Vivons sport #25 : bizutages et violences sexuelles dans le sport 1/2

proposée par Carine Bloch

Diffusée le 23 février 2019


Vivons sport #25 : bizutages et violences sexuelles dans le sport 1/2
Vivons sport

 
 
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Résumé :

En 1993, Catherine Moyon de Baecque gagne son procès contre ses coéquipiers accusés d’agression sexuelle : c’est la fameuse affaire des lanceurs de marteau » et la 1ère affaire à émerger dans le sport. On croit que les choses vont changer, que les tabous vont être levés. Il faut attendre 2007 et le livre « Service volé » d’Isabelle Demongeot, championne de tennis, pour qu’une étude scientifique et un premier plan soient réalisés sur commande de la Ministre Roselyne Bachelot. Et puis, pendant des années… pas grand-chose.
Aujourd’hui, de nouveaux acteurs tentent de se mobiliser, des victimes de s’engager. Les lignes semblent enfin bouger, sous l’impulsion de la nouvelle Ministre des Sports.
Pour aider à la sortie ce qui est décrit comme une omerta, nous avons choisi de faire 2 émissions avec certains de ces acteurs, qui s’impliquent dans ce combat.
Dans cette émission-ci, nous échangeons avec un représentant d’un service déconcentré du Ministère des Sports qui essaie de faire de sa région un territoire pilote sur le traitement du problème du bizutage et des violences sexuelles dans le sport et un psychologue du sport qui explique pourquoi il y a des problèmes dans le sport et pourquoi cette question du bizutage et des violences sexuelles est restée longtemps un tabou.

Intervenant.e.s :

  • Yassire Bakhallou, référent régional et départemental « développement des pratiques pour tous – Ethique et Citoyenneté » à la DRDJSCS (Direction Régionale et Départementale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale) Centre – Val de Loire, Loiret
  • Anthony Mette, docteur en psychologie et préparateur mental

La chronique de Frédéric Hamelin :

Avouer l’inavouable… Soupçonner l’insoupçonnable…
Trouver la force de prononcer les mots pour dénoncer l’abominable !

« Abus sexuel » , « Harcèlement sexuel », « Violence sexuelle »…

Je ne sais combien de personnes vont écouter cette émission, mais déjà je salue le courage de Carine et de toute l’équipe de « Vivons Sport », ainsi que de ses invités, d’oser aborder cette thématique.

Car si les chiffres cités sont avérés, à savoir ceux d’une enquête commandée par le Ministère des Sports en 2010, 11,2% des athlètes de haut niveau seraient exposés aux violences sexuelles contre 6,6% hors de la sphère sportive.

Ce n’est plus un combat, c’est une véritable guerre qu’il faut mener…

Pourtant, on n’en parle jamais … ou si peu !
Alors qu’une véritable libération de parole s’est opérée dans le cadre de l’affaire Weintstein et du hashtag #Metoo, où le monde du cinéma, de la politique, de la mode, des médias et même de la gastronomie s’est exprimé, le monde du sport est encore resté très silencieux.

Seule une gymnaste américaine, McKayla Maroney, championne olympique en 2012, aujourd’hui retirée de la compétition, a brisé le silence… Elle n’a, malheureusement, guère été suivie… En France, pas une athlète française n’a ainsi répondu au hashtag #BalanceTonPorc..

La peur d’être écartée et sanctionnée sans doute… Et oui, car parler c’est risquer de tout perdre dans un monde où l’omerta semble encore plus forte qu’ailleurs.

Alors on se tait, pour ne pas rompre ce lien si étroit existant entre l’entraîneur et l’entraîné, cette relation particulière et quasi exclusive, un presque huis-clos, qui rend toute dénonciation plus périlleuse encore en cas d’acte répréhensible.

Dans les années 90, deux internationales françaises avaient osé briser le tabou, deux lanceuses de marteau, Catherine Moyon de Baecque et Michelle Rouveyrol… A l’arrivée, « on » avait préféré couper la branche en les excluant de l’équipe de France plutôt que de régler le problème. Pas très encourageant pour celles qui auraient envie de…

Question d’image, de scandale… De lâcheté aussi et surtout !
Dernièrement, deux affaires ont secoué le football de jeunes, en Angleterre et en Argentine !

Outre-Manche, il est question d’abus subis par des jeunes footballeurs dans les années 80… Suite à ces premières affaires évoquées, près de 900 anciens footballeurs ont dénoncé avoir subi eux aussi des violences sexuelles !

En Argentine, cela est bien plus récent et concerne deux grands clubs de Buenos Aires et sa banlieue, River Plate, vainqueur de la dernière Copa Libertadores, et Independiente !

Mais à chaque fois, c’est un peu la même histoire, celles de gamins fascinés par le ballon rond, « prêts à tout » pour satisfaire des responsables qui leur font miroiter un avenir grandiose au bout de leurs crampons…

Celle d’adolescents aussi, coupés de leur famille, pensionnaires de centres de formation de prestigieux clubs de football, tentant d’exister et de percer dans un contexte de vulnérabilité…
Ces deux affaires sons sorties de l’anonymat grâce au travail de psychologues… Et on a un peu peur quand on sait combien le psychologue a du mal à se faire accepter aujourd’hui ans nos centres de formation…

Dernièrement, un autre scandale a explosé… Celui de Cristiano Ronaldo, accusé d’avoir violé l’Américaine Kathryn Mayorga en 2009… Une affaire qui aurait pu ne pas faire la Une des journaux, après le versement de 375000 dollars… Le prix du silence d’une femme inconnue pour la tranquillité d’un footballeur célèbre.
Mais le hashtag #Metoo a changé la donne…

Pourvu que cela puisse enfin libérer la parole des sportifs français, amateurs et professionnels… Pour, au-delà des condamnations à venir, permettre surtout aux victimes de ces prédateurs de retrouver leur dignité et, on l’espère, une vie « plus normale »…

Frédéric Hamelin

Musiques :

  • « Jardin d’hiver » de Stacey Mitchell
  • « Devil or angel » de Lou Doillon

Pour aller plus loin :



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