Bonjour à toutes et à tous, vous êtes sur Cause Commune, bienvenue dans ce nouvel épisode de « Ainsi va la ville », l'émission dédiée aux pratiques urbaines contemporaines et aux réflexions autour de la fabrique de la ville. Pour cette nouvelle saison, j'ai le plaisir d'accueillir une coproductrice, en la personne de Dominique Alba, architecte et urbaniste, avec qui nous avons pensé les thématiques et les invités des numéros à venir. Bonjour Dominique. Bonjour tout le monde. Alors le numéro d'aujourd'hui est soutenu par la Société des grands projets et pour cette nouvelle saison, nous allons continuer à explorer la ville d'aujourd'hui avec celles et ceux qui la vivent, qui la font et qui la pensent. On pourrait même dire explorer les villes, puisque nous allons partir à la découverte du Grand Paris, de sa multipolarité bien ancrée. Et pour rentrer dans le sujet, nous avons pensé à un texte de Frédéric Gros que je vais vous lire et partager. « Le Grand Paris est inflanable, les intensités n'y sont pas réunies, concentrées derrière une ceinture historiquement déterminée. Et je prends ce verbe « arpenter » en son sens double, mesurer, évaluer en arpents et marcher à grand pas. Marcher, c'est prendre la mesure de cette démesure, c'est conquérir par l'effort et la tension du regard ce qui fut conçu, imaginé en termes de pur réseau, déterminé par des algorithmes, séquencé par des quotas. L'arpenteur en prend la mesure au sens d'abord d'une conquête, il pose ses yeux et ses pas concrets, humbles mais décidés sur ce monde commandé, produit par la pensée abstraite. Le flâneur ne découvrait rien, il saisissait par son balancement tendu ses volte-faces hasardeux des étincelles poétiques. L'arpenteur trouve ce qui n'a jamais été cherché par les urbanistes, la vibration produite par des nécessités techniques sur un corps marchand et curieux. Extrait, des randonneurs urbains humanisent les métropoles de leurs pas, Frédéric Gros édité par Enlarge Your Paris. Pour parler et pour commenter ce texte avec nous, on a le plaisir d'accueillir aujourd'hui Madeleine Massee. Bonjour Madeleine. Bonjour. Et Vianney Delourme. Bonjour Vianney. Bonjour à tous les trois. L'un comme l'autre, vous travaillez sur la ville sensible, une ville qui ne construit pas forcément des mètres carrés. L'un révèle un territoire, l'autre s'appuie sur l'idée d'un développement qui lui donnerait sa place à tout le monde, dans l'espace public et notamment aux enfants. Madeleine Massee, vous êtes architecte et urbaniste, passée par l'APUR, l'agence Anegie Beltrando et l'AREP avant de fonder Atelier Soil. Et Vianney Delourme, vous êtes ancienne éditeur de livres, de DVD et même de CD-ROM, je le sais, producteur de documentaires et vous avez co-fondé Enlarge Your Paris, qui est à la fois un média local, une agence de communication pour les acteurs de la métropole et qui est également devenu un club de randonnée. Vous avez effectué très récemment la centième randonnée du Grand Paris. Vous avez donc accueilli, lors des randonnées que vous avez organisées, 10 000 grands parisiens et effectué 2000 kilomètres de parcours. Qu'est-ce qui vous a poussé à organiser toutes ces randonnées et à quoi sert ? Qu'est-ce que vous voyez comme utilité à la marche dans la métropole ? Déjà bravo pour vos archives, vous avez plongé dans l'histoire du CD-ROM. C'est totalement invraisemblable, ça renvoie au début de la numérisation de la culture et de son partage et en vrai au-delà du côté un petit peu anachronique, c'est une vraie étape dans la diffusion de la pensée et du savoir. La marche, là, ce n'est pas du tout électronique, ce n'est pas du tout technique. Le texte de Frédéric Gros-le-Dé, d'ailleurs, c'est une question de corps. Donc on est effectivement, on vient de finir un grand cycle de randonnée qui s'appelle le rando-politin. L'idée, c'est une idée qui est née au lendemain du confinement, puisqu'on avait été nos corps, là, pour le coup, avaient été tout à fait bloqués dans nos appartements, on regardait le ciel par la fenêtre en se désolant. Le déconfinement arrive, mais progressif, souvenez-vous, c'est il y a un siècle, mais c'est il n'y a pas si longtemps. Je ne sais pas comment on a fait pour oublier, d'ailleurs, à ce point, j'ai l'impression que c'est sorti de nos affects, la façon dont on a été bloqué. Bref, et on s'est dit comment aider nos lecteurs et puis comment aider ceux qui veulent bien et nous lire, nous écouter, à reprendre le chemin des espaces naturels depuis le cœur métropolitain avec un passnavigo. Il se trouve qu'on est dans un territoire qui est inouï puisqu'il y a 400 gares accessibles avec le passnavigo désonnés depuis 2015, grosse révolution, peut-être invention du Grand Paris dans les fêtes, et 390 gares qui emmènent dans quatre parcs naturels régionaux, des milliers d'hectares de forêts domaniales ouvertes au public, d'espaces naturels gérés par Ile-de-France-Nature, magnifique institution publique que l'on ne connaît pas assez et qu'on devrait t