À l'antenne
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#37 – Pas là pour plaire !

proposée par Isabelle Kortian

Diffusée le 6 juillet 2020


#37 – Pas là pour plaire !
Le monde en questions

 
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En plateau :

Bettina Ghio, chercheuse et enseignante, spécialiste du rap hexagonal, auteure de Pas là pour plaire ! Portraits de rappeuses, éditions Le mot et le reste, 2020

Contexte :

Le rap hexagonal est la musique la plus vendue et la plus écoutée en France, mais il est aussi mal-aimé, souffrant d’une réputation de musique grossière, violente, illettrée, sexiste. Si cette réputation notamment de misogynie est volontiers endossée par certains rappeurs, elle n’a pas peu contribué à invisibiliser la place des femmes dans le rap.

Or, elles sont présentes dès le début de l’aventure et pas pour faire de la figuration ou seulement danser !

Bettina Ghio nous invite à prendre conscience de la place qu’elles occupent dans le rap français. Elles chantent, elles composent, elles ont le génie de l’écriture rap, elles soulignent le pouvoir performatif du verbe, elles maîtrisent le code de l’ego-trip. Leurs textes sont d’une grande richesse, et les rimes et sonorités vocales sont mises en valeur par un flow rapide et un jeu de paronomases.

Ces rappeuses peuvent décontenancer non seulement parce qu’elles déconstruisent les attentes de comportements genrés et sexués, mais aussi parce qu’aucun des maux de notre société et de notre monde n’a échappé ou n’échappe à la captation de leurs mots. Qu’on se le dise, elles ne sont là ni pour plaire ni pour séduire !

Portrait de rappeuses :

  • Saliha, « Les filles du mouv' » (1991) : première rappeuse française, elle aborde d’emblée la question des femmes au sein du hip-hop.
  • Sté Strauz, « Née gangsta » (1994) : elle défend la place des femmes dans le rap en défiant les hommes
  • B Love, « Descendant d’esclaves » (1995) : une rappeuse qui revendique sa « négritude » (en référence à Aimé Césaire) et dénonce le racisme en France, hérité de l’histoire coloniale. Elle représente un courant très engagé du rap dans lequel d’autres rappeuses comme Bams et Casey vont se reconnaître.
  • Bams, « Moi, la violence »(1999)
  • Casey, « Quand les banlieusards sortent » (2006)
  • Bams, « Bella » (2010) : la chanteuse fait ensuite un virage musical, comme en témoigne la sensibilité féministe de cette chanson.
  • Sensibilité féministe très présente dans le rap fait par des femmes:
  • Lady Laistee, « Black mama » (1999)
  • Black Barbie, « Rap de bonne femme » (2009).
  • Diam’s, « Lili » (2008) : la chanteuse aborde la question du port du voile.
  • Princess Aniès, « Si j’étais un homme » (2002) : l’idée est reprise ensuite par d’autres chanteuses comme Chilla ou Black Barbie.
  • Black Barbie, « Si j’étais un lascar » (2009)
  • Shay « Cocorico » (2019)

Écoutez la playlist de l’émission

Pour aller plus loin :

  • Bettina Ghio, Pas là pour plaire ! Portraits de rappeuses, éditions Le mot et le reste, 2020
  • Bettina Ghio, Sans faute de frappe, rap et littérature, Le mot et le reste, 2016