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#33 – Pépite activiste d’Auvergne – avec Béryl Esbrayat

📝 TRANSCRIPTION & RECHERCHE00:00
Mylène Juste, « Lumière rouge, vie d'insurgé·e », en direct sur Cause Commune.
Les premiers jeudi du mois, je tend le micro à mon invité travailleuse du sexe.
Agissez en direct au 09-72-51-55-46.
Chers auditeurs, bonsoir et bienvenue à ce 33ème « Lumière rouge, vie d'insurgé·e ».
Je suis Mylène Juste, travailleuse du sexe, dite tradie de rue depuis plus de 20 ans.
25 ans presque, un quart de siècle.
Et comme chaque premier jeudi du mois, avec ma complice en régie Corinne,
nous tendons le micro à mon invité travailleuse du sexe.
Bonsoir Corinne, nous sommes en direct sur la radio Cause Commune 93.1.
Et vous aurez les images en différé sur YouTube la semaine prochaine.
Dès que possible, asap comme on dit.
Alors, montée de la pensée fasciste, diabolisation, instrumentalisation, guerre,
les politiques déconnent à plein régime, non ?
Les dominants craignent tellement de perdre les privilèges,
dont ils n'ont même pas conscience, pour la plupart,
qui sont prêts à se compromettre avec le fascisme.
Ils étaient de tous les mépris envers les souffrances,
que leur prévalence, prédominance, supériorité et de classe en gendre,
sur les terres et les corps meurtris, exploités et colonisés pour leur confort,
voici qu'ils s'associent à l'extrême droite pour tirer à boules et rouges sur un des rares partis des gens.
Le parti des gens entre guillemets, vous voyez.
J'aime dans ce contexte utiliser le terme prévalence car il induit un rapport à la maladie.
Et oui, le racisme, le fascisme, le classisme sont des maladies à combattre ouvertement et même radicalement
pour le bien de l'humanité, car ces conséquences sont le mépris, l'exploitation et la maltraitance
jusqu'à la mort du vivant.
Où nous conduira cette pure folie matinée de calculs, de privilégiés ?
Le monde est un endroit dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font le mal,
mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire, disait Einstein.
Je l'ai déjà cité, mais décidément, elle est plus que jamais d'actualité.
Je vais me permettre de parler à la première personne dans cet édito pour expliquer
jusqu'où peut mener l'activisme pour les droits des personnes exerçant le travail sexuel.
Je m'oppose au déterminisme social tout en le subissant.
J'aborde le conformisme et le suivisme tout en étant, sur différents aspects,
bien obligé d'abdiquer à cause du fonctionnement du système.
Je ne sais ni créer, ni inventer et je suis consciente que rester en marge et ne rien faire n'est pas un luxe,
que je ne veux ni ne peux me payer.
Donc je suis activiste dans mon domaine.
C'est, il me semble, tout ce qui me reste en option si je veux passer du stade 1 au stade 5 sur la pyramide de Maslow.
Mon activisme pour les droits et l'image des TDS m'a conduit à l'intersectionnalité
et dans cette intersectionnalité traumatique j'ai dû me pencher sur différentes thématiques et en l'occurrence le féminisme.
Et je souhaitais aborder ce pilier fondamental de nos luttes intersectionnelles
en l'illustrant avec le thème de l'injustice épistémique qu'il m'a été offert de creuser
et de mettre en relation avec mon combat et celui de mon invité largement concerné
avec l'ouvrage Théorie féministe de Camille Froid de Vaud-Metterie écrit en collectif de sachante et experte.
L'injustice épistémique, quésaquique.
Je pense que bon nombre de nos auditeurs y sont concernés ou l'ont vécu au moins une fois dans leur vie
et quel plaisir quand le travail universitaire et intellectuel pose des formules et mots sur ce vécu.
On s'y retrouve, on comprend enfin.
Ça peut aussi permettre l'acquisition d'outils pour comprendre et affronter l'adversité.
La définition basique est courtée et vulgarisée.
Une personne subit une injustice épistémique si elle n'est pas adéquatement crue ou comprise
parce qu'elle appartient à un groupe social non dominant.
Imaginons un agent de police qui ne croit pas le témoignage véridique d'un témoin noir
parce que le témoin est noir.
On ne le croit pas, c'est un déficit de crédibilité.
Ou une femme qui ne peut faire reconnaître comme telle son expérience de harcèlement sexuel
car le terme n'existe pas encore, on ne la comprend pas, c'est un déficit d'intelligibilité.
Dans les deux cas, le déficit est indu, il survient à cause de biais.
La personne noire n'est pas crue car son interlocuteuriste a des biais conscients ou non sur les personnes noires.
La femme n'est pas comprise car les ressources conceptuelles collectives qui servent à interpréter
l'expérience sociale de diverses personnes ont un accès inégal à l'élaboration des ressources
qui sont principalement produites par les hommes et les groupes dominants
et qui négligent ou éclipsent l'expérience des femmes et des groupes non dominants.
Imaginez à quel point les TDS, les travailleurs du sexe, ne sont pas crus parce que TDS
et cette injustice épistémique est l'arme perfide, directe, frontale et violente des abolitionnistes
pour étouffer notre parole et faire passer des lois.
L'injustice épistémique TDS est souvent le « il y a un maque derrière et elle ment ».
Des femmes de mauvaise vie, pafutées, menteuses et vénales, déficit de crédibilité
et puis pas comprise parce que TDS, comment peut-on faire ça ?
Ce n'est pas un métier, ce n'est pas normal, le TDS n'existe pas, le féminisme pute ça n'existe pas,
le syndicalisme pute ça n'existe pas.
Il y a donc l'injustice testimoniale, les groupes dominants ont tendance à recevoir un niveau de crédibilité
induement augmenté par rapport aux groupes non dominants et inversement, les dominés sont moins crus.
Exemple, les mensonges abolitionnistes sont plus repris que le vécu des TDS.
Et l'injustice herméneutique, les groupes non dominants créent des termes pour nommer leurs expériences
ou caractériser leur situation d'oppression que les groupes dominants refusent de faire circuler ou refusent d'adopter.
Exemple, le travail du sexe, la putophobie sont des termes que les abolitionnistes réfutent, préférant nous appeler personnes en situation de prostitution et victimes de la prostitution.
Cela engendre également l'exploitation épistémique qui se produit lorsque les groupes dominants exigent que les groupes non dominants leur expliquent leurs oppressions.
Ce travail épistémique, imposé d'explication et de justification, est à la fois cognitif et émotionnel.
Trois éléments caractérisent l'exploitation épistémique.
Le premier est le coût d'opportunité.
Le groupe non dominant est censé effectuer un travail épistémique pour les dominants à leur place,
et ce travail leur coûte en ressources cognitives et émotionnelles qu'elles pourraient autrement consacrer pour des objectifs et projets.
Le deuxième coût est la double contrainte du groupe dominé, soit à effectuer ce travail sans aucune reconnaissance,
soit à refuser d'effectuer ce travail et à être critiqué pour ce refus.
Troisièmement, le manque de réceptivité.
Les dominés fournissent ce travail mais sont confrontés au scepticisme ou la gaslightning, remise en question de la validité de témoignage,
et c'est exactement ce à quoi les activistes TDS sont confrontés, d'où les burn-out voire jusqu'aux suicides.
Et s'ajoute à l'exploitation épistémique l'appropriation épistémique qui consiste à d'une part détacher les contributions des personnes marginalisées qui les ont produites
et qui ne sont pas créditées de manière appropriée pour leurs contributions,
et d'autre part détourner le travail lorsque les dominants utilisent ces contributions épistémiques détachées d'une manière qui leur profite de façon disproportionnée.
Anonymisation des sources, avantages pour les commanditaires au détriment du groupe marginalisé,
exemple les subventions disproportionnées pour les abolitionnistes et notre travail testimonial et médiatique quasiment jamais rémunéré.
Les TDS, les militants TDS et dans une certaine mesure leurs alliés ont expérimenté et vivent de manière récurrente ces injustices épistémiques.
Avec notre invité Beryl, comme pour beaucoup de mes indelfes TDS, il n'est pas question d'être submergé ni écrasé par cette injustice épistémique,
mais plutôt quitte à être TDS et militante TDS de la combattre au nom de l'injustice qu'on a vécue et au nom de celle que tous vivent.
Beryl, bonsoir.
Bonsoir.
Beryl, sur les injustices épistémiques et l'énergie que ça nous demande de témoigner.
Je te rejoins à 6000%.
Et le coût que ça a et comment nos opposants utilisent tout ce qu'on produit pour soit les retourner, soit dire ce n'est pas vrai, etc.
Donc vraiment nous on s'y retrouve quand on est militante et militante TDS.
Et c'est pour ça que j'ai voulu évoquer cela, mais je vous conseille donc de lire, on va mettre ça dans la fiche podcast, les théories féministes.
Alors ton nom, Sivy, les Beryl et Spraya.
Tout à fait.
Alors tu as eu plusieurs pseudonymes pour le TDS, Marie, Pentagirl, Ultimecia.
Tout à fait.
Tu es non-binaire et tes pronoms sont Yel ou Ael.
Alors qu'est-ce que c'est la différence entre Yel ou Ael ?
Alors Ael c'est un petit peu je dirais mon pronom idéal, celui qui me qualifie le mieux puisqu'il sort davantage de la binarité.
Puisque le Yel, il est un peu polarisé entre le Yil et le El, tandis que le Ael sort vraiment à mon sens de cette polarisation.
Et bien sûr il est possible d'utiliser pour m'interpeller une alternance de Yil ou Ael.
Oui, oui, ça t'égale si tu peux être...
Si ça simplifie la vie d'une des personnes qui s'adressent à moi.
Si je t'envoie un message, je peux dire chérie Y ou chérie E.
Si tu veux.
C'est ça.
Comme on dit souvent dans l'activisme TDS, on s'appelle souvent chérie ou entre collègues.
Chérie, chérie.
C'est vrai, c'est des familiarités qu'on se permet.
Carina, Asile et Latina, Carigno.
Tu es née à Clermont-Ferrand il y a 46 ans ?
Absolument.
46 ans ?
Je te jure, c'est vrai.
Qu'est-ce que c'est ta crème de nuit ?
C'est les maxi se sacrifier les soirs de pleine lune.
Non mais là, donc il n'y a pas de streaming, il y aura la vidéo après.
Vous allez voir, 46 ans, incroyable.
D'accord, pas un...
Sacrifier des maxi, c'est les soirs de pleine lune, vous verrez, ça marche.
Voilà, c'est ça, et boire le sang des maxi, d'accord.
Bon, vous avez compris, les auditeurs rices.
Tu es enfant unique.
Tu as grandi en vase clos dans un environnement ouvrier.
Tu as un bac littéraire.
Tu as exercé plein de petits boulots.
Tu démarres le TDS en 2023 à 24 ans.
En 2003, pardon, parce que là, c'était un peu décalé.
À 24 ans, en mode escorting, ou en mode tapin, dans les bois.
Un petit peu de champêtre.
Côté activisme, dès 2012, dans le féminisme à mainstream,
avec un passage très court chez Osez le féminisme.
Bon, ça tu nous expliqueras plus tard, parce que là, c'est une aberration.
Puis le planning familial, et dès 2013, au Strasse.
Dans la même période, tu rejoins le CA du Centre LGBT de Clermont-Ferrand,
qui s'appelle Agile et qui devient Querovergne.
Et dès 2022, et depuis 2022 d'ailleurs, depuis 4 ans,
tu es élue au CA du Strasse.
C'est ça.
Côté hobby, bon, l'activiste prend beaucoup de temps,
mais en dehors de ce suite, tu te réserves des moments off entre potes.
Tu maides des séries et des films.
Tu fais un peu de musique de temps en temps, en duo avec ta chérie.
Et actuellement, donc, tu es TDS en pré-retraite, entre guillemets,
avec des périodes en TDS virtuel.
Tu vis à Clermont-Ferrand avec ta chérie.
Tu es au CA du Strasse.
Tu chapotes la fédé Auvergne-Rhône-Alpes du Strasse.
Et tu es très active à Querovergne.
Tu fais beaucoup, tu nous vas nous dire ça, un troisième partie de choses en local.
Tout d'abord, Béry, tu as été élevée en vase clos
dans un environnement ouvrier très conservateur.
C'est-à-dire, ouvrier conservateur ?
Alors, c'est-à-dire que du coup, j'ai été élevée par le côté maternel.
La branche maternelle de ma famille, qui était une famille d'ouvriers Michelins.
Voilà, on est à Clermont-Ferrand, bien sûr, donc la ville du nez.
Oui, il y a plein d'hommes.
Voilà, et donc, j'avais très peu de droits.
Je n'avais pas forcément le droit de sortir, de fréquenter des camarades si...
Enfin, voilà, quand mes grands-parents disaient « Ah, c'est des voyous, oh là là ! »
Alors, strict quand même, donc pas parler de sexe, pas parler de drogue, il n'y avait pas de rien.
Oh là là, oh là là, malheureuse.
Il y a eu le contre-coup, après.
C'est ça.
D'accord, d'accord, d'accord.
Alors, dans ta bio, tu dis, je cite, « ma mère était transfuge de classe en michtonnant un aristot ».
Alors, j'ai l'impression que ce point est important dans ta vie, ou ta construction,
même ton rapport au féminisme, au tédesse ou aux hommes, au capitalisme, pourquoi pas.
Mais qui c'est l'aristot ? C'est ton père ?
C'est-à-dire qu'en fait, si tu veux, monsieur Esbraya, c'est, en tout cas, le monsieur qui m'a reconnu à la naissance.
Et effectivement, lui, alors je ne l'ai pas connu parce qu'il est décédé quand j'avais 18 mois.
Mais oui, lui, il vient, en revanche, d'une famille, comment dire, très...
il venait d'une famille très huppée, qui n'avait rien du tout à voir avec le milieu dont vaut la mère.
Ouvrier, plutôt la...
Ah, c'était les opposés.
La bourgeoisie locale.
Voilà, exactement.
Et donc...
Non, mais tu dis « michtonnée ».
Elle t'écoute, ta mère ?
Non, non, elle risque pas de m'écouter, puis elle a son amon.
Ah, pardon, pardon, ça, ça n'a pas été précisé.
Il n'y a pas de souci ?
Non, désolée, désolée.
En michtonnant, oui, pour toi, si tu voyais ça comme ça, comment tu sais ?
Parce que tu avais 18 mois quand même, tu n'as pas connu la genèse de l'histoire.
J'ai...
Je l'ai surtout...
J'ai surtout des témoignages de proche, mais je l'ai surtout observé en...
Attention aux proches, parce qu'il peut y avoir des ragots dans les familles.
J'en ai été victime.
Mais c'est-à-dire que en prenant de l'âge, enfin en devenant ado, et puis jeune adulte,
je veux dire, je l'ai observé.
À un moment donné, ça devenait tellement flagrant que...
Enfin voilà, elle choisissait toujours des personnes qui avaient 20 ans de plus qu'elle.
On était vraiment...
Enfin, maintenant, au début, je ne le comprenais pas.
La sécurité.
Disons qu'elle allait vers la sécurité.
Oui, et puis...
Dans ce sens, mishtonnée dans ce sens-là.
Voilà, et puis elle disait souvent,
« Ouais, de toute façon, les hommes de notre âge, ils ne sont pas matures, nanani. »
Mais avec le recul, pour moi, en tout cas, avec le regard que je porte aujourd'hui sur la situation,
c'est du mishtonnage, clairement.
Bon, donc voilà, on a l'explication de papa et de maman, ses rapports aux hommes.
Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs on a fait ce...
Mais c'était une pression que tu m'as mise et je me posais la question pour que t'aies précisé ça.
Alors, après l'obtention du bac littéraire, tu entames un dog en l'être moderne,
que tu n'as pas terminé par manque de motivation, c'était comment tes années scolaires ?
Horrible, atroce.
Ouais.
Ça, ça revient souvent dans les témoignages des invités, des colectés déesses,
c'est que vraiment, se sentir pas être comme tout le monde rétrapable,
vraiment dès le départ, en fait, dès la scolarité, être en marge.
C'est-à-dire que, déjà, au lycée, je me mettais une pression énormissime pour avoir des bonnes notes.
Au lycée ?
Au lycée, oui, tout à fait.
Pourquoi pas avant ? Pourquoi jusqu'au lycée ?
Mais avant, je ne me mettais pas la pression, je n'aimais pas la scolarité, donc c'était...
Parce que pour toi, il fallait avoir le bac, c'était...
J'avais la pression d'avoir... On me mettait la pression pour que j'aie le bac.
Donc, en plus, je me disais, bon, c'est bon...
C'est vraiment le truc ancien, ça.
Mais c'est ça... C'était grâle.
D'ailleurs, du côté de la famille de ma mère, j'étais la première personne à avoir le bac.
Eux, ils n'avaient pas le bac, donc...
Mais ils m'ont mis une pression de...
De dingue.
Voilà, une pression phénoménale pour que j'aie mon bac.
Et donc, bon, j'ai lu avec mention, voilà.
Avec mention ?
Pas, pas, pas, bah bravo, hein.
Mais oui, super.
D'ailleurs, bac L, bac L...
Oui, on ne va pas parler littérature, mais bon.
Mais autrefois, peut-être.
Oui.
Donc... Mais c'est horrible, pas que pour la pression au lycée,
mais dans des rapports avec l'enseignement ou avec les...
C'était un ensemble.
Les enfants, les... Non, un ensemble.
C'était un ensemble, parce qu'il y a eu le harcèlement scolaire,
il y avait le système scolaire qui ne me convenait pas du tout
par rapport à ma manière d'appréhender le monde, si tu veux.
Donc, il y a peu, à l'âge de 37 ans, il y a 9 ans,
tu tentes de reprendre des études de psychologie,
tu n'as pas pu terminer pour des questions de santé dont on parlera plus tard.
Pourquoi cette filière, la psychologie ?
Parce que pendant très longtemps, hormis le TDS,
j'ai fait des petits boulots et je n'avais pas une autre profession vanille à proprement parler.
Oui.
Ça, il faut dire aux auditrices, quand les TDS parlent entre elles
des autres boulots en dehors du TDS, c'est les boulots vanillés.
Voilà, des boulots vanillés.
Oui, non, mais pourquoi la psychologie ?
Eh bien, c'est ce que j'allais te dire justement, c'est que...
Comme tu le disais tout à l'heure, j'ai milité au planning familial
et quand j'ai pu me rendre compte du boulot que faisaient
ce qu'on appelle les conseilleurs conjugaux et tout et tout,
et qu'il y a un socle existant qui concerne la psychologie,
là, je me suis dit, mais ouais, c'est ça que je veux faire.
Jusqu'à l'époque, j'avais tellement peur de l'outing qu'il n'était pas à question
que je repagne le TDS à ce moment-là, mais je me suis dit,
mais ouais, la psychologie, c'est passionnant, c'est ça qu'il me faut, voilà.
OK.
Ceci dit, tu n'es pas allé jusqu'au bout du cursus, mais...
Non, je ne pouvais pas.
Tu te rends compte qu'il y a quand même matière à en faire de manière...
Dans l'activité militante avec...
Je peux juste rajouter quelque chose.
En fait, il faut savoir que quand tu reprends des études à 37 ans,
tu n'as pas la pêche que tu avais quand tu avais 18 ans.
Bien évidemment, quel courage il faut, bien sûr.
Alors, ne me demande pas si tu peux, non, tu fais tout ce que tu veux.
Tu peux même faire la dingue, crier, faire ce que tu veux.
C'est ton mission.
Il ne fallait pas dire ça.
T'es où, t'es ?
T'es déesse ou activiste auprès de la famille, de toute ta famille ?
J'ai plus de famille, donc c'est réglé.
Frère, soeur, cousin, cousine...
Aussi, j'ai un cousin dans Paris Basque.
D'ailleurs, Dani, je te dis bonjour au passage.
Salut Dani !
Voilà, j'ai ma grande-tante, mais après, c'est tout, je n'ai plus de famille.
OK, OK.
Comment ça s'est passé avec Heleux, quand t'as renoncé le...
Oh, franchement...
Ne me dis pas qui t'ont dit, on s'en doutait.
Parce que là, à mon avis...
Non, non, non, mais non, pas du tout, mais...
Mon cousin était un peu en mode, ben ouais, mais et alors...
Voilà quoi...
Et puis quand il l'a su, ça faisait...
Enfin, il l'a pas su pendant que j'ai exercé, il l'a su bien après, donc...
Quand les gens le savent après coup, une fois qu'on exerce...
Oui, ben c'est toujours le truc, je l'étais, je le suis pu, donc tu...
T'as tout compris.
Ça aussi, ça fait partie du combat, c'est non...
Que je sois, que je l'ai été, je suis là-même et il faut me respecter tout autant et me voir...
Respecter mes droits.
Est-ce que je suis...
Dans ta bio, tu évoques des handicaps, tu peux en parler ?
Tout à fait, oui, ben déjà, j'ai un handicap visuocognitif.
Voilà, c'est-à-dire que si vous regardez bien mes yeux, à la caméra, j'ai un œil qui dit merde à l'autre.
Oui, ça dit merde.
Ça dit bien merde, hein, en vrai.
Et ce problème-là est relié à mon air optique qui est relié à mon cerveau.
Donc l'information que je reçois du monde par mes yeux,
elle ne me parvient pas de la même manière qu'elle parvient à quelqu'un qui voit bien,
qui voit la 3D, parce que moi je ne vois pas la 3D.
Et puis à côté de ça, j'ai des handicaps, enfin je suis neuroatypique.
Voilà, j'ai plusieurs handicaps comme le TDAH, je ne sais pas s'il faut donner la définition.
TDAH, on en a pas régulièrement, on a beaucoup de collègues qui vont...
Ça peut faire plaisir aux abolos.
Oui, beaucoup de TDAH.
C'est pute et folle. Ça c'était un sketch de Thierry Schaffoser.
Ceci dit, il ne faut pas relier la folie au TDAH.
Aussi, il faut faire attention à ça.
Non, alors on peut revendiquer d'être fou par militantisme, d'être folle, c'est possible ça.
Oui. C'est aussi non-binaire.
À quel moment t'as découvert que t'étais non-binaire ?
Oh alors, j'ai commencé à me poser...
C'est quoi non-binaire, rappelle la défaite ?
Non-binaire, c'est une identité de genre qui ne rentre pas du tout dans cette binarité homme-femme
dans laquelle on a été élevés et formatés.
Binarité homme-femme qui est très occidentale au demeurant.
Puisque tu vas dans d'autres pays, ils ne sont pas autant dans cette...
Enfermés dans ce schéma.
Dans cette dichotomie, ils ne sont pas autant manichéens que nous en Occident.
Et j'ai commencé à me poser beaucoup de questions au moment où j'ai...
Enfin, ça coïncide avec le moment où j'ai entamé mes études de psychologie
puisque ça coïncide également avec le moment où je me suis investie, à l'époque, au centre LGBT.
Et puisque moi, à l'époque, je pensais que j'étais une femme cis, bi, point final.
Mais la pansexualité, j'en ai entendu parler plus tard.
Et en fait, il y avait toujours un truc qui avait cloché dans mon genre,
mais je ne savais pas ce que c'était.
Je ne pouvais pas mettre de mots dessus.
Et si tu veux, le fait de m'investir au centre LGBT,
et d'ailleurs même au planning,
m'a permis de me poser les bonnes questions.
Cet centre LGBT, c'est quoi que vous détournent les gens du droit chemin ?
Ce n'est pas possible, ça !
La colère des dieux va se battre sur la France, mon Dieu !
Et pour finir, avant qu'on fasse notre première pause musicale,
qu'est-ce que nous expliquons, d'ailleurs, parce que, bon, bref.
Je ne sais pas, ça, l'argent par une haïche, on va apprendre.
Donc par rapport aux autres formes non hétéronormées,
la non-binarité est, telle ou moins, au plus difficile à affermir.
En termes de stigmatisation, c'est moins difficile que d'être trans,
que d'être gai, gouine, non-binaire, c'est peut-être facile à gérer.
Il n'y a pas vraiment, on ne peut pas vraiment le hiérarchiser, si tu veux.
C'est-à-dire que...
Pour le regard extérieur, je ne parle pas à vivre, pour le regard extérieur.
Tout dépend, comment dire, de ton passing, de comment tu vas passer.
Le passing, le fameux passing, rappelle ce que c'est que le passing.
Le passing, c'est ce que tu renvoies visuellement au niveau de ton genre.
Moi, actuellement, quoi que je fasse, on me donne du bonjour, madame, malheureusement.
On ne dit jamais du bonjour, monsieur ?
Non, mais j'aimerais qu'on me dise juste bonjour, sans rajouter...
Juste bonjour ! C'était le moment où j'ai dû choisir pour mon nom militant.
Moi, c'est juste Mylène, donc on a mis Mylène juste, c'est pour ça qu'elle t'a compris.
Et moi, c'est juste bonjour, faire un sticker, juste bonjour.
Tu peux me dire bonjour votre Altesse, c'est ça, c'est ton genre, tu vois ?
Excellent !
Et oui, il ne faut pas y archiser, justement, ça permet de le dire et de le rappeler.
Il ne faut pas y archiser.
Mais il est important de dire que, tu vois, quand tu dois remplir un surfa,
tu as une case monsieur, tu as une case madame, tu n'as pas une case pour nous.
Oui, oui, oui, et bien tu mets une croix dans les deux, dans les trois...
Tu dessines la croix à côté, et puis tu mets l'un dans l'autre, et puis voilà.
Oui, remarque, pourquoi pas ?
Ce n'est pas top, mais ça serait déjà un verrou qui saute pour combattre ces mentalités-là.
Déconstruire, reconstruire, bon bref.
Donc, chers auteurs, première peau musicale, c'est Ina Ich, l'Argent, un morceau, un tantinet ironique.
Bon, il parle à tout le monde, encore plus à nous.
Et c'est ce que je dis souvent à un client, je peux te détendre et te faire du bien,
mais tu sais, personne n'est dupe, ni toi ni moi, je ne peux pas pallier à ce manque d'amour, d'estime, de bonheur.
Et on me répond souvent, oui je sais.
Pourquoi tu as choisi ce morceau ?
Je trouvais que...
D'écrivait une TDS qui n'est pas objet, mais sujet agissant de sa vie.
Tu es sourd, sourd, un petit joujou, un chéri, je suis jeune et si jolie, mon corps tout gris, j'attouffe l'étrie.
À moi mon cœur, à ton heure, notre bonheur, avec tes fleurs, alors t'as parti, chéri, crédit, puteur, bonheur.
Des harmonieux, non, je plaisante.
C'est ce que tu as envie de dire au client, non ?
Oui.
Alors donc, on est de retour en direct avec Béry du Miarou, vidange sur G. À 12 ans, tu fais tes premiers petits sous en vendant des sacs de fumier ?
Oui.
Question toute bête, pas si évidente, qu'est-ce que t'as fait avec ta première paille ? 12 ans.
Je m'en rappelle très bien, j'ai acheté des 45 tours.
Ah oui ? De qui ?
Ah tu te rappelles pas de qui ? Si, le pire c'est que je me rappelle que j'en ai acheté de plusieurs artistes.
Qui c'était ? La Bachound ?
Non, loupé.
Non, bon j'avoue, je confesse, j'ai acheté des 45 tours de Milaine Farmer parce que c'était la grande époque, mais Prince aussi, surtout Prince.
Prince, alors là on va aller y d'amener la Milaine.
Remarque les premiers morceaux, ça marchait pas mal, du Maman à tort jusqu'à Libertine, à toute cette période.
Tout à fait.
Après t'as expérimenté un tas de job alimentaire, hôtesse d'accueil, dans une enseigne fast-food très connue, on va pas citer le nom, standardiste, du SAV, des centres d'appels.
Ah oui, tous ceux qui nous cassent les pieds au téléphone, qui nous appellent opportunément, t'as fait ça ?
Alors non, c'était pas tout à fait. Tu sais quand ton ordi marche pas, j'ai fait ça pour les ordis et j'ai fait ça pour EDF quand quelqu'un appelle parce qu'il a pris l'électricité qu'on t'aurait coupé et tout.
Donc c'est toi qui réponds, qui redirige vers les techniciens ou quoi, mais non, je n'ai pas fait de débarquages téléphoniques.
C'est spécial, t'as affaire à des gens qui sont hyper énervés parce que ça marche pas, il faut que ça... ça doit pas être évident ça.
Ah oui non, mais il y a quelqu'un un jour qui a dit je vais venir foutre le feu dans votre bâtiment. Allez-y venez, ça change rien pour moi.
Mais qu'est-ce que tu retiens de toutes ces expériences de job alimentaire ?
Bah déjà que c'est moins bien payé que... en tout cas à l'époque, c'était moins bien payé que le TDS, puisque bon aujourd'hui on va pas se mentir c'est pour les mêmes prix, on n'est plus payé les mêmes prix et tout et tout.
Mais finalement, bon tu prends l'accueil et le standard, tu es payé pour vendre ton image, tu es payé pour vendre ta voix, donc enfin pour vendre, pour l'utiliser comme... comment dire ?
Pas tout à fait comme ta force de travail, mais je pense que tu comprends l'idée où je veux en venir. Non mais c'est surtout, de toute façon, tu participes à un système où on va t'utiliser pour un service ou vendre quelque chose.
Voilà c'est ça. Et tu n'es pas ton propre patron. Exact. Et puis c'est pas très intéressant. Ah bah t'es une plante verte, t'es une potiche, on te demande pas d'utiliser...
T'as une feuille de route, voilà, si on te demande ça, tu fais ça, tu fais ça. Voilà, on te demande pas trop d'utiliser. C'est pas très épanouissant je dirais. Absolument pas.
Alors t'as été SDF pendant une année entière, qu'est-ce qui s'est passé ? Alors, ce qui s'est passé... On veut tout savoir. Donc tu te souviens quand on a parlé de mon duck de l'être moderne que j'ai pas terminé ?
Oui, je m'en souviens parce que c'était il y a 30 minutes. Et je n'ai pas encore le syndrome du poisson rouge. Loin de moi. Oui, oui, oui. Donc t'as ton dog et après ton dog...
Donc du coup, enfin le dog que j'ai pas terminé... T'as dit, je vais prendre une année sabbatique et je vais vivre dans la rue. C'est plus compliqué en fait.
C'est que à ce moment-là, ma mère était encore de ce monde. Elle est tombée malade et à l'époque on était en région parisienne si tu veux, elle a été rapatriée à Clermont-Ferrand parce qu'elle était dans un état lamentable.
Malheureusement, j'ai pas été témoin directement de tout ça. C'est des propos qu'on m'a rapporté une fois qu'elle a été rapatriée à Clermont-Ferrand et soignée.
Ceci dit, le mec avec qui elle vivait à l'époque, c'était son toit. Il pouvait me foutre dehors si il voulait. Donc il l'a pas fait ouvertement, il l'a fait de manière beaucoup plus insidieuse, c'est-à-dire qu'un jour il a fait changer les serveurs de toutes les portes.
Heureusement, il n'avait pas fait changer la serreur de la boîte aux lettres, donc je pouvais venir relever mon courrier.
Ça veut dire que tu t'étais restée dans le secteur ? J'étais restée en région parisienne parce que comme on l'a dit en début d'émission, j'ai été élevée dans un contexte très stricte.
Et là, je me suis dit maintenant Béril, tu as le choix. Soit tu retournes à Clermont-Ferrand, tu te mets les pieds sous la table, mais tu ne parviendras jamais à t'émanciper. Soit tu tentes de t'émanciper, mais malheureusement, tu vas devoir galérer, dormir dehors ou je ne sais pas où.
Comment tu faisais alors ? La journée, j'allais dormir à la Villette, mais le jour parce qu'il faisait moins froid que la nuit. J'allais au parc de la Villette, j'allais dormir là-bas.
Tu avais un baluchon ou rien ? J'avais un sac à dos. J'avais gardé mon abonnement de piscine, comme ça je pouvais utiliser les douches. J'avais un rinjis déchargé des camions pour me faire des petits sourds. De toute façon, la nuit, il fait froid, il vaut mieux travailler la nuit plutôt que le jour.
Et comme ça pendant un an ? De temps en temps, je pouvais aller dormir chez des amis, de temps en temps, je pouvais me payer un peu l'hôtel, mais si tu veux, en tout cas, c'était...
Et c'était quoi le déclic pour arrêter cette période-là ? C'est pas que j'ai dit ça suffit, c'est que à un moment donné, j'ai réussi à avoir un travail plus stable, quelqu'un qui m'héberge, et ensuite la possibilité de trouver mon premier appart.
Ce qui n'était pas possible sans avoir un cdi, à l'époque. Dès que j'ai eu mon premier cdi, pendant que j'étais hébergée, oui c'est vrai.
Maintenant, le confort, le moindre petit bout de toit, te paraît un super confort après avoir vécu ça.
Mon petit appart du 13ème, à l'époque, c'était mon balas. C'était pas très grand.
Alors, quand est-ce que le TDS arrive, sur sa route ? Eh bien, le TDS, il arrive quasiment juste après, vraiment pendant ma réinsertion, pendant que j'ai eu mon premier cdi.
C'est quoi, dans quoi ton cdi ? L'accueil. J'étais hôtesse d'accueil.
De hôtesse d'accueil, elle est passée à hôtesse très spéciale. Mais non, mais en plus, tu sais, ça fait un peu romant de gare ces hôtesse-les-vues.
Oui, oui. C'est ça.
Comment t'étais débrouillée ? T'as fait ça toute seule ou t'es tombée sur une personne qui a dit, pourquoi tu t'apportes faire des plus de sous ? Comment t'as fait ?
Eh bien, en fait, à un moment donné, j'avais besoin d'argent. Et il faut savoir qu'à un moment donné, avant de rentrer dans le TDS, j'ai essayé de faire d'autres choses.
Et il m'arrivait de vendre à la sauvette des billets au Stade de France pour des matchs de manière pas très très légale.
Et c'est la personne qui me fournissait les billets qui, quand j'ai eu besoin de sous, a été mon premier client et qui m'a trouvé un deuxième client.
Et le deuxième client qui m'a parlé...
Le réseau. Le réseau de Beryl.
Le réseau du Stade de France.
Il y a prescription, c'était il y a très longtemps.
Si tu veux, en fait, je connaissais pas Missive, c'est un client qui m'a parlé de Missive.
C'est quoi Missive ? Qu'est-ce que c'est que ça ?
Je sais pas si tu te souviens, Missive, c'était ce site où il y avait des annonces pour...
Ah non, moi je suis une boumeuse, une boumeuse qui travaille dans la rue. Donc moi, tu me parles de tout ça, la Missive, tout ça, je sais même pas...
À l'époque, c'était un site de petites annonces, c'était comme Viva Street. Enfin moi, Viva Street, j'ai jamais aimé, mais j'ai toujours préféré Missive, voilà.
J'ai même jamais utilisé le Mini-Tel, tu vois.
D'accord, oh ! Ah oui, une pure et dure livre de vraies...
Ah non, t'es pas une grosse ou un Mini-Tel, jamais. Direct dans la rue.
J'ai glissé sur une peau de banane, et clac, il y a un macro qui m'a pris, clac, tu...
L'accident d'être ?
Je marchais rue Saint-Denis, j'ai glissé sur une peau de banane, et puis après on m'a dit, tu vas faire des tchoupas, tchoupas.
Pendant 25 ans, merci, je suis contente du programme.
Oui, non. Alors donc, le fameux réseau de... on plaisante, bien sûr, hein, bon, si quelqu'un chope l'émission, croque.
Je suis croque-sourde.
Donc, de fil en aiguille, via l'économie informelle, voilà.
Tu as des clients, tu te souviens de la première passe ? Ah bah c'était avec ce type qui demandait billes, en fait.
C'était avec ce mec, ouais.
Oui, d'accord.
Oui, il a été... ça a été gentil, finalement, ça a été gentil.
Il était chiant. Ceux qui mettent trop de temps à jouir, ils sont chiant, de toute façon.
Un peine à jouir, oui, ça c'est pénible, que ce soit avec les clients ou dans l'intimité, les peines à jouir, c'est très pénible.
Très pénible.
Donc, oui, Missive, donc non, ça, ça me parle pas, mais enfin bon, tu dis pour les auditeurs, est-ce qu'ils savent pas ? C'est fini, ça, Missive ?
Ça n'existe plus. Comme Viva Street, ça n'existe plus, et c'était un site qui se présentait comme un site de rencontres plutôt coquine.
Il mettait des adultes plutôt consentants en relation, mais voilà, il n'y avait pas de mention de paiement ni quoi, mais personne n'était dupe et tout le monde savait à quoi ça servait, voilà.
D'accord.
Donc, c'est comme ça que je trouve mes clients, voilà.
Donc, tu utilises, c'est rare, ton vrai patronyme.
Maintenant, oui.
Pour militer.
Maintenant, oui, tout à fait.
Alors ça, c'est rare, c'est une démarche difficile d'ailleurs, et comment ça s'est fait ?
Tu dis à un moment, bon, ben, j'en ai un à foutre parce que c'est rare par rapport soit à la famille.
Bon, tu as dit quand même que t'avais, bon, à part tes deux personnes, ton cousin est attention courante.
Pour le reste, bon, ben, t'avais pas ce souci-là, ni frère, soeur, ni moi, etc., de gens à protéger spécialement.
Mais par rapport au harcèlement, par exemple, retrouver ton adresse, ta date, ton prénom, c'est vrai que ça aussi n'est pas évident ?
Surtout, à Clément, c'est petit, enfin, c'est petit.
Clément, il y a moins d'anonymat possible à Clermont-Ferrand qu'à Paris, tout à fait.
Ben, comment ça s'est fait déjà ?
Je veux dire, j'ai mis du temps à le conscientiser, à l'élaborer avant de dire, bon, ça y est, je vais le faire.
J'aurai de la famille encore en vie aujourd'hui, à part les membres de ma famille qu'on a mentionnés tout à l'heure.
Je veux dire, mes grands-parents et ma mère seraient encore en vie aujourd'hui.
Est-ce que je l'aurais fait ? Je ne sais pas. Là, comme ils sont plus de ce monde, c'est beaucoup plus facile pour moi.
C'est risqué, mais je me suis dit, j'en ai trop marre, je veux que la situation, elle change, je prends le risque.
Oui, et puis c'est plus facile quand on milite, d'aller dans les... Certaines organisations disant, surtout dans l'étendise côté syndical, voilà, ça, c'est mon vrai patronyme.
Je m'inscris, il n'y a pas besoin, parce que c'est vrai que s'inscrire avec un pseudo, tout le temps dans des démarches de donner une carte d'identité
où t'as un autre nom, c'est toujours casse-pied, et même pour régler des choses à distance, tu vois, là, c'est un barrage.
Moi, par exemple, Mediapart, je leur ai demandé, est-ce que je peux venir régler mon abonnement d'un an en espèces pour avoir mon blog ?
Parce que j'ai certains articles, mais pour avoir accès à un blog et pouvoir écrire à l'année, il faut régler.
Mais ils m'ont dit non, ce n'est pas possible des espèces, il faut qu'en CB, moi, je ne donnerai pas mon nom, je ne vais pas régler pour Milan Just avec mon vrai nom.
Donc il faut que je trouve quelqu'un d'autre, bon ça aussi, ça peut se faire, mais voilà, ça fait partie des débarrages aussi.
Tout à fait.
Alors tu dis qu'en 2008, tu étais dans l'obligation d'arrêter le TDS à cause d'un ex violent et jaloux.
En 2008, alors c'était quand ? Ça y a 19 ans ? 18 ans ?
Ça remonte ça, alors qu'est-ce que c'est cette histoire là ?
Alors, ex de merde.
Sinon t'aurais continué d'ailleurs, voilà.
Donc je vais vous parler de ex de merde.
Oui, c'est ça, d'accord, très gentiment, très gentiment.
Donc ex de merde, bon à l'époque, j'étais encore dans des rapports très hétéronormés, donc je fréquentais des hommes cisgenres, enfin des hommes qui ne sont pas transgenres pour expliquer ce que c'est, voilà.
Les auditeurs, ils sont covrés.
Ok. Et celui-ci, c'est présenté un peu comme The Prince Charmant, qui va te sauver, te sortir de tes dettes, de tes problèmes d'argent, et en plus qui va prendre soin de toi, qui va t'épouser, qui va te faire trois gosses, qui va...
Mais tu l'as pas dit, j'ai une tête à croire au compte de fées, non, ça arrive tout petit à petit, puis ça va...
Mais en fait, bizarrement, malgré ce que j'ai vécu, j'étais d'une naïveté, crasse, j'étais...
Oui, puis on a envie quand même à un moment aussi...
Et on a envie de croire, voilà, on a envie de croire, et du coup, je me mets en couple avec lui, et au début de la relation, j'arrive à lui cacher l'activité.
Mais le problème, c'est qu'un jour, il a remarqué que j'avais pas de ligne professionnelle, c'était mon téléphone personnel, et la manière dont tu rentres les clients dans ton téléphone...
Oui, tu accoles toujours des spécificités...
Voilà, dès que le téléphone sonne...
Alors, Louis Verru, narine droite...
C'est surtout qu'il y avait client Alain, client Michel, client généreux, client de merde...
Il est rentré dans ton téléphone, il a vu ça ?
C'est pas ça, c'est que quand le téléphone était posé sur la table de nuit et qu'il le voyait sonner, il voyait ce qui s'affichait sur l'écran, puis un jour, il me dit, mais qu'est-ce que c'est CLT ?
Parce que je mettais CLT pour client, il n'arrêtait pas de me dire, mais pourquoi il y a des numéros où il y a écrit CLT tout le temps qui sonne sur ton téléphone et tout, donc étant pas aussi affirmé que je le suis maintenant...
J'ai fini par lui dire, bon bah voilà, je fais ça parce que j'avais besoin de sous, et puis lui il était tellement jaloux qu'il a dit, je le vivrai trop mal que tu continues à avoir d'autres hommes et qu'en plus tu te fasses payer...
De toute façon, maintenant t'as plus besoin de le faire, j'aimerais bien que tu arrêtes, et puis moi, comme j'avais envie de construire mon couple de l'époque, je dis, bon voilà, je vais arrêter, mais en toute honnêteté, j'aurais mieux fait de me casser une cheville...
Bah oui, ce serait maintenant, les choses tu les ferais différemment... Mais complètement, complètement... Bon déjà, ce serait maintenant, tu ne te mettrais pas avec quelqu'un de ce profil là... Déjà, je ne me mettrais pas avec un homme cis tout court, sauf s'il me paye...
Bah oui, comment ça se fait que t'aies passé au gonzesse ? Pas que au gonzesse... Pas au gonzesse, parce que c'est plus compliqué que ça... Mais enfin que t'as arrêté les hommes cis, t'es passé à autre chose...
J'aimais déjà les femmes avant, comme je disais tout à l'heure, et bisexuelles, je me croyais bi à l'époque aussi, donc du coup, je dirais que pour ce qui me concerne, les hommes cis, j'en ai fait le tour, ça ne peut plus rien m'apporter d'intéressant, à part un peu d'argent si je n'ai rien à prendre...
Désolée, messieurs, désolée si vous écoutez, mais bon voilà... Mais je ne les déteste pas non plus...
Il y en a des bien...
Nous voulons être misandres... Ça nous manquait, il ne manquait plus ça...
Non, mais je ne suis pas cisphobe, hein... Les hommes cis sont...
Presque misandres, pas tout à fait, c'est au bord, au bord...
Je plaisante, on plaisante, on plaisante... Alors, est-ce que t'as vécu... Là, on va passer à un truc plus...
T'as vécu des situations marquantes, ou problématiques dans le TDS, dans le TDS ?
C'est quoi, par exemple ?
Déjà, ah oui, il y a un truc qu'on n'a pas dit, c'est qu'il m'est arrivé d'aller au bois, quelquefois...
Lesquels bois ?
De Boulogne...
Ah, Boulogne ! T'as connu, alors, des... Non, des anciennes, non ?
Ben, le problème, c'est que j'avais peur et que je restais un peu dans mon coin, j'osais pas et...
T'as pas connu Thierry, là-bas ?
Non, parce que lui, il se mettaient pas là, il se mettaient plutôt porte-dauphine, c'est pas vrai, non ?
Non, moi, je... Enfin, tu sais, j'ai pas réfléchi, je suis à la porte-maillot, j'ai vu Thierry le bois, et voilà...
J'avais besoin de sous !
J'adore !
J'étais chère, j'étais sous, quoi !
J'ai chier... Bon, mais qu'est-ce que t'as... Bon, les trucs les plus marquants que t'as vécu dans tes affaires, c'était quoi ?
Ben, je te parlais du bois, parce que quand les flics passaient et que je me cachais dans les buissons...
C'était surtout les flics, le truc le plus marquant, en fait ! Contrairement à ce que les gens peuvent penser !
Ben, il faut dire que...
Tu penses à une agression de client, un truc comme ça... Non, les flics qui nous coursaient dans les bois !
Non, mais on va pas se mentir avec... Il y a des clients qui qu'on pourrait même pas qualifier de clients, il y a des agresseurs, on va pas se mentir.
Oui, des agresseurs, ça peut être des clients, oui.
Mais ce qu'il faut préciser aux personnes qui nous écoutent, c'est que... J'ai travaillé sous la loi Sarkozy.
Ah oui ? 2005, la loi de sécurité intérieure, racolage actif, passif, pour faire le vrai coup de clarcheur, nettoyer les rues...
Donc, rien que quand j'allais de chez moi à chez mon client, quand je passais par missive, avec mes cuissardes...
Non, mais t'étais en cuissardes avec la jupe à la... Tu étais comme ça ?
Est-ce que tu as des photos, s'il te plaît ? Parce que là, j'ai du mal...
Non, je n'ai malheureusement pas de photos. Mais tout ce que je peux te dire...
Non, oui, je suis désolée, je n'ai pas de photos.
Mais tout ce que je peux te dire, c'est que quand je prenais le métro, je serrais les fesses pour ne pas me faire contrôler.
J'avais très peur qu'on me contrôle.
Oui, mais ça c'est fini. Maintenant, on peut plus sur notre tenue, à part se faire emmerder, mais ça...
C'est ça, voilà. Mais ça a existé, et il faut le dire, ça a existé à un moment donné.
Et sinon, une fois, il y a un mec, c'était au bois justement, qui m'a abordé comme le ferait un client.
Et qui, une fois dans sa voiture, me dit, tu sais que tu n'as pas le droit de faire ça, puis il sort une carte de visite,
qui avait été prise sur Nicolas Sarkozy, moi je pensais que c'était mes vraies cartes, tu vois.
Je me suis dit, ça y est, ça y est, je suis dead, il connaît le mec, c'est bon, c'est la fin pour moi.
Mais qu'est-ce que t'étais naïf quand même.
Mais vraiment, je te jure, c'est vrai.
Ah, je te jure. Ah oui, donc, qu'est-ce qu'il t'a dit, le fameux, là ?
Donc voilà, il m'a dit, il était un peu menaçant, il faisait pas mal de chantage, il disait, tu sais que t'as pas le droit de faire ça.
Et en fait, le deal, qui était très implicite, c'était, je te dénonce pas, mais tu viens avec moi.
Oui, bien sûr, pour avoir du sexe gratuit, bien sûr, on en a eu d'autres.
Alors heureusement, lui, du sexe gratuit, on n'en a pas eu, parce que j'ai pris mon sac à main, je me suis enfermée dans les toiles.
Elle est mise sur l'oreille, comme on dit, tu te la mets sur l'oreille.
Ah, puis il commençait à fumer des bedos et tout.
Voilà, en plus, il se droguait. Ah bah voilà, bravo, bien.
Et du coup, j'ai pris mon sac à main, je suis allée, j'ai fait genre, je vais aux toilettes, je me suis enfermée dans les toilettes,
j'ai dormi dans les toilettes jusqu'au lendemain matin pour attendre qu'ils dorment et m'enfuient, voilà.
Ok, ok, je te jure, c'est vrai, c'est des histoires.
Oui, mais t'en as une drôle, une histoire cocasse ? Une histoire cocasse ? Oui, oui, oui, oui, oui, oui.
Laquelle te vient l'idée ?
C'est une histoire cocasse, mais c'est un peu le quotidien des collègues, mais enfin, moi, ça m'a fait rire, parce que ça faisait partie des premiers clients, c'est...
Dis-moi.
T'as même pas commencé à le sucer, ils jouent déjà et t'es tranquille après et...
Ah oui ! Non mais ça, plus cocasse, parce que ça, c'est...
Une histoire cocasse.
On ne peut pas se moquer des personnes qui...
En plus, c'est pas notre rôle d'être dans la performance, puisque c'est justement entre nous, entre ces quatre murs, là, de l'acte, de la passe, on sort de la performance.
En tout cas, eux, ils viennent, les personnes à qui on a affaire, pour sortir de ce monde de performance, et donc là, c'est...
Non, un truc rigolo, je sais pas, moi...
Un qui se tisse, s'endort pendant que...
Ça, j'ai pas eu, non, non.
Parce que moi, je te dis, ça m'est arrivé, moi, de m'endormir...
Non, non, ça j'ai...
En deux secondes.
Et de me faire gronder.
Comment ça que tu dors ?
Ben, s'il y a un truc qui m'a fait rire, mais c'est pas drôle en soi, c'est qu'une fois, il y en avait un qui avait un accent un peu, comment dire, de Toulouse.
Oui, oui, oui, la caçade, oui, bien prononcée.
Et puis, disons que les trucs qu'il racontait pendant l'acte...
Ah oui, oui, d'accord, c'était pas du tout érotique, ni... D'accord, je vois, je vois ce que tu veux dire.
Enfin, ça se voulait érotique, mais sans d'autres...
Non, non, non, je vois tout à fait.
Alors, pour toi, le TDS, c'est quoi ? Un moyen d'entrer du fric, ou un instant T, ou bien c'est un état d'esprit ?
C'est les deux.
Les deux.
C'est les deux, puisque c'est un moyen de rentrer du fric sans passer par...
En passant par... Non pas en passant, mais en contournant le système capitaliste,
puisque à part toi, tu vas enrichir personne.
Et c'est quand même un état d'esprit, parce que... Parce qu'on ne parle pas assez.
Et là, mon but n'est pas de choquer certaines oreilles.
Non, vas-y, choque. C'est 23h26, on a fait exprès par rapport à... Comme tout ça, de s'asseoir tard, vas-y.
On ne parle pas assez des échanges économico-sexuels qui ne sont pas du TDS.
Et... Comment dire ? Et voilà, les personnes qui sont en situation de mariage,
les personnes qui sont en situation de concubinage...
Eh ben, bizarrement, on va pas chercher à abolir leurs conditions.
Et quand je parle de situation de mariage et de concubinage, je parle bien des relations hétérosexuelles.
Attention. Enfin, voilà. Bon, de toute façon, tu as capté mon côté raciste-misandre, en tout cas.
Je parle du principe qu'en fait, dans une relation hétérosexuelle,
aucun homme cis ne devrait avoir le droit de toucher une meuf sans la payer. C'est radical, mais...
Ah ben, je suis d'accord. Mais ça, mais oui. Mais oui. Mais oui.
Pourquoi faire du sexe, gracieusement ? Du pro bono, du pro bono, du pro bono flûte ?
Mais surtout qu'avec les hommes cis, on se fait chier, quoi. Je veux dire...
Bon ben, ça, bon ben, ça...
Euh... Là, on va pas ouvrir là-dessus parce qu'avec quoi on se fait chier, comment, pourquoi, qu'est-ce qu'on fait, là...
Bon, voilà, là, ça n'en a pas fini, là.
Alors, aujourd'hui, tu essaies de reprendre le TDS en virtuel, méta-santé, tes différents décapes,
limite tes capacités à reprendre. Donc, tu dictes que t'es en pre... comme, voilà, en pré-retraite.
Euh... Ce statut te permet d'être activiste.
Avisage découvert pour faire changer les choses à Clermont. C'est ce qu'on va voir dans la troisième partie.
Et juste après, un morceau qui va nous mettre dans le bain, donc voilà, politique, avec le manifeste.
Je connais ce pas ce morceau de Tony Gatleaf. Bon, c'est un coup de gueule, hein. Enfin, c'est en anglais.
C'est politique, démocratie, tout ça, donner la parole aux minorités...
Voilà, on y va, on écoute, on se retrouve juste après pour la troisième partie, la lutte.
... those who are trying to speak...
... those who are bored...
... to question those who are absent...
... those who live without democracy in general...
... it's urgent, it's an emergency...
... to speak about those who are absent...
... it's in urgent to those who are absent...
... it's time to speak about those who are always wrong...
... it's an emergency to talk about freedom...
... it's important to mention those who are absent...
... those who live without democracy in general...
... democracy...
... emergency in general...
... always right...
... to speak about those who are absent...
... it's an emergency...
... it's in urgent to those who live without democracy in general...
... it's in urgent...
... it's urgent to those who are absent...
... it's in urgent to those who are absent...
... it's an emergency...
... emergency...
... to question those who are always absent...
... it's urgent to those who are absent...
... it's time to speak about those who are absent...
... it's wrong...
... it's important to talk about those who are absent...
... those who live without democracy in general...
... it's urgent to speak about those who are absent...
... it's urgent to speak about those who are absent...
... it's time to speak about those who are always wrong...
... it's urgent to speak about freedom...
... it's important to question those who are absent...
... those who live without democracy in general...
... always right...
Il est très long, il fait 7 minutes, mais on a beaucoup de choses à se dire et on a compris le message.
Démocratie.
De retour en direct avec Beryl Milité, 3e partie.
Ta politisation est venue tard, tu diverses 33 ans.
Premier regard vers laquelle tu vas en 2012.
Franchement, aux élféminismes, my god !
À posteriori, c'est un truc improbable et incroyable.
Rappelez aux auditoristes qu'est-ce que c'est aux élféminismes.
Alors, c'est une horreur.
Non, quand même, t'exagères.
Ce n'est pas du tout.
Ce sont nos opposantes.
Ah non, mais moi je les appelle aux élfachismes.
Donc, c'est les mêmes initiales.
C'est le fémonationalisme, c'est une association de féminisme mainstream...
... mais qui est très bon à lutter contre les VSS, contre la prostitution, etc.
C'est-à-dire que...
Toi t'es au cœur, donc tu sais comment ça fonctionne.
Mais justement, c'est ça que je trouve intéressant aujourd'hui...
... c'est que maintenant j'ai l'impression d'avoir été l'insider planqué dedans...
... pour connaître leur manière de fonctionner.
Mais à l'époque, en fait, il faut contextualiser quelque chose.
J'étais quelqu'un qui n'avait pas eu une éducation...
... qui me permettait de comprendre les rouages du monde.
J'avais beaucoup de naïveté, comme on a pu l'évoquer tout à l'heure avant.
J'ai vécu 6 ans de violence conjugale avec accès de merde, justement.
Donc, il n'y avait aucun terrain propice pour que je puisse me politiser.
Et puis un jour, quand je m'émancipe enfin...
... je vois un truc qui s'appelle oser le féminisme.
Il y a écrit féminisme dedans. Je lui dis que ça ne peut pas être mauvais.
C'est le féminisme.
Donc, je suis allée.
Et le problème, c'est que...
Enfin, le problème, c'est un problème.
Le problème, c'est que j'ai été très bien accueilli là-bas.
Donc, ça donne envie de rester.
Mais je ne connaissais pas encore leur position.
Et bien sûr, je n'étais pas à haute.
Donc, personne ne soupçonnait que j'étais concernée.
Surtout à Clermont-Ferrand.
Et j'avais intégré le planning un an plus tard.
Le souci, c'est qu'au planning, c'est des personnes un peu plus âgées
qui sont dans un paternalisme...
Ça dépend de quel pot de planning.
Parce qu'ils ont un fonctionnement un peu différent politiquement.
Tout à fait.
Selon l'endroit.
Mais là, ils étaient plutôt...
À Clermont-Ferrand, voilà, c'était des...
Je veux dire, j'étais la personne la plus jeune, donc voilà.
Et tandis KOLF, c'était des personnes de ma génération.
Et j'avais aucun tissu social.
Et il y avait ce quotient sympathie.
Oui.
Écoute, bienveillance.
Qu'est-ce que tu as subi ?
T'es trauma, tu es la victime, etc.
Exactement, voilà.
Surtout moi qui sortais de là où je sortais, quoi.
Avec ex de merde.
Et TOLF a la particularité d'organiser des rencontres annuelles.
Et il se trouve qu'il y en avait qui étaient en Auvergne, pas loin de Clermont.
Et donc t'as divers ateliers thématiques.
Et donc il y avait la prostitution.
Alors forcément, je me suis précipitée sur celui-là.
Oui.
Et...
Viens, on va parler de mon activité.
Et là, t'as une déconvenue.
Et là, j'ai eu...
Enfin, j'étais déjà au courant des positionnements.
Mais je me suis dit non, mais attends.
C'est un positionnement qu'elles ont parce qu'elles savent pas de quoi elles parlent.
C'est pas possible.
Il faudrait qu'il y ait une personne concernée qui leur explique tout simplement.
Mais ça, c'est, comment dire, ma naïveté qui me perdra, comme d'habitude.
Voilà.
Et donc je vais à cet atelier.
Oui, l'atelier.
J'ai eu la nausée tout le long de l'atelier.
Ah bah oui.
Puisqu'en fait, c'est...
OLF n'accueille pas de public.
OLF ne fait pas du communautaire.
OLF t'apprends à prendre la parole en public et à débattre.
Et tout le long de l'atelier, c'était...
Bon, et bien aujourd'hui, on va étudier comment faire passer les gens à notre position d'abolitionniste.
Oui, de la propagande.
Voilà, de la propagande.
Et avec le recul, c'est bien que j'ai vu.
L'idéologie.
C'est bien que j'ai vu.
C'est bien que j'ai pu assister à leur...
Leur méthode.
À leur méthode et leurs arguments, surtout, qui tenaient absolument pas la route.
De toute façon, c'était une meuf d'Uni qui était...
Je sais pas si on a le droit de donner son nom, enfin c'est une personnalité...
Non, non, on ne donne pas de nom, mais de toute façon, le mouvement d'Uni, on en parle régulièrement ici.
Bon, il y a un intérêt, c'est eux qui ont des millions de subventions.
Enfin, tout ça pour dire que c'est quelqu'un qui est très médiatisé, quelqu'un de assez haut placé maintenant, qui avait fait à l'époque l'atelier.
Mais la nausée, quoi, la nausée.
Alors, du coup, t'es partie ?
Non, non, non, parce que je suis têtue, donc je suis pas partie.
Je parle pas de l'atelier, mais de oser le féminisme.
Eh bien, je vais expliquer.
En fait, non, je voulais rester dans l'OLF parce que je me disais que...
Je vais les retourner, je vais les convaincre.
Je me disais qu'elle pouvait peut-être changer, et puis la loi n'était pas passée à l'époque.
Donc je me disais, mais la loi, ça passera jamais, c'est pas possible. J'étais...
C'est incroyable le...
Quelle fraîcheur.
C'est incroyable, comment dire, l'étendue de naïveté dans laquelle j'étais.
Mais moi, je me disais, non, mais la loi, ça passera jamais, c'est pas possible.
Alors, finir par m'écouter, m'entendre, comprendre ce que je leur dis.
Et en 2016, quand la loi est passée, c'est là que j'ai pris mes distances.
Et je me disais, bon, je vais leur envoyer un mail anonyme en disant...
Mais vous vous rendez compte, vous vous rendez compte de nos conditions de travail et tout et tout...
Mais quand même, tu y restais 4 ans, puisque t'es rentrée en 2012.
C'est-à-dire en 2016, j'ai pris mes distances.
4 ans, t'es restée chez elle.
Alors attends, il faut que je t'explique un truc.
C'est qu'en 2016, j'étais plus dans leur CA.
Mais quand tu viens à une réunion qui est supposée être une réunion d'information
et que tu signes une fiche d'émargement, elles m'ont mis dans le CA comme ça.
Oui, d'accord, on gonfle les rangs.
Un jour, je te jure, je vais parler de leur méthode parce que j'ai beaucoup de choses à dire.
Ils gonflent les rangs, mais ils font pareil, le mouvement d'unis, ils viennent mettre des croix, même s'ils parlent pas, ils inventent des possibilités dans la rue.
On met des croix comme ça, à chaque croix qu'ils mettent, ça fait des sous dans leur fil actif, voilà.
Donc, j'ai été mise malgré moi dans leur CA, que j'ai pas osé tout de suite quitter parce que je voulais pas...
Enfin, à l'époque, j'étais un peu vulnérable et je voulais pas me les mettre à dos et tout et tout.
Et puis je me disais encore, la loi passera jamais, je vais les faire changer, voilà.
Et quand la loi est passée, là, j'ai pris mes distances, voilà.
Oui, mais justement, entre temps, toi, t'as découvert le strass.
Absolument, j'ai adhéré.
2013.
Oui.
Et comment tu as découvert le strass ?
En fait, il faut savoir que quand j'exerçais encore à Paris, je suivais le collectif Les Putes.
Et quelque part, c'était un peu un idéal, une utopie inaccessible pour moi parce que je me disais,
non mais moi, je pourrais jamais faire ce que fait ce collectif parce que ça m'obligerait à montrer mon visage,
qu'est-ce que dirait mes parents, ma famille et tout et tout.
Mais pour moi, c'était la solution où c'était là qu'il fallait être.
Et c'est en continuant de les suivre que j'ai su que le strass existait.
Le problème, c'est qu'à Clermont, on n'avait pas de strass.
Donc j'avais nulle part où aller.
Et j'ai profité d'un déplacement sur Paris pour aller faire une formation qui coïncidait avec un temps de permanence.
Tu es venue à la permanence ?
Je suis venue à une permanence.
C'est la époque où on était chez Actop, là-bas ?
Oui, je suis venue chez Actop et j'ai fondu en larmes.
Parce que c'était des années et des années et des années où j'avais été complètement isolée.
La famille ?
Voilà, où j'avais été complètement isolée, où je pouvais raconter mes galères de clients à personne,
mes galères de secrétariat à personne, d'emploi du temps à personne.
Et tout est remonté.
Et toute la charge aussi qu'on a quand on a été déesse par exemple.
Exactement, toute la charge.
Que seuls les collègues peuvent comprendre.
Exactement, et là j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps, mais vraiment c'était intense.
Et puis du coup c'était en 2013, ça fait 13 ans maintenant, 2026, ça passe vite.
Ça fait 4 ans que tu es au CA.
Ça fait 4 ans que je suis au CA.
Je précise que j'ai expliqué le jour de cette permanence que je fréquentais au LF.
Il y avait qui, tu te rappelles ? Qui est toujours là ?
Au début je ne connaissais pas leur nom, mais il se trouve qu'il y avait Sarah Marie à la permanence, il y avait Thierry.
Et les autres personnes malheureusement.
Thierry Schaffoser, Sarah Maffet-Soli qui est la première juriste du strat.
Maintenant qui chapote le pôle TDS à médecin du monde ?
Voilà, il y avait une personne qui s'appelait Josiane.
Josiane, bien sûr.
Qui avait été d'une écoute avec moi, mais formidable.
Et j'avais expliqué cette proximité avec OLF en disant, le problème, vous comprenez, c'est qu'elles sont à la mairie et c'est la mairie qui subventionne le planime, je ne sais pas comment faire et tout et tout.
Et je me souviens que Sarah Marie avait parlé des violences abolitionnistes et qu'on était en plein dans les violences abolitionnistes où elle nous tenait par le call back pour faire en sorte qu'on ne puisse pas faire sans elle.
Voilà.
Alors t'as décidé de t'investir plus sérieusement en local à Clermont-Ferrand, parce qu'il n'y a rien là-bas.
Il n'y a rien, absolument rien.
Il y avait Ed, à un moment donné, qui faisait du communautaire, mais bon...
Et bien t'es entrée à Agile, c'est ça ? Qui est devenue Cuirau-Verne.
Alors oui, je suis entrée à Agile qui a été créée en 1999.
C'est quoi comme asso, donc LGBT ?
Voilà, au début c'est une asso qui faisait un festival gay et lesbien, puisqu'à l'époque on ne parlait pas encore de LGBT.
Et qui petit à petit a fédéré et a fait en sorte avec l'intermédiaire de la mairie qu'on est un centre LGBT à Clermont, que nous n'avons plus depuis 2017.
Parce qu'à Agile, c'est quoi ? C'est un acronyme ? Qu'est-ce que...
Oui, alors ça veut dire association des lesbiennes impertinentes... Non, des gays impertinentes et des lesbiennes endiablées.
Ah, d'accord, je me disais que je ne vois pas le rap. Oui, bon, d'accord. Au Cuirau-Verne, c'est sympa quand même, comme blase.
Qu'est-ce que tu fais à Cuirau-Verne ?
Alors à Cuirau-Verne, je suis activiste, je suis bénévole, je fais beaucoup d'accueil, d'écoute et d'accompagnement.
Et alors c'est ça, les missions surtout, c'est l'écoute, c'est les gens qui viennent voir quand...
C'est l'écoute, c'est l'accompagnement. Il y a un énorme public qui demande l'asile en France, qui est donc queer, et il se trouve...
Ça c'est des réfugiés, donc des personnes qui viennent parce que dans leur pays, ça c'est le...
C'est des personnes qui risquent la prison de vie ou leur vie même. Et il se trouve qu'il y a énormément de personnes qui ont pratiqué dans leur pays le TDS qui viennent nous voir.
D'accord, ok, ok. Vous avez d'ailleurs des interprètes ou des traductions et tout ?
Il y a quelques bénévoles ici.
On remarque qu'à qu'ils apparaissent, maintenant on peut faire de la traduction.
Justement, les clients, des fois ils se pointent dans la rue, les touristes, ils ont leur traducteur automatique, tu sais, pour ça qui...
Bon, écoute...
Il fait combien ?
Oui, c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai. Bon, écoute...
Donc du coup, de fil en aiguille, ouais. Donc tu passes à l'adhérent de Strasse, et maintenant on s'est appuyé 4 ans, et tu chapotes la Fédé, parce que le Strasse a des fédérations par région.
On essaye du moins de... Parce que c'est vrai qu'à... Bon, la plupart des événements se passent à Paris. Là, bon, il y a tellement de choses, voilà, pour le 12 avril, le 13 avril, les disant de la loi, ça va être principalement à Paris.
Le 8 mars, toutes ces événements, c'est... Les grosses mobilisations, c'est à Paris. Mais toi, tu chapotes la Fédération Auvergne-Rhône-Alpes, et puis t'es la plus active là-bas.
D'ailleurs, si on regarde sur Internet, tu as fait beaucoup d'interviews, pas mal d'événements. T'as des gens qui t'aident, vous êtes quand même...
Non, on n'est pas beaucoup. On n'est pas beaucoup, et je... La manière dont je gère la Fédé ne me satisfait pas de toute façon, puisque la difficulté, c'est que... C'est la difficulté d'atteindre les autres départements. Je suis à Clermont-Ferrand. Il y a des choses qui se passent à Lyon.
Et il y a des choses qui se passent dans d'autres villes de la région. Et c'est compliqué de faire des... C'est du temps, de l'argent, c'est des nerfs. Tu peux pas non plus tout faire. Mais déjà, à Clermont-Ferrand, c'est bien que tu...
On essaie, mais du coup, c'est Clermont, Clermont et Clermont. Après ici, il y a eu des représentations en Pride à Saint-Etienne, à Moulin, à Aurillac, un peu dans l'Ardèche aussi. Mais ça reste très limité.
Mais ça peut grandir aussi. Et puis là, de toute façon, enfin ça, ça fait partie des questions. Mais il n'est pas que... Je voulais te poser. Il n'est pas question que tu t'arrêtes tout de suite et que t'as encore plein de projets, t'as encore plein d'envie. Des choses que ça t'as pas pu réaliser.
Et t'as tout le temps, parce que là, après... Si je suis réunie au CAO, oui. Enfin, pas forcément, mais... Oui, c'est même pas une obligation, d'ailleurs. Si tu veux chapeauter une fédération.
Je ne vais pas parler de notre organisation interne. L'organisation interne nous trace, mais tu peux, sans être élue au CAO, chapeauter une fédération.
Oui, c'est vrai.
Oui, du coup, la question, c'est, tu comptes pas t'arrêter le militantisme et t'as trouvé... C'est ça, c'est ton truc et tu vas continuer tant que...
Mais même quand j'aurai 110 ans, même quand je serai en déambulateur...
Mais pourquoi veux-tu être en déambulateur ?
Quand j'aurai 120 ans, je sais pas. Peut-être que je le saurais.
Bah vu qu'on a... Attends, parce qu'il y avait plein de questions que je voulais te poser. Il y a 49, déjà.
Qu'est-ce que ça t'as appris, en fait ? Qu'est-ce que t'as appris depuis tes débuts en activisme ?
Alors t'as appris déjà quels étaient dans l'objet, l'ETD, comment fonctionnaient les opposantes, enfin une partie des opposantes,
parce qu'OLF représente pas toutes les opposantes et les opposants. Donc qu'est-ce que t'as appris depuis le début ?
Qu'est-ce que ça t'a apporté en bien ou en moins bien, peut-être ?
Bah déjà, j'ai appris à apprendre la parole en public. Donc c'est pas évident quand on se lance.
J'ai appris à comprendre des concepts qui peuvent être abstraits, parfois.
J'ai appris... Enfin, j'ai une lecture différente du monde et...
Oui, on dit dans notre jargon, conscientisé.
Oui, j'ai conscientisé. Il y a des choses où il y a eu beaucoup de déconstruction, beaucoup de conscientisation.
Dans ma tête, il y a littéralement des portes qui se sont ouvertes dans mon cerveau, clairement.
Oui, quand on rentre dans l'activisme, moi aussi, ça m'est arrivé, ça m'a tombé dessus.
On se penche, donc on se bat pour des droits, et en l'occurrence nos droits, et donc on réfléchit sur sa condition.
Et plus on veut comprendre quelle est notre place dans le monde, dans ce système,
et comment ce système, on fonctionne dedans, et comment, à qui on a affaire,
et pourquoi on nous calcule comme ça, on nous regarde comme ça, et plus on a envie d'apprendre, et plus on apprend.
Et ça fait une émulsion, et on conscientise au fur et à mesure, et on apprend beaucoup de choses, et c'est vrai que c'est pour ça, c'est génial.
C'est ce qui s'est un peu passé quand j'étais chez Agile, c'est-à-dire qu'avant j'étais...
Sans être un télopour autant universitaire.
C'est-à-dire que j'étais, si tu veux, vite fait, j'étais au planning, parce qu'à l'époque, du coup, ça me semblait important de militer pour l'avortement.
Et en fréquentant à Agile, là j'ai été confrontée à la réalité de tout ce que ça pouvait être, les LGBTphobies.
Et là je me suis dit, ah merde, il y a du travail à faire. Bon, moi je dis, bah...
Tu dis, dans ta bio, par extension, je suis une transfuge de classe, c'est-à-dire ?
Comme on l'a dit en début d'émission, du côté de ma mère, c'est des ouvriers Michelin, du côté de mon père, bon ben voilà...
Ouais, ton père adoptif qui est bourgeois dans le... Voilà.
Avec, même s'il est décédé, bah il y avait quand même la branche des grands-parents paternels.
Et donc tu es entre deux mondes. Et tu sais pas où te mettre.
Oui, mais définitivement tu vas pas te mettre du côté des bourgeois, mon frère.
Non, non. Quand t'es enfant et que tu as des principes éducationnels...
Mais tu les as vite balayés. Dès que t'as dit, je vais faire ma première passe avec mes histoires de trafic de ticket au Stade de France, c'était terminé tout ça. T'as vu, hein ?
Ouais, mais à l'époque je me disais, ah c'est bon, c'est en cachette, personne ne le saura jamais.
Personne n'a vu. Hop, Katémini ! Je fais mes petites bêtises, ça c'est pas bien grave.
Euh... Oh punaise. Je vous jure, c'est parkour. Incroyable, belles soirées incroyables.
Comment t'as pris l'annonce de la 2016 ? Vite fait, là. Parce qu'on en a plus que 7 minutes, on a deux trucs à annoncer. Je te presse.
J'étais dévastée, j'étais chamboulée. Je me suis dit, c'est pas possible, comment une loi comme ça a pu passer ? Qu'est-ce qu'on a fait de mal ? Pourquoi ils empêchent les gens de bosser ?
Ok, dévastée comme tout le monde. Tu te vois où dans 10 ans, tes proches et personnels ?
Toujours en train de militer. Avec un polycule plus grand, vu que je suis en polyamour, peut-être.
Ah oui, oui, oui. Oui, dis donc. Bah oui, dis aux auditeuristes. Donc oui, je suis en polyamour avec deux personnes. En trouple, donc, on dit.
En trouple, voilà. Mais bon, le trouple, il est pas fermé. D'ailleurs...
Ah bah voilà, une invitation. Si vous voulez, je vous donne le trouple. On fera un quadrouple, comme on dit.
Non, mais d'ailleurs, Johanna, ma chérie, je t'embrasse. Ah, bah oui, elle nous écoute. Oui, tout à fait.
Salut, Johanna. Moi aussi, je fais des bisous. Enfin, des bisous, c'est un peu beaucoup. Enfin, je t'embrasse.
Du coup... Alors, on a dans l'actu, le 8 mars, enfin, une prise de parole sur le camion.
On a aussi les 10 ans de la loi. Alors là, ça va être de la loi 2016. Donc, on va pas faire ça le 13 lundi.
Mais le 13, il y aura normalement, il y a une proposition de loi des crimes qui a été rédigée en inter-orgas,
qui va être proposée au Sénat. Normalement. Et nous, on revanche la veille le 12, au DOC.
Je suis venu Dr.Potin en 19ème. On va faire une grosse journée en Arrazer-Vinçal avec débat et festivité.
Vous aurez les infos dans nos réseaux sociaux dans pas longtemps. Oui, je mets la lecture de Beryl,
ce sera sur la fiche podcast Libérer le féminisme. Morgane Merteuil, qui a été une des premières militantes au Strasse.
D'ailleurs, si elle nous écoute, salut Morgane. D'ailleurs, je crois qu'on va la contacter dans pas longtemps.
Ok. Tu voulais dire quelque chose, Corinne ? Déjà, enfin, l'apéro.
Donc, c'est la soirée radio-ouverte demain pour les auditrices. Il y aura sûrement une émission comme un vendredi.
Donc, vous pouvez participer, téléphoner, venir. Toutes les informations sont sur le site de la radio.
On peut même appeler en direct ? Je peux appeler moi du studio, du bagalo, de mon studio de travail ?
Pendant le direct, je pense qu'il y aura toujours quelqu'un pour répondre.
Et vous pouvez vous inscrire avant de venir à cette soirée et trouver toutes les informations, l'adresse, etc. sur le site de la radio.
Et puis, sinon non. Je voulais dire merci. Je voulais éventuellement préciser aussi qu'il y avait le 8 mars, mais aussi le 7 sur Paris.
Un défi nocturne, une manif nocturne qui sera non mixité choisi et qui partira de la Place des Fêtes et jusqu'à République à partir de 18h30
et qui apparemment jusqu'à aujourd'hui n'est pas annulée comme l'était l'année dernière.
Je voulais aussi parler, puisque Beryl m'a tendu un peu la perche en parlant de migrants.
Que pour moi, il y a le 7, il y a le 8 mars, il y a la Semaine Noire qui arrive éventuellement, la grève un peu, un appel à la grève même, ça va jusque là.
Mais il y a aussi une putain de régression du vote de loi.
Enfin, il faut interpeller les députés contre les expulsions qui seront votées le 9 mars à l'Assemblée européenne.
Et tout ça, c'est sur le site de la CIMAD, c'est très facile. Ils ont très bien fait pour qu'on puisse interpeller nos députés européens et européennes très rapidement sur le sujet.
Et surtout, s'informer de ce que c'est que cette réforme à nouveau concernant le Frontex et les expulsions, etc.
Tu es au courant Beryl, un peu ?
Bien sûr. Il y aurait beaucoup à dire, mais bon.
Oui, mais je voulais quand même dire que là, parce que c'est juste un truc d'agenda, on faisait l'agenda.
Avant de se dire au revoir et de passer le morceau de la fin, qui est Daniel Balavoine, on l'a déjà entendu, mais il est tellement bien ce soulèvement.
Un mot, une pensée, une humeur que tu souhaites exprimer, transmettre.
Ne renoncez jamais.
Ne renoncez jamais. Magnifique.
Faites ce que vous voulez.
Et merci Beryl, pour tout ce que tu as fait. Merci d'avoir accepté de venir nous parler de toi.
Merci pour ta gentillesse, ta bienveillance.
Du love, du love. Merci Corinne.
Ouais, je rends l'antenne bientôt, alors je...
Ouais, vas-y, vas-y. Merci à vous, chers auditeurs, pour votre fidélité.
Et en attendant de nous retrouver jeudi 2 avril, nous vous invitons à continuer la discussion sur le tchat et à récouter l'émission en podcast sur Cause Commune,
ainsi que sur la chaîne, dont on mettra les images.
Beryl, voilà, en images, sur YouTube.
On se quitte donc avec Daniel Balavoine.
Alors ça, c'est le client qui nous parle, le bruit des bottes, la couleur du vitrail, la misère au fond des couloirs, c'est très très d'actualité tout de même.
Bonne fin de soirée. Bonne fin de soirée.
Et profitez bien du printemps, là, en avance.
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