Bonjour à toutes et à tous, vous êtes sur Cause Commune. Bienvenue dans ce nouvel épisode de « Ainsi va la ville », l'émission dédiée aux pratiques urbaines contemporaines et aux réflexions autour de la fabrique de la ville. Paul Citron, urbaniste, coproducteur de l'émission avec Dominique Alba, architecte et urbaniste. Bonjour Dominique. Bonjour Paul. En 1995, la ville de Chicago est frappée par une canicule meurtrière. Deux quartiers voisins, Auburn, Grisham et Englewood, présentent des taux de mortalité radicalement différents malgré leur démographie similaire. Pour en connaître les causes, le sociologue américain Eric Klinenberg s'est intéressé à l'analyse de l'infrastructure sociale présente au sein de ces deux quartiers, avec un ouvrage qui aura fait référence, Chicago Canicule 95, publié par l'University of Chicago Press 2002. Dans Palace for the People, Klinenberg définit l'infrastructure sociale comme les espaces physiques et les organisations qui affectent la manière dont les gens interagissent. Parmi ces espaces physiques, les institutions publiques comme les bibliothèques, les écoles, les airs de jeu, les parcs, les terrains de sport, les piscines, mais aussi les trottoirs, les cours d'école, les espaces verts. L'infrastructure sociale joue un rôle clé dans la capacité des quartiers à faire preuve de résilience face aux crises sanitaires mais aussi climatiques ou économiques, c'est-à-dire à absorber le choc et à s'en relever. Elle est intimement liée aux questions contemporaines d'isolation sociale, de criminalité, d'éducation ou encore de santé. Lorsqu'elle est solide, l'infrastructure sociale encourage le contact, le support mutuel et la collaboration entre amis et voisins. Quand elle est dégradée, elle inhibe l'activité sociale laissant les familles et les individus à eux-mêmes. Ce texte est extrait du site citylab.com signé par Anaïs. Alors, aborder aujourd'hui cette question de comment est-ce que la ville, le tissu urbain et la manière dont ils s'organisent orientent finalement le lien social. Nous avons le plaisir d'accueillir sur le plateau Lily Monson, secrétaire générale de Ville Vivante Urbaniste. Bonjour, Lily. Bonjour. Et vous serez accompagné aujourd'hui de Nicolas Barr, notre deuxième invité. Nicolas, entrepreneur, co-fondateur de Make Easy et également jeune onologue. Bonjour, Nicolas. Bonjour. Alors, on voudrait que vous puissiez un peu présenter ce que vous défendez dans votre activité professionnelle. Donc, tout d'abord, Lily, qu'est-ce qu'une ville vivante ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Alors, c'est une très bonne question. Je pense qu'on est nombreux à se poser la question. Alors, donc, ville vivante, pour moi, une ville vivante, c'est une ville qui, en fait, est assez dense pour continuer à exister, promouvoir et autoriser des services du quotidien. On pense à la boulangerie, à une pharmacie, enfin, en tout cas, à tout ce dont on a besoin pour vivre tous les jours. Et c'est vrai qu'on s'en rend compte. Il y a de plus en plus de villes, notamment en France, qui aujourd'hui n'ont pas la densité suffisante pour maintenir de tels services. Et donc, c'est la question, c'est vraiment de se dire comment est-ce qu'on fait pour qu'on maintienne des cœurs de ville qui soient vivants et qu'il n'y ait pas une fuite des services. Et alors, donc, ville vivante, c'est la société pour laquelle vous travaillez. Comment ça se présente ? Comment vous faites pour parvenir à renouveler un peu ces tissus qui ont du mal à maintenir les amenities urbaines ? Et bien, nous, on est centrés, du coup, sur la question de la production de logements et la production de logements en autopromotion. C'est-à-dire que c'est les habitants eux-mêmes qui, sur leur propre terrain, portent des projets de construction de logements, que ce soit en surélévation ou en extension, voire même en reconfiguration seulement de l'existent, notamment pour pérenniser la fonction de logement, parce qu'on voit qu'il y a énormément de vacances, ce qui est aussi juste dû au fait qu'en fait, le logement, c'est quand même un flux et pas simplement un stock et qu'on doit adapter en permanence à l'évolution des besoins. Et donc, nous, on est spécialiste de la densification douce. Donc, on travaille avec les habitants, avec les collectivités sur des opérations où on a des objectifs de création de logements qui sont beaucoup moins chers et sur du foncier qui est déjà, on va dire, celui des habitants eux-mêmes et donc uniquement, évidemment, dans les tissus bâtis. Donc, on pourrait parler en quelque sorte d'une densification artisanale dans le sens où vous venez faire rajouter des bâtiments ici et là au sein notamment des quartiers pavillonnaires ? Complètement, c'est totalement du sur mesure. En gros, notre idée, c'est vraiment de travailler un peu à la façon dont on a fait les villages de France, c'est-à-dire accepter un temps un peu plus long, accepter du sur mesure et en réalité, on voit que ça a produit les plus belles villes du monde