À l'antenne
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#12 – La fabrication de l’ennemi

proposée par Isabelle Kortian

Diffusée le 25 novembre 2019


#12 – La fabrication de l’ennemi
Le monde en questions

 
 
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Avec Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense, spécialiste des relations internationales et notamment des questions stratégiques.

Contexte :

La publication de La Fabrication de l’ennemi l’a fait connaître du grand public, au-delà des cercles d’experts. Dans ce livre publié en 2014 comme dans Dr. Saoud et Mr. Djihad, il s’agit d’abord de partir de faits précis et de s’interroger. Par exemple, quinze des dix-neuf terroristes du 11 septembre 2001 étaient de nationalité saoudienne, aucun des autres n’était Iranien, Irakien ou Nord-Coréen.

Pourtant la Maison-Blanche désigna l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord comme l’axe du mal. En revanche, lors du premier attentat contre le World Trade Center en 1993, alors qu’on comptait cinq Soudanais parmi les quinze terroristes, la Maison-Blanche avait pris la décision de frapper le Soudan.

En quoi consiste le processus de fabrication de l’ennemi ? Comment l’opinion a-t-elle été préparée à accepter une intervention militaire en Irak, à la suite de l’intervention en Afghanistan, après l’attentat du 11 septembre ? Car, en démocratie, on ne peut lancer une opération militaire extérieure, sans soutien de l’opinion, sans un vote du Parlement autorisant le recours à la force armée, et dans le cas d’une coalition internationale, sans l’approbation du Conseil de sécurité des Nations-Unies.

Pierre Conesa revient sur l’épisode des armes de destruction massives que l’Irak de Saddam Hussein aurait détenues, alors que les experts affirmaient le contraire, ainsi que sur les fameuses preuves dont les Etats-Unis affirmaient être en possession. Pour mémoire, la France, dont Jacques Chirac était le Président et Dominique de Villepin, le ministre des Affaires étrangères, avait refusé de se joindre à la coalition menée par les Etats-Unis lors de la seconde guerre du Golfe qui débuta le 20 mars 2003, envahit l’Irak (opération baptisée Liberté irakienne) et mit fin au régime du dictateur Saddam Hussein.

Quant à l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, comment expliquer la clémence des Etats-Unis à leur égard, après le 11 septembre ?

Comment expliquer qu’un an après l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat du royaume saoudien à Istanbul, le 2 octobre 2018, l’affaire semble désormais bel et bien enterrée ? Le Future Investment Initiative en 2019 ou Davos du Désert s’est tenu à la fin du mois d’octobre comme si de rien n’était. Est-ce l’effet de l’efficacité du lobby saoudien ?

Le regard porté sur le prince Mohamed Ben Salmane, présenté comme l’homme du changement, octroyant aux femmes le droit de conduire, est-il conditionné par le lobby saoudien ?

En novembre 2020, l’Arabie saoudite présidera le quinzième sommet du G20.

Pauses musicales :

Pour aller plus loin :

  • Pierre Conesa, La Fabrication de l’ennemi, Robert Laffont, 2011
  • Pierre Conesa, Surtout ne rien décider, Robert Laffont, Robert Laffont, 2014
  • Pierre Conesa, Dr. Saoud et Mr. Djihad, Robert Laffont, 2016