La grande ourse

proposée par Fanny Dujardin

Diffusée le 12 mai 2019


La grande ourse
comme si vous y étiez

 
 
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Contexte :

À Angers, le squat de la Grande Ourse, est menacé d’expulsion suite à la fin de la trêve hivernale. Il héberge à ce jour des étudiants, des travailleurs précaires, des mineurs isolées, des demandeurs d’asile. C’est un lieu de vie en communauté qui offre une trève à qui en a besoin mais aussi un espace où s’organise la lutte pour le droit au logement et pour des modes de vie plus autonomes. En quelques mois, l’action militante d’ « ouvrir un lieu » est devenue une expérience de vie collective où chacun·e apprend à partager son espace quotidien avec d’autres, à gérer un habitat en commun, à mener joyeusement cette grande barque sans capitaine. Mais ce n’est pas toujours facile à la Grande Ourse, car les écarts entre les habitants sont grands : entre les jeunes du collectif qui consacrent leur énergie à développer ce projet d’utopie concrète, et d’autres, plus vulnérables, venus vivre au squat parce que leur situation administrative et financière ne leur laisse pas d’autre choix, et que l’Etat refuse de les prendre en charge. Ce documentaire dresse le portrait du lieu et de ses habitants, pour donner à entendre les réalités contrastées qui s’y côtoient, entre vie précaire et utopie collective.

Ce documentaire a été projeté vendredi 29 mars 2019 à la Grande Ourse dans le cadre du festival « État des lieux ». Merci encore à tou·tes les habitant·es pour leur accueil et leur participation.

Mise à jour de la situation à la Grande Ourse (au 8 mai 2019) : à ce jour la Grande Ourse n’a pas encore été expulsée, mais la suite reste incertaine. L’actualité du lieu et de la lutte à retrouver sur leur page facebook

Présentation de la Grande Ourse par elles et eux-mêmes, sur leur page facebook :

Ouverte depuis le 3 septembre dernier, La Grande Ourse naît de trois constats. Le premier se situe au niveau national : il s’agissait de réagir au projet de loi ELAN. Les deux autres se jouent au niveau local, avec en premier lieu la crise de l’hébergement d’urgence des personnes sans-abris sur la ville d’Angers : à la halte de nuit du 115, ce sont chaque soir 20 à 30 personnes laissées sans solutions. Pour les personnes en demande d’asile, comme pour les sdf nés en France : situation d’accueil déplorable, droits bafoués pour une très large catégorie d’invidu.e.s (mineur.e.s, familles avec parfois enfants en bas âge, ou femmes enceintes) et multiples évictions des squats habitatifs – où ces personnes peuvent se réfugier quand il n’y a plus de solution. Le second versant de cette crise locale concerne la question du logement des étudiant.e.s. Face à l’inflation de l’immobilier, le nombre de jeunes qui n’ont pas trouvé d’hébergements en ce début d’année a simplement explosé.

Face à cela, la Grande Ourse a ouvert ses portes avec pour objectif de palier au mieux ces crises en proposant en son sein, et avec la force de simples bénévoles, des solutions d’hébergement à des individu.e.s en situation de grande vulnérabilité – familles, femmes seules, sdf ou étudiant.e.s, subissant ces décisions politiques. Elle a fait son nid dans l’ancienne CPAM du quartier de la Doutre, laissée à l’abandon depuis plusieurs années, et que le propriétaire actuel souhaite vendre pour la raser et construire à sa place un parking. Alors que le compromis de vente n’est pas encore signé, que les dates de démolition restent floues, et face à l’urgence que pose cette crise du logement et de l’hébergement, il devenait plus que légitime l’investissement immédiat du lieu, même sans l’accord préalable du propriétaire ou des autorités. »

Vous retrouverez ce documentaire sur le soundcloud de l’auteure, ainsi que d’autres documentaires radiophoniques.

Pour plus d’informations sur les squats, nous vous invitons à découvrir le travail de l’anthropologue Florence Bouillon, dans cet article du Monde Diplomatique, ou dans la deuxième partie de cette émission diffusée sur France Culture.

Sur la loi ELAN et la lutte pour le droit au logement, vous pouvez visiter le site du DAL.



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