Bonjour à toutes et à tous, vous êtes sur Cause Commune. Bienvenue dans ce nouvel épisode de « Ainsi va la ville », l'émission dédiée aux pratiques urbaines et aux réflexions autour de la fabrique de la ville. Le numéro d'aujourd'hui est soutenu par la Société des grands projets. Je suis Paul Citron, urbaniste, coproducteur de l'émission avec Dominique Alba, architecte et urbaniste. Bonjour Dominique. Bonjour. Pour introduire l'émission d'aujourd'hui, écoutons cet extrait de la chaîne de télévision Public Sénat datant de 2019. Patrick Braouezec, ancien président de Plaine commune et du conseil de surveillance de ce que l'on appelait la Société du Grand Paris, s'exprime au sujet du futur réseau de métro du Grand Paris Express. Et ce qu'il ne faudrait pas, c'est que, je vais prendre un exemple très concret, une femme de ménage qui aujourd'hui va faire le ménage à la défense, souvent deux heures deux fois par jour, parce qu'on la fait travailler le matin et puis on la fait travailler le soir, et qui met une heure et demie pour y aller parce qu'elle n'a pas de moyen de transport, ce qui serait regrettable, c'est que cette même femme de ménage n'ait pas d'offre de logement adapté à ses revenus dans le futur quartier où il va y avoir le métro du Grand Paris Express qui lui permettra d'aller à la défense en 20 minutes. C'est ça la question et c'est ça l'enjeu, c'est ça le défi qui est devant nous. Alors comme on l'a entendu, Patrick Braouezec dans cet extrait explique à quel point un réseau de transport doit se penser en relation aux logements qui sont desservis et à celles et ceux qui les habitent. Alors pour en parler avec nous, on a le plaisir d'accueillir dans le studio Emmanuelle Cosse et Emmanuelle Cosse, donc présidente de l'USH, l'Union Sociale pour l'Habitat et ancienne ministre du Logement. Bonjour Emmanuelle Cosse. Bonjour. Et donc avec vous, Jean-François Montaïs, président du Directoire de la SGP, ancienne société du Grand Paris, désormais société des grands projets. Bonjour monsieur Monteils. Bonjour. Habiter et se déplacer, est-ce que c'est un grand pari en passe de réussir ? L'Atelier Parisien d'Urbanisme, vous connaissez, vous pourrez trouver ça sur Internet, écrit que le nombre d'emplois accessibles aux habitants des quartiers de gare par un trajet de 45 minutes devrait augmenter de 70% à horizon 2030 avec la mise en service de l'ensemble des lignes du Grand Paris Express. Ces gains seront encore plus importants pour les quartiers à dominante résidentielle, 105%. Alors du coup, on a ces premières gares qui viennent d'être livrées récemment. avec les prolongations de la ligne 11 et 14 du métro, en attendant quatre nouvelles lignes de métro. Mais donc, si certains quartiers se sont fortement densifiés en prenant même de l'avance sur l'arrivée du métro, d'autres collectivités décident aujourd'hui de bloquer de nouvelles constructions au nom du cadre de vie, alors qu'elles ont obtenu une station de métro. Emmanuelle Cosse, que pensez-vous de cette situation ? Alors, il serait peut-être utile que je précise que j'ai été vice-présidente de la région Île-de-France au moment où on a décidé du réseau du Grand Paris, j'étais en charge du logement. Non, mais si je le dis, c'est parce que cette bataille ancienne qui a démarré dans le milieu des années 2000, mais qui s'est concrétisée en 2010-2011, l'idée c'était quand même d'amener des transports dans l'ensemble des quartiers, de décongestionner aussi l'ensemble du trafic autoroutier et surtout de sortir les habitants de quartiers ségrégués. C'était ça l'objectif, c'est pour ça que ce que vient de dire Patrick, Braouezec là dans cet extrait, est extrêmement important. Après, il se trouve que j'étais ministre du logement en 2016, au moment où on décidait des gares. Et la question qui se pose en effet à cette période et même aujourd'hui, c'est à partir du moment où grâce à l'impôt, à une décision politique, à des subventions, à des financements énormes, on amène un métro, c'est-à-dire un transport qui est fiable, qui transporte beaucoup de gens et qui fonctionne en gros énormément de temps dans la journée. Est-ce qu'on doit laisser les élus décider de ce qu'ils veulent sur la gare ? Moi, j'ai toujours été pour que l'État ait plus qu'une discussion, mais une collaboration avec les élus et voire même une imposition pour leur dire que s'ils ont une gare du Grand Paris avec un métro ferré, enfin un transport ferré rapide et fiable, on ne fait pas juste à la sortie de la gare du métro trois maisons. Et ça, c'est un des sujets parce qu'en fait, personne n'a eu le courage à l'époque de le forcer. C'est-à-dire qu'il y a des élus qui ont fait beaucoup, qui ont d'ailleurs demandé à la SGP d'être aménageurs de leur quartier de gare et d'autres qui ont dit on verra bien. Et en termes de dépenses publiques, on ne peut pas laisser penser qu'on finance un métro qui coûte cher et qu'on n'aménage pas autour. Donc je pense que ces positions d'aujourd'hui, elles sont certainemen