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#96 – « Les méritantes, comment le monde du travail trahit les femmes ». Avec Lucile Quillet

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Bonjour à toutes et bonjour à tous, c'est Liberté Sur Parole sur Cause Commune 93.1.
Liberté Sur Parole, c'est une émission proposée et présentée par Eugénie Barbeza et réalisée
par Gilles Brésard.
Alors au programme de ce numéro de Liberté Sur Parole, j'ai le plaisir d'accueillir
Lucille Quillet.
Bonjour.
Bonjour.
C'est bien Quillet qu'on dit.
Quillet, oui.
Voilà, c'est ça.
Alors Lucille, vous êtes journaliste, autrice, on se souvient qu'en 2020, vous avez publié
un best-seller, le prix à payer, qui a été ensuite adapté en BD, c'est ça ?
Oui, on l'a adapté avec l'illustratrice Tiffany Cooper en BD en 2024.
C'est celui-là où il y avait un chat ?
Non, il n'y avait pas un chat.
Il y avait plein de choses, il y avait des chats, il y avait des lapins, il y avait
des petits cupidons, les fesses à l'air, il y avait beaucoup de choses.
Trôle de truc.
Alors j'ai lu le livre, mais pas la BD.
Mais ça tombe bien parce que ce n'est pas celui-là dont on va parler.
On va parler d'un autre de vos livres, il y en a eu plusieurs, il est toujours question
d'égalité homme-femme, il est toujours question de revanche des femmes et le dernier
en date paru aux éditions qui libèrent, comme le président d'ailleurs, s'appelle
« Méritante, comment le monde du travail trahit les femmes ? »
Alors il est question, on parle beaucoup d'égalité salariale notamment, d'égalité
des chances au travail, il y a même des indices qui ont été créés pour ça, comme moi,
vous levez un peu les yeux au ciel, apparemment ça ne fonctionne pas très bien.
Alors là, vous décryptez dans ce livre beaucoup d'idées reçues aussi sur le travail
des femmes et ça c'est très important de le faire, on va le faire peut-être en introduction
et puis surtout vous décryptez, alors ça c'est plutôt drôle quand on est des femmes
et qu'on vit dans le monde du travail, plutôt tertiaire d'ailleurs, le monde des chemises
et des cravates, et bien vous décrivez les stratégies, les comportements masculins pour
parvenir et qui sont quand même très très bien vus, on va un petit peu rigoler ensemble
en parlant des courtisans, de ceux qui se font du présentéisme acharné pour être
vus du patron et de ceux qui comptent, enfin voilà, vous parlez des courtisans, c'est
tout simplement les lèche-culs, mais ça fonctionne, des trucs que les femmes ont honte
de faire, les hommes le font sans complexe et c'est assez rigolo, vous dites aussi le
prix à payer pour les femmes de ces comportements et du fait d'être exclus du monde du travail
et puis vous esquissez des solutions et en tout cas vous donnez des exemples de choses
qu'on pourrait faire ou de choses qui marchent ailleurs, j'ai résumé, vraiment j'ai fait
le plan là, mais on va y revenir tous ensemble, alors justement, le travail des femmes, on
a trop tendance à croire que les femmes ont toujours été contenées au travail domestique,
alors c'est pas vrai ?
Non, c'est pas vrai, alors c'est un peu ambigu, parce que déjà, le premier chapitre, c'est
sur l'histoire du travail des femmes que je trouve, on méconnait beaucoup et même moi
qui écrit sur le travail des femmes, enfin voilà, qui écrit dessus depuis 10 ans, j'étais
encore un peu bercée d'idées reçues, comme quoi on travaille depuis pas très longtemps,
qu'on a vraiment le droit de travailler depuis les années 70, et qu'en fait cette idée-là,
ce que j'appelle le mythe des débutantes, c'est très très pernicieux, parce que du
coup, ça nous met dans une posture d'illégitimité, enfin, ou de novice, ça fait pas longtemps
qu'on est là, on comprend pas trop encore comment ça marche, et puis on a eu de la
chance d'être invité, donc c'est ce que je dis, prends le carton d'invitation, dis
merci, souris, mais ne viens pas troubler la fête, ne viens pas remettre en question les
règles du jeu, parce que ce monde-là, il est bien plus ancien que toi, et qu'en tant
que femme, t'as la chance d'y être, parce que là, évidemment, à chaque fois, comme
tout ce qui concerne les droits des femmes, on vient toujours nous parler de l'Afghanistan
ou d'autres pays où on n'a pas ce droit-là, donc il faut pas déranger, sauf qu'en fait,
les femmes ont toujours travaillé. Et ce qui est la vraie continuité, c'est que leur
travail a toujours été sous-valorisé, sous-rémunéré, quand même cantonné au domestique, parce
que c'était acceptable qu'elles travaillent, si c'était dans des secteurs une sorte d'extension
du domestique, mais dans le monde extérieur. Donc, ça va être le soin aux autres, ça
va être le textile, ça va être la cuisine, ça va être, voilà, le relationnel.
Dans les campagnes, les femmes étaient aussi un peu dans les champs, elles étaient aussi
à la basse-cour.
Oui, alors après, voilà, il y avait une certaine répartition, mais en fait, les femmes ont
toujours travaillé, sauf qu'avant, il y avait une, comment dire, le lieu de travail était
le lieu de vie, donc c'était pas forcément vu comme ça. Une femme d'agricultrice, évidemment,
elle est agricultrice, mais d'ailleurs, ça c'est… Mais elle n'est pas payée en tant
que telle.
Et même, en 1954, l'INSEE change de définition statistique en se disant, alors qu'avant,
toute personne qui vivait dans un foyer agricole était considérée comme un travailleur,
donc travailleuse agricole, là, on va demander aux gens, est-ce que vous vous définissez
comme travailleur, travailleuse agricole ? Et du coup, il y a plein de femmes qui ne se
définissent pas comme ça, alors qu'évidemment, elles travaillent, mais elles se considèrent
comme femmes d'agriculteurs, parce que après, c'est les normes stéréotypées, la façon
dont on renvoie les femmes à leur statut de femme 2. Mais du coup, ça fait sortir un
million de femmes des statistiques de la population active. Et après, ils font un rétropolage,
c'est-à-dire que les statistiens reprennent cette nouvelle définition pour recalculer
les décennies précédentes. Donc en fait, ça a été des millions de femmes qui sont
sorties des statistiques qui…
Officiellement invisibilisées.
Officiellement invisibilisées. Et encore, même les statistiques qu'on a sur le travail
des femmes, on peut considérer que c'est très… voilà, c'est sans doute très biaisé.
Les domestiques, jusqu'à la fin du 19e, elles n'étaient pas considérées comme
des actives, alors qu'évidemment qu'elles travaillaient, mais ce n'était pas un salaire,
c'était des gages. Enfin, il y a plein de nuances comme ça, mais ce qui est fou, moi
que j'ai découvert en lisant des livres d'historiennes, de chercheuses sur le travail
des femmes…
C'est entièrement féminine. J'aime bien aimer ça.
Franchement, ce n'est même pas volontaire. C'est qu'en fait, ce sont des femmes qui…
C'est des femmes qui écrivent sur les femmes.
C'est des femmes qui écrivent sur les femmes, voilà. Et sur le prix à payer, c'est marrant
parce que les précédents livres, je crois que c'est aussi exclusivement féminin.
Il y a peut-être… Oui, il y a peut-être la domination masculine, voilà, pour Dieu,
mais sinon il n'y a que des femmes qui s'attrapent aux femmes. Mais en lisant ce qui avait été
écrit sur le travail des femmes, en fait moi j'ai été surprise de voir qu'au début
du 20ème, elles représentent un tiers de la population active. Donc on est même avant
les guerres mondiales où en effet, elles vont investir des champs qui étaient très basculents.
Elles vont travailler dans les usines notamment pour remplacer les hommes.
Remplacer les hommes plus ou moins chers, voilà.
Alors en fait, on voit qu'il y a quand même une progression continue.
Parfois, il y a eu un peu, notamment après la seconde guerre mondiale, un petit retour
au foyer et tout, mais il y a toujours eu des femmes qui ont travaillé en fait.
Et après, évidemment au 20ème, avec l'explosion du tertiaire et du salariat, là, ça explose
encore plus. Mais en fait, c'est quand même fou, je trouve, de se dire que début du siècle
dernier, elles représentaient un tiers de la population active.
C'est qu'en fait, dans les années 70, c'est 37% de la population active.
Donc le moment où on nous dit qu'on a commencé à travailler, voilà, et ce mythe-là, je
trouve, vraiment, ça nous renvoie, déjà, c'est sous-estimer tout l'apport énorme
du travail des femmes, tout ce qu'elles ont enduré, notamment l'industrie textile.
L'industrie textile, elle a fonctionné, elle a œuvré, elle a fait du bénéfice
sur le dos d'ouvrières complètement invisibles, complètement exploitées.
Et comprenez, vous le signalez, celles qui travaillent chez elles, à la tâche.
Évidemment, oui. Au début, c'est des petites fourmis, des petites mains, j'ai détesté
cette expression, invisibles, qui travaillent chez elles, notamment des femmes dans les
campagnes qui travaillent à la ferme et qui, à côté, vont en plus filier, valer, tricoter,
coudre. Ensemble à laver, c'est des réseaux féminins avant là. Donc il y a ce travail-là,
mais vu que c'est fait dans le domestique, dans la sphère domestique, ça ne compte
pas. Et en fait, on voit. Ce que j'ai vraiment réalisé en m'intéressant à cette histoire,
c'est que c'est une histoire ancienne, ça renvoie parfois à des imaginaires qu'on
peut trouver très lointains, mais en fait, il y a des continuités.
On peut même parler du Moyen Âge, parce que c'est au Moyen Âge qu'on a les noms
les plus féminisés. Avant que tout ça soit effacé, les artisanes, elles ont des noms
féminisés. Les chirurgiennes, au Moyen Âge, on ne se pose pas la question.
Et puis il y a tous les métiers en S. Moi non plus, ça m'échappe à l'instant, mais
toutes celles qui travaillent aussi dans les tailleuses de pierres. Des parches minières,
des femmes médecins, sage-femme. Donc il y a eu ce siècle, enfin ces siècles, le Moyen
Âge, qu'on dit un petit peu obscurantiste. Par certains côtés, il y avait aussi une...
Elles faisaient partie de la société, de l'activité économique. Et en fait, même
à la Renaissance, ça a régressé qu'elles étaient encore moins payées. Donc ce n'est
pas non plus une... C'est pour ça qu'il faut toujours se méfier, c'est pas linéaire.
Non, non, c'est pas linéaire, mais je trouve que c'est une histoire dont on ne parle pas
beaucoup. C'est aussi une histoire d'exploitation, parce que notamment les internats où des
jeunes filles étaient envoyées pour travailler des 12 ans qui étaient surveillées par des
religieux.
C'était quand ça ?
Avec une vie, ça c'était... Alors attendez, 18ème, 19ème, et après c'était une interna
industrielle, où du coup, elles allaient à la fabrique, puisque du coup, la machine
a fait qu'on filait plus à la maison, mais on allait dans une fabrique, donner sa force
de travail. Mais vu que c'était des très jeunes filles et que le travail était vu
comme un... comment dire ?
Un garant de moralité, en fait, ça les occupait.
Un risque, un risque, parce que c'était sortir de la famille. Alors on était contents
qu'elles ramènent de l'argent.
Oui, donc il fallait qu'elles soient à la fois au travail.
L'argent était versé à leur famille et pas à elles. Donc c'était bien encadré,
mais ça voulait dire aller dans le monde extérieur, être potentiellement, voilà,
mener une vie de débauche, être séduite, voilà, et avoir des aventures qui n'étaient
pas recommandables pour les femmes à cette époque-là.
Donc en fait, leur travail était très encadré. Elles étaient surveillées par des sœurs,
voilà, c'était l'internat dirigé par des religieux, et elles étaient très peu
en contact du monde extérieur. Donc en fait, c'était, on se lève, prière, travail,
pause, reprière, une petite sortie encadrée. Elles ne sortaient pas seules. Et après,
on retourne... enfin, voilà, et tout ça pourrait être très très mal payé dans des
conditions de vie assez déplorables, voilà, et en fait...
Toujours infantilisées, de toute façon.
Toujours infantilisées, voilà, et ça, moi, c'est vrai que quand on s'intéresse au travail
des femmes, on découvre ces dénominations, les grisettes, qui étaient les ouvrières
du textile absolument exploité, qui étaient des femmes. En fait, c'est là où le travail
des femmes, il a été moralisé. Il ne fallait pas vivre une vie de débauche à l'extérieur,
il fallait faire attention en rentrant chez soi. Et en même temps, on leur imposait
des horaires de travail absolument... voilà, rentrer à 23 heures chez soi, à pied, parce
qu'on n'a pas... on n'a pas d'argent pour prendre autre chose. Vivre dans des petites
chambres de bonnes avec un salaire insuffisant. Et ce salaire insuffisant, ça va pousser
beaucoup de femmes aussi à la prostitution. Mais la prostitution, c'est un motif de renvoi
dans les ateliers. Donc en fait, c'est vraiment avoir la charge d'être exemplaire moral,
mais sans en avoir les moyens. Et ça, c'est la grande hypocrisie du monde du travail à
qui continue encore un peu aujourd'hui. Voilà, on n'est pas poussés à la prostitution,
mais...
On est poussés parfois à accepter des tâches qui peuvent aller aussi contre nos idéaux.
Oui, et puis on est, je trouve toujours, responsabilisés à bien se tenir, à ne pas déranger et à être
irréprochables, alors qu'on n'en a pas les moyens. Et je trouve qu'aujourd'hui, le sujet
de l'égalité professionnelle, il est abordé sous l'angle du développement personnel,
de l'homme power man, du coaching. Alors moi-même, je suis coach et je fais du coaching professionnel.
Donc ça a nourri aussi ma réflexion et la façon dont je suis entrée dans ce sujet-là,
parce qu'au début, je suis rentrée justement en me disant qu'est-ce qu'il faut faire pour
avoir les mêmes carrières que les hommes ? Quelles sont les codes ?
Mais pourquoi c'est moi qui dois payer un coach ?
Voilà, et en fait, on se rend compte qu'évidemment, c'est très bien de faire du coaching, de
apprendre à dire non, poser ses limites, défendre son territoire, ne pas laisser les
collègues s'approprier notre travail, indexer soi-même sa valeur, ne pas attendre que ce
soient les autres qui considèrent qu'on est méritante ou pas. Donc il y a une forme
d'autonomisation que je trouve très intéressante dans le coaching. Mais, mais, et c'est pour ça
que j'ai écrit ce livre, moi j'étais insatisfaite qu'il n'y ait pas assez de discours complémentaire
de dire oui, mais on peut faire du coaching, mais le coaching ne suffit pas. Et moi, ce qu'il y a
aussi nourri mon envie d'écrire ce livre, c'est que je voyais les femmes faire énormément de
contorsions, faire énormément d'efforts, se remettre énormément en question, culpabiliser,
alors que de l'autre côté, le monde du travail bouge très peu et qu'il y a très peu d'efforts
renvoyés. Donc là, le but c'était, on pourrait presque le voir comme un petit coaching, c'était
de déculpabiliser en disant mais regarder un petit peu le monde dans lequel on est qui nous fait
quand même marcher sur la tête où il faut s'excuser d'annoncer une grossesse à son employeur,
où il faut faire, il faut suivre une culture du présentéisme et des horaires de travail qui ne
sont pas raccord avec le reste de la vie et vraiment dans une forme de dévotion, parce qu'on nous dit
en tant que femmes que c'est le tremplin de notre émancipation, le lieu refuge, qu'il faut surtout
pas lâcher son travail. C'est aussi nos mères, nos grands-mères, nos arrières-grands-mères qui
nous ont dit toujours, toujours, toujours, gardons l'indépendance, travail, gardons l'indépendance,
donc on se dit c'est censé être un lieu refuge et en fait c'est quand même un autre espace,
c'est pas un espace neutre, neutre ni méritocratique, c'est un autre endroit qui est fait par les hommes,
pour les hommes, avec des normes assez patriarcales où en tant que femmes on doit donner deux fois
plus pour souvent avoir deux fois moins et que quoi qu'on fasse, même quand on essaie de se plier aux
règles du jeu et de se contorsionner dans tous les sens, on sublit des doubles standards et quand
vraiment, je veux dire, on disait que toutes les couches du gâteau, on voit bien qu'il y a un socle
très ancré, très profond du mépris du féminin et où même on dépasse le truc du coaching en plus
qui s'applique souvent à des professions, cadres, comme quand on parle de flexibilité, de faire du
télétravail, oui non, la boulangère elle fait pas de télétravail. C'est un petit peu ce que je voulais vous
signaler dans ce livre, je voudrais qu'on parle, parce que vous parlez d'émancipation des femmes et du
regard qu'on porte les femmes, c'est aussi toute la société qui porte ce regard sur les femmes,
pas simplement dans les entreprises et celles du tertiaire ou celles de la finance, de la politique
ou du journalisme, mais si les femmes sont celles qui s'occupent du care, c'est à dire qui soignent
les personnes âgées ou dépendantes, qui soignent les malades, qui soignent les jeunes enfants,
ces femmes-là aussi, alors pour faire écho à ce que vous disiez tout à l'heure, il y a sans doute
une grande partie qui sont invisibilisées parce qu'elles ne sont pas déclarées, on est encore dans
ce système-là, ou alors qui sont bénévoles comme les grands-mères. Donc il y a toute cette partie
aussi du travail féminin qui est exclusivement féminin et qui pour le coup échappe aux règles,
enfin je veux dire une infirmière elle ne peut pas négocier son salaire et elle ne peut pas dire
je pars à 17h parce que la piqûre de M. Michu il faut lui faire à 21h avant qu'il se couche,
enfin voilà, il y a des inconsciences. Mais le discours qu'on entend beaucoup autour de
l'égalité professionnelle et même les lois qui sont votées pour l'égalité professionnelle c'est
beaucoup sur le haut de l'organigramme, c'est les quotas dans les comèques, c'est les conseils
d'administration, alors la loi Rixin, les étants ou les instances dirigeantes, enfin très bien,
mais est-ce qu'il y a un effet de ruissellement derrière où du coup les femmes vont être plus...
On sait que le ruissellement, enfin c'est quand même des mots qui ne marchent pas,
c'est une jolie idée mais qui coûte cher, enfin qui nous coûte cher mais qui ne marche pas,
donc c'est voilà c'est ce que Sophie Pochik appelle l'égalité litiste et que c'est un peu
les arbres qui cachent la forêt mais négocier son salaire, faire du télétravail, prendre les
postes à responsabilité, ça va pas changer le fait que les métiers majoritairement féminins
sont sous rémunérés, sous valorisés, leur pénibilité n'est pas reconnue, les maladies
à caractère professionnel qu'elles rencontrent, notamment les maladies psychiques ne sont pas
reconnues comme des maladies professionnelles et qu'en fait il y a une forme, enfin voilà moi c'est
ce que j'appelle une forme du mépris du féminin généralisé ou quand bien même on se contorsionne,
on n'a pas forcément... Pour les professions comme les femmes de ménage ou les ouvriers,
qui travaillaient à la chaîne, la contorsion c'est comme pour les hommes d'ailleurs c'est physique et
pour le coup voilà quand on apprend qu'on va perdre deux années de retraite, c'est juste
incroyable pour des gens qui à 50 ans sont percus d'arthrose. Mais ça dit combien les spécificités
des métiers majoritairement féminins c'est complètement dans un angle mort, c'est pas du
tout pensé politiquement et même c'est l'agence nationale de l'amélioration des conditions de
travail l'ANACT et je vous recommande de suivre du coup les travaux de Florence Chaper qui est
vraiment spécialisée sur ces questions là et que je cite dans le livre. L'ANACT montre que les
accidents du travail diminuent pour les hommes, on est sur moins 27% je crois en 20 ans et ça explose
pour les femmes c'est plus 40% et donc c'est parce que le travail alors dans les métiers
majoritairement masculins il a été pensé au masculin de la hauteur des étagères, le poids
moyen, les cadences sont pensés selon le standard homme moyen plutôt jeune et du coup les femmes
derrière vont courir, derrière la cadence vont développer plus de maladies mais elles
vont pas forcément être dans les bons seuils de pénibilité ou dans le bon cadre donc après
moins bien indemnisées aussi et les métiers majoritairement féminins là en fait il y a
très peu des six critères de pénibilité il y en a très peu qui correspondent. L'exposition au
produit chimique ça a été enlevé. Oui elle pourrait alors que toutes les femmes de ménage
y sont exposées. Voilà parce que c'était compliqué à évaluer enfin c'est quand même ok le port de
charge légère ça a été supprimé aussi donc en fait c'est fou. Est-ce qu'on considère que des
corps sont des charges lourdes ? Voilà le bruit qui est un critère de pénibilité reconnu ça vaut
pour un homme qui va travailler dans une usine ça ne vaut pas pour une caissière qui se tape les
samedis après-midi et ça ne vaut pas pour les crèches et pour les profs même mais vraiment
enfin voilà je défie quiconque de passer une semaine dans une crèche avec des tout petits bébés
ou même de faire des cantines mais voilà ça n'est pas un critère de pénibilité et puis
après il y a aussi tous les risques psychosociaux alors à la fois dans les métiers de service c'est
être confronté à des clients de mauvaise humeur des insultes des agressions verbales voire des
agressions psychosie voilà mais des caissières qui vraiment ont une charge émotionnelle aussi
de devoir rester sourire masquer ses émotions. Oui le Sbam, sourire bonjour au revoir merci j'ai
fait ça pendant mes étudions. C'est pesant c'est pas facile et après aussi dans les métiers du soin
d'une soignante une infirmière qui se confronte à la mort à la maladie qui doit annoncer des
nouvelles graves aux familles ou aux patients qui voient les patients partir ou diminuer ou voilà
tout ça tout en masquant ses émotions et en gardant son sang froid et en rentrant chez soi
c'est difficile de fermer la porte et de tout oublier ça ça ne vaut rien c'est là où une
infirmière ou une soignante elle n'a pas plus de pénibilité au travail qu'un garagiste quoi enfin
je dis ça en exemple et donc ça mène évidemment à des maladies alors qu'on dit maladies à
caractère professionnel mais il faut faire une démarche spécifique individuelle pour que ce
soit reconnu comme une maladie professionnelle que ce soit bien indemnisé. Vous signaler que c'est
vraiment la proportion de femmes qui en ont et bien supérieur. Les femmes c'est deux ou trois fois
plus exposé au risque psychosocial et au burn-out que les hommes voilà et ça n'existe pas donc en
fait elles sont la valeur de leur travail est sous-estimée en plus parce qu'elles sont très
mal payées. La pénibilité et les risques psychosociaux sont sous-estimés et en plus elles
ne seront pas bien indemnisées et en plus du coup ça mène à ce que parce que ces métiers sont
difficiles on a plus tendance à passer à temps partiel aussi pour continuer de travail donc ça
veut dire que pour continuer à faire un métier sous valorisé sous rémunéré on se prépare une
retraite. Pour continuer à être moins bien payée il faut encore moins travailler. Et du coup la
pauvreté des femmes à la retraite. Je vous incite à aller voir l'observatoire de l'émancipation
économique de la fondation des femmes dont je fais partie donc on subit régulièrement des notes
et là ils viennent de sortir jeudi dernier je crois le coût d'être retraité et eux et c'est
énorme en fait. C'est moins 40% par rapport aux hommes. Et quand on injecte la pension de
réversion on tombe à moins 28% mais pour avoir la pension de réversion donc c'est à dire 50% de la
retraite de son conjoint il faut être marié. Il y a de moins en moins de femmes qui sont mariées ça
les empêche pas de faire plus de tâches domestiques et parentales plus d'adaptation de carrière pour
là je recoupe un peu avec le prix à payer mais voilà vraiment les carrières des hommes sont des
causes familiales. Ils vont avoir du soutien, on va s'adapter tandis que le travail d'une femme c'est
son travail c'est son problème si elle est fatiguée si elle fait plus c'est à elle de gérer tout seul.
D'ailleurs statistiquement puisqu'on est dans les statistiques quand un homme devient père à un
enfant il a une promotion et quand une femme revient de congé maternel c'est une demi-salariée
là du coup elle ne pourra plus, on va pas lui proposer quand même. En fait parfois c'est
bizarre à dire mais parfois c'est fait avec beaucoup de bienveillance de se dire en fait elle doit pas
bien dormir elle doit être hyper fatiguée peut-être qu'elle allait être donc on va pas faire comme si
elle avait pas d'enfant et lui filer les gros dossiers mais le problème c'est de pas lui poser
la question à elle. Et le problème c'est de pas lui en parler. Pour un monsieur qui a eu une promotion, parce que monsieur il
pourrait on sait jamais même s'il n'allait pas, sauf s'il fait chambre à part. Il dort pas bien et puis on peut
espérer qu'il se lave aussi de temps en temps. Est-ce qu'il y a des statistiques là dessus ? Par contre il y a quand même
des statistiques moi j'ai halluciné qu'il y a moins d'un père sur deux qui garde seul son enfant une
heure par semaine. J'ai vu ça j'étais hallucinée j'ai trouvé cette statistique dans le truc. C'est 12 heures pour
une mère et les mères accompagnent. Si il va chercher seul à l'école quand même il a l'oréole qui pousse.
Bravo champion champion champion mais voilà les femmes accompagnent et vont chercher trois fois
plus leurs enfants à l'école que les pères. Après je pense que pour les pères c'est voilà il y a aussi eux
leur identité doit tellement dépendre du travail en tant qu'hommes. Et là dessus enfin moi je cite le
livre d'Audrey Voile la fabrique des masculinités au travail qui est très très très bien voilà sur ce
sur ce point là. Oui ils en souffrent aussi. Ils ne sont pas gagnants dans cette affaire. C'est à dire qu'un homme qui dit je vais faire
du télétravail là aujourd'hui je vais partir plus tôt pour aller chercher mon enfant à la crèche à
l'école ou voilà n'importe où une fois par semaine bravo c'est un super papa hyper impliqué mais s'il fait
ça tous les jours on va pas se dire oh c'est un super papa impliqué on va dire pas quand même quoi il
n'est pas très motivé et voilà et c'est où est sa femme ? Que fait sa femme ? Donc il n'y a que 76% des pères
qui prennent la totalité de leur congé paternité. Est-ce que c'est parce qu'ils n'en ont rien à faire et
ils veulent pas changer des couches ce qui est quand même très très réducteur comme description des
premières semaines de vie d'un enfant qu'on a voulu a priori ou est-ce que c'est parce qu'ils
sont pas autorisés dans leur environnement de travail à être des pères impliqués et moi c'est là
où j'ai en fait les méritantes je l'écris aussi un peu pour renverser la vapeur pour aborder le
sujet de l'égalité professionnelle autrement on dit beaucoup que la maternité est un frein à la
carrière qu'est ce que la parentalité fait au travail mais qu'est ce que le travail fait à nos
familles qu'est ce que le travail fait à la parentalité comment est ce que cette culture du
présentéisme elle impacte les familles et c'est quand même fou ça aussi enfin c'est quelque chose
de tellement normal et tellement intégré assimilé accepté mais quand on regarde les horaires de
travail qu'on est censé faire donc admettons 8h30 18h ou 9h 18h30 voilà bon là je parle peut-être
plus des professions dans des bureaux ou voilà 4 soupes et encore non pas forcément versus le
temps scolaire c'est quoi la réalité du temps scolaire c'est que en maternelle et en primaire
c'est 8h30 16h30 et qu'il n'y a pas d'école le mercredi bon bah là on fait quoi comment est-ce
qu'on comble les trous alors la logique c'est pas de repenser le temps de travail c'est de
refourguer son enfant quelque part c'est ça donc réflexe numéro 1 où sont les grands-parents quand
dit grand-parents et où sont les grands-mères et ça c'est aussi dans le notre note de l'observatoire
de l'émancipation économique sur le coût de la séniorité qui est sorti en juin que je vous
recommande de regarder 23 millions d'heures de travail gratuit de garde-enfants donné par les
grands-mères par semaine c'est fou donc en fait le monde du travail il fonctionne grâce aux femmes
qui l'excluent aussi parce que ces femmes là elles sont voilà les femmes seniors elles sont beaucoup
plus mises au placard éjectées elles ont beaucoup plus de difficultés à se réintégrer après les
recruteurs le disent la moitié des recruteurs qui disent que c'est difficile de placer une femme
senior alors que l'âge c'est une qualité professionnelle pour un homme c'est plus
d'expertise plus de sagesse de savoir de solidité théoriquement pour une femme aussi d'ailleurs
bah oui bien sûr mais en fait on l'aperçoit avec une date de péremption enfin bien sûr mais du coup
donc les grands-mères ou le périscolaire refourguer ses enfants au périscolaire mais alors déjà
tout le monde n'a pas accès au périscolaire il y en a pour qui c'est trop cher et puis après en fait
c'est quoi le temps qui nous reste quand on rentre du travail et qu'on couche des enfants tôt est-ce
que du coup ce monde du travail nous propose une parentalité de 30 minutes par jour et puis ils
proposent aussi d'exploiter d'autres femmes bah oui voilà parce que délégués sinon c'est les
nounous voilà si on n'a pas le périscolaire si on n'a pas la grand-mère gratuite on a la nounou
qui est souvent une femme racisée, qui est très mal payée, qui n'est pas déclarée, qui n'est pas
protégée, dont la valeur n'est pas reconnue, qui n'y aura pas de droit derrière donc là du coup
ça rend aussi cette solidarité féminine aussi ça nous force, ça force certaines femmes à ça
bah oui en fait c'est des... on se refile la patate chaude, monsieur refile à madame l'étage
domestique et parental si elle veut faire carrière comme monsieur elle doit les refiler à quelqu'un
d'autre donc c'est où dans la crèche, l'assistante maternelle, l'étage de son grand-mère donc en
fait on est toujours à la fin c'est de moins en moins payé, c'est de moins en moins reconnu,
c'est de moins en moins valorisé quoi donc mais ceci dit vous parlez des enfants il y a tous ces
problèmes là quand on a des enfants mais alors ce que j'apprends avec stupéfaction en vous lisant
c'est que si on n'a pas d'enfants on n'aura pas forcément une meilleure carrière non ouais c'est
fou bah oui parce qu'il y a le la présomption de maternité bon après un moment ça se tasse la
présomption de maternité mais alors là du coup on a la présomption de futur ménopause et là
ça ne m'intéresse surtout pas parce que là elles sont ingérables ce qui est fou c'est de se dire
qu'il n'y a pas de bon âge pour les femmes au travail quand on est jeune on va on va faire des
gamins alors même si ça arrive plus tard bah oui mais à 30 ans elle va en faire un puis après
va peut-être en faire un deuxième puis après pas assez 40 ans bah elle est fatiguée quoi et puis à
50 alors à sans doute des petits enfants d'autres choses à faire puis moins moins dans le coup quoi
moins jeune voilà et même les femmes âgées on les remplace pas par des femmes qui en même enfin
on les remplace par des femmes plus jeunes donc l'ex évidemment en premier parce qu'on a fait
l'expérience de la femme et bon voilà voilà ça se périme trop vite ouais bah c'est non mais en
fait c'est vous vous parlez en introduction du coup que ça avait pour nous je pense que c'est aussi
important de parler du coup que ça pour le travail pour le monde économique pour notre société parce
qu'on se prive d'une intelligence d'une expertise d'idées de la moitié de la population passer un
certain âge voilà pour des arguments d'un sexisme dans enfin qu'on aimerait que ce soit
d'un autre temps mais ça ça l'est pas et je trouve qu'on a tendance à regarder l'égalité
professionnelle toujours comme un truc presque philanthropique il faut aider les femmes on va
faire des quotas on va leur tendre la main et les faire monter sur sur les marches alors on en
prendra quelques unes mais pas trop trop voilà mais qu'il faut aider les femmes dans leur carrière
comme une bonne action ou du favoritisme alors qu'en fait ce monde là comme il fonctionne avec ces
règles là du présentéisme de faire son autopromotion d'être un bon courtisan ou lèche cul comme vous
l'avez dit ça ça coûte cher ça ça coûte cher mais peut-être que nous comme on est des débutantes
comme on débarque avec toute notre naïveté on pourrait peut-être pointer comme vous le faites
dans le livre le fait que oui quand même c'est un peu la honte d'être là juste pour montrer qu'on
est là avec son petit dossier de se blinder des trucs de réduction de réunion sur les agendas
partagés pour faire croire qu'on bosse c'est une grande comédie c'est un peu gamin c'est un peu
ridicule c'est un peu court de rétrès de récréer je suis d'accord avec lui c'est le chef je veux le
dire je veux le dire je veux parler je veux couper la parole à tout le monde c'est un peu genre le
petit garçon de quatre ans passage à table en fait c'est un peu ça quoi et donc peut-être que ça si
on arrive avec notre grande sagesse typiquement féminine si on arrive si on arrive et puis qu'on
voit ça et qu'on trouve ça ridicule et qu'on le dit on va déstabiliser tout le système on casse
l'ambiance donc c'est peut-être aussi le fait de nous exclure c'est peut-être aussi le fait de
pouvoir garder ces petits comportements qu'on connaît bien c'est d'être dans une zone de confort
après je pense qu'il ya une forme de j'aime pas dire naïveté mais en fait beaucoup de femmes
arrivent dans le monde du travail elles ont été valorisées à l'école elles ont des meilleures
notes à l'école elles font plus d'études bon là dessus les chiffres ne sont plus à démontrer et
le drame c'est qu'elles arrivent en entreprise ou dans le monde du travail avec l'idée que la
méritocratie existe aussi là bas donc si je travaille bien je serai naturellement récompensé
syndrome de la bonne élève ce qu'on appelle et qu'elles vont vu que bon on leur dit que c'est
quand même des débutantes en la matière et puis qu'elles sont très perfectionnistes parce qu'elles
étaient éduquées à se remettre en question sans arrêt à se dire que c'était passé à dire qu'il
fallait mettre la barre plus haut à être parfaite voilà syndrome de l'impostrice beaucoup plus est
ce que je suis légitime est ce que j'ai 100 % des compétences est ce que je prends pas la place de
quelqu'un d'autre est ce que quelqu'un d'autre serait pas meilleur que moi c'est vraiment ce
truc de se surresponsabiliser aussi de dire je vais faire une erreur au recruteur le pauvre mais
prenez la marche et arrêtez de poser des questions mais donc on arrive avec avec ça et on doute
beaucoup plus donc il y a l'autocensure on va moins se mettre en avant on se dit qu'on va être
récompensé selon nos bons résultats donc on attend on attend on attend puis au bout d'un moment
on voit que Jacques et Benoît et qu'ils sont arrivés au même moment ils grimpent ou que Jean qui a
été embauché alors que ça fait cinq dix ans que je suis là il est plus jeune il a moins d'expérience
il est mieux payé que moi qu'est ce qui se passe donc là il ya une déception une espèce de douche
froide une amertume une frustration une alors après bah qu'est ce qu'on fait et ben alors si
on a les moyens et le temps on fait du coaching mais toutes les femmes ne peuvent pas faire du
coaching et puis sinon bah on dit bah c'est là c'est pas normal il est mieux payé que moi ou moi
je voilà mais on va toujours trouver des excuses des points de comparaison je veux dire vous prenez
deux profils particuliers il ya toujours des choses pour alors qu'en fait c'est très c'est très
hypocrite mais alors quand on finit par réaliser je le dis comme moi je le pense que on rémunère
davantage l'allégeance que la compétence oui et le vrai résultat où la vraie quantité de travail
c'est vrai que partout alors c'est très visible en politique oui c'est très visible dans beaucoup
d'entreprises du tertiaire c'est très visible aussi dans les dans la presse c'est visible aussi
beaucoup dans les métiers dégo dans le journalisme enfin le journalisme qui est quand même un métier
voilà avec une certaine idée de soi même de la signature de tout ça donc c'est vrai que en fait
moi je me suis demandé voilà si on nous dit que être une bonne élève et se sentir impostrice c'est
à dire se remettre en question et puis être une bonne élève c'est quoi c'est bien travailler
être rigoureuse aller jusqu'au bout de sa tâche voilà être enfin avoir une bonne conscience
professionnelle en fait si ça on nous dit que c'est des freins à la carrière alors du coup c'est
quoi les bons syndromes c'est quoi les règles du jeu donc moi je suis partie de là et donc
là je suis numéro quatre règle un répondre à la culture du présentisme ce que j'appelle
le syndrome du piqué donc je suis là je suis là je suis là je suis là je suis là j'ai envoyé un mail
j'ai envoyé un mail à 21 heures plus dix points enfin voilà ou tant que j'y pense je sais qu'on
est dimanche pardon voilà j'adore donc c'est malheureusement on pense le mérite l'implication
la motivation au temps au temps passé et pas la mise en scène la mise en scène du temps passé
parce que c'est ça que vous décrivez j'invite chacun à vous lire parce que c'est quand même très drôle
merci j'aime bien quand on dit que c'est drôle non mais le sujet peut faire un peu lourd et
déprimant mais ça tourne en ridicule en fait ridicule oui c'est absolument ridicule mais voilà
donc ce cette prime à la présence les courtisans ils sont très bien aussi les courtisans c'est vrai
que je me suis fait assez plaisir sur ce chapitre là mais mais en tout cas le présentéisme pas du
coup c'est un c'est pas la culture du résultat et de la performance qu'on nous vend en nous parce
que dès qu'on parle d'égalité professionnelle et des mesures qui pourraient améliorer ça nous dit
oui mais c'est mignon mais ça coûte cher c'est pas viable économiquement le valable monde
professionnel il roule comme ça et voilà vraiment peut pas avoir autrement mais en fait la culture du
présentéisme ne défend pas les chiffres et la performance c'est pas ça que ça vient que ça
vient reproduire ça favoriser les hommes parce qu'ils se sont eux qui ont le moins de charges
domestiques et parentales ce sont eux qui sont le plus présents parce qu'ils ont ils ont fait en
sorte que ce soit comme ça voilà voilà pour réussir il ne faut pas aller chercher ses enfants à
l'école soi-même enfin très basique est-ce que je peux réussir en étant à 80% de temps non
n'importe qui logiquement c'est que non si je réponds pas au message ou au mail le soir dans
une version classique dans une définition classique de la réussite où on donne des
responsabilités je gravis les échelons et j'ai des gens sous moi donc exactement mais du coup ce qui
donc il ya le syndrome du truc du présentéisme que j'appelle le syndrome du piqué donc qui va
favoriser les hommes ensuite il y a ce que je peux le syndrome du champion c'est à dire qu'on sait
très bien qu'il suffit pas de bien travailler il faut aussi le faire savoir donc communiqué sur ses
résultats communiquer se mettre en avant ce qui oui bah c'est bien parce que d'un côté si vous
attendez que votre chef le reconnaissent lui-même bon bah parfois on y a aussi des chefs qui aiment
bien garder les bons éléments sous cloche et qui vont pas du tout vous faire rayonner comme on
dit mais bon faut déjà avoir le temps de faire l'auto promotion ça bah les femmes n'ont pas
forcément et puis en plus faut avoir de la confiance en soi un certain égo là où nous en
tant que femmes on grandit dans l'idée que c'est aux autres de déterminer notre valeur et que c'est
pas à moi de me mettre la couronne sur la tête de dire moi mon salaire ça devrait être temps
j'ai fait ça c'est génial j'ai réussi ça c'est moi qui ai amené tel tel projet tel bon donc
elle est en effet les femmes elle moi je le vois en coaching et ça fait hyper prétentieux enfin
c'est vraiment déplacé c'est grossier même presque alors en plus on le fait où dans la
vraie vie donc à la machine à café où on le fait sur linkedin ou là c'est la foire de bon
la grande comédie d'avoir réussi après c'est bien moi je dis ben en fait on peut si vous avez peur
d'être prétentieuse vous pouvez vous vous appuyer sur l'enthousiasme j'ai la joie de je suis très
heureuse je suis contente bon voilà et puis et puis bon on peut parler bien son travail ça prend
déjà du temps de faire correctement son travail bon là par exemple pour moi on décrit correctement
un article de faire et en plus il faut qu'après j'aille le vendre mais il ya d'autres gens qui
sont payés pour mon boulot en fait il ya un truc déjà qui va pas là-dedans il ya un truc de
marketing de soi où on est on est très inégaux face à ça ça dépend beaucoup de notre éducation
ça dépend si on a un homme une femme ça dépend de bah si il ya des gens qui travaillent très très
bien et qui sont absolument nuls pour en faire la promotion ou pour négocier leur salaire et du coup
bah est-ce qu'ils devraient en payer le prix c'est pas très voilà c'est pas très juste parce que du
coup ça va être très décourageant quand on voit des gens plus arrogants monter alors que nous trop
humbles on attend la reconnaissance c'est très décevant et donc ça veut aussi dire que on ne
fait pas monter on ne valorise pas les gens les plus les plus compétents ou les plus à potentiel et
ça c'est quand même fou et là je me permets quand même une petite digression sur les quotas quand
on dit ah oui mais on va nommer des femmes du coup c'est la discrimination positive mais sont-elles
vraiment compétentes arrêtons nous 3 secondes regardons les réunions où il ya que des hommes
qui sont habillés pareil qui ont la même couleur de peau qui ont la même couleur de cheveux qui
sortent des mêmes écoles est-ce qu'ils sont là parce qu'ils sont compétents ou est-ce qu'ils
sont là pour d'autres raisons comme par exemple fait d'avoir fait la même école et d'être potes
de se ressembler d'être des hommes et de se et de se ressembler et de se coopter et de et du coup
de venir recruter des gens qui nous confortent dans nos certitudes et donc là j'en viens petite
cheville voilà ou syndrome du courtisan il faut être un bon courtisan pour gravir les échelons
toujours dans la version classique. Il faut vraiment s'asseoir un peu sur sa dignité. C'est là où en
fait on se dit pour arriver dans les endroits de pouvoir monter en responsabilité et être dans
les hautes instances dirigeantes en fait pour avoir du pouvoir il faut perdre son pouvoir parce
qu'on a encore une culture du chef très je dis c'est un peu papa a raison il faut lui obéir quoi le
chef qui soit manager ou pdg c'est celui qui sait celui qui pourrait remplacer tout le monde celui
qui a toutes les informations qui a réponse à tout qui a une vision donc il décide de tout et pas
un espèce de chef d'orchestre qui va écouter les expertises de chacun et certes avoir la
responsabilité de trancher au final voilà on a une vision du chef où en fait je trouve c'est
vraiment une image hyper patriarcale de papa raison il faut lui obéir il faut lui plaire donc
si je veux monter les échelons alors pour aller dans le sens de jean claude c'est à dire qu'on va
on va le brosser dans le sens du poil on va être d'accord on va lui ressembler si possible il y a
plein de femmes qui se sont contorsionnées dans tous les sens pour répondre aux règles du jeu
parfois au prix de sacrifices personnels et même enfin voilà d'elles mêmes de leur identité très
très douloureux et quand elles arrivent dans ces lieux de pouvoir en se disant ça y est j'ai eu
ce que je voulais j'ai eu le graal je suis au comèque je suis au voilà et elles tombent mais
de 30 ans ils disent merci mais non merci voilà et le livre de selina lix tout à fait en se disant
mais en fait j'ai ramé pour être là il se passe rien c'est juste alors c'est viviane de beaufort
qui me disait c'est pendant longtemps c'est une chambre d'enregistrement de la parole du
pdg c'est pas un lieu d'émulation intellectuelle où on va débattre de la meilleure stratégie des
meilleures idées c'est juste on dit c'est le brandy quoi l'ancienne où on discute on se
conforte on brosse dans le sens du poil le pdg et surtout on n'adresse pas les problèmes et les
pauvres femmes qui viennent dire mais là en fait à iceberg droit devant il va se passer ça on leur
dit bon déjà t'es gentil t'es là grâce au quota tu vas pas casser l'ambiance tu vas pas venir
parler des vrais sujets en fait ça ne se fait pas et si tu veux conserver ta place l'année prochaine
ça ne se fait pas d'aller à de confronter de voilà donc on se dit le niveau intellectuel est
quand même assez bas alors après évidemment c'est pas c'est pas comme ça dans tout toutes
les instances dirigeantes mais c'est quand même quelque chose qui revient très très très souvent
quoi donc syndrome du courtisan évidemment ça va valoriser des hommes voilà c'est l'effet boys
club ils se reconnaissent ils se co-optent entre eux là où une femme va être beaucoup plus perçue
comme un élément perturbateur puis en plus on peut pas dire les mêmes blagues et faire les mêmes
réflexions quand il ya une femme dans la pièce c'est un peu gênant ça quand même voilà franchement
parce que nous on n'a pas beaucoup d'humour ou sinon être au coincêtre voilà et puis après
il ya aussi alors là j'ai pas de nom de syndrome pour ça mais s'intégrer dans la culture d'entreprise
cette culture d'entreprise elle est très souvent pensée au masculin oui le bro la culture bro je
dis mais c'est bah c'est les blagues sexistes à la machine à café ou si on est une femme et qu'on
dit bah là quand même c'est très sexiste que tu vas dire on casse l'ambiance on est coincé on n'est
pas le fait que de parler que des résultats de sport oui au déjeuner entre collègues c'est
c'est les activités de team building c'est la culture de l'alcool quand on se dit bah voilà on
va on va fêter les bons résultats avec un open bar pour les femmes c'est très très glissant la
culture de l'alcool parce que déjà un si elle se retrouve ivre et qu'elles ont voilà elles ont
un comportement un peu ou les olés ou un peu bordere ou que je sais pas elle finit par vomir
sur elle finit par venir sur la piste de danse voilà ça va les poursuivre professionnellement
ça va entacher leur réputation professionnelle tandis que bon si c'est jean michel c'est jean
michel quoi enfin voilà il a beaucoup plus de droits à l'oubli que que sandrine et puis aussi
bah cette culture de l'alcool ça les met dans un contexte avec beaucoup plus de remarques sexistes
voir d'agressions physiques agressions sexuelles voilà donc on se dit le but c'est pas de supprimer
tout moment de cohésion d'équipe et tout mais de les repenser autrement avec avec d'autres
occupations avec d'autres voilà d'autres liens après c'est aussi l'espace de travail enfin c'est
tout bête mais je pense que les hommes ne se rendent pas compte quand on est une femme et qu'on
arrive dans un espace de travail où tous les fauteuils sont blancs et que on sait qu'une fois
par mois on a nos règles et qu'on ne sait pas exactement on n'a pas de nocification sur à quelle
heure ça arrive c'est pénible quand on est dans des espaces de détente avec des poufs ou des
chaises très basses bah en fait oui quand on est en robe en jupe à talons enfin c'est voilà c'est
c'est pénible donc cette culture là en fait c'est en fait ces quatre règles le présentaïisme
l'autopromotion le courtisan et la culture bro elle vient elle se complète entre elle elle se
renforce entre elle et quand on est une femme bah du coup faut prendre sur soi faut se calquer sur
des codes en fait on nous dit pour réussir il faut faire comme un homme et ça ça amène à se
contorsionner dans tous les sens à terre notre vécu nos problématiques parce que ne vient pas
parler tes enfants ne vient pas parler de la conciliation sinon tu vas avoir le stigmate sur
la tête de femme égale compliqué et tu vas venir créer toi même de la discrimination et les
inégalités professionnelles t'as la chance de venir travailler vient pas parler des maladies de
tes enfants faut savoir ce qu'on veut dans la vie on va parler de ce que ça tout ça implique pour
les femmes dans un instant on va écouter un tout petit peu de musique lucille qui est on se retrouve
juste après
je parle d'égalité et j'ai oublié qui chantait et ça c'est gil qui va me le
souffler peut-être à l'oreille ou sinon on le dira tout à l'heure mais c'était une chanson
choisie à dessein pour parler avec lucille qui est qui donc écrit ce livre qui vient de sortir aux
éditions les liens qui libèrent qui s'appelle méritante comment le monde du travail trahit les
femmes effectivement on tombe souvent des nus et puis surtout au travail quand on est une femme
bah on doit faire super gaffe à son corps ça c'est un des chapitres très intéressants de notre livre
c'est même sur plusieurs chapitres parce qu'à la fois on risque d'être hyper sexuabilisé phase de
d'être victime de harcèlement de se faire traiter d'allumeuse ou de suscité même si on sait que les
viols ça marche aussi pour les femmes en survêtement mais voilà et puis surtout les
problématiques typiquement féminine que sont les règles que sont la grossesse que sont la ménopause
tout ça il faut qu'on les taisent. Il y a un paradoxe c'est à dire que vu qu'on est incité à
montrer pas de blanche et à faire comme les hommes notre corps de femme ne peut pas exister donc il
enfin il peut pas exister mais en même temps nous parle que de ça. En fait il ne peut pas
exister comme il est et en même temps on est censé se ramener à lui donc qu'est ce que c'est de
pas pouvoir exister comme il est c'est qu'en effet tous les événements de santé les événements
corporels qu'on peut connaître alors on les connaîtra peut-être pas tous mais quand même
d'avoir ces règles donc d'avoir potentiellement mal d'avoir de l'endométriose d'avoir un syndrome
prémenstruel un syndrome prémenstruel merci oui je l'avais oublié celui là. Un premier trimestre
un premier trimestre de grossesse qui est quand même le moment où on a envie de vomir tout le
temps. Le moment où on a envie de vomir on a besoin de dormir on est crevé et c'est le moment où nous
demandent de faire comme si de rien n'était pour pas déranger alors que c'est le moment où le risque
de fausse couche est le plus grand donc en fait c'est le moment où on devrait avoir le plus de
d'aménagement de confort d'accompagnement et c'est le moment où on dit aux femmes de rien voilà de
masquer, de faire comme si de rien n'était voilà ouais non mais pardon le truc de la grossesse c'est
pas une maladie non mais c'est quand même assez handicapant sur plein de trucs ça veut pas dire
que bam il faut prendre un congé et on devrait aménager enfin je reviendrai mais donc premier
trimestre de grossesse la grossesse entièrement j'ai oublié de dire les parcours PMA qui sont
quand même très contraignants aussi en termes de calendrier horaires et tout et d'hormones qui sont
quand même parfois qui ont des conséquences bien sûr l'endométriose la ménopause plus à tous les
âges les urgences gynécologiques et ma mère de de consultation en urgence d'interruptions de grossesse
de je pense que les hommes n'ont pas conscience parce qu'ils ont enfin on n'en parle pas du coup
on nous demande de le taire mais j'ai une boule au sein je dois aller la faire inspecter je prends
le premier rendez-vous que j'ai très rapidement et si c'est à 16 heures bah c'est à 16 heures et je
pars et je vais avoir quelqu'un qui va me dire t'as pris ta journée voilà donc en fait pour tous
ces événements là notre réflexe c'est de prendre sur nous de ne rien montrer de poser des congés
sans solde ou des RTT si voilà si on en a et de masquer tout ça parce que on se dit bah oui mais
ça va être montrer que quand même les femmes au travail c'est compliqué c'est pas forcément
compatible avec le rythme de travail avec les règles du jeu donc je dois masquer tout ça donc
ça dit combien est ce que nous on nous fait porter la responsabilité des inégalités qu'on
qu'on subit c'est comme ce truc de choisir le bon moment pour faire un enfant enfin quelle blague
c'est jamais le bon moment comme on dit à pas de bon âge pour être une femme au travail ce n'est
jamais le bon moment et le bon moment ça devrait être celui où on a envie nous où on se sent
disponible et puis un joli hasard et parfois c'est du hasard aussi et puis ça peut être très bien
enfin faut aussi oui mais bien sûr bien sûr mais voilà d'arrêter de se dire qu'on doit toujours
cadrer nos vies en fonction du travail pour ne déranger personne et ne pas embêter notre manager
qui est quand même payé pour ça enfin pour trouver voilà mettre en place mais en fait quand on l'embête
un peu quand on lui voilà enfin si il faut il faut arriver à lui présenter les choses à ses grands
enfants les choses comme oui mais tu vois ça ça justifie ton salaire ça justifie les gens adorent
se sentir utiles même les autres oui mais c'est là où c'est quand même fou et même on voit qu'il
y a plein de managers qui sont pas formés à l'annonce d'une enfin la réception de l'annonce
d'une grossesse et qui vont demander très rapidement mais du coup est ce que tu veux poser un congé
parental est ce que tu veux passer à 80% est ce que tu attends calmons nous enfin déjà félicitations
bravo on fera tous les aménagements nécessaires si tu veux qu'on en fasse enfin voilà quoi il y a
quand même des façons d'aborder le sujet mais bon donc pour tout ça on a appris à prendre sur nous
et que quand on parle de potentiels aménagements d'y à oui mais c'est faire du favoritisme pour
les femmes et puis elles vont toutes poser des jours de congés tout le temps c'est pas viable
alors que non pas du tout les femmes sont pas du tout des profiteuses ça se passe pas comme ça et
puis on n'est pas obligé de poser des jours de congés on peut aménager le travail les tâches
les horaires la présence alors tel travail ou pas c'est pas possible pour tous les métiers mais
quand même on peut beaucoup plus aménager et pas forcément systématiquement les renvoyer à la
maison et puis vraiment conclusion ça n'est pas faire du favoritisme on parle de la moitié de la
population et qui a 670 mille grossesses par an 240 mille ivg 17 millions de femmes qui connaissent
la ménopause l'endométriose c'est 10% des femmes actives on n'est pas sur la petite minorité et là
vraiment qu'on se rende compte que le l'endroit moi j'étais hyper triste en écrivant ça mais
vraiment je veux dire en fait c'est vrai c'est que l'endroit le plus safe l'endroit refuge en
tant que femme au travail vis-à-vis de tout ça ce sont les toilettes où on peut pleurer avoir mal
vomir dormir voilà se changer si besoin enfin c'est quand même à quoi on est renvoyé pardon de dire
comme ça c'est l'auto-entrepreneuriat aussi ou l'entrepreneuriat c'est bizarre de faire le lien
entre les deux mais mais je pense à ça en vous écoutant d'endroit safe c'est à dire que le
la solution entre guillemets pour pouvoir être un peu plus libre de son temps c'est de s'isoler
c'est à dire d'être entre preneuse voire auto entrepreneuse et puis de masquer en rendez-vous
client les rendez-vous crèche et médicaments et médicaux mais le problème c'est que c'est
aussi des professions qui sont moins protégées c'est à dire qu'ils vont cotiser moins pour la
retraite on a moins de certains avantages sociaux on est aussi plus isolé parce que ce dont vous ne
parlez pas dans le livre et j'aurais voulu vous interroger là dessus c'est moi j'ai un grand
absent quand même les syndicats qui sont là oui j'en ai pas parlé alors j'en parle un peu dans le
chapitre sur l'histoire du travail des femmes oui parce que traditionnellement ils n'étaient pas
très très féministe c'est la CGT qui a renvoyé les femmes au travail chez elles après la guerre
parce qu'il y avait aussi une mise en concurrence soit disant que les femmes vont voler le travail
des hommes voilà donc c'est historiquement on peut espérer que les syndicats ont progressé après
j'ai pas parlé de l'action syndicale parce que déjà j'ai pas envie d'en créer le livre dans du
présent et que dans deux ans dans trois ans ce soit offset parce que là ce que je raconte
c'est des grandes les syndicats auront disparu dans deux ans non pas du tout mais je veux dire de
l'action syndicale de qui fait quoi oui non mais ça c'est de l'actualité du rôle des syndicats en
fait du rôle du syndicalisme pour moi le but avec ce livre c'était c'était pas de dire aux gens
syndiquez-vous parce que chacun fait comme il veut je trouve qu'il y a encore énormément de stigmates
autour autour du monde syndical de façon dès qu'on s'intéresse au droit du travail on est
procédurier on est voilà mais c'est un peu pareil c'est un peu une discrimination qui rejoint celle
que les femmes vivent mais ça n'est pas du tout valoriser les syndicats très content qu'ils soient
là d'être ensemble pour s'opposer à une direction pour pouvoir faire front en fait ouais bien sûr
après voilà en fait moi le but du livre c'était déjà de montrer ce qu'on a assimilé ce qu'on
a intégré comme la normalité complètement acceptable et que quand on parle d'inégalité
professionnelle on dit que les femmes doivent plus oser et doivent doivent aller dans les filles
armes masculines ça aussi ça me donne envie de hurler que c'est elle de s'adapter donc là
moi le but c'était de susciter de la colère de l'indignation déjà de les faire des culpabiliser
aussi en disant mais regardons en fait à quel point ce monde il est biaisé il a été pensé par
des hommes pour des hommes et qu'on se contorsionne alors qu'en fait même en se contorsionnant on y
a un mépris du féminin moi c'était ça la prise de conscience après comment on passe à l'action
comment est-ce qu'on fait politiquement ça c'est une autre question ou moi je me prononce pas enfin
je me prononce pas j'ai voilà oui évidemment je veux pas faire les syndicats heureusement qu'ils
sont là et leur action elle est en plus bon voilà maintenant des femmes à la tête des syndicats
donc c'est vrai d'ailleurs ça n'empêche pas pour certains que je connais bien de rester bien sûr
voilà il ya à bouger aussi mais il ya une prise de conscience effectivement voilà mais en fait moi
j'avais pas je sais pas peut-être que c'est mais moi je n'avais pas envie non plus d'ancrer
politiquement le livre alors que c'est le sujet politique c'est un peu absurde de dire ça mais
de parler de tels syndicats ou de tels syndicats parce que j'avais l'impression que ça pouvait être
interprété comme une orientation politique ou que ça allait trop l'ancrer dans l'actualité
alors que quand on dit dans l'actualité c'est vraiment non non je parle du syndicalisme du
syndicat sans parler de là on a évoqué la cgt ou la cfdt où il ya des femmes mais ça pouvait
tout simplement le fait de faire appel à des représentants du personnel pour défendre c'est
pas forcément les syndicats avec la tête c'est est ce qu'il ya des représentants des salariés alors
j'aurais pu en parler peut-être dans le passage où je parle des grilles de classification des
métiers ou voilà on est censé quand même renégocier tous les cinq ans voilà et qu'en fait qui défend
la valeur des métiers qui repense et classification et voilà et pendant longtemps aussi dans les
syndicats ça a été un sous-sujet tout à fait ça a été un sous-sujet donc voilà après bon je suis
pas rentré trop là dedans j'aurais pu plus mais justement on va pas ça pesantir là dessus mais
votre votre remarque sur on a des femmes à la tête des syndicats est ce que c'est vraiment de
bonne humure pour les syndicats et pour le syndicalisme parce que vous vous dites aussi
dans le livre et ça aussi c'est plutôt bien vu et je l'avais pas beaucoup lu ailleurs vous dites on
met les femmes dans un bateau en train de couler en fait on a mis à la présidentielle voilà c'est
ça c'est à dire on a eu Hidalgo au PS qui était en train de se déliter on a eu Pecresse à l'UMP qui
n'existait plus ou républicain pardon il change maintenant que je ne sais plus voilà enfin on met
un peu des femmes voilà pour quand aucun homme ne veut y aller et bon on peut pas dire que le
syndicalisme bon on sort quand même d'une grande bataille en inter syndicale contre la réforme des
retraites qui a été un échec syndical même si 80 % de la population était derrière les syndicats
ça a été un échec le rapport de force n'a pas réussi à aller dans le sens d'une suspension
d'une abrogation de cette réforme qui est passée en force donc les syndicats ont perdu pour le coup
donc on peut pas dire qu'ils aient beaucoup de force donc on met des femmes voilà et je me dis
bah est ce qu'on n'est pas dans ce syndrome que vous décrivez comme la falaise de verre qu'il faut peut-être expliciter
Alors c'est pas moi qui l'ai inventé la falaise de verre mais c'est vrai que c'est alors peut-être
voilà les gens qui sont pas très familiers de cette expression c'est en fait nommé à des postes
à responsabilité aux postes prestigieux qui sont rarement donnés aux femmes nommé des femmes quand
en fait on a deux doigts de se casser la gueule c'était Theresa May qui devient premier ministre
premier ministre du Royaume-Uni après le Brexit voilà c'est en fait refiler la patate chaude dont
personne ne veut quoi quand il y a très peu de chance et donc évidemment elles seront nommées
alors on va dire ça fait bien et puis quand on sait qu'il y a un risque que ça se passe mal
bah du coup on leur imputera la faute et quand bien même elles redressent un peu la barre ou qu'elles
arrivent à faire des choses bah après on va nommer un homme parce qu'il faut tourner la page et passer un nouveau chapitre
un peu plus un peu plus radieux et jovial alors après honnêtement concernant les syndicats je
j'estime pas avoir assez de c'est l'hypothèse que je faisais mais après non moi j'ai plus plutôt
confiance en elle enfin je veux dire c'est pas du tout là en tout cas moi je trouve ça bien est-ce
que c'est des herbes qui cachent la forêt je pense pas parce que c'est il ya tellement une image
hyper stéréotypée pendant longtemps qu'est ce que c'était que les syndicats qu'est ce que c'était
qu'un voilà un représentant syndical c'était Philippe Partinet c'était un mec avec la moustache
très voilà ouvrier enfin il ya des ouvrières quoi mais on est dans ce truc très très masculin
qui fait que bah du coup défendre les intérêts des femmes c'était secondaire donc c'est bien
que ça ait changé et qui est voilà et qui est quand même plus de plus de mixité qu'il ya plus
de femmes syndiquées que c'est enfin j'ai l'impression que ça va quand même en l'occurrence les deux femmes
dont on parle pour les deux syndicats c'est des femmes qui ont qui s'expriment très bien qui ont
beaucoup de rhétorique et qui tiennent tête et compris aux journalistes voilà qui ne rentrent pas
non plus dans les caricatures de l'ouvrier qui fait des fautes de français et qui s'expriment de
manière un peu bourrine là pas du tout pour le coup c'est plutôt très bien joué pour les deux
d'ailleurs ouais enfin je trouve que Sophie Binet elle a un parcours et une image assez bah elle fait
envie en plus tôt ouais bah ouais puis à contre courant de ce qu'on aurait pu penser voilà de
quelqu'un avec ses responsabilités là quoi mais enfin à cette place là donc ouais ça change quand
même ça change quand même alors on écoute encore un peu de musique et après ça et ben on va on va
faire la liste de ce qu'il faudrait changer on a jusqu'à demain on va regarder s'il ya des endroits
où ça se passe mieux ailleurs par exemple d'autres pays la dite à la grand-mère qui l'a dit à son
voisin le voisin à la bouchère la bouchère à son gamin son gamin qui tête folle n'a rien eu de
plus urgent que de le dire à l'école à son voisin Pierre Jean Clémence Clémence a pris des vacances
Clémence ne fait plus rien Clémence Clémence commande enfance Clémence va bien ça sembla
d'abord étrange on s'interrogea un peu sur ce qui parfois dérange la raison de certains vieux si
quelques mauvaises chutes avait pu l'handicaper ou encore une dispute avec ce brave honoré Clémence
Clémence a pris des vacances Clémence ne fait plus rien Clémence Clémence commande enfance Clémence
va bien puis on a pris par son gendre qui ne s'était rien passé mais simplement qu'à l'entendre elle
en avait fait assez bien qu'ayant toutes ses jambes elle reste en son fauteuil un peu de malice flambe
parfois au bord de son oeil Clémence Clémence a pris des vacances Clémence ne fait plus rien Clémence Clémence commande enfance Clémence va bien
honoré c'est bien dommage je dois tout faire à la maison la cuisine et le ménage le linge et les
commissions quand il essaie de lui dire de coudre un bouton perdu elle répond dans un sourire va j'ai
bien assez cousu Clémence Clémence a pris des vacances Clémence ne fait plus rien Clémence commande enfance Clémence va bien
c'est la maîtresse d'école qui l'a dite aux pharmaciens Clémence est devenue folle paraît qu'elle ne fait plus rien mais
selon la potiquaire dans l'histoire le plus fort n'est pas qu'elle ne veuille rien faire mais n'en est aucun remord
Clémence Clémence a pris des vacances Clémence ne fait plus rien Clémence commande enfance Clémence va bien
je suis de bon voisinage on me salue couramment loin de moi l'idée peu sage d'inquiéter les braves gens mais les
grand-mères commencent de rire et parler tout bas la maladie de Clémence pourrait bien s'étendre là
toutes les Clémence prendraient des vacances elle ne fera plus rien ce qu'on veut elle saurait bien toutes les Clémence prendraient des vacances
et voilà et bien là je sais ce que c'était c'était Anne Sylvestre et c'était les vacances de Clémence une de mes chansons
préférées peut-être comme comme Lucille avec une sorcière comme les autres voilà c'est chouette vous écoutez
toujours liberté sur parole sur Cause Commune 93.1 et on parle avec Lucille qui est de méritante j'adore ce titre
les méritantes les méritantes les méritantes comment le monde du travail trahit les femmes alors
comment le monde du travail trahit les femmes on l'a bien décrit là pendant plus d'une heure on va essayer de voir
comment on peut faire pour s'en sortir s'il y a des pistes des pistes en termes de ce qu'on peut exiger
encore une fois on parle quand même du haut du spectre quand on parle de limiter le temps de travail
quand on parle de mieux accepter le fait qu'on soit renté les travails etc bon on parle pas de tous les métiers
malheureusement il ya des métiers qui sont pas concernés par ça mais en fait moi le but du livre c'était
aussi un peu de renverser la perspective c'est à dire là en plus il y a le 10 novembre qui arrive
qui est donc la date fixée par les glorieuses qui ont calculé à partir de quand est-ce qu'on travaillait
sans être payé donc en fonction des écarts de salaire donc c'est à peu près 14% je crois à temps
de travail égal quand on n'est pas à temps de travail égal c'est 23,5 quand même et en fait souvent
quand on apporte le sujet des inégalités professionnelles on dit bah oui mais du coup pour
que les femmes gagnent plus il faut qu'elles négocient leur salaire il faut qu'elles délèguent à des
nounous qu'elles prennent des postes de responsabilité il faut qu'elles aillent dans les filières
masculines ce qui est quand même alors oui on a besoin de la mixité dans le métier de la tech dans
l'innovation pour penser l'intelligence artificielle tout ça tout ça très bien mais on n'entend pas
le son inverse de il faut que les hommes aillent dans les métiers du soin parce que ce sont les
métiers d'avenir dont on va enfin c'est déjà les métiers d'aujourd'hui mais d'avenir dont on va
avoir besoin parce qu'on manque de personnel et c'est des métiers essentiels pour notre société
ça on ne l'entend pas. Pire vous dites au début du livre avant secrétaire c'était un métier
masculin. Il suffit que ça devienne un métier féminin et d'un coup on l'infantilise en bêta
quoi le tout le discours qui a été développé pour recruter des femmes dans ces métiers là c'était
que voilà c'était comme jouer au piano c'était comme ce qu'elle faisait à la maison quoi et que
il ya enfin voilà il ya tout un discours très condescendant pour les faire venir quoi mais là
sur les filières masculines je veux dire c'est vraiment insultant je trouve de dire aux femmes
ah ben réorientez vous comme si ce qu'elle faisait n'était pas du travail comme si c'était pas le bon
travail c'était pas le bon choix alors que clairement si on n'a pas assez de gens déjà
aujourd'hui mais alors si on en avait plus pour les métiers de la petite enfance pour les danses pour
le soin pour le care enfin on aurait quand même un très très très très très gros problème si on
devient toute ingénieur enfin voilà donc ça aussi quelle condescendance je trouve là dessus et donc
c'est vrai que le but c'était un peu de dire comment au lieu de demander aux femmes de s'adapter
qu'est ce qu'on peut faire et en fait il ya des choses qu'on peut faire déjà revaloriser les
métiers majoritairement féminin qui sont sous rémunéré dont la pénibilité n'est pas reconnue
alors qu'ils sont les plus utiles à la société et c'est quand même fou d'avoir vécu quelque chose
d'aussi exceptionnel comme la pandémie de Covid qui a révélé ça et qui n'a rien passé derrière
mais oui c'est même Rachel Silvera donc qui est économiste qui est spécialisée sur les inégalités
de salaire et des inégalités professionnelles entre hommes et femmes et qui me disait mais on
a donné une prime mais on l'a donné à tout le personnel hospitalier c'est à dire que même
l'informaticien il a eu sa prime alors qu'il n'était pas exposé comme une soignante et tout donc en
fait on ne pense pas à chaque fois le genre dans ces inégalités. Puis on a oublié tout le
paramédical qui s'est arrivé très tard et ça met en difficulté les associations qui gèrent
ces métiers paramédicaux parce que justement l'état s'en est lavé les mains et se repose
sur tout le secteur, un tissu associatif qui est complètement à l'os. Et puis on se repose sur
le fait que ça a du sens ça c'est un truc je trouve hyper sexiste quand on dit aux femmes oui mais
ta profession c'est pas bien payé mais ça a vraiment du sens quoi oui mais le sens les
applaudissements des autres ne sont pas un salaire ça remplit pas le frigo les applaudissements ne
se mangent pas enfin voilà donc dire mais l'argent non plus t'es une femme bien t'es une femme bien
et ça devrait te suffire. Non je suis d'accord avec vous mais mais aussi enfin c'est aussi la
sur rémunération de certaines tâches inutiles et aussi un peu dégueulasse quelque part il faut
c'est quand même compliqué enfin de ça aussi ça devrait nous amener à réfléchir si ce qui fait
sens n'est pas bien payé. Qu'est ce qui est bien payé ? C'est une question peut-être de répartition
enfin alors qu'on parle d'écologie d'accroissement des inégalités de monter des masculinisme de
baisse de la natalité de plein de choses que voilà certaines personnes trouveront plus ou moins
alertantes mais le sens en fait ça devrait nous voilà nous apprendre à redéfinir les métiers
selon leur utilité sociale enfin c'est Dominique Méda qui a aussi beaucoup porté cette idée
enfin déjà avant mais encore plus pendant la crise du covid donc repenser les métiers selon leur
utilité sociale bon là c'est faire faire la révolution mais quand même ça répondrait à
beaucoup de choses donc on est pour donc voilà changer la culture du présentéisme donc il y a
des chartes qui existent notamment le parental challenge de mesures compatibles pour voilà
être travaillé tout en respectant la parentalité où on met pas de réunion avant 9h30 10h et passé
17h 16h30 quoi en vrai mais voilà il ya des pays qui font autrement bon alors je vais parler de
ceux dont on nous rabat les oreilles avec les pays du nord mais oui mais autant bien regarder après
tout voilà en suède à 16h les gens partent du travail et si ils sont encore là à 18h c'est qu'ils
sont vraiment nuls c'est qu'ils font mal leur taf s'ils ont besoin de rester autant alors qu'ils
ont un problème à la maison enfin faut s'inquiéter quoi voilà après chacun fait ses interprétations
bon après oui c'est des pays où il fait nuit beaucoup plus tôt nananana mais quand même quoi
on montre que c'est que c'est possible en suède vous avez droit à un camp un congé de parental alors
le congé parental en france et ce à quoi vous avez droit après le congé maternité et paternité
pour garder vous-même votre enfant donc très souvent on est obligé de le poser parce qu'on
n'a pas de place en crèche il manque 230 milles places en crèche aujourd'hui en france et c'est
rémunéré 400 euros là bas le congé parental c'est jusqu'à 480 jours dont 390 rémunérés à 80% du
salaire pour les deux parents waouh ils peuvent prendre suffisamment ça fait envie donc voilà
on est l'espagne aussi à rallonger alors je sais plus mais l'espagne en ce moment a une politique
féministe quand même assez intéressante où on voit que longtemps les en france les hommes c'était 3
jours maintenant c'est 28 on est passé de 3 jours à 11 jours maintenant c'est 28 là on nous parle
d'un congé de naissance de jusqu'à deux mois supplémentaires qui serait rémunéré à hauteur de
70 % et 60 % entre le premier et le deuxième mois bon on est loin on est loin d'un truc hyper
ambitieux mais peut-être que ça permet d'intégrer déjà la notion de proportion du salaire je
pense que 60 % c'est pas c'est pas assez pour inciter les hommes à le prendre mais mais quand
même bon peut mieux faire enfin c'est vraiment pas de toute façon comme les femmes gagnent moins
ce sera toujours les femmes qui le prendront parce qu'il y aura une moindre perte de salaire pour le
couple quand il ya un quand on n'a pas de place en crèche qu'on n'a pas de mode de garde oui ça
clairement après de se dire bah en fait moi j'aimerais quand même plus profiter de ses premiers
mois enfin quand même c'est enfin je trouve quel quel dommage pour pour les pères de pas être là
on parle de ses premiers mois oui c'est un bébé voilà ça boit du lait ça fait caca faut changer
la couche et ça dort c'est pas intéressant mais qui a dit ça quoi enfin franchement c'est bon bref
après moi j'ai une fille de deux ans je suis pas je suis pas je suis pas objectif mais moi j'ai
tellement surpris je suis absolument d'accord qu'un bébé c'est assez il ya beaucoup d'interactions
enfin moi je trouve ça fou de comme on a fait de ce de ce sujet là un truc cul cul et pas
intéressant alors que c'est mais vertigineux et hyper hyper intéressant et et bien plus bien plus
complexe et bien plus riche que ce qu'on a voulu en montrer quoi enfin bref mais mais voilà donc bon
rallonger rallonger le congé paternité évidemment avoir des politiques de conciliation plus plus
flexible en entreprise et même quand on dit conciliation on pense beaucoup à la parentalité
mais il ya aussi les danses les danses ça va être un gros ou un sujet de plus en plus important la
majorité des aidants sont des femmes qui perdent aussi professionnellement parce que c'est compliqué
de concilier donc voilà et je pense que si on repense le temps de travail pour laisser plus
de place au reste des choses ça veut pas dire que notre société sera moins productive bon c'est
un peu moche de devoir agiter cet argument de la performance et de la productivité à tout bout de
champ pour prendre des mesures mais bon c'est comme ça que le monde marche aujourd'hui mais
voilà se dire laisser plus de place pour mieux dormir mieux manger s'occuper des plus jeunes
s'occuper des plus vieux pouvoir faire du travail bénévole associatif ou voir s'engager aussi peut
être politiquement moi je trouve qu'il y a tout un impensé autour du travail démocratique on est
dans une démocratie c'est super enfin super c'est pour ça un peu compliqué en ce moment quand même
il faut défendre c'est quand même voilà un système qu'on a envie de défendre et dont on
est fier aussi en france mais sur quoi repose la démocratie la démocratie c'est pas que des
députés des ministres qui sont payés pour faire leur métier c'est aussi tout un tissu de militants
de gens qui sensibilisent sur des sujets qui vont monter des sujets qui enfin voilà des associations
et qui sont après auditionner qui sont consultés gratuitement sur leur temps libre ou sur leur
temps de travail qu'elle prennent mais voilà il y a aussi cette perte là mais on a besoin de ce
travail là mais ça ce n'est pas un temps valorisé par par la société donc voilà il y a des
entreprises qui ont testé la semaine de quatre jours et qui disent que ça n'a pas nuit à leurs
résultats et que ça apporte plus de bien-être à leurs salariés après faut voir comment c'est
fait parce que si on a une semaine de quatre jours et que on change pas du tout la charge de
travail enfin faut pas que ce soit quatre jours d'or faire pour un jour de décompression mais
repenser le temps de travail autrement valoriser les gens qui sont les plus compétents avoir de
la transparence des salaires oui ça c'est demandé et il faudrait vraiment qu'on y arrive parce que
ouais alors là il y a la CSRD qui arrive donc on va quand même vers plus de transparence salariale
on va pouvoir demander le salaire de ses collègues il va y avoir quand même plus de on va dans le
dans le bon sens mais c'est quand même encore culturellement on trouve que c'est tabou que c'est
gênant de connaître le salaire des autres mais c'est plus de transparence enfin moi je trouve que
c'est beaucoup plus motivant d'être une entreprise où je sais qui est payé pourquoi qu'est ce qui est
valorisé ou pas plutôt que d'être dans une forme d'opacité qui crée bah qui crée du doute qui
crée un manque de confiance aussi donc voilà est ce que j'ai oublié des mesures je sais pas
il y en a plein mais alors je pense que j'aimerais qu'on dise peut-être pour terminer c'est que on va
rassurer ces messieurs voilà non mais faut toujours penser à eux moi je suis une émission de service
public là voilà je pense que mais mais très sincèrement je pense qu'ils ont aussi tout à y gagner
bien sûr parce que je veux dire ils sont ils vont arrêter de fuser la langue sur les fesses de leur
supérieur voilà ils vont juste faire un petit peu leur travail parce que tout ça enfin ça leur
laisserait aussi beaucoup de temps si pour faire autre chose quoi ouais moi je trouve ça vraiment un
peu triste en fait pour eux parce que s'agit pas dire les pauvres c'est un peu parce qu'ils ont
fait plus d'argent plus de moyens mais vraiment je trouve que autant une femme elle a plusieurs
piliers sur laquelle elle peut construire son identité un homme on lui enlève le travail tout
s'écroule est ce que vous dites justement dans le livre qui est conforté par des études c'est
qu'on a très peu de gens sur l'ordi de mort en disant j'aurais aimé passer plus de temps
j'aurais passé plus de temps non il ya beaucoup d'hommes qui partent avec des regrets et qui
voilà n'ont pas ont des regrets sur le temps passé en famille sur le il ya des hommes qui
arrivent à se détendre et à profiter de la vie voilà vers 45 ans 50 ans parce que avant ils ont
du cocher des cadres foncer billes en tête pas trop se poser de questions au travail et enfin il
y a aussi des gens qui meurent à la retraite des hommes beaucoup oui qui voilà qui décompensent
énormément juste après et il y a une telle injonction aussi pour les hommes je trouve
que c'est important de le dire il ya une telle injonction à être fort au travail gravir les
échelons passe pas voilà pas se laisser faire être être être un winneur ben un homme qui
perd son emploi c'est un drame tout s'écroule quoi c'est un drame mais vu qu'ils vont moins
verbaliser ils vont moins extérioriser ils vont moins être accompagnés alors d'un côté ils
bénéficient de beaucoup plus de soutien que les femmes pour leur pour leur travail mais je trouve
qu'il ya vraiment beaucoup d'injonctions sur le dos des hommes de celui qui gagne le plus d'argent
de pas voilà qu'un homme qui va se plaindre de son travail qui va refuser de gravir les échelons qui
va refuser de faire plus on va considérer que c'est pas un vrai mec quoi et c'est quand même hyper
restreint comme partition alors voilà alors alors donné et qui peuvent être tellement d'autres
choses tellement d'autres choses et enfin voilà donc évidemment que repenser ces règles du jeu là
c'est aussi bon pour les hommes parce que dans les règles de la réussite que j'ai numérée sur le
présentéisme le courtisan l'auto promotion c'est pas facile pour tous les hommes quand vous êtes un
homme homosexuel quand vous êtes un homme racisé c'est pas facile non plus pour vous c'est pas
évident donc évidemment il y a des on est on est on nous ne sommes pas que notre genre nous sommes
aussi voilà oui voilà c'est à dire que je veux dire une femme racisée on lui demande d'être un
homme blanc comme on demande à une femme non racisée d'être un homme blanc comme on est une
femme racisée va beaucoup plus je crois c'est 2,5 fois plus de discrimination quand on est une femme
racisée que quand on est une femme blanche les femmes racisées c'est elles elles sont à l'intersection
du coup du sexisme du racisme là là on n'est pas sur du contorsionnisme on est sur se plier en
quatre dans une boîte en carton comme voilà comme au cirque où faut sortir de ma femme enfin vous
voyez c'est c'est c'est exacerbé parce qu'elles sont au croisement de deux discriminations voilà
majeure quoi donc voilà mais en tout cas pour des hommes racisés ça va aussi être compliqué
parce qu'ils vont ben voilà à se confronter à d'autres stéréotypes discriminatoires parce qu'ils
vont pas ressembler à ce fameux Jean-Michel dont on parle de depuis tout à l'heure donc pour les
et puis après bah pour les hommes si c'est terror blanc messieurs vous allez aussi être peut-être
sans doute mieux dans un monde où on est moins dans le dans le paraître où il y a plus de
flexibilité on a le droit d'être autre chose quoi et arrête de se rendre par son voilà c'est
quand on arrête la comédie parce que moi j'ai à la fois je suis assez fasciné quand je vois des
jeunes collègues faire du lèche toujours dans les bons coups répondre tout de suite à l'injonction
ou à oui oui je peux le faire je peux le faire voilà ils sont leur rapidité à dire oui est
extraordinaire mais en fait ça ça fait pas forcément du bon travail et je me demande mais
est-ce qu'ils sont satisfaits mais oui qu'est ce qu'il a satisfait au final par exemple sur
le manterrupting et le mansplaining donc le manterrupting c'est des hommes qui vont
interrompre des femmes donc couper la parole et tout et le mansplaining c'est quand ils vont leur
expliquer des choses qu'elles connaissent mieux que voilà mais ça aussi on peut se dire cette
pratique là en fait qu'est ce que ça dit d'eux pourquoi est ce qu'ils ont un besoin urgent
d'être impoli de couper la parole de se mettre en valeur c'est quoi l'insécurité derrière en
fait et c'est quand même un petit peu malheureux de se dire si à une réunion j'ai pas juste ouvert
ma bouche et parler ou pris la place ça veut dire que je n'existe pas ben enfin l'humilité aussi ça
peut être quand même valorisé en entreprise on gagnerait du temps on aurait peut-être des
réunions moins longues où chacun dit oui oui en effet voilà enfin ou juste répète ce qui vient
d'être dit après voilà c'est aussi une manière de dévoquer peut-être pour terminer un chapitre de
votre livre vous disent bah pour réussir pour parvenir il faut il faut devenir des hommes en
fait c'est à dire il faut dire du mal des femmes pour s'en détacher il faut s'habiller comme un
homme il faut avoir les mêmes comportements il faut être dans la surenchère etc mais refuser de faire
ça c'est aussi un peu des vacances quoi alors encore une fois parler d'une expérience personnelle en
tant que journaliste j'interviewe souvent je sollicite des chercheurs et des chercheuses
quand j'ai une chercheuse très souvent sur n'importe quel sujet c'est toujours oui mais alors
attendez j'ai moi je suis pas vraiment j'ai pas vraiment travaillé sur ce domaine là peut-être
c'est mieux si vous interrogez machin ou tel et souvent j'ai envie de leur dire mais si si j'ai
lu ce que vous écrivez vous pouvez répondre les mecs je leur demande même je leur dis même pas le
sujet c'est ouais pas de problème on s'appelle dans un quart d'heure jamais ils demandent est-ce
que vous pouvez m'envoyer les questions est-ce que vous pouvez me dire les points qu'on va aborder
et souvent bah les mecs j'ai un discours un peu creux et je rappelle la meuf derrière en fait ou
un autre et en fait ça on l'a tous vécu je pense en tant que journaliste et c'est typique et c'est
typique et je me dis mais effectivement bah alors les mecs on les voit partout à la télé parce que
parce qu'ils répondent parce qu'ils ont déjà mais parce que je pense que pour un homme c'est très
tabou de dire bah en fait je ne sais pas ou alors je n'ai rien à dire ou je me sens pas assez
légitime je pense qu'un truc de ta place c'est de prendre la place mais c'est là où tu te
projettes aussi enfin les petits garçons qu'est ce qu'ils voient quand ils voient que des hommes à
la télé quand ils voient que les hommes politiques c'est là c'est là que je suis censé aller quoi
c'est une place à occuper rien en fait mais parce que dire je ne sais pas certains experts
tutologues ils sortent des banalités et parfois quand on a fait un peu le taf nous en tant que
journaliste on est obligé de leur souffler les réponses ça les gêne pas du tout quand on
leur envoie à faire relire un truc qu'on a quasiment écrit nous tout seul pas de problème
mais pourquoi l'écrire du coup à leur place ? Par manque de temps parfois parce que la femme
n'a pas voulu répondre parce que la collègue... Oui voilà après il y a des contraintes de
publication mais en fait on se dit bah on leur rend service parce qu'on va absolument apporter
une crédibilité qu'ils n'ont pas et franchement enfin je me rappelle il y avait un spécialiste
dont j'avais fait l'interview qui me sortait des absurdités mais des absurdités sur l'argent les
hommes les femmes en me disant les hommes ils sont généreux parce qu'ils produisent des millions de
spermatozoïdes tandis que les femmes beaucoup moins parce que là on est vraiment dans un niveau
genre qu'à niveau c'est quand même voilà en fait j'avais pas sorti le truc mais c'était sur le web
donc il n'y a pas une page à imprimer et tout mais vraiment enfin j'étais là en fait c'est pas
possible quoi c'est irratrapable mais je pense parfois faut pas rattraper en fait là il n'y avait
rien d'intéressant à dire et je vais pas remplir parce qu'il va en bénéficier sur le long terme
quoi enfin c'est tellement c'est tellement juste mais je pense que pourquoi les femmes elles osent
pas parce qu'on sait très bien qu'on a attendu au tournant on nous a dit bah attend si tu prends la
parole tu t'exposes tu t'exposes au regard des autres viens pas faire la maligne on a un niveau
d'attente sur les femmes on a beaucoup moins de droit à l'erreur et qu'on sait très bien que prendre
la place prendre la lumière il va falloir l'assumer derrière et si on se sent pas béton on va avoir
honte on va culpabiliser on va se dire que bah on s'est ridiculiser la peur du ridicule aussi c'est
très fort chez les femmes parce que mais on est on est trois fois plus jugé au tournant enfin voilà
tandis qu'un homme bah il peut aller de plateau télé en plateau télé sortir des banalités
puis il a le temps il a le temps oui voilà il a le temps c'est une chose il a le temps il a le temps
bah voilà bah voilà donc ils vont avoir le temps de lire mon livre et bah ouais c'est ce que je
conseille qu'on fasse donc Lucille Quillet les méritantes comment le nombre du travail a trahi
les femmes voilà un livre qui incite à tout changer pas juste nos comportements mais même
pas nos comportements oui à ne pas changer justement parce qu'en fait voilà le but c'est
ce n'est pas aux femmes de changer mais au monde du travail de changer voilà bah voilà bah merci
beaucoup merci beaucoup on se quitte en musique
Fans, esclasons nos entraves
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