À l'antenne
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Nuit 14 – Prichia BeatBox – Quand on transforme le son

proposée par Valentin & Baptiste

Diffusée le 12 octobre 2019


Nuit 14 – Prichia BeatBox – Quand on transforme le son
Saturday Night Fraîcheur

 
 
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Dans une énergie commune, la révolution se fait en dansant.

Les Pingouins ont décidés de parcourir le monde en quête de rassembler les meilleurs chauffeurs de foule.

Ce soir, nos bagages se posent auprès de la talentueuse et surprenante Pichia Beatbox

La nuit

Prichia est une beatboxeuse d’origine portugaise vivant à Paris depuis 2012. Elle se lance dans le Beatbox en 2017 en participant au championat de France du BeatBox. Pour sa première expèrience de scène, elle arrivera Vice-championne. C’est le début d’une belle histoire entre Prichia, la scène, la musique, le public… même si cette histoire avait déja commencé bien plus tôt.

Elle nous fait l’honneur de nous partager sa musique pendant un podcast d’une heure et de nous raconter son histoire à travers une interwiev disponible ci-dessous

Un voyage intérieur surréaliste et bienveillant venant tout droit de la banquise.

 

Prichia qui es-tu ?

Je suis une personne passionnée. Je vis à 1000 à l’heure. J’aime tout faire à la fois, être
productive, alimenter mon savoir, afin de m’épanouir.
Je suis une combattante, qui lutte pour les causes que je défends : le fait de suivre ses rêves ; le
féminisme – montrer que tout le monde peut faire ce qu’il a envie et devenir performant peu
importe son genre ou sa sexualité – et finalement je défends l’humanisme – représenter et agir
avec de la sincérité et de l’empathie dans ce que tu fais et ce que tu es.
Je suis aussi une grande perfectionniste à la fois hyperactive et flemmarde. Cela dépend des
jours. Je m’ennuis très vite et je deviens très chiante lorsque je ne trouve pas comment combler
l’ennui ! Et puis… peu importe ce que je fais j’ai une envie insatiable d’exceller. Cela fait que
je suis quelqu’un de très motivée, MAIS avec quelques failles sur mon autodiscipline et mon
organisation haha.

D’où viens-tu ?

Je suis née à Porto, Portugal. J’ai vécu là-bas jusqu’à mes 16 ans (environ). En 2012 j’ai volé
en dehors de mon pays et j’ai atterrit dans une petite ville appelée Montmorency, dans le 95, en
banlieue parisienne.

Quel est l’un de tes premiers souvenirs avec la musique ?

Le jour où j’ai pris une guitare – jouet et que j’ai composé une chanson basée sur 2 cordes.
J’avais environ 11 ans. Je ne savais pas jouer, mais j’aimais bien créer de nouvelles idées.
C’était l’anniversaire de mon grand – frère. Il aimait jouer de la guitare et chanter depuis son
adolescence. J’ai donc essayé de faire vibrer 2 cordes en mettant mon doigt sur la case 2 puis
0. Et avec cette mélodie j’ai écrit un texte drôle de joyeux anniversaire.

Quels artistes t’ont le plus influencés / poussés à faire de la musique ?

Ca a beaucoup varié dans le temps et selon mes goûts. Au tout début je dirais Robinho et NTS.
Robinho était un beatboxeur au Portugal qu’est passé à Idolos, une émission comme Nouvelle
Star. C’est en regardant son passage que j’ai découvert le beatbox. NTS est un rappeur
freestyleur portugais. Un jour je l’ai vu sur une scène dans la piscine où j’allais tous les étés en
famille. J’étais émerveillée par la vitesse de ses rimes improvisées. Sur le chemin de retour, j’ai
tenté d’improviser pour la 1ère fois de ma vie et ce ne fut pas la dernière.
((Avec le temps et l’expérience je dirais que Sam The Kid, Royalistik, Azeitonas, Alem, Reeps
One, John Buttler, Hoccus Pocus, Avicii, Mr Raoul K, Acid Arab, m’ont influencé sur mon
style et ma musique…))

Comment arrives-tu dans le milieu du beatbox ?

J’ai découvert le beatbox au Portugal en regardant Idolos, comme j’ai dit précédemment. Cela
m’a permis d’acquérir les bases. Le beatbox tombe dans l’oubli jusqu’à 2017 en France,
lorsqu’un beatboxeur appelé Andro, que je connaissais, me propose d’envoyer une vidéo
candidature pour les championnats de France en catégorie solo féminin. J’ai beaucoup hésité et finalement je l’ai fait. A ma surprise, ma candidature a été validée et j’ai fini vice-championne
de France. Cela fut ma 1ère scène et ma 1ère expérience dans le milieu du beatbox.

Ton meilleur souvenir sur scène ?

Je dirais sans doute ma 1ère scène lors des championnats de France 2017 : la phase de
qualifications. C’était incroyable. Je flippais parce que je ne pensais pas mériter ma place dans
ce championnat. Aussi parce que je n’avais jamais fait de scènes auparavant à part dans un petit
bar dans le 18ème. Et ce jour-là, je me retrouvais devant des centaines de beatboxeurs connus et
des milliers de viewers en streaming. C’était un moment surréel avec beaucoup d’adrénaline !

Mais une fois sur scène, je suis entrée dans un état de flow. Le public était super
accueillant et je ne voulais plus que mon morceau se finisse. C’est à ce moment-là que j’ai
compris que j’étais faite pour la scène. Cette scène m’a permis de connaître le monde du beatbox
et les différents artistes qui ont eu beaucoup d’influence sur mon parcours. Ça m’a aussi donné
l’envie de faire des scènes et de rejoindre une association défendant les mêmes causes que moi
et qu’aujourd’hui je considère comme ma famille : Paname Beatbox Hustlers.

Ton pire souvenir sur scène ?

C’est assez étonnant, mais mes plus beaux et mauvais souvenirs ont eu lieu lors des
championnats. Le pire souvenir c’est pour moi les championnats de France 2018. Une fois que
j’ai décroché le titre de vice-championne de France 2017, j’étais déterminée à me lancer dans
le monde du beatbox. Je me suis donc entrainée et donnée à 100%. J’ai beaucoup évolué en très
peu de temps. Cependant, je n’avais pas assez de connaissances ni d’expérience pour savoir
comment utiliser musicalement parlant, toute la technique que j’avais apprise. Quelques
semaines avant le championnat 2018, la pression montait d’une part parce que je savais ce que
je voulais depuis un an et d’autre part à cause de la pression reçue par mon entourage. Je sentaisque j’avais la responsabilité, le devoir de gagner. Le jour J, je perds mon battle, je m’auto-
sabote. Je n’ai pas assumé la maitrise de la difficulté technique de mes rounds, et j’avais oubliéque le plus important n’est pas la difficulté, mais la beauté musicale que je propose. Cette
défaite n’était pas que négative. L’expérience vécue l’était, mais les conséquences de cette
expérience furent très positives, constructives et ont fait de moi l’artiste que je suis aujourd’hui.

Si ta musique devait être une couleur, laquelle serait-elle ?

Je t’avoue que je n’arrive pas à me décider entre 2 couleurs : le jaune et le bleu. Le jaune est à
mes yeux, la couleur de l’énergie physique et spirituelle, l’intensité, la grandeur, la joie, la
lumière et la sagesse. Le jaune est aussi une couleur chaude. Les couleurs chaudes montrent
aussi une certaine connotation sur l’intensité émotionnelle. Le bleu est une couleur que je tiens
à cœur. Cela est l’illustration de la mer qui ouvre l’horizon, la justice, l’égalité, la paix et la
sérénité, le rêve, la loyauté et surtout la vérité.

Qui t’inspires ou t’influences le plus aujourd’hui ?

Je dirais Reeps One. Reeps One est un beatboxeur anglais. Il n’est pas seulement un beatboxeur,
il est un musicien et un artiste visuel qui fait ses propres scènes et qui assimile aussi son savoir
artistique à la science. Il a collaboré avec plusieurs chercheurs tels que la neurologue Sophie
Scott qui explore les effets du beatbox sur le corps humain. Ce jeune beatboxeur travaille
aujourd’hui avec Nockia Bell Labs qui met en lien le beatbox avec la technologie innovatrice.

D’ailleurs, ils ont lancé une série centrée sur leurs recherches, appelée « We Speak Music ».
Reeps One est à la fois un artiste, un « chercheur » et un orateur qui donne des conférences dans
des émissions et endroits tels que l’Université d’Harvard et Ted X. Son parcours montre qu’on
ne sait pas jusqu’où nos rêves peuvent aller, tant qu’on ne le tente pas et qu’il n’y a pas de
limites ou de frontières dans un métier, tout peut s’associer.

Si tu es nommée ministre de la culture par Emmanuel Macron, quelle sera ta grande
réforme ?

J’aurais très probablement agit sur l’axe « accès à la culture artistique ». Autrement dit, mon
but serait de faciliter encore plus cet accès. J’aurais voulu qu’il soit mis à disposition un cours
au collège sur les différents moyens d’expression de soi artistiques. La société s’exprime
souvent par la parole, un bon moyen, le plus connu, mais qui ne suffit pas. Il y a plein d’autres
moyens d’expression. Le théâtre, le cinéma, la musique en font partie. Si j’étais nommée
ministre de la culture, je ferais donc en sorte que tous les collèges puissent avoir plusieurs
options (théâtre, musique, cinéma, art…) où les enfants auraient la liberté de choisir au moins
une d’entre elles.

Un petit mot pour la fin ?

Déjà merci pour m’avoir invité sur ton émission et pour cette interview, j’ai vraiment pris plaisir
à répondre à chaque question. Le petit mot de fin serait plutôt une phrase motivationnelle:
n’oubliez pas que le « talent » se construit, et lancez-vous dans ce que vous voulez ! Investissez
dans vos rêves que ce soit la musique, la cuisine, le sport, peu importe. Quand on investit
réellement, on peut y arriver.
En ce qui concerne mes réseaux et projets, je publie tous les évènements et projets sur mes
réseaux sociaux. Il suffit de s’abonner à Prichia Beatbox, sur Facebook, Instagram ou Youtube.
Je serai présente sur plusieurs scènes parisiennes ce mois-ci et je travaille sur pas mal de projets sous format numérique que j’espère sortir bientôt !

Sinon, j’ai aussi un groupe appelé Yes?Yes ! De la tripop/soul, notre prochaine date aura lieu
le 21 décembre pour Sum Asso, à 21h, à Sèvres.

 

 

Vous voulez découvrir Prichia encore plus ? : Prichia Beatbox

L’apéro

Cette nouvelle nuit est introduite par une chronique exclusive traitant de la musique symphonique et des transformations sonores qu’elle a provoquée.

De son orchestration, son expérimentation sonore, la musique symphonique à transformé l’histoire de la musique dites « classique ». Le public d’époque est amené à découvrir de nouveaux timbres et une nouvelle manière d’aborder un orchestre. Revenons sur 3 grandes oeuvres qui ont marqués ces transformations

Tracklist de l’apéro :
  • Ludwig von Beethoven  – Symphonie 4 (premier mouvement)
  • Hector Berlioz – Symphonie Fantastique (marche au suplice)
  • Olivier Messiaen – Turangalila-Symphonie (ouverture)

 

Sinon, la Révolution est toujours en marche ici :  <(*)    (*)>