À l'antenne
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#25 – Intérieurs jour, intérieurs nuit : confinement et cinéma

proposée par Paul Citron, Lolita Voisin & Olivier Gaudin

Diffusée le 20 avril 2020


#25 – Intérieurs jour, intérieurs nuit : confinement et cinéma
Ainsi va la ville

 
 
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Contexte :

Grâce au cinéma, nous explorons aujourd’hui d’autres formes de confinement urbain, pour nous intéresser aux espaces de la ville de l’intérieur. Comment et avec qui habitons-nous nos lieux de vie ? Habiter une ville, cela s’arrête-t-il à l’échelle de son pas de porte, de son quartier ? Comment aborder le rapport de son propre quartier au reste de la ville ? Et combien faut-il de voisins pour faire un monde urbain ? Depuis nos appartements, nos chambres, nos immeubles et nos maisons, le cinéma, lieu par excellence du confinement sinon du voyeurisme, a souvent raconté l’expérience des espaces domestiques.

On peut penser à Fenêtre sur cour de Hitchcock, aux intérieurs poignants des faubourgs romains chez Pasolini, aux appartements moscovites et aux maisons de bois chez Tarkovski, aux appartements parisiens de Godard, Truffaut, Eustache et Rivette ; ou encore, aux chambres colorées et aux banlieues résidentielles de Rohmer

Plus récemment, les séries télévisées, de The Wire au Bureau des légendes, nous font partager la vie domestique de leurs personnages de citadins, tout en s’invitant dans la nôtre.

D’autres enfin, comme les films noirs, ont élargi la perspective pour aborder les relations avec la grande ville et sa géographie tourmentée : celle que traversent des inconnus, des étrangers – et tous ces anonymes que l’on croise, que l’on connaît du regard, mais pas davantage.

Pour parler de la variété de ces relations et de ces usages depuis nos intérieurs confinés, nous avons invité Nicolas Tixier, architecte, enseignant à l’École nationale supérieure d’architecture de Grenoble, chercheur au laboratoire AAU, dans l’équipe CRESSON, le Centre de Recherche sur l’Espace Sonore et l’environnement urbain, qui consacre ses études aux ambiances urbaines ; Nicolas est aussi président de la cinémathèque de Grenoble depuis 2009.

Nous avons organisé cette émission en trois chapitres, autour de trois « confinements » de cinéma, plus ou moins métaphoriques :
  • 1. Le couple témoin, de William Klein (1976) montre l’utopie du confort assisté, ou un loft story avant l’heure.
  • 2. Smoke, de Wayne Wang, scénario de Paul Auster (1995) : à Brooklyn, Auggie répète jour après jour la reconduction photographique de ce qu’il voit au coin de sa rue.
  • 3. Cabanyal Z, de Joan Alamar (2012) est une surprenante web série tournée par les habitants d’un quartier de Valencia (Espagne). La ville est attaquée par des zombies. Le quartier résiste.

Références citées :

À l’oreille :

  • Little Boxes par Malvina Reynolds en hommage au générique de Weeds
  • Satan Your Kingdom Must Come Down de Robert Plant, mix pour la série Boss sur la spéculation immobilière.
  • Hungry Heart de Bruce Springsteen qui accompagne un très beau travelling dans la série Show Me a Hero de David Simon, série qui porte sur la spéculation immobilière d’un quartier de Yunker.