Ostras qui a toujours développé un discours féministe anti-fasciste, tu vois sur la question des droits des migrantes aussi, ce qui n'était pas évident au début du, enfin dans le mouvement pute des années 2000, il y avait quand même une partie du mouvement qui était on va dire raciste, en tout cas sur la question des sans-papiers.
Mais ce qui était logique parce que la LSI, c'est systématique, c'est complètement basé sur diviser la communauté avec le matraquage de l'idée que s'il y a de la répression c'est à cause des migrantes.
Et donc du coup, c'est logique dans une situation répressive de vouloir diviser les communautés, et que de toute manière en réalité la LSI c'était aussi grandement une loi anti-immigration.
C'était pour pouvoir... Mais je dis ça parce que je pense que à la création d'Ustras, s'il y a un des sujets sur lesquels on a quand même été, on a imposé une ligne, c'était sur la régularisation des sans-papiers.
Parce que ça faisait pas qu'on s'en suive. Et je pense que c'est ce qui fait aussi le résultat aujourd'hui, c'est-à-dire que le fait qu'on se soit inscrit dans les luttes féministes, dans les luttes des classes, dans les luttes anti-racistes, etc.
Je pense que ça nous a situé politiquement et que du coup le mouvement pute aussi est resté sur cette trajectoire-là.
En rajoutant qu'il y a aussi une construction qui était extrêmement importante à faire, qui est difficile encore, c'est que la communauté, enfin on parle de communauté, mais on parle d'une communauté avec toutes les multiples formes de travail différentes,
avec le stigma tellement important sur l'idée de prostituer que beaucoup de formes de travail, l'identification à cette même communauté n'était pas du tout évidente.
Et donc l'idée en dehors de, évidemment, inclure tous les pans de la communauté et les spécificités, il y avait aussi, de la même manière que tous les luttes des travailleurs et que le syndicalisme doit aussi,
que ce soit le capitalisme ou la répression a besoin de diviser, a besoin de créer de l'individualisme et pour justement éviter que les gens se regroupent et s'organisent et voient leur intérêt commun.
Donc c'était d'autant plus, enfin déjà c'est extrêmement… Mais ce que tu décris, souvent ce que tu dis aussi Mylène sur le côté individualisme, je pense qu'il y a beaucoup de collègues qui souvent se disent, moi je me débrouille toute seule,
et le travail sexuel justement permet d'avoir une vraie indépendance économique, etc. Mais du coup à l'époque, comme les féministes étaient très majoritairement anti-prostitution,
je pense qu'il y avait beaucoup de tédesses qui ne se pensaient pas féministes voire qui étaient anti-féministes. Je pense pareil sur le syndicalisme qui n'était pas du tout perçu comme quelque chose d'accessible.
Et je pense que maintenant, quasiment 15 ans, 20 ans après, je pense qu'aujourd'hui tout le monde, enfin dans le mouvement en tout cas, tout le monde se perçoit les luttes putes comme une lutte féministe et syndicale.
Et ça, je pense que c'est vraiment un acquis du strass. Et c'est vrai que le deuxième acquis, un peu dans la même logique, c'est le rassemblement de toutes les formes de travail sexuel sous ce sigle TDS qu'on n'a pas inventé.
D'ailleurs c'est les jeunes générations qui ont, à partir de la traduction sexoire « travail sexuel » qui avait un peu commencé dans les années 90 avec Claire Cartonnet et Camille Cabral, mais qui a été démocratisé avec le strass.
Aujourd'hui c'est tellement démocratisé que sur les réseaux sociaux, plein de gens se définissent comme TDS via cet acronyme que pour le coup nous on a inventé.
Et y compris des gens qui ne sont pas dans le travail sexuel classique dit prostitution, qui aujourd'hui devient même minoritaire.
Et alors qu'à l'époque, les actrices porno n'auraient jamais dit « je suis travail du sexe » parce que c'était associé à la prostitution.
Aujourd'hui, il y a une forme de solidarité même, tu vois j'en parlais avec Carmina il n'y a pas longtemps, elle me disait qu'il y a des actrices porno qui prennent une position contre la loi 2016 alors qu'en fait ça les concerne pas directement.
Ou qu'à l'inverse, il y a des putes qui vont dire « il faut arrêter avec la censure d'OnlyFans et compagnie ».
En fait, il y a une vraie solidarité qui se développe de plus en plus et ça je pense que c'est un sien à qui du strass.
Je reboucle en arrière mais puisqu'on parlait des assises, il me semble qu'on avait spécialement pendant les assises un atelier qui avait été prévu pour débattre du terme « travailleuse du sexe » et est-ce qu'il y avait un vrai débat ?
Il y a des tradis qui disent « prostitué ça me convient mieux au travail du sexe ».
Il y avait la possibilité de professionnels du sexe. Travailleuse ça a grincé à un certain moment.
Notamment pour des personnes qui voyaient le côté lutte des classes qui ne leur plaisait pas forcément.
Bon après il y a différentes formes de positions mais globalement après je pense que c'est aussi parce qu'il y a des habitudes de langage et que c'était pas toujours politisé non plus comme opposition.
Mais c'est vrai qu'il y a eu un débat.
Oui effectivement c'était pas toujours une opposition. Il y a eu toute évolution. Il y a forcément des édifications.
Alors trois ans de lutte acharnée.
L'affaire Descaf fait que ça remis à l'ordre du jour.
Bien, c'est le clou aussi cette histoire. Après on a fait un recours au conseil constitutionnel, échec à la CDH et CDH échec également.
Alors ça la CDH donc grosso modo valide la politique de la France sur la prostitution en prétextant que nos droits ne sont pas atteints, on peut tapiner.
Que cette question relève de l'appréciation du pays et des méthodes dans ce domaine.
Mais que la CDH suit quand même de près les résultats de la loi sur le point social donc le fameux parcours de sortie, qu'en est-il etc.
Bon, si je peux corriger un peu, ils ont quand même reconnu qu'il y avait une entrave aux droits humains, c'est-à-dire qu'ils considéraient qu'au regard de la lutte contre la traite qui était aussi un argument constitutionnel, on pouvait entraver nos droits humains au regard de cet autre objectif constitutionnel.
La décision c'était plus de dire, il y a une marge d'appréciation pour les États de décider comment ils gèrent cette contradiction entre ces deux impératifs.
Mais il y a quand même une reconnaissance que oui, pénaliser nos clients ça a quand même un impact sur nos conditions de vie et travail.
Et que c'est pour ça qu'ils demandent d'ailleurs à l'État de faire une évaluation et ça c'est aussi vraiment rendu.
Bon, moi quand même je fais toujours la référence, lorsque des prisonniers se plaignent de leur condition de vie dans les prisons, la France est condamnée.
Mais lorsque les putes se plaignent de leur condition de travail, la France n'est pas condamnée.
Voilà, et là il y a quand même un problème, puis je pense que les juges de la CEDH ils savent très bien que les chiffres sont quand même dans les rapports d'activité, même des abolitionnistes, des assos abolitionnistes, des assos tentés, et même dans les rapports de l'OIT, que la traite des êtres humains à 90% d'imposition ça n'existe pas.
L'avocat d'Uni a même dit 99% devant le conseil constitutionnel. Moi quand j'ai vu ça je me suis dit bon il y avait Fabius qui écoutait en face, je me suis dit les mecs ils vont réaliser que c'est n'importe quoi, 99%, pourquoi pas plus de 100% aussi.
Mais le conseil constitutionnel n'a pas eu l'air de les chagriner.
Donc du coup, il y a eu un impact quand même sur le mouvement, ça a quand même mis un coup d'arrêt au mouvement et aux mobilisations là, par rapport au militantisme, on avait beaucoup de mobilisations jusqu'en 2016-19, même après la loi, faire les manifs et tout.
Là la pandémie plus, attends bon, parce qu'il y a eu le conséquence du CEDH Covid.
C'est surtout la vague de suicide qui a vraiment cassé.
Des suicides, des précarisations, il y a eu tout un tas de tragédies.
La mort de Maya et de Maltine en particulier, tu vois à 6 mois d'intervalle, c'est vrai que ça a été une période très dure.
Moi je pense que sur le coup de la CEDH, ça a été un peu un double coup parce que certes, enfin moi je pense que le rendu de la CEDH, on s'y attendait en partie quand même.
Donc ça, certes, c'est un coup, mais je pense qu'on pouvait voir.
Mais par contre, je pense qu'il a fait le plus mal, c'est que l'inter-syndical, de tous les syndicats, donc les représentants des travailleurs, fassent un communiqué commun pour se réjouir de cette décision.
Et là, c'est un peu une forme, je pense que ça fait plus mal à la communauté parce que c'est comme si notre propre classe nous trahissait ou s'attaquait à nous.
C'est-à-dire que des juges bourgeois de merde s'opposent aux droits des putes, c'est logique, c'est des juges.
Mais que des syndicats s'opposent à nous, je pense que ça fait plus mal.
Ah oui, bien sûr, bien sûr.
Et puis ?
Quoi ?
Parce que tu joints l'attitude à la parole, ça fait plus mal, on l'entend déglutir, ça fait mal.
Il y a des suites possibles de toute façon, des rapports juridiques, autre instance de droit et travail international.
Bon, là, c'est dur parce qu'il faut travailler soi-même avec ces instances-là.
Ou création de cas de jurisprudence, possible aussi.
C'est deux questions séparées, c'est vrai.
Oui, mais bon, ce sont des choses difficiles, mais en attendant, de toute façon, en ce qui concerne la loi là,
nous, au niveau syndical, on ne va pas changer grand-chose sur ce qui est juridique, les dispositions de la loi,
à part donc si quelqu'un veut bien de député.
Ah bah là, la voie judiciaire, c'est fini.
Mais on avait entamé cette voie de stratégie judiciaire parce qu'on savait que le Parlement s'était bloqué.
Mais là, en fait, il y a quand même un renouvellement du Parlement depuis
et qui va encore continuer l'année prochaine, il y a encore une élection.
Moi, je pense que cette loi finira par être modifiée parce que...
Modifiée, oui, mais franchement, je pense que personne n'est assez courageux dans les politiques pour vraiment décriminer totalement.
Alors, je ne sais pas. Moi, ce que je crains, c'est que si c'est les fascistes...
C'est plus des questions de rapports de force que de courage.
Moi, je crains qu'on risque d'avoir des fascistes qui vont nous faire une décrime nationaliste en expulsant...
C'était déjà annoncé en décembre, là.
C'est pour ça que je dis ça, c'est que Tanguy.
Bon, après, bon, on verra bien, mais moi, je pense qu'il y aura un problème à devoir, du coup,
être très clair sur l'antifascisme et sur le fait qu'on ne veut pas d'une loi qui criminalise les migrants.
Et après, est-ce que la gauche aujourd'hui est capable de revenir sur cette loi ?
Je pense que pour l'instant, ce n'est pas encore le cas.
Mais en tout cas, je pense qu'à long terme, cette loi ne peut pas tenir puisque l'épreuve s'accumule de jour à jour sur son inefficacité
au regard des objectifs officiels affichés, c'est-à-dire que ce soit sur la lutte contre la traite, l'exploitation des mineurs,
enfin, tous les trucs qui étaient censés être, enfin, comme quand Sarkozy avait fait la même chose.
Enfin, c'est toujours le même prétexte.
Et à chaque fois, on voit bien que non, ça ne fonctionne pas, même si ça remplit le problème.
Donc, à un moment donné, quelqu'un d'un peu sérieux qui se penche sur le truc voit bien que non,
cette pénalisation des clients, la prostitution n'a pas été abolie en France, il y a même plus de prostituées qu'avant.
Donc, on n'est pas obligé de faire une pause, parce qu'on a beaucoup à dire.
Donc du coup, le syndicat du travail sexuel et la lutte des TDS sont bien trop récents
et excluent des cadres économiques et légaux formels pour établir une étude chiffrée comparative historique,
mais nous pouvons avancer au vu des adhésions, mobilisations, diverses formes d'engagement.
D'une part que le taux de syndicalisation des TDS équivaut à celui des autres secteurs,
à peu près entre 2 et 10%, selon les secteurs, d'autre part que ce taux est en chute aussi.
Donc là, pour le travail général, c'était 50% des années 50, maintenant c'est le taux de syndicalisme global 10%.
Le rapport de recherche de l'UNSA et de l'IRES de 2021, le syndicalisme, au tournant du 21e siècle,
questionne, faut-il interroger la capacité des syndicats à faire adhérer des salariés mieux formés ?
Celles-ci ou ceux qui se sentent, se sentent-ils en capacité d'agir par eux-mêmes pour défendre leurs droits ?
Agir par soi-même pour défendre ses droits, c'est une question intéressante.
Qu'en t-il tels davantage une dégradation de leur image et de leur situation professionnelle si elles sont syndiquées ?
Ça, on a ce problème typiquement dans les danseuses, dans les cabarets.
Agir, se syndiquer, faire des... Ah oui ! Considèrent-ils les messages syndicaux comme il est adapté à leur niveau ?
Faut-il envisager des organisations avec différents cercles de militante en fonction de leur degré d'engagement ?
Donc si les plus forts taux d'adhésion syndicale en Europe corresponde aussi à un syndicat qui tient le plus fortement l'adhésion au service,
les analyses montrent également des diminutions du nombre d'adhérents.
Alors côté à travers des travails sexuels, beaucoup de collègues ont une approche de résistance ou d'engagement
qui se situe davantage et principalement sur un plan existentialiste et ou économique.
Alors que diriez-vous à une TDS qui a des réticences à s'engager dans la lutte ?
Ça, c'est quand on est... Voilà.
On drive un syndicat, c'est toujours comment d'avoir cette notion de conscientiser et d'amener les personnes à réfléchir à leurs conditions
et de s'engager pour essayer de changer les choses. Mais qu'est-ce qu'on peut dire à part ça ? Une fois qu'on a dit ça...
Je reviendrai peut-être juste pour mentionner qu'il faut rebondir sur ce que tu avais dit juste avant et par rapport à ce que tu mentionnais
au tout début en introduction sur les différentes formes syndicales.
Et il y a aussi une particularité de notre lutte au-delà de la situation.
Tu l'as mentionné, il y a les syndicalismes de lutte, il y a le syndicalisme révolutionnaire,
il y a le syndicalisme... Si on repart avec les autres branches du travail, il y a plus de 5 syndicats principaux
qui ont des politiques différentes, qui ont des postures différentes, qui ont des objectifs variés, on va dire, pour les travailleurs du sexe.
Et j'aimerais qu'il n'y ait pas le monopole du syndicalisme.
En gros, au sens déjà, la difficulté de s'organiser en syndicats dans notre travail est encore telle
que Solmustras va se positionner sur cette théorie syndicaliste et que, évidemment, à l'intérieur de la communauté,
il va y avoir des positions, des avis différents sur quel rôle doit avoir le syndicat.
Ce serait génial s'il y avait plein de syndicats différents qui pourraient représenter ces différentes courants.
Ce qui permettrait justement de montrer aussi la pluralité de la communauté.
Ça va finir par s'ouvrir.
Mais ce sont des mondes d'appart, évidemment, la strip-tiseuse, la pute de rue, l'actrice porno...
Je ne parle pas nécessairement uniquement en tant que branche ou forme de travail, bien que ça joue,
mais en termes de manière d'utiliser de postures politiques et de stratégies du syndicat et d'idéologie, je pourrais dire.
Les apéritifs, ça plaît.
Évidemment.
Les DG7 aussi.
On va en parler parce qu'on va faire des agoras le 12 avec DG7 après.
Oui, c'est vrai que nous retrouvons ensemble...
Au-delà des deux degrés d'engagement, on fait ce qu'on peut.
On fait ce qu'on peut.
C'est moins une question de remettre ça sur l'individu, mais justement d'essayer de mettre en commun nos forces.
Et aussi les différentes positions, les différentes avis, les différentes...
Moi, je dirais déjà de base, tu es travailleur, tu te syndiques.
C'est aussi bête que ça.
C'est comme l'autre qui dit allô, tu as des cheveux, tu as un shampoing.
Là, tu es travailleur, tu te syndiques.
C'est une question de survie de classe.
En fait, on est dans un contexte capitaliste, néolibéral, on subit des matraquages d'attaque,
on se fait éborner en manif, etc.
La moindre des choses, c'est de défendre la dignité de son appartenance de classe.
Quand tu es travailleur du sexe, en réalité, les gens peuvent avoir déprimé tout ce que tu veux,
mais en réalité, je pense que là, on a quand même plus de 20 ans de lutte,
voire on a 50 ans de lutte même en France, les choses vont être de plus en plus accessibles.
En réalité, le Strasse a déjà gagné pas mal de choses, que ce soit au niveau de la protection sociale,
le service juridique, le fait qu'on arrive à faire condamner...
Justement, alors service juridique, c'est quand même...
On a réussi à faire condamner des flics pour viols de collègues,
on a réussi à faire sauter des arrêtés municipaux.
Alors oui, certes, on a pas réussi avec les CEDH,
mais il y a quand même des victoires sur ces années de lutte.
Et à un moment donné, la question du droit du travail, ça va arriver.
Même là, on parle des différents courants syndicaux, dès qu'il y aura la décriminalisation,
tous les syndicats mainstream finiront par ouvrir des branches sex work comme ça existe dans les autres pays.
Et là, on est déjà en discussion avec des camarades de Solidair, etc.
Il y a déjà Solidair Informatique, Sud-Educ, il y a des gens qui commencent à dire
oui, effectivement, on peut plus exclure toute cette catégorie.
Parce que là en plus, c'est l'industrie du sexe, on voit bien que c'est un vrai secteur économique.
On parle de l'uberisation, mais OnlyFans, c'est exactement le même problème que Uber.
Donc en fait, à un moment donné, il y a un intérêt.
Il y a une prise de conscience qui est même au-delà de l'industrie du sexe,
parce que les gens voient très bien ce qui se passe.
Et en fait, c'est accessible.
Moi, c'est ça que j'ai envie de dire aux collègues, c'est que la lutte, ça marche.
Et il n'y a rien d'autre qui marche.
Donc si vous n'essayez pas, vous êtes sûr de perdre.
Par contre, collectivement, et je pense que c'est ça aussi le cœur du truc,
c'est qu'on peut avoir une résistance individuelle,
mais ce qui fonctionne le mieux, c'est l'organisation collective.
Et en plus, on est le pays de la révolution française, etc.
On a des preuves historiques que ça fonctionne.
Donc en fait, à un moment donné, oui, il y a des choses qui peuvent être dures dans les luttes, etc.
Mais il n'y a que comme ça qu'on progresse.
Et ça vaut le coup, ça vaut le coup parce qu'il y a des vraies victoires à obtenir.
Et moi, je pense que sur la sémantique, sur la terminologie, on l'a dit, tu vois.
Effectivement, maintenant, travail sexuel, TDS, c'est acquis.
Et plus ça va aller, plus on va avancer.
Et là, je pense qu'il y a une nouvelle génération qui arrive, qui va gagner.
C'est-à-dire que nous, peut-être qu'on ne verra pas les bénéfices de la décrime.
Et en fait, il y a d'autres modèles de lutte.
Tu vois, les luttes LGBT, il y a plein de gens qui n'auraient jamais cru que ça irait aussi vite.
À l'échelle d'une vie, tu vois.
Mais je pense que les sex workers... et en plus, on est un mouvement international.
C'est ça aussi qui fait qu'on va gagner.
Et il y a des victoires.
Et il y a des victoires.
La Belgique qui aurait cru que la Belgique décriminalise.
Et en fait, c'est juste les pays voisins.
Donc en fait, on a même des modèles à côté de nous qui montrent que oui, ça fonctionne.
Là, tu vois, on parlait de la requalification pour viol des personnes, des mecs qui ne payent pas, etc.
La Belgique vient de dire, un client qui ne paye pas peut être condamné pour viol.
Le droit du travail, maintenant, est reconnu en Belgique.
Enfin, tu vois, donc il y a quand même des choses qui avancent.
Et je pense que ça vaut le coup.
Quand tu luttes, tu rencontres de belles personnes, quand même.
Les rencontres que tu fais, les moments que tu vis, les moments sont forts.
Ça te construit et ça te rend plus fort aussi, justement, de partager ces moments-là et de lutter ensemble.
Donc du coup, toi, tu fais le plaidoyer, mais ça fait longtemps que tu fais du plaidoyer, que ça soit en salarié ou bénévolement.
Tu adores ça, tu aimes ça, tout de même, le plaidoyer.
Je sais pas si c'est...
Enfin, en tout cas, je sais faire.
Après, moi, j'ai l'impression si c'est...
Oui, tu peux avoir du coup.
Tu préfères aller manifester dans la rue, ça je suis sûr.
Deux actions, tu préfères manifester dans le plaidoyer.
Alors ça dépend parce qu'aujourd'hui, j'ai peut-être moins d'énergie aussi et que je fais beaucoup moins de manifs qu'avant.
Mais par contre...
Non, mais je peux avoir du plaisir dans le militantisme, mais le militantisme, ces derniers temps, c'est pas toujours simple non plus.
Et c'est vrai qu'il y a aussi un courant, enfin comment dire, un contexte général qui est un peu déprimant aussi.
Parce que moi, j'ai très peur de l'arrivée du fascisme parce que demain, si on perd le droit au séjour pour soins,
si on perd l'aide médicale d'État, si on perd le droit du social...
Il y a quand même des choses qui...
Il y a beaucoup de TDS qui vont mourir.
Parce qu'à un moment donné, si tu es expulsé dans un pays où il n'y a pas de médicaments,
surtout en ce moment avec la crise du pétrole et tout ça, enfin les guerres et compagnie...
Enfin, je ne sais pas où on va, mais ça me fait assez peur.
Et je pense que d'ailleurs, les luttes putes ont un rôle important à jouer dans cette lutte antifasciste.
Parce qu'on est au cœur...
Et bon, ça, c'est peut-être ce qu'on va en parler avec notre événement du 12.
Mais la critique du fémo-nationalisme, nous, on peut l'apporter.
Parce qu'on sait ce que c'est d'être enfermé dans un statut de victimité offert par les néolibéraux,
mais qui est dépossédant, parce que ce n'est ni la justice, ni la police,
donc les appareils répressifs de l'État, ce sont des fausses protections.
En tout cas, ça fonctionne peut-être pour les bourgeoises.
C'est tout à fait bien dit, c'est très bien dit.
Pour les putes, ça ne fonctionne pas.
Et en fait, ça renforce un appareil répressif qui, en fait, ne vise pas à nous protéger,
qui vise à criminaliser des populations indésirables.
Et on sait très bien qui est visé en ce moment.
Et nous, les putes, on refuse de participer à ce fémo-nationalisme et à cet homo-nationalisme-là.
Bravo !
Kadine, au service juridique, donc, tu reçois des mails, c'est pas très ragoutant.
Il y a des cas plus ou moins à différents niveaux, mais c'est...
Il y a encore beaucoup de violence dans la communauté.
On subit encore énormément de violence, il y a encore énormément de difficultés à pouvoir les dénoncer.
Y a encore énormément de problèmes de séparation.
Il y a encore la liste des discriminations, des violences.
Elle est encore longue.
Et la difficulté en tant que TDS à pouvoir se défendre.
Il y a des biais même chez les juges ?
Il y a des biais partout.
Il y a des biais dans tout le processus d'accès au droit.
Il y a des biais, il y en a des légaux.
Et il y en a dans tout le processus.
Donc, sans aller dans les détails, l'idée, c'est que non seulement le fait...
C'est un besoin en soi de réussir à dénoncer et à faire évoluer les choses que par la répétition des processus parlaient.
Et par l'expertise et la dénonciation concrète des situations où le droit commun, où il y a un traitement différent.
Et il y en a de nombreux encore.
Ça permet aussi de justement les dénoncer, les réduire.
Et de répondre aussi tout simplement à un besoin qui est absolument nécessaire pour nos professeurs.
Et le fait de savoir qu'il y a quelqu'un qui veut dire voilà ce qui m'arrive et qui va...
Et là je voulais rebondir parce que là il peut y avoir une forme de contradiction dans ce qu'on raconte.
Oui, on utilise aussi la stratégie du droit mais on n'est pas naïf et on sait aussi les limites.
C'est-à-dire qu'évidemment, s'il y a des collègues qui veulent porter plainte suite à une agression, etc.
En tant que syndicat, on va soutenir, on va essayer d'obtenir l'accès à la justice, l'accès au droit.
Mais on sait aussi toutes les limites que ça peut représenter.
Et en tout cas, rien que par rapport aux indemnisations des victimes, on voit bien que les putes sont systématiquement moins indemnisées
que la population générale des femmes dites normales qu'ils ont à pute.
Et on voit bien au niveau du refus des plaintes, on a encore un cas juste récemment où ils veulent requalifier
en agression sexuelle, etc. juste parce qu'elle est pute.
Bon bref, on voit bien...
Et donc, si tu veux, je pense que le droit c'est un outil.
C'est un outil qu'on va utiliser parce qu'on prend les armes qui sont à notre disposition et voilà.
Mais par contre, on sait aussi que c'est un outil d'un système qui nous est défavorable.
Et je pense qu'il faut aussi penser en termes de rapport de force plus général.
Et quand on a parlé d'autodéfense féministe, c'est aussi parce qu'on sait que le droit n'est pas toujours la bonne réponse.
En tout cas, c'est pas un outil qui fonctionne toujours.
Et donc, le fait de des trucs bêtes comme la réappropriation de l'insulte, le fait de pouvoir s'imposer dans l'espace public,
le fait de savoir se confronter aux clients, de savoir se défendre.
Tu vois, des fois, je trouve qu'il y a des courants féministes qui vont être beaucoup justement dans ce statut de victimité
qui va fonctionner pour certaines personnes, mais qui en fait est enfermant des possédants et qui, en général, ne fonctionnent pas,
voire qui sert justement à notre injada.
Mais pour moi, c'est un truc néolibéral, en fait.
Et c'est là où si on est dans une question de rapport de force, rapport de pouvoir, c'est de dire on est des combattants.
On a le droit de se défendre.
On n'est pas obligé d'être enfermé dans ce script de je suis figé, je suis sous-emprise, je suis dissocié.
Tu peux aussi te défendre.
Et je pense que nous, les putes, on a cette expérience-là parce que c'est notre vécu, en fait.
Quand on est en première ligne du patriarcat et du capitalisme, quoi.
Et je pense que cette notion de te défense, elle mérite d'être développée et d'être, comment dire, c'est peut-être même un modèle dans les luttes.
Ça fait partie aussi de l'empowerment.
C'est-à-dire qu'il y a une telle diffusion de fausses informations, d'idées qui valident l'idée qu'on aurait moins de droits.
Que contredire ça explicitement et en pratique, c'est aussi une manière, l'idée n'est pas nécessairement d'apporter.
Ça arrive encore. Vous avez le droit d'être là. Oui, oui. Par contre, toi, tu n'as pas le droit de monter.
Et effectivement, il y a les deux pans qui ne sont pas contradictoires, qui se complètent.
Il y a l'idée de dénoncer les discriminations légales qui s'appliquent, de refuser, ou d'exiger l'accès au droit.
Et de pouvoir collectivement ou vraiment soutenir autant qu'on peut lorsqu'il faut les revendiquer.
Mais aussi d'utiliser la connaissance du droit et la connaissance de ses droits comme outil d'empowerment de la communauté pour justement pouvoir se défendre.
Oui, on le voit surtout dans la rue. Dans la rue, les collègues viennent me voir.
Non, il ne paraît qu'eux. Est-ce que c'est vrai ça ? Parce que c'est même les flics qui viennent raconter des conneries.
Soit parce qu'ils ne savent pas, soit intentionnellement ils savent très bien qu'ils se racontent des conneries.
C'est toujours la question de savoir ses droits. Ça vaut pour tout le monde et nous particulièrement dans nos activités.
Alors le temps passe. Franchement, on pourrait faire encore trois autres émissions.
Si vous voulez continuer un peu sur YouTube ou Twitch, ça sera enregistré et on pourra tout mettre.
Je vais devoir rendre l'antenne à minuit, donc effectivement c'est dans peu de temps.
Et donc ça sera enregistré, mais avant de rendre l'antenne et si on...
Rendez-vous au 12 avril, je pense que tu vas encore...
Oui, justement c'est ça. Moi je voulais parler de... Alors demain, déjà demain, La parole est rentre à 18h30 à Montreuil.
Et la présentation et discussion du livre Coup de pute de Juno, Mark et Molly Smith, traduit par notre camarade Nell.
Et qui le présentera. Nell qui est aussi au Strass.
Et dans la soirée, il y aura le Pupp, un soldat qui fera ses performances avec Charlie et Violente Violette qui sont déjà venus ici.
Donc ça sera au dog dans le 19e à 20h30.
Et nous, on a donc, autour de la loi, pour les 10 ans, on fait...
Le Strass organise donc les agoras pop TDS le dimanche 12 avril à 14h30.
Dès 14h30, on vous accueille au dog. Dans le 19e, on fait deux agoras sur l'organisation des TDS en lutte et les enjeux du syndicalisme.
Et l'analyse des luttes putes comme modèle de lutte anti-libérée, anti-fasciste, avec un focus sur résistance à l'assignation à la victimité.
Et suivi donc un peu de détente d'impero et dj7.
Peut-être je ferai un petit jeu, je sais pas.
Un quiz queerty, je vais inventer un truc.
Et puis lundi 13, mardi 14h, une présentation d'une PPL des crimes au Sénat et à Sciences Po rédigée en collaboration universitaire et communautaire TDS.
Et présentée par la sénatrice Anne Souris au Sénat, c'est ça.
C'est une PPL, mais là on n'a pas le temps d'en parler.
Mais bon, oui, on aura l'occasion de reparler. Je sais pas si ça passera le bureau du Sénat, mais bon.
Bon, alors, qu'est-ce qu'on va, qu'est-ce qu'on va ?
Merci, c'était super clair. Je sais pas si je peux me permettre d'y être.
Mais en fait, je trouve que vous êtes pilote par rapport à une pathologisation de beaucoup de personnes dans cette société.
Voilà, j'avais juste envie de dire ça et qu'on peut aller glaner dans vos luttes d'autres luttes, beaucoup.
Merci, merci beaucoup.
Dites donc, vous voyez où dans 10 ans, tous les deux ?
À chaque fois, tout le monde souffre quand je pose la question.
Ouais, j'arrive pas à savoir où je serai la semaine prochaine.
Non, mais moi, c'est un peu un problème vis-à-vis que je sais pas...
Toujours en lutte, de toute façon.
Et tous les ans à Noël, on va te dire, mais tu fais toujours la même chose, c'est ça ?
Je vais vivre à compter mes Noël en famille parce que c'est pas...
La prochaine fois, on se sent bien.
Non, mais après, moi, j'ai du mal à me projeter dans le futur.
Peut-être que si je vivais à la campagne avec une poule qui s'appellerait Cocotte et qui ferait des œufs vegan.
Oui, des œufs vegan.
Non, en tout cas, qu'ils ne soient pas issus du productivisme puisqu'elles seraient...
Chouchoutées dans des caleaux.
Non, qu'ils ne seraient pas vegan évidemment, mais en tout cas, qu'ils ne seraient pas des œufs en batterie.
Non, ça, pas le cas.
Enfin oui, tant qu'on soit là en lutte.
Non, mais après, je pense que je suis militant depuis que je suis adolescent
parce que j'ai toujours eu cette idée en moi qu'il faut militer, il faut lutter pour vivre.
Parce que le simple fait de dire je suis, c'est un acte militant et ça crée des conséquences.
Donc si tu dis je suis pute, je suis pédé, je suis usagé de drogue, machin,
ils ont des trucs basiques identitaires, ça crée des discriminations, ça crée des réactions, ça crée...
Et du coup, moi, je ne peux pas vivre dans le placard, je ne peux pas.
Parce que sinon, surveiller ma voix, surveiller ma démarche, surveiller, je ne peux pas.
Donc à un moment donné, j'existe dans l'espace public et il va falloir faire avec.
Surtout ne change pas, non, surtout ne change pas.
Mais je ne peux pas changer.
Donc vous allez devoir subir et on continuera à gueuler jusqu'à notre mort, d'accord ?
C'est ça qu'on a appris Actap aussi.
C'est que même si on ne gagne pas, au moins on se sera battu et on aura gueulé
et vous aurez subi notre colère, voilà.
Oui, c'est vrai, mais ça...
Bon, ça, ça fait plaisir un concours, je pense aussi.
C'est super. Je ne sais pas si c'est super, mais bon...
Dans une période où beaucoup, beaucoup, beaucoup regardent le sol.
Il faut qu'on les revoit, relever la tête et relever le regard.
Je vais me faire compter, je ne dis pas au revoir aux auditories,
qui sont en 93.1 et qui ne sont pas sur le YouTube,
parce que ça va couper à minuit pile en 30 secondes.
Qu'est-ce que je mets comme musique ?
Merci. Allez, on va mettre Laurel Massé sur la liste drama de Thierry Schaffauzer.
Et puis voilà, la prochaine fois le...
Non, ça, ce n'est pas du tout Laurel Massé.
Ça, c'est le Rappers Delight de Cadyne.
C'est le Rappers Delight de Cadyne !
Chers auditories, on se retrouve le jeudi 17 mai normalement.
Qu'est-ce que c'est, ça ? C'est ça ?
Ah non, mais ça, c'est une version...
Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
En tout cas, c'est...
Ah non, c'est une autre version, mais pourquoi pas ?
Tu comprends pas ?
Moi, j'avais choisi la version très drama, où tu sens la souffrance, même les choristes...
Je voulais te dire que je t'attends.
Dans un truc très romantique, mais...
C'est vrai que c'est une version curieuse.
Mais elle est pas mal, elle est pas mal.
Oui, elle est pas mal aussi, ouais.
Bon, je crois que les auditeurs de la FM sont partis, mais c'est pas grave,
parce que ceux de YouTube et de Twitch peuvent continuer.
Non, mais qu'est-ce que c'est ?
Ça, c'est une version...
Comment elle s'appelle ?
À la base, c'est Jeunasse, mais c'est eu plein de reprises.
Oui...
Que je t'attends...
Ah bah oui, mais ça, c'est...
C'est enfin la décrime.
Les liens...
C'est pour celle qui est dans le...
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