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#34 – Regards historiques sur l'extrême-droite

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bonsoir ou bonne nuit vous écoutez l'histoire en roue libre sur Cause Commune 93.1 fm bienvenue
dans cette nouvelle émission c'est baptiste martin au micro et je vous propose d'écouter une
rencontre organisée par la librairie équipage qui accueillait six historiens et historiennes à
l'occasion de la sortie de cahiers d'histoire consacré à l'extrême droite l'extrême droite
de la marginalité au pouvoir c'est le titre de ce numéro de cahiers d'histoire alors
où les mouvements et les idées de l'extrême droite sont banalisés dans le débat public où
le rassemblement national s'institutionnalise en france au terme des dernières élections
législatives cette revue propose différents regards historiques sur cette culture nationaliste
violente xénophobe et radicalement autoritaire ce ne sont là que quelques adjectifs qui caractérise
un archipel de mouvement l'extrême droite est en effet pluriel mais cohérente dans les idées et
les valeurs qu'elle défend sous le vernis d'une respectabilité contemporaine la perspective
historique à différentes époques et différents lieux nous permet donc de cerner le socle de
cette idéologie et de définir ce que c'est que l'extrême droite dans la pensée est la pratique
une réalité politique dangereuse qui s'est diluée ces dernières décennies vous allez entendre
grégoire le cang qui a coordonné ce numéro cahiers d'histoire baptiste roger lacan dont
l'article revient sur la biographie de pierre gagsote une figure intellectuelle de l'extrême
droite qui a réussi après la seconde guerre mondiale à faire oublier son engagement et à
entrer à l'académie française voilà un exemple de ces écrivains acceptés et respectés dans les
milieux conservateurs sans pour autant renoncer à leurs idées alexandre du pont revient sur les
mouvements contre révolutionnaire du 19e siècle catholique et royaliste une extrême droite qui
a presque disparu en europe mais dont certains principes irrigue bel et bien les partis de notre
époque virginie dupslaf enquête sur le terrorisme d'extrême droite en allemagne et rappelle que la
violence politique de ce mouvement ne s'est pas éteinte loin de là au regard des tueries en
norvège en 2011 en australie en 2019 ou l'assassinat d'un préfet en allemagne dans la même année
ce sont là des exemples parmi tant d'autres richard vasacos nous parle des graffiti des militants
d'extrême droite au début du 20e siècle et sous vichy cette pratique se distingue historiquement
des autres forces politiques qui en font un usage de propagande tandis que l'extrême droite en fait
une arme d'intimidation et de menace direct enfin l'historienne le divin bantini était invité en
tant que co-autrice de l'ouvrage face à la menace fasciste rédigée avec hugo paletta la revue
cahier d'histoire est disponible en ligne sur le site open édition journal c'est le numéro 152
et il a été publié en mars 2022 bonne écoute sur Cause Commune 93.1 fm mais c'est aussi sur
internet cause-commune.fm Cause Commune la voix des communs bonsoir à tous merci d'être là ce
soir donc ce soir c'est un peu une réunion un peu une rencontre un peu spéciale parce que vous
avez vu qu'on est très nombreux donc il y a deux choses il y a à la fois une présentation d'une
revue que nous n'avons pas parce que ça commence bien ça commence bien parce que normalement elle
devait paraitre le 15 mars elle a été reportée au 1er avril et on dit bah bon si ça sort le
1er avril c'est imprimé avant et on va faire venir directement de l'éditeur et elle a pas encore été
imprimée donc vous pourrez bien sûr pour ceux qui sont intéressés nous on pourra vous la
commander sans problème quand elle arrivera je sais pas de date encore exact mais je pense que
ça devrait pas tarder voilà donc et autour aussi avec ludivine bantini de ce livre face à la menace
fasciste fasciste ouais c'est ça ok donc donc on va commencer peut-être et je pense que c'est
intéressant de commencer si vous en êtes d'accord peut-être par faire un tour de table autour de
la revue puisque le thème de la revue c'est l'histoire de l'extrême droite d'une manière
un peu large puisque on va remonter il me semble jusqu'au 19e siècle à travers plusieurs pays
essentiellement la france italie l'allemagne le portugal je crois non pas partout les états unis
pas portugal ouais on aurait pu non c'est parce que j'ai vu un autre truc entre parenthèses sur
sur les dictatures du gagne et et peut-être on a peut-être posé un peu parce que effectivement
quand on dit l'extrême droite c'est un peu flou comme comme définition et et dans dans ce
que propose à travers les articles qui sont proposés dans dans cette revue on parle des
extrêmes droites qui ont ce qui sont des courants relativement qui peuvent être relativement
différents et peut-être poser ça dans un premier temps en faisant peut-être un tour de pas assez
bref et nous on sera trois heures du matin donc je proposerai de faire une petite pause à ce moment
là et on pourra se désaltérer pour reprendre pour jusqu'à 6 heures 6 ans d'accord et après
bah et peut-être parce que face à la menace fascisme je pense que ça parle à tout le monde
parce qu'on est peut-être un peu dans une période où on sent quelque chose qui frémi en tout cas
qui est devant nous et qui peut être susceptible d'arriver ce je crois que c'est le propos du
livre aussi à un moment donné de dire clairement que c'est plus simplement une vue de l'esprit une
sorte de truc qui était comme complètement in envisageable dans les années 80 par exemple et
qui aujourd'hui c'est devenu quelque chose presque comme comme si on lançait une pièce en l'air et
on attendait de voir le résultat on se dit bon pas ça va peut-être tomber faste tomber pile et on
sert les fesses et c'est très inquiétant et donc là on va on va rentrer peut-être dans ce prisme
après et je pense que c'est si vous en êtes d'accord de commencer par faire un tour de table
donc vous avez compris qu'il faudra être très bref bonjour bonsoir merci d'être venu je suis
grégoire le cang je suis maître des conférences en histoire contemporaine spéciale de l'italie c'est
moi qui ai coordonné le dossier des cahiers d'histoire donc mais moi je voudrais d'abord
commencer par vous remercier la livrairie équipage de nous recevoir ici d'organiser vraiment le
débat tout de suite vous m'avez dit non on veut pas être des potiches on veut vraiment participer
lire les textes et je trouve c'est c'est génial voilà vous n'êtes pas là juste enfin vous êtes
là pour animer le débat et au sens large même votre présence dans la ville sert à animer un
débat donc ça c'est c'est génial et c'est pour ça que c'est nécessaire je pense même si il y a de
moins en moins de livrairies première chose alors sur l'extrême droite qu'est ce que nous voulions
dire dans ce numéro en fait bah la première chose c'est qu'effectivement il existe une confusion sur
ce terme d'extrême droite parce que c'est le point de départ notre réflexion collective l'extrême
droite elle est partout dans le débat public et en même temps elle est nulle part alors je vous
cite un extrait d'une spécialiste authentique de l'extrême droite donc marion maréchal le pen le
23 mars 2022 dans l'émission de siri lanouna vous voyez que j'ai des références mais en fait non
mais c'est une blague mais c'est vrai que ce que tu as dit c'est on est quand même complètement en
phase avec nos problématiques citoyennes aussi et voilà face à la menace fascisme où est notre
titan ou ces extrait de la marginalité au pouvoir point interrogation donc on sent quand même la menace et
l'urgence de penser ces questions je fais un par tête marion maréchal le pen donc disait face à
valérie pécresse elle refuse d'être qualifiée d'extrême droite elle dit elle critique la posture
habituelle je cite qui consiste à décrédibiliser l'adversaire en est recours à la figure repousse
soir d'extrême droite et finalement dit bon c'est tout ce que c'est que l'extrême droite c'est je
cite encore une fois des régimes totalitaires du 20e siècle avec des idéologies très particulières
donc elle ose pas dire que c'est le naïs le nazisme et en gros c'est le nazisme le fascisme et au-delà
de ça tout le monde ça va pas de problème il existe l'extrême droite n'existe pas en fait et
donc nous bien sûr notre idée c'était de redire ce que c'est que l'extrême droite et on pense que
l'histoire les historiennes les historiens ont quand même une importance particulière là dessus et on
en parlera aussi je pense que il ya vous avez vu passer beaucoup de livres contre zemmour écrit
par des collectifs d'historiennes et d'historiennes encore et c'est pas un hasard c'est que l'extrême
droite c'est une réalité historique alors maintenant une fois qu'on a dit ça c'est vrai que c'est en
même temps comme dit michel vinok qui est un des spécialistes de l'extrême droite en france en
fonction de l'extrême droite française il c'est c'est c'est un concept mou c'est une réalité dure
mais c'est un concept mou parce qu'il est difficile en même temps à définir concrètement et donc
c'est tout notre enjeu aussi alors je voudrais citer aussi pierre andré taguieff qui certes est
très dit qui très situé politiquement bien sûr mais qui pour lui l'extrême-droite c'est
voilà c'est pareil c'est l'étiquette stigmatisante qui ne sert qui n'a pas de contenu en fait et qui
ne permet pas de penser réellement cette cette réalité historique alors voilà donc voilà alors
quelle est la logique de l'extrême droite historique bon tout d'abord c'est une posture de radicalité un
rejet du parlementarisme qui existe depuis la révolution française depuis le 19e siècle et
c'est vrai que alexandre dupont qui est là peu pourra nous en parler peut-être à ce quel extra
note et c'est en même temps un concept difficile c'est vrai que son article est nuancé sur ce point
là ensuite c'est un ensemble de valeurs le culte de la nation alors là bon je vais pas du tout tout
lister parce que c'est l'objet vraiment de notre discussion mais le culte de la nation qui est
compris comme une entité organique l'exaltation de la tradition même si parfois il ya des habits
révolutionnaires ça c'est une dimension qui paraît dans votre livre face à la menace fasciste
aussi s'être dialectique entre ordre et posture révolutionnaire et surtout la valorisation enfin
l'acceptation des inégalités comprises comme étant des données naturelles inégalités de
classe inégalités entre les sexes inégalités entre les races qui sont considérés comme encore une
fois comme des données de nature enfin ça aussi ça apparaît dans tous les articles pratiquement le
rapport à la violence y compris comme quand l'extrême droite arrive au pouvoir il y a un rapport
particulier à la violence et du coup au débat démocratique qui théoriquement est pacifié voilà
et donc c'est des héritages bien vivants qui montrent que c'est important effectivement de
les pointer y compris pour le débat public aujourd'hui c'était un peu l'idée je vous remercie
bonsoir je m'appelle Basile Roja Lacan je suis doctorant en histoire des imaginaires contre
révolutionnaire dans la première moitié du 20e siècle en france et dans une monde mesurée en
belgique et en suisse et au royaume uni et donc moi je présentais un article qui pose une question
un peu un peu oxymorique au départ parce qu'elle se pose la question de la respectabilité de
l'extrême droite à travers un exemple qui est celui d'un d'un historien qui s'appelle Pierre
Gaxot qui a été une figure de l'action française dans les années 20 et dans les années 30 et qui
a réussi cette prouesse de reconstruire sa biographie à partir de 1945 de manière à faire oublier les
aspérités les parts les plus les plus compliquées de sa biographie notamment le fait qu'il ait été
rédacteur en chef d'un hebdomadaire qui s'appelait je suis partout dans les années 1930 dans lequel il
a été un le maître à penser un formateur pour Robert Braziac, Lucien Robatet, Pierre-Antoine Cousteau
donc un certain nombre de figures qui pendant la seconde guerre mondiale ont été les têtes de
fil de la presse la plus collaborationniste en france et la particularité de Gaxot c'est
qu'il fait partie de ces Mauraciens qui ne sont pas nombreux parce que souvent ils ont
choisi un engagement dans un sens ou dans l'autre en 40-41 il fait partie des gens qui
sont désengagés pendant la seconde guerre mondiale et donc il a il a choisi le silence ce qui lui a
permis de en 45 de reconstruire complètement sa biographie de passer à l'as si je puis dire
son passage à je suis partout qui l'efface de ses mémoires que ses amis arrivent à effacer aussi
et qui se qui reconstruit en fait qui reprend le fil de sa carrière d'historien contre-révolutionnaire
en entrant à l'académie française en 1953 en étant chroniqueur au Figaro à partir de 1948 et
qui meurt très célébré jusqu'au monde en 1982 couvert d'honneur couvert couvert d'honneur et donc
donc j'ai essayé d'interroger ce parcours assez complexe en partant notamment d'un livre qu'il
a écrit en 1928 qui s'appelle la révolution française qui est à l'heure actuelle le livre le plus vendu
en france toujours sur la révolution tout camp confondu je crois qu'il a été à peu près vendu à
300 000 exemplaires à l'heure actuelle dans les différentes éditions qui est toujours édité
aujourd'hui par une maison d'édition tout à fait mainstream s'appelle talandier avec un quatrième
de couverture assez cocasse puisqu'il fait aucune référence à ses engagements divers on présente
simplement sa vision de la révolution comme une vision nouvelle et différente sur la révolution
alors que ce livre a une importance fondamentale puisqu'il vient cristalliser le discours historique
de l'action française sur la révolution française et il agit un peu comme comme un passeur c'est à
dire qu'il est d'une génération il est un peu plus jeune que morasse d'audèbes un ville et ce
livre devient un manuel d'histoire pour non seulement l'extrême les extrêmes droits de
français des années 1930 mais aussi la droite conservatrice et jusqu'au centre gauche d'ailleurs
c'est un livre qui est très répandu qui fait un énorme succès de librairie pendant cette
période donc voilà donc j'ai essayé à travers cet article d'interroger justement comment on
pouvait se construire une respectabilité d'extrême droite comment gagsote lui même jouait avec le
feu en fait jouait avec ce qui était publicisable sur sa carrière ce qui n'était pas et qui
interrogeait par ailleurs son parcours après 45 puisque derrière donc cette cet habillage
conservateur voilà qui passe le Figaro et l'académie française étant des marqueurs très clairs de la
de la grande bourgeoisie la bourgeoisie conservatrice c'est des instances de légitimation
conservatrice gagsote n'a jamais vraiment abandonné ses combats puisqu'il a par ailleurs
collaboré à la nation française qui est un journal pro à l'égérie française d'héritier
de morasse pendant les années 50 et il a été même membre du comité de patronage du club de
l'horloge dans les années 1970 qui était un mouvement qui s'est structuré autour d'Alan de
Benoît qui a tenté de réinventer de réinventer la pensée d'extrême droite de réinventer ce
que pouvait être l'extrême droite après la seconde guerre mondiale voilà donc j'essaie
de d'étudier cette figure qui est très transversale qui prend des habits très différents
qui à mon avis s'en sort principalement à cause de ce désengagement qui est assez difficile à
expliquer en 40 41 et qui vient par ailleurs réinvestir un set ce livre donc qu'on prouve
dans une part dans énormément de bibliothèques mais surtout je pense pas ici mais dans beaucoup
de librairies tout à fait pas du tout militante c'est on peut trouver le la révolution française
de gags autres on trouve chez les sur les tables chez gibbert on trouve chez compagnie on trouve
chez galima on trouve vraiment on trouve partout et qui est un livre qui est un brûlot contre
révolutionnaire écrit par un type par un homme qui a une formation historique mais qui par ailleurs
a été un journaliste engagé à l'action française je suis partout donc il est tout à fait capable de
de manipuler l'histoire pour en pour structurer un pour structurer un discours qui a eu une
résonance très forte dans les années 20 dans les années 30 et au-delà voilà essentiellement ce
que j'essaie de présenter dans cet article bonsoir moi chez alexandre du pont je suis maître de
conférence en histoire contemporaine à l'université de strasbourg et mon domaine de spécialité c'est
une extrême droite qui n'existe presque plus aujourd'hui il y en a qui disparaissent c'est bien
c'est ce qu'on appelle la contre révolution c'est à dire l'extrême droite catholique et royaliste
qui a été très influente au 19e siècle moi j'étudie les liens entre mouvement royaliste dans
toute l'europe au 19e siècle principalement entre france et espagne et là dans dans le dossier j'essaie
de proposer du coup une analyse de cette extrême droite un peu particulière dans dans l'ensemble
de l'europe et en essayant de poser trois questions d'abord qu'est ce qui fait qu'on peut dire que
c'est un mouvement d'extrême droite au fond aujourd'hui quand on parle d'extrême droite on voit très bien
de quoi il s'agit mais la contre révolution il ya deux des marqueurs qu'a cité tout de suite
qu'a cité tout de suite grégoire qui ne marche pas dans la contre révolution on n'a pas d'exaltation
de la nation pas trop on n'a pas non plus clairement de rejet de l'étranger ça non plus donc qu'est ce
qui fait que ces choses qui nous semblent évidentes des marqueurs profonds de l'extrême droite
aujourd'hui c'est pas présent au 19e siècle pourquoi est ce qu'on peut parler quand même d'extrême
droite quand on parle de la contre révolution j'essaye de dégager trois trois grandes idées
c'est l'opposition à l'extension des libertés l'opposition à la démocratie et là c'est
peut-être plus particulier au 19e siècle et à ce mouvement là l'opposition à la sécularisation
des sociétés c'est à dire au recul de la religion dans le fonctionnement des sociétés ça c'est un
premier axe de l'article que je propose un deuxième axe consiste à essayer de comprendre et bien qu'est
ce qui reste dans l'extrême droite d'aujourd'hui de cette extrême droite disparu est ce qu'il y a des
liens on a souvent dit que les contre révolutionnaires c'est peut-être pas forcément faux mais
historiquement c'est moins satisfaisant on a souvent dit les contre révolutionnaires s'est
dératé tout ce qu'ils veulent c'est pleurer Louis XVI et rétablir son petit fils et à part ça ils
ont pas grand chose d'autre comme objectif alors c'est un peu vrai mais c'est pas que vrai parce
que c'est quand même un mouvement qui a mobilisé dans toute l'europe pendant un siècle donc qu'est
ce qui fait est ce que c'est vraiment juste une première tentative d'extrême droite avortée ou
est ce que c'est vraiment un prodrome de ce qui va se passer au 20e siècle donc j'essaye de montrer
comment est ce que et bien effectivement l'extrême droite nationaliste qui naît dans les années 1880
1890 elle récupère un certain nombre de choses de la contre révolution elle en abandonne d'autres
et j'essaye aussi de réfléchir en termes de pratiques qu'est ce que on retrouve dans ces deux
extrêmes droites celle du 19e et celle du 20e siècle à travers le temps et je fais notamment
je propose notamment une discussion sur la question de la violence les mouvements contre
révolutionnaire au 19e siècle un de leurs outils favoris de lutte politique c'est la guerre civile
les mouvements contre révolutionnaire déclenche des guerres civiles pour essayer de reprendre le
pouvoir est ce que c'est la marque de d'un rapport à la violence particuliers de l'extrême droite oui
en partie c'est aussi la marque du temps à cette époque là lorsqu'on veut essayer de prendre le
pouvoir en général on le fait en essayant de déclencher des soulèvements armés et puis le
dernier axe et c'est peut-être là que j'aurai plus de choses à discuter avec vous parce que
sinon pour le reste heureusement ils sont morts et enterrés le dernier axe de mon article qui me
semble intéressant pour penser l'extrême droite d'aujourd'hui c'est que on peut réfléchir aussi
au soutien populaire à cette contre révolution la contre révolution traditionnellement on la
voit comme un mouvement qui rassemble des nobles et des prêtres c'est vrai mais elle rassemble aussi
beaucoup de gens des catégories populaires il y a des secteurs très importants de la paysannerie de
l'artisanat dans toute l'europe qui décide de défendre ces idéologies royalistes catholiques
etc pensez à l'ouest de la france pensez au sud de la france qui a été marqué par les guerres de
religion et où là on a un rejeu les catholiques s'opposaient aux protestants et bien les contre
révolutionnaires s'opposent aux révolutionnaires selon les mêmes clivages comment est ce qu'on
explique que ces gens ces classes populaires ces artisans ces paysans défendent une idéologie
qu'on qualifie aujourd'hui de réactionnaire pourquoi est ce qu'ils font ça pendant longtemps on a dit
c'est parce qu'ils sont manipulés les prêtres les nobles ceux qui sont au dessus d'eux dans la
hiérarchie sociale les manipule on le contrôle sur eux et leur infuse des idées qui vont contre
leurs intérêts actuellement depuis une vingtaine d'années on a un très gros renouvellement des
études sur la contre révolution qui essaye de montrer que peut-être en fait et bien ces catégories
populaires paradoxalement parce qu'on est d'accord que ces gens là ne défendait pas l'émancipation
des paysans l'émancipation des artisans mais peut-être que ces gens là ils s'y retrouvaient
vraiment peut-être que leur engagement il était sincère comment est ce qu'on explique ça il y a
un paradoxe entre l'objectivité de leurs intérêts et la subjectivité de leur choix politique je
crois que là il y a une question qui se pose encore aujourd'hui comment est ce que on a des
mouvements d'extrême droite qui parviennent à devenir extrêmement populaire y compris dans
des catégories dont ils ne défendent pas vraiment les intérêts voilà merci donc bonjour moi c'est
Valérie Dubstaphe je suis maîtresse de conférences en études germaniques à Rennes 2 et spécialiste
de l'histoire de l'allemagne contemporaine après 45 et moi je travaille surtout sur les femmes
d'extrême droite allemande j'ai fait ma thèse sur les femmes du parti national démocrate d'allemagne
le NPD qui est un ancien parti nazi donc post nazi donc fondé en 1964 par d'anciennes nazis et
d'anciens nazis et qui aujourd'hui est un parti néo nazi qui n'est pas très connu qui n'a pas
beaucoup de succès mais il existe toujours pourtant donc il a été remplacé récemment par l'afd dont
vous avez peut-être entendu parler que l'alternative de l'alternative pour l'allemagne et donc c'est
peut-être là aussi une distinction qu'on peut faire dans la définition d'extrême droite et c'est
une définition que fait un politiste allemand qui s'appelle Uwe Bacchus qui fait la différenciation
entre la droite radicale et la droite extrême pour dire que la droite radicale c'est un peu une
droite qui est un peu floue justement qui n'est pas complètement anti républicaine pas complètement
anti système l'afd par exemple est un exemple d'un exemple de cette droite radicale qui est
nationale populiste mais qui joue un peu va justement avec cette ambiguïté et la droite
extrême est une extrême droite donc qui va contre les libertés et contre les droits en général et
donc complètement anti républicaine etc donc ça c'est les partis néo nazi par exemple et moi dans
cet dans l'article du numéro je me suis intéressé un peu à autre chose à savoir à la violence et
vraiment au terrorisme d'extrême droite qui est une actualité en allemagne depuis quelques années je
sais pas si vous en avez entendu parler mais depuis la crise dite des réfugiés de 2015 2016 où près
de 800 000 personnes sont venues notamment de syrie en allemagne il ya eu une véritable polarisation
en allemagne autour de cette question de l'accueil des immigrés et il y a depuis eu vraiment une vague
terroriste raciste identitaire en allemagne vous avez peut-être comment alors des incendies par
exemple il y a eu des incendies de centre d'accueil pour réfugiés exactement il y a eu en 2016 un
attentat à munique sur des personnes d'origine étrangère dans un mcdo par exemple où il y a eu
huit morts je crois il y a eu en 2019 un préfet d'arrondissement qui s'appelle valta leuc qui a
été assassiné chez lui à bout portant vraiment assassiné par un néo nazi parce qu'il avait
soutenu angela merck dans sa politique d'accueil des réfugiés par exemple il y a eu la même année
un attentat raté sur une synagogue à hal en saksan halton l'est de l'allemagne il a eu l'année
d'après un attentat à ranao en s dans deux barres à chicha avec dix morts donc là aussi sur des
personnes issues d'immigration et donc il ya vraiment une actualité qui est assez assez intense
et en plus de toutes les autres types de violences qui existent et qui sont suscitées par l'extrême
droite les intimidations contre les opposants politiques contre les journalistes etc des actes
de violences physiques aussi sur sur tout mon tour pendant politique les gens d'origine immigrée
etc et donc moi ce qui m'intéressait c'est de d'essayer de voir d'où vient cette tradition à
quand ce qu'elle remonte est ce que c'est vraiment quelque chose de ponctuel ou est-ce
qu'il ya vraiment une histoire de cette violence terroriste et effectivement il y a une histoire
qui remonte à l'après 45 en fait cette histoire n'a jamais cessé véritablement c'est juste qu'il
ya différents différents dynamiques différentes périodes vraiment d'intensité terroriste par
exemple pour donner juste les grandes périodes au début on avait un terrorisme anticommuniste
qui s'inscrivait dans la guerre froide avec cette division allemande entre la république fédérale
et la république démocratique allemande et donc à la base les terroristes étaient d'anciens nazis
qui se battaient contre les communistes en allemagne fédérale par exemple donc ça c'était surtout
la première période dans les années 50 60 et après lentement il ya eu un déplacement un peu
des cibles ou des mobiles dans ce terrorisme d'extrême droite et on s'est davantage focalisé
sur l'ennemi intérieur c'est à dire que c'était d'abord les représentants de l'état on essayait
on voulait vraiment démolir la république fédérale détruire la démocratie et donc on
s'attaquait aux procureurs on s'attaquait aux policiers aux juges etc et notamment les
juges qui étaient censés juger les néonazis par exemple donc c'est eux qui étaient les cibles
prioritaires de cette violence on s'est attaqué beaucoup à la politique mémorielle de la
république fédérale donc par exemple au mémorio des camps de concentration il y a eu des attentats
fomentés par exemple pour essayer de libérer Rudolf Hess je sais pas si vous voyez qui c'est
donc c'était un des derniers prisonniers des dignitaires nazis donc ils ont essayé de
libérer de Spandau donc cette prison de Spandau ça n'a pas marché donc il y a eu ce type de
terrorisme là plutôt mémoriel et lentement on s'est donc dirigé vers ce terrorisme identitaire
racial qui a explosé dans les années 80 donc sur fond de sociétés qui s'est multiculturalisé
toujours plus et ce qui m'intéressait aussi c'est de voir cette histoire de la violence et cette
histoire du terrorisme donc à l'aune de l'histoire germano-allemande donc vraiment cette division
allemande et de voir s'il y a eu aussi une histoire de la violence en RDA et le fait est que oui
effectivement aujourd'hui on est en train de questionner un peu le racisme d'état en RDA et
ça c'est quand même très intéressant aussi et ça explique l'explosion de la violence après la réunification
je sais pas si vous aviez entendu parler des pogroms racistes dont on parle entre 1991 et
1993 où il y avait eu des incendies criminels sur pareil des centres d'accueil pour réfugiés
etc mais énormément énormément de morts aussi au début des années 90 donc il y a vraiment une
histoire germano-allemande de de cette de cette de ce terrorisme cette extrême droite et dont on
voit aujourd'hui en fait les effets aussi donc les la continuation et donc c'est ce qui m'intéressait
moi particulièrement dans cet article. Bonsoir moi je suis Richard Vasakos, je suis professeur
d'histoire géo et chercheur associé à l'université de Montpellier et donc moi je travaille sur des
questions de toponymie, de statuaires, ma thèse porte sur les changements de nom de rue sous-vichy
en fait et sur les usages autour de la statuaire sous-vichy et alors je suis assez proche aussi
de ce que je vis à Béziers ou à côté de Béziers donc voilà c'est un sujet que je connais
un petit peu et donc voilà et donc à travers les mes recherches sur la toponymie la statuaire j'ai
eu à analyser le répertoire d'action qui se met en place autour des plaques bleues autour des
statues et notamment les graffitis. Lorsque j'ai commencé mon travail j'ai arrivé d'arpanter les
communes trouver des graffitis viveux d'Orio à moitié effacés à bas Moscou etc donc j'avais
collecté quelques images de cet ordre là et donc du coup ça m'avait donné l'occasion de réfléchir
à l'usage du graffitis et donc voilà dans la revue moi je propose un article qui est beaucoup
plus au ras du sol et qui va voir quel est le discours et quelles sont les pratiques autour
des graffitis grosso modo depuis la création de l'action française jusqu'à Vichy et le début de
la seconde guerre mondiale et donc ce que l'on peut observer dans les discours c'est une évolution
qui rejoint ce qui a été dit précédemment c'est à dire une montée de la violence, une montée de la
violence crescendo avec dans les discours au départ une dualité entre Abba Dreyfus, vive le
roi et puis progressivement une violence verbale, une violence dans le discours qui va augmenter
très très fortement et on va aller jusque dans les années 30 arriver à Amor Bloom et avec des
dénonciations et puis même dans la pratique un usage de violence qui est dans la dénonciation,
l'intimidation c'est à dire qu'on va aller badigeonner sur les murs d'une maison d'un député
le désignant, le désignant à la vendecte finalement des activistes et des camelots alors
également j'ai essayé de montrer en quoi le graffiti était aussi un outil démultiplicateur
puisque ces groupuscules qui ne sont pas forcément majoritaires ou très nombreux se servent du
graffiti pour démontrer leur puissance, leur nombre et ils exercent aussi une violence symbolique,
ils s'en prennent au monument, il y a plusieurs exemples célèbres, il y a la destruction du nez
du monument de Bernard Lazare à Nîmes en 1912 et donc il y a des graffitis qui sont réalisés
sur ces monuments et donc il y a tout un répertoire qui se développe et qui va vers une violence
de plus en plus importante et notamment une violence à dominem qui atteint son acmé disons
dans les années 30, 1935, 1936 au moment du Front Populaire, une prise à partie très très forte de
députés alors Léon Blum évidemment subit les affres de cette violence symbolique de ces discours
mais aussi des députés qui s'opposent au conflit provoqué par Mussolini etc. il y a des éléments
comme ça qui figurent sur les murs et qui sont d'un usage facile puisque n'importe quel militant
peut prendre un pot de peinture et aller développer ces discours là et les propager et en permettant
de harceler l'adversaire finalement au quotidien et avec un choix très très délicat des bâtiments
que l'on me vise et des monuments que l'on me vise pour blesser l'œil pour reprendre une expression
de l'adversaire également voilà c'est un peu ce que j'ai essayé d'évoquer dans cet article
Bonsoir merci beaucoup vraiment de cette invitation je suis ravie de pouvoir aussi vous écouter j'ai
pas pu encore découvrir les articles j'ai eu ce matin mais je vais m'y plonger très rapidement et
ça donne vraiment très très envie c'est vraiment passionnant tout ce que vous avez décrit donc moi
je m'appelle Ludivine Mantini je suis historienne et enseignante et je travaille plutôt sur l'histoire
des mouvements sociaux des soulèvements populaires des mouvements insurrectionnels ou révolutionnaires
et donc je suis peut-être un peu décalé même si je suis historienne moi aussi mais par rapport à tout
ce qui vient de vous être expliqué parce que l'ouvrage que Hugo Paletta et moi nous avons
publié chez Textuel donc il s'appelle face à la menace fasciste et le sous-titre c'est sortir de
l'autoritarisme c'est bien sûr en tant que sociologue pour ce qui est d'Hugo et historienne pour ce qui me
concerne que nous l'avons rédigé et c'est aussi parce que c'est une commande de l'éditeur mais
c'est pas un livre historique voilà et c'est pas une recherche d'histoire mais c'est plutôt un essai
sur l'actualité et est engagé en réalité voilà face à face à cette menace alors je vais peut-être
aller dans le prolongement de la discussion qui a été menée notamment en termes de définition de
caractérisation par exemple dans le prolongement de ce que tu expliquais Alexandre tout à l'heure
peut-être plutôt sur la catégorie de fascisme parce que ça peut surprendre et pour tout vous dire je
n'aurais jamais imaginé pour ma part il y a encore quelques années publier un ouvrage qui se serait
intitulé de cette façon face à la menace fasciste pour moi le terme de fascisme renvoyait plutôt à
une période bien déterminée de l'histoire qui n'était pas jetée aux oubliettes pour autant mais
que je n'aurais pas en effet conçu comme réactualisation possible quoique familières
d'auteurs qui nous ont dit et répété à quel point le fascisme pouvait revenir dans des costumes
respectables c'était le cas par exemple d'Orwell qui disait que le fascisme pouvait revenir sans
avoir forcément besoin de chemise brune et avec voilà le parapluie roulé sous le bras en l'occurrence
ou ce que disait aussi par exemple Bertolt Brecht qui expliquait qu'en fait si le fascisme était
amené à revenir il ne s'appellerait pas lui-même fascisme il n'aurait pas forcément besoin d'avoir
recours à cette dénomination pour être en réalité du fascisme mais sous les dehors d'une
euphémisation en fait de sa réalité politique et donc c'est aussi le sens de l'ouvrage et dès le
départ ce qu'on explique c'est qu'on n'emploie pas on ne souhaitera jamais employer le terme
fascisme à la légère et donc ça ça peut se discuter évidemment dans le débat parce que moi
j'entends souvent des personnes qui disent mais voilà là en ce moment c'est du fascisme tel
événement c'est le fascisme Macron c'est le fascisme etc et je comprends que dans la colère
politique on peut éprouver face à ce régime et face à ce gouvernement et face à la violence
sociale voire à la violence d'état qui s'y déploie on puisse avoir ce genre de caractérisation mais le
problème c'est que du coup le mot risque de s'éviter en quelque sorte de se vider de sa réelle
consistance et de sa substance et d'être un peu abîmé par des usages trop trop trop extensive trop
trop large etc et nous donc en fait dans l'ouvrage d'ailleurs on préfère parler de de traits de
fascisation de toute façon je pense que si c'était le fascisme de toute évidence on ne
pourrait pas se réunir pour en parler voilà donc c'est peut-être un constat très empirique mais
qui me paraît de bon sens mais encore une fois voilà je me serais très ouverte évidemment à
la discussion à ce sujet donc on peut disons dresser un panorama de cinq caractéristiques qui pourraient
définir le fascisme la première chose c'est que le fascisme c'est une idéologie une culture
politique qui peut conduire à un régime dont la fonction est d'établir une espèce de communauté
pure nationale et raciale donc c'est vrai que là il y a cette dimension nationale mais la communauté
qui est assimilée le plus souvent à une race d'où l'idée de l'épuration et d'où l'idée formulée
aujourd'hui par Eric Zemmour par exemple de remigration ce qui n'est rien d'autre qu'une épuration
et donc je fais une parenthèse d'ailleurs d'omblée très actuelle et ça aussi ça pourra se discuter mais
à mes yeux Zemmour c'est un fasciste voilà c'est un candidat qui est clairement fasciste enfin deux
traditions fascisantes même s'il va pas dire voilà je suis fasciste il est pas comme un certain
nombre de ces groupuscules qui eux vont se réclamer très clairement du néo-fascisme ou du néo-nazisme
comme on le voit par exemple y compris dans certaines infiltrations de l'armée française avec des
petits groupes néo-nazis qui brandissent des insignes nazis et qui font des saluts éclairéants
donc en fait là cette première caractérisation elle est évidemment très importante parce que
c'est une société qui est considérée un peu comme un organisme comme un corps un corps fort
où l'individu n'a pas véritablement d'existence en tant que tel en tout cas certainement pas en
tant que sujet en tant que citoyen agissant mais voilà le fascisme a pour volonté voilà de rendre
ce corps supposément pur par rapport à une conception de cette communauté nationale est
ou mais le plus souvent est raciale jugé homogène la deuxième caractéristique et j'y insiste parce
que souvent on l'oublie et par exemple vous avez peut-être entendu parler des critères de Umberto
Eco et on en a beaucoup parlé ces derniers temps étant donné que justement cette menace fasciste
elle nous apparaît très actuelle et en fait Umberto Eco néglige complètement oublie cette
deuxième dimension qui pourtant me paraît fondamentale en fait le fascisme il a quand
même pour objectif de éliminer d'éliminer tous ses opposants d'une manière ou d'une autre
d'éliminer ses opposants soit politiquement soit par la force donc ça peut être par de la
présence politique ou tout simplement par des meurtres par une violence qui va jusqu'à
l'élimination physique et je le dis tout particulièrement parce que en fait la vocation
historique du fascisme notamment quand les faisceaux de combat se sont constitués en 1919 en
italie leur vocation donc leur mission aidé en cela d'ailleurs par des financements du parti du
patronat italien pas tout le patronat mais une partie du patronat italien et de l'église catholique
c'était d'éliminer le mouvement ouvrier organisé notamment le mouvement syndical le mouvement
socialiste le mouvement communiste et c'est évidemment pas du tout une coïncidence que
les faisceaux de combat se soit structuré comme tel à compter de 1919 1920 c'est à dire dans
cette période qu'on a appelé en italie le bien yo rosso donc les deux années rouges où il y avait
en fait ce qu'on peut vraiment nommer une lutte de classe une intensité de la conflictualité sociale
extrêmement puissante avec des grèves mais aussi avec des occupations d'usine et donc la vocation
que s'est donné immédiatement le fascisme italien en voie de formation et de constitution
c'est de briser en fait ce soulèvement populaire et ce mouvement ouvrier auto-organisé ça ça me
paraît la deuxième caractéristique très importante la troisième qui en découle c'est
évidemment et là ça rejoint bon ce que ce qui a déjà été dit est ce que tu as souligné en
particulier je je m'adresse à toi particulièrement alexandre parce que tu as justement cherché à
adresser un certain nombre de critères de caractérisation en l'occurrence de l'extrême
droite et du courant que tu analysais c'est donc le refus de la démocratie et en fait un refus
assumé un refus assumé de toute forme d'ailleurs de liberté publique de liberté individuelle et
collective et par exemple vous trouvez des discours de Mussolini qui encore fois l'affirme de manière
extrêmement catégorique et pérente toi et c'est pas il cherche pas du tout à se masquer derrière
des allures de justement de démocratie non pour lui la démocratie est un régime faible et il s'agit
en aucun cas de considérer que ça pourrait être une panacée et je le dis parce qu'en réalité
aujourd'hui tous les courants politiques se réclament de la démocratie et par exemple le
rassemblement national que dans l'ouvrage on appelle le FNRN parce qu'on n'est pas tout à
fait dupe du changement d'appellation comme si il y avait eu là une euphémisation et ça me paraît
être un grand danger de la période on pourra y revenir grand danger de la période que cette
modération cette construction d'une supposée modération du rassemblement national et de sa
candidate Marine Le Pen prise en quelque sorte en étau entre un gouvernement qui fait l'assurance
chaire sur son extrême droite et dès lors comme un Gérald Darmanin dit que finalement elle est
trop molle sur les questions dont ils ont fait des fétiches à savoir l'islam l'islam et l'immigration
et donc voilà prise en étau entre ce gouvernement qui n'hésite pas comme le c'est le cas d'Emmanuel
Macron à aller donner une interview exclusive à valeur actuelle en disant que c'est un très
bon journal etc alors que c'est un journal qui a été condamné notamment pour incitation à la haine
et puis de l'autre côté évidemment Zemmour et donc en fait le rassemblement national il fait
partie d'un groupe parlementaire au parlement européen qui s'appelle identité et démocratie et
je pense que là c'est quand même une clé parce qu'en réalité cette culture là sous les dehors
aujourd'hui sous les oripos justement démocratie puisque tout le monde se revendique de la
démocratie je pense vraiment que dans le débat il faudrait revenir parce que c'est quand même non
seulement une clé d'explication mais c'est aussi une clé de perspective pour lutter contre
contre ces courants et bien en réalité voilà ce courant politique il récuse à toute force la
démocratie et donc toujours pour faire des des liens et des va et vient entre la voilà les
caractéristiques historiques et idéologiques de cette culture et le présent on peut se dire que
Zemmour par exemple comme vous le savez il a été plusieurs fois condamné aussi bien pour incitation
à la haine raciale et religieuse que récemment là parce qu'il n'avait pas pour son clip de campagne
payé les droits d'auteur de tous ceux à qui il a emprunté en fait des images en fait et il n'en
a vraiment rien à faire pour être Boris Tépoli vraiment il n'en a rien à faire et justement
ce qu'il c'est presque une brevet c'est presque une médaille pour lui que d'avoir été condamné
par ces lois là parce qu'il estime qu'il est au dessus de ces lois et d'ailleurs il n'hésite pas
à dire que s'il arrivait au pouvoir et bien ces lois n'auraient plus lieu d'être et ça ça me
paraît être une marque très forte de ce qu'est le fascisme à savoir une manière de récuser
absolument toute idée de république toute idée de démocratie et toute idée des lois de droit en
fait ça m'amène à une quatrième caractéristique qui est justement le refus de la citoyenneté en
tant que telle donc je le disais un peu déjà tout à l'heure des sujets qui seraient agissants qui
seraient politiques qui auraient des droits individuels et collectifs alors évidemment la
notion d'état de droit elle peut à bien des égards se discuter mais en fait le fascisme c'est
un moment où l'état de droit se transforme radicalement en un état d'exception permanent
voilà où on réalisait seul le chef bien sûr le chef charismatique le virilisme d'ailleurs qui
accompagne ce charisme du chef prévaut en fait et il n'y a plus véritablement d'individu en tant
que tel et ça débouche d'ailleurs sur un un cinquième critère c'est le rapport à l'histoire
et c'est vrai qu'on en parle beaucoup justement de ce rapport à l'histoire et que des collectifs
d'historiennes et historiens insistent beaucoup justement sur cette dimension de la de la
falsification de l'histoire notamment par un zémour mais il est vraiment pas le seul en fait
c'est la vision fasciste de l'histoire c'est une vision évidemment complètement mythologisée
c'est une histoire fétichisée mais où justement la période révolutionnaire puisqu'on parlait
aussi des courants contre révolutionnaire la période révolutionnaire n'a pas lieu d'être
elle doit être effacée de de l'histoire de ce point de vue en fait les métaphores qui avaient
été employés par exemple par un Goebbels dans les années 30 disant qu'en fait la révolution
française c'était vraiment une turpitude et qu'il fallait il fallait les enfin voilà la rayée de
l'histoire ça me fait penser d'ailleurs aux métaphores que pouvait employer louis 18 par exemple
sous la restauration donc à partir de 1814 1815 jusqu'en 1830 et 1824 pour ce qui concerne louis
18 et louis 18 avait cette métaphore en fait il faut recoudre le tissu de l'histoire qui a été
déchirée par la révolution française et c'est en fait ça ça ne ça n'évoque pas seulement donc
voyez une un certain sens de l'histoire qui est cyclique en réalité un cyclique et pas une vision
d'une histoire qui où les hommes en tant qu'individu les hommes et les femmes les êtres humains les
individus agiraient dans l'histoire mais c'est un retour à une vision de l'histoire en effet
circulaire doté d'une sorte d'instance suprême métaphysique qui fait l'histoire et qui vient briser
dès lors avec la modernité la modernité qui s'ouvre avec les lumières qui sera la fin du 18e
siècle fondamentalement c'est un nouveau pour appeler régime d'historicité d'une nouvelle
manière de concevoir la philosophie de l'histoire la conscience de l'histoire c'est à dire c'est plus
une instance en effet supérieure divine métaphysique qui fait l'histoire mais ce sont des humains
agissant qui sont co-présents dans la contemporanéité même de l'histoire et c'est eux qui la font et donc
ça amène par exemple vous avez des travaux de quelqu'un comme yohann chapoutot qui a beaucoup
travaillé sur le nazisme et l'antiquité c'est vraiment une grande nostalgie à l'égard de
l'antiquité quelle qu'elle soit de l'antiquité grecque pour les nazis qui s'imagine que là et la
ressarienne bon sans quoi c'est une véritable erreur historique monumentale erreur et aussi
anthropologie quasiment mais c'est aussi la mythologie de de l'empire romain retrouvé de
l'antiquité romaine retrouvé pour les fascistes italiens avec du coup qui viendrait légitimer des
guerres des guerres d'ingérence comme ça a été le cas pour Mussolini en Libye et en Ethiopie et donc
juste pour terminer cette caractérisation donc là bon ça nous fait cinq critères ce qu'on pourrait
dire aussi et ce qu'on souligne avec Ogo paleta dans cette dans ce livre c'est que comme le disait
Gramsci en fait le fascisme il naît à un moment de crise d'hégémonie voilà cette notion de crise
d'hégémonie chez Gramsci elle peut être utile pour déterminer des périodes justement de
basculement ou d'accélération avec des risques de fascisation crise d'hégémonie à savoir en fait
que la manière de de gouverner se métamorphose le pouvoir en place ne peut plus véritablement
gouverner par le consentement et dès lors il se tourne vers une manière de gouverner par la
répression il me semble que c'est quand même une caractéristique est très importante surtout pour
définir la période que l'on vit et enfin un dernier chose qu'on peut dire du coup dans à propos de
ces questions de contexte d'émergence du fascisme soit comme j'ai déjà un peu dit tout à l'heure
ça peut être des moments d'intense lutte sociale voire de phase révolutionnaire ou pré révolutionnaire
comme c'était le cas notamment dans toute cette période de l'immédiate après première guerre
mondiale en allemagne en italie en hongrie également soit dans des moments de crise justement du
système socioéconomique en place de crise qui crée évidemment de la précarité de la détresse
sociale et du ressentiment et donc la construction évidemment d'un bouc émissaire et d'un ennemi de
l'intérieur et ça malheureusement on est on y est vraiment en plein les hommes avaient perdu le goût
de vivre et se foutait de tout leur mère leur frangin leur nana pour eux c'était que du cinéma
le ciel redevenait sauvage le béton bouffait le paysage
les loups étaient loin de paris en croatie en germanie les loups étaient loin de paris
j'aimais ton rire charmante elle vit l'air était loin de paris mais ça fait ses 50 lieux dans une
nuit que le leuc dès que ça flair une ripaille de mort sur un champ de bataille dès que la peur
entre les rues s'en vient la nuit venu des verts paris c'est de germanie peut rire charmante
elle vit les verts paris et blague il fit un ru d'hiver sans congestion en fait d'hiver voile
éclos ont claqué des dents même dans les beaux arrondissements et personne n'ose plus le soir
affronter la neige des boulevards alors sont entrés dans paris paris c'est l'autre paris
sont entrés dans paris le vire ont entré dans paris premier n'avait plus qu'un oeil c'était
un vieux mâle de crivoil il installa ses dix femelles dans le maigre soir de grenelle c'est de son petit
les enfants de passif sont entrés en paris paris c'est soit paris bruit ou sont entrés
sans concième n'avait que trois pattes c'était un loup gris car pâtes qu'on appelait carême
j'ai fait grâce à ces enfants paris c'est qui répare l'ordre du sang qui en vain ces bonbons
de paris voilà déjà un premier tour de table fait alors on aura l'occasion de revenir parce
que après je pense qu'il ya aussi la notion de démocratie que vous interrogez aussi puisqu'on
a parlé beaucoup de du fascisme et de l'extrême droite mais il s'agit aussi de définir qu'est-ce
que ce qu'on entend par démocratie aujourd'hui et peut-être aussi l'aspect un autre aspect du
livre qui est développé c'est aussi quand même comment on fait face à cette situation donc ça
c'est notre époque contemporaine mais moi ce que je propose déjà c'est de donner de vous
donner tout de suite la parole à ceux qui le souhaiteraient pour rebondir sur ce que vous
venez d'entendre et chacun sera même en fonction des interrogations de répondre en fonction de ce
que vous allez pouvoir nous dire c'est ici il ya des questions et des ou des observations la parole
est à vous c'est juste une remarque je crois que comme beaucoup de gens j'ai été absolument choqué
terrorisé effrayé de la légèreté avec laquelle les médias ont donné la parole à ces mours depuis
deux trois mois mais sans sans vergogne sans enfin là je me pose la question par rapport aux journalistes
le système des médias je comprends toujours pas je comprends toujours pas voilà je ne suis
pas historien mais je me suis toujours demandé j'ai habité le quartier lontan que j'habite maintenant
charonton mon père était un homme de gauche qui a été résistant de la première heure et je m'étais
toujours demandé comment un peuple qui est libre qui n'a pas de problème insurmontable peut être
menacé par le fascisme comment il peut même céder au fascisme et j'ai compris ça de manière
fulgurante pendant cette crise du covid ce qui fait que ça ça rejoint un peu tout ce que vous dites
c'est à dire que on a vu un homme providentiel notre président qui avait donc un conseil scientifique
médical à sa pote des gens nommés qu'il pouvait renvoyer s'ils étaient trop en opposition avec ce
qu'il pensait et on a eu là des mesures prises quelles qu'elles soient je ne vais pas juger ces
mesures je ne suis pas médecin je fais partie de personnes avec des petites comorbidités je n'ai
jamais eu peur de cette de ni moi ni Nicole de cette pandémie mais j'ai vu des gens intelligents
gentils avec des responsabilités familiales qui paralysé par cette propagande je dis moi je dis
propagande parce qu'on a quand même oublié constamment après tout ce qui n'était pas le
Covid qui s'imposait des choses plus stricte et plus dure que ce qu'on leur demandait de s'imposer
c'est à dire que là je voyais que il peut y avoir de beaucoup d'autres raisons que ça ça peut être
comme en Allemagne est l'arrivée brutale d'une masse d'immigrés mais facilement un pouvoir
central peut s'appuyer sur un motif comme ça qui fait consensus pour avoir une réaction qui est
incroyable d'obéissance sans lutte véritable voilà moi je me prononcerai pas sur le Covid mais il
est vrai que je comprends le parallèle dans le sens où je pense que l'extrême droite joue sur
la peur et c'est ce que j'ai essayé de dire un peu dans l'introduction du numéro que j'ai
rédigé mais ce qu'on retrouve aussi dans votre livre un petit peu à savoir l'extrême droite se
pose en rempart de l'ordre et en même temps elle dramatise elle surjoue le péril quel qu'il soit
le bouc émissaire de l'étranger etc pour de l'en sauvagement on est dans une société en sauvager du
coup faudrait voter Zemmour pour résoudre l'en sauvagement enfin c'est voilà c'est l'absurdité
totale mais en même temps c'est ça fait fonctionner le tout le système je pense intellectuel de
l'extrême droite et bon moi je suis spécialiste de italie à l'origine en italie ça va effectivement
comme l'a rappelé valérie ça va jusqu'à l'usage du terrorisme effectivement où on pose des bombes
pour démontrer que le gouvernement est faible pour appeler une réponse d'ordre en réalité et ça
c'est une fonction un fonctionnement assez assez intéressant effectivement comment est-ce qu'il
peut y avoir une dialectique entre d'un côté un pouvoir et ça rejoint d'ailleurs une réflexion
sur l'évolution récente de l'extrême droite qui apparaît comme étant de plus en plus mainstream
ou de plus en plus consensuel alors ça avec l'article de de baptiste roger lacan ici on voit
que finalement c'est quand même une caractéristique de longue durée finalement le fait que
l'extrême droite puisse aussi se présenter sous des habits présentables c'est pas si moderne que
ça si mais c'est quand même effectivement une caractéristique récente ou l'extrême droite se
présente sous des habits soi-disant démocratique dit qu'elle accepte le la république alors qu'en
réalité elle reste liée à des pratiques antidémocratiques et aussi à des usages de
la violence et dans le dossier il ya une chercheuse qui n'est pas là ce soir mais qui a travaillé sur
donald trump et le parti républicain et qui montre que donald trump finalement qu'elle considère
comme étant un leader d'extrême droite même si le parti républicain n'est pas un parti d'extrême
droite mais c'est son refus de qualifier les violences lorsqu'il y a eu des violences racistes à
charlottesville etc et en italie matéo salvini aussi il ya eu quand il y a eu des des attentats
racistes à macerata qui a été commis par un ancien sympathisant de la ligue son propre parti
il a refusé de condamner il a dit bon moi je n'aurai pas été jusque là mais il faut comprendre que
les italiens en est marre parce qu'ils sont assiégés par les immigrés etc etc donc même
quand elle est au pouvoir l'extrême droite conserve des liens avec les franges antidémocratiques
violentes non moi je juste cette question du de la dimension mainstream d'une part pour zemmour je
pense que malheureusement ça remonte pas à trois mois ça remonte à 2006 à son entrée dans les
missions de ruquier qui a qui a vraiment joué aux apprentis sorciers à ce moment là alors je pense
parce qu'à cette époque là on vivait encore dans l'illusion que l'on pouvait se payer un
réactionnaire de service et que ça n'aurait pas plus d'impact que ça parce que je crois ce que tu
disais effectivement je pense qu'il y a eu un je pense qu'avant la seconde guerre mondiale parce
qu'il me ce qui m'a frappé au début faut faire un effort quand on travaille sur l'extrême droite
avant 39 c'est que du coup il n'y a pas même quand on est historien donc on fait forcément un peu des
réductions et dite les rômes on pense forcément troisième rage quand on travaille sur l'extrême
droite il faut faire cet effort là quand on bosse sur l'extrême droite avant 39 c'est que la
seconde guerre mondiale n'a pas eu lieu donc évidemment elle est déjà violente les camels
du roi se disaient très bien richard plus peu mais agresse violente à partir de 23 fomboires de l'huile
de rissin en france il ya une violence d'extrême droite mais qui n'a qui n'a pas grand chose à
voir avec ce qui se passe entre 33 et 45 en allemagne 22 et 45 en italie et 39 et 45 sur
l'intégralité du continent européen et je pense que si on doit faire un peu les c'est un peu ce
que je montre dans l'article de gaixote je pense que gaixote il ya il ya une manifestation très
conscient de sa part c'est à dire qu'il ya une il est conscient que les après 45 que l'extrême
droite n'est plus acceptable et donc il efface de sa biographie tout ce qui est vraiment intolérable
dans son parcours et notamment son magistère sur certains des collaborationnistes même pas
des collaborateurs c'est vraiment les fascistes français les plus enthousiastes et les plus
agressifs et je pense que cette honte ou en tout cas ce stigmate qui a pesé sur l'extrême
droite en europe de l'ouest je pense que le cas des anciens pays du bloc de l'est est plus
compliqué et l'allemagne est un cas intéressant à cet égard puisqu'on a vraiment les deux
les deux mondes qui se rencontrent en 89 je pense que ça a commencé à vaciller alors je
pense que le vrai marqueur c'est l'italie des années 90 je pense que c'est Berlusconi avec
cette émission folle qui s'appelait non est la raie sur la média 7 qui était cinq heures de
programme où il faisait tout le contraire de ce que faisait la raie c'est à dire à la fois mettre
des femmes très dévêtues faire venir des membres de la ligue faire des jeux d'argent par dessus
enfin c'était une sorte de grand de grand barnum comme ça mais ça a été un une première étape et
ce qui me frappe en fait un peu dans le fait je parlerai pas de fascisme mais en tout cas dans
le retour très brutal de l'extrême droite sur le devant de la scène des extrêmes droits sur le
devant des scènes européennes c'est que ça se fait dans un en tout cas au départ ça s'est fait
dans un immense rire ce qui était frappant sur le plateau de ruquier et un peu avant ça sur les
plateaux d'ardisson quand zemmour commençait à intervenir c'est qu'à chaque fois qu'il sortait
une punchline folle parce que ça a commencé très vite pétain les premières les premières remarques
c'est 2007 2008 il arrive sur le plateau il avait déjà écrit le premier sexe qui je pense en fait
de son livre le plus violent parce que c'est une sorte de brûlot viriliste totalement totalement
sidérant à chaque fois qu'il dit quelque chose et c'est de plus en plus extrême le ruquier éclate
de rire eric nolo éclate de rire la moitié des invités éclate de rire jusqu'au jour où ça
arrivait après d'ailleurs qu'il a quitté l'émission mais quand comment ça peut le
réalisateur canadien dont on échappe à l'instant dolan a explosé sur le plateau en disant que c'était
insensé qu'il se passe un qui se passe qu'un truc pareil puisse se passer donc je pense que ça a
marqué cette période des années 90 2000 à on a commencé à soulever le couvercle d'abord en riant
et puis progressivement en fait on les choses sont ressorties je pense par ailleurs qu'effectivement
la publication constante de certains auteurs moins marquée mais tout aussi problématique pendant la
période cette soudure on a cru ce que disait Ludivine Bantini c'est à dire qu'on a cru un
moment il y a encore dix ans on croyait que c'était absolument impossible même dix ans en fait on
croyait pas qu'un candidat d'extrême droite puisse arriver en position d'éligibilité à la
présidentielle voilà je pense qu'il y a cette cette cette ce retournement de la honte le fait
que le stigmate est tombé clairement et curieusement le stigmate est tombé à cause
d'une bande d'idiots utiles qui ont qui ont cru que pour pour trouver à trouver un shoot encore plus
fort trouver de l'audimat moi à force de travailler sur l'extrême droite et puis de regarder ce qui
se passe aussi aujourd'hui je suis de plus en plus convaincu que l'extrême droite fonctionne sur
des paradoxes c'est à dire que enfin Ludivine l'a rappelé moi j'observais même chose pour le 19e
siècle dans un régime où l'extrême droite serait au pouvoir la liberté de la presse la liberté des
médias disparaîtrait relativement rapidement donc on se dit ces gens là sont contre la liberté de
la presse sont contre généralement la liberté d'expression qu'est ce qu'ils vont donc on est
tranquille puisqu'ils sont contre ils vont pas s'exprimer sauf qu'en fait paradoxalement ils
font un usage extrêmement intelligent et depuis 200 ans de ces outils de ce qu'on appelle les
outils de la modernité c'est à dire qu'ils ont depuis 200 ans une très forte capacité à utiliser
des outils auxquels ils s'opposent idéologiquement pour faire triompher leurs propres idées la presse
c'est affreux les médias c'est affreux parce que c'est n'importe quoi mais si on mais on peut en
faire un usage pour faire triompher nos propres idées et par ailleurs ils ont une vraie technicité
un vrai talent de ce point de vue là ça s'observe sur le temps long zemmour c'est le dernier avatar
de ça zemmour c'est un bon produit d'appel pour un certain nombre de alors par ailleurs il y aurait
des choses à dire sur la structuration économique du champ médiatique aujourd'hui moi ça je suis pas
spécialiste donc j'en dirais rien mais il y a une constante là dessus sur cette capacité de ces
courants politiques que par ailleurs leurs adversaires considère et je veux dire aussi on considère
qu'ils ont des idées rancies qu'ils ont des idées arriérées que ce sont des idées qui ne peuvent
pas évidemment pas plaire aux gens pourquoi ça plairait aux gens ce sont des idées qui me
paraissent absurdes et du coup on les laisse prospérer et on les laisse prospérer parce qu'on
pense qu'elles ne sont pas dangereuses c'est ce que disait baptiste jusqu'au moment où c'est
trop tard et je prends un autre tout petit exemple qui me ramène plus vers le 19e siècle mais tout
à fait contemporain pendant 20 ans le puits du fou a pu prospérer sans aucun problème et c'est pas
et je veux dire moi ça me pose pas de problème on est dans un régime de démocratique et de libre
expression si philippe de Villiers veut créer un parc dans lequel il raconte que les Vendéens
sont des héros et que Robespierre était un bourreau sanguinaire qui est venu faire un génocide en
Vendée c'est n'importe quoi historiquement mais il a le droit de le dire sauf que nous les historiens
on n'a pas été capable de produire un discours suffisamment efficace et suffisamment dirigé
vers le grand public pour contrer ça et aujourd'hui on se retrouve un peu ballot parce que même des
gens moi ça m'est arrivé des amis qui sont pas du tout d'extrême droite qui me disent oui mais
quand même la révolution française quand il y a eu le génocide en Vendée et là ben et ben faut
ramer pour et nous on est à peu près armé pour ramer mais c'est pas le cas de tout le monde juste
par rapport à ça je voudrais dire qu'en fait quand il y a l'extrême droite a remporté la bataille
culturelle mais qu'elle l'a entamé il y a très longtemps en fait Alain de Benoît qui était évoqué
les horlogers le gresse tous ces gens là ont théorisé la conquête de l'espace public dans la
fin des années 70 et les années 80 et ils ont entrepris de le faire et le puits du fou c'est
un soft power c'est une histoire qui une histoire falsifiée mais qui est vu par des centaines de
milliers de gens chaque année et donc voilà c'est cet usage là il est déployé alors dans le
contexte médiatique qui était évoqué aussi avec des médias qui sont contrôlés par un certain
nombre de forces mais qui sont déclinés à tout à toutes les échelles c'est à dire que c'est sur
ces news une émission historique qui raconte des faribolles et qui revésite qui ressort le roman
national et qui évidemment crée un rapport identitaire mais voilà je vais tirer la couverture
mais à Béziers Robert Menard ne fait que ça il crée un rapport identitaire à permanent il réécrit
l'histoire et on me parlait d'euphémisation le 7 janvier il amène Marine Le Pen devant la statue de
Sophie Scholl résistante de la rose blanche c'est quand même pas mal d'avoir ramené l'héritière
d'un parti fondé par un Waffen SS et un milicien devant la statue de quelqu'un qui a été décapité
par les nazis et voilà on voit quand même le retournement qui est opéré de cette façon et
voilà et donc on multiplie véritablement les affrontements culturels les affrontements
idéologiques et alors souvent on dit qu'on n'entend pas le bruit des bottes enfin donc c'est la question
du silence des pantoufles voilà ça c'est à bas bruit c'est tout doucement mais ça progresse
et véritablement à toutes les échelles et la question aussi qui est tout à fait intéressante
c'est le fait de savoir pourquoi on sert des bons clients comme Zemmour Menard qui passent autant
de fois le maire de Toulouse ou le maire de Lyon ils sont quasiment inconnus du grand public qui
passent jamais le maire d'une ville de 70 000 habitants passe à 70 fois à un six mois à la
télévision et en radio c'est une question peut-être quelque chose qu'on pourrait dire aussi c'est la
redoutable efficacité du populisme aussi et qui fait des ravages un peu partout et qui profite
justement d'une forme de désamour quand même de la démocratie une forme de désamour pas de la
méfiance aussi à l'égard des gouvernements des gouvernants autant en france qu'en allemagne et
pour vous donner un exemple en allemagne de l'est surtout la fd je sais pas si vous connaissez les
proportions mais la fd en saxe par exemple est à plus de 30% dans les suffrages c'est le premier
parti politique en saxe par exemple et donc ça c'est très compliqué après de former des majorités
au sein des parlements régionaux et pourquoi est ce que ce populisme marche aussi bien c'est
parce que donc on dit que le populisme est un style politique qui explique que les gouvernants
sont déconnectés du peuple et les populistes disent eux mêmes représenter le peuple et donc
être démocratique parce que c'est la souveraineté du peuple et la vraie souveraineté et les courants
nationaux populistes sont des courants qui définissent ce peuple selon des critères donc
ethnique ratio voilà et donc ça ça marche extrêmement bien parce qu'en allemagne de
l'est vous avez tout ce passif en fait vis-à-vis de la rda aussi et cette méfiance à l'égard de
l'état qui est réactualisée aujourd'hui donc une très très grande méfiance avant vis-à-vis d'angela
mackin par exemple et qui là aussi se perpétue sous le nouveau gouvernement de scholtz par exemple
donc il y a des éléments comme ça qui sont intéressants aussi et donc le populisme qui
fonctionne alors j'attendais un peu pour vous répondre par rapport un peu encore aux médias
sur les médias ça n'échappe à personne que les médias appartiennent à 80% aux grandes fortunes
qui sont souvent des représentants dans ce qu'on appelle une droite mais pas n'importe quelle droite
une droite et deux mots qui n'ont pas été j'attendais un peu mais capitalisme néolibéral et même le
commun des mortels a du mal à croire que un président comme macron soit là vraiment pour
défendre les intérêts du peuple et et on s'aperçoit qu'effectivement toutes les politiques
qui sont menées depuis un certain nombre d'années sont là pour ils ont essentiellement nous priver
de plus en plus de nos droits de nos en tous les cas nous y créant des conditions de vie avec des
énormes inégalités et je voudrais poser cette question donc à vous tous c'est de ce lien si
lien il y a entre effectivement se poser la question que de savoir pourquoi aujourd'hui dans
les médias un peu partout dans les prêtes dans la presse à la télé etc etc sur les réseaux on
voit apparaître des figures qui seraient normalement pour la plupart d'entre nous et même pour ceux qui
ont l'impression que ce sont eux qui vont les défendre alors que pas du tout et pourtant ces
médias appartiennent à une droite comme une tradite traditionnelle qu'est ce qui fait et quel
lien qu'il y a entre cette droite néolibérale capitaliste et l'extrême droite si il y a il y a
et ça me paraît très très difficile de deux deux deux deux deux deux parce que tout à l'heure j'ai
encore comme ça on dit un an faut pas confondre comme tu disais tout à l'heure on n'est pas dans
le fascisme parce qu'on est là ce soir en train de discuter mais ces périodes pré-fascisme elles sont
des gens enclin parce qu'il y en a qui subissent déjà cette violence on en parlait en allemagne
et cetera mais dans d'autres endroits il ya des agressions en permanence mais nous on ne la subit
pas encore mais voilà il y a une question c'est vraiment ces liens entre moi enfin je me suis mal
exprimé peut-être mais moi j'aurais bien aimé entendre ce lien entre cette droite capitaliste
néolibérale et en quoi elle est soit comme un élément qui ce qui elle même voit arriver en
se disant ah mais qu'est ce qui se passe ou est ce qu'il ya il ya des liens de je dirais jusqu'à dire
de complicité presque est ce que est ce que c'est un mot fort oui alors en fait c'est tout l'objet
du livre c'est de faire le lien entre cette fascisation et l'extrême droite est ce qu'on
peut appeler l'extrême centre moi je pense que ce sont vraiment deux les deux faces de la médaille
qu'on ne peut pas en fait une fois qu'on a fait tous ces constats qu'on a fait jusqu'à présent c'est
à dire voilà les médias ont complètement favorisé des candidats d'extrême droite avec des
tendances fascisantes et cetera extrêmement dangereuse d'accord mais pourquoi pourquoi est ce qu'on se
retrouve avec une banalisation par exemple du fait que l'extrême droite pourrait se retrouver à
nouveau au second tour pourquoi est ce que à l'issue du premier tour en 2017 il n'y a même pas eu de
grande mobilisation comme ça avait été le cas notamment en 2002 parce que on a complètement
intégré incorporé l'idée que voilà c'était normal que désormais l'extrême droite soit assis
au pourquoi enfin une fois qu'une fois qu'on a fait tous ces qu'on a dressé tous ces panoramas et donc
je pense qu'en effet il ya deux il ya deux termes qu'il faut qu'il faut évoquer c'est le capitalisme
d'une part et la démocratie de l'autre bon alors sur le premier point et c'est lié à ce que vous
avez dit tout à l'heure sur la situation sanitaire tellement en fait on est on a quand même été très
familiarisé depuis quelques années avec une manière de gouverner qui est de plus en plus
autoritaire donc je dis pas que c'est le fascisme encore une fois c'est je le maintiens on peut avoir
des désaccords je pense par exemple quand tu disais par exemple on n'est pas forcément touché par des
agressions mais des agressions il y en a évidemment les agressions par exemple je suis allée il ya
trois semaines à strasbourg dans une maison des syndicats à l'initiative de collectif antifasciste
la salle était pleine on était plus de 120 etc et il ya 20 membres de groupuscules identitaires
qui sont arrivés avec des battes des bâtons des barres de fer des voilà et qui ont agressé cette
réunion publique dans une maison des syndicats voilà bon ça mais donc bien sûr que les agressions
elles se multiplient je pense que c'est quand même lié au fait que le monde socio-économique dans
lequel on vit est quand même de plus en plus violent en fait il ya une violence sociale qui
est structurelle c'est pour ça que je suis d'accord avec ce que tu disais sur voilà ce stade du
capitalisme qui est un stade d'expansion généralisée en fait d'expansion généralisée
il faut que le capitalisme comme la manière de s'emparer de tout pour le transformer en
marchandise et y compris à imposer une sorte de compétition généralisée entre les gens ce qui
engendre aussi bon bah de la précarité un chômage accru etc voilà l'extrême droite elle se elle
monte en flèche quand il ya des situations comme ça de d'aggravation d'une violence qui est une
violence structurelle et qui peut se traduire aussi par une manière de gouverner elle-même
violente moi je pense qu'on peut parler là actuellement de violence d'état quand vous
avez des personnes et là aussi comment peut-on s'habituer à cette violence là aussi bien la
violence qui concerne les migrants enfin je pense que l'histoire jugera ça comme une infamie ce qui
est en train de se passer avec les morts en méditerranée que voilà que là aussi complètement
banalisé sans compter pour les personnes qui ont réussi qui aurait réussi à voilà à faire les
traversées etc voilà bon tout ce qu'on voit au quotidien et heureusement qu'il y a des reporters
sur le terrain pour essayer de de rendre compte de ce qui se passe avec des temps classérés des
comportements qui sont proprement inhumains façon dont on accueille ou dont on n'accueille justement
pas ces personnes c'est la même chose pour une partie des populations qui subissent une violence
régulière dans les quartiers populaires de discrimination voilà assez structurelle dans
une autre mesure et ce qu'on a vu par exemple avec le soulèvement populaire des gilets jaunes avec
une trentaine de personnes qui ont perdu qui une main qui un oeil etc et comment peut-on s'habituer
à ça et comment peut-on aussi accepter que le pouvoir politique en place n'ait pas eu un mot
de compassion n'ait pas eu un mot de regret pour ces personnes qui ont été si gravement atteintes
dans leur chair en fait même des gens qui étaient proches d'Emmanuel Macron et je vais même pas me
faire l'avocate de cet avocat à savoir François Surrault un juriste qui a qui a contribué à
élaborer le programme de la république en marche là ça va dans le sens de ce que vous indiquez tout
à l'heure sur la la période de la crise sanitaire lui il est tellement effrayé par l'abaissement du
niveau des libertés publiques des libertés démocratiques et de la violence justement qui
s'exerce sur des opposants qui contestent dans la rue par les manifestations qu'il parle de
démocrature voilà il parle de démocrature donc voilà pour lui c'est pas une dictature mais c'est
pas non plus complètement la démocratie telle qu'on peut l'imaginer il ya eu énormément de
formes législatives aussi qui ont entériné ce passage progressif d'un état de droit qui
dans égard peut être encore respecté à un état d'urgence un état d'urgence le plus en plus
généralisé qui devient un état un état d'exception et c'est pour ça que moi j'avoue que j'ai un peu
de mal avec la catégorie de populisme parce que certes elle peut être bien pratique mais le
problème c'est qu'en fait on peut toujours constater qu'il ya des courants populistes voilà
qui disent qui prétendent représenter le peuple mais en fait la catégorie de peuple au sens d'une
catégorie historique et politique il me semble qu'elle est toujours pertinente en fait c'est
une population devient un peuple quand elle se mobilise politiquement quand elle décide de
faire sens de rentrer dans l'histoire de produire de l'engagement etc bon et donc en fait ce constat
qui est de la déconnexion entre les élus et ceux qui sont censés représenter l'idée que la
démocratie représentative elle représente de moins en moins de gens en fait je vois pas comment on
pourrait contourner ce constat donc en fait le populisme comme catégorie politique ça n'est
que le débouché de ce constat et on peut pas on peut pas juste parler de populisme si on n'a
pas à l'esprit justement le fait que quand même la démocratie au sens de la démocratie c'est le
pouvoir du peuple donc un pouvoir qui pourrait délibérer qui pourrait s'assembler pour décider
etc mais il ya quand même des pas entiers de notre existence qui échappe complètement justement à
ces formes de délibération démocratique donc à mes yeux voilà les deux les deux dimensions sont liées
c'est à dire un stade est compris avec ce que de plus en plus de chercheurs évoquent comme le
capital océan une ère géologique et pas seulement l'anthropocène mais vraiment un système de
productivisme qui conduit à un désastre un saccage de l'environnement et en quoi est-ce que c'est lié
à la possibilité justement d'une extrême droite au pouvoir c'est que évidemment avec des populations
qui vont être amenées face à ce désastre et c'est déjà le cas à migré des mille fans ceux
qu'on appelle maintenant les migrants climatiques etc mais ça ne va pouvoir qu'exacerber encore les
tensions y compris de ceux qui se diront voilà là le gâteau qu'on a à se partager il ne cesse de
se réduire et dès lors et bien il faut justement que ce gâteau soit réservé aux seuls représentants
pur de la communauté elle-même elle-même épurée donc je pense que le système socio-économique dans
lequel on vit et les ravages qu'il suscite à bien des égards et ainsi que la question démocratique
sont quand même des matrices explicatives à un phénomène de montée de l'extrême droite et comme
le dit aussi le titre d'un président ouvrage d'ougo paleta la possibilité du fascisme je vais aller
un peu dans le même sens on a l'impression mais qu'est ce qu'on peut faire face à cette finalement
à cette montée du fascisme alors qu'il ya une en face on a l'impression qu'il y a comme une espèce
d'illusion démocratie quoi est ce que la vraie démocratie c'est de pouvoir marcher dans la rue
comme un zombie avec des gens sur des écrans devant vous qui font comme si le monde n'existait
pas il ya une espèce de forme de violence qui apparaît dans à travers tous les outils de la
modernité du capitalisme qui pour annihilité tout pour annihiler toute forme finalement de ce
qu'il ya d'humain chez les gens là je parle pas de toute forme d'humanité et je vous ai entendu
parler de chapoutot qui disait aussi dans le management de ce qui est quand même très très
grave qui puisque le puisque l'un des penseurs du management moderne est quand même d'après ce
que j'ai lu chez chapoutot un ancien nazi qui a formé qui a qui a initié tout ce qui est le
management moderne qui est quand même d'une violence qu'on subit maintenant aussi bien dans
les entreprises que dans le service public ou ou les ou les ou les ou finalement les salariés ont
de moins en moins de liberté où où ils sont ils sont vraiment cantonnés à un rôle purement
productif et avec la disparition progressive malheureusement des syndicats voilà donc il y
a il y a une espèce de il ya une espèce d'apathie générale face à cette face à ce fascisme qui
finalement est en train de s'immiscer un peu partout dans la société parce que moi je trouve
que quand macron vous n'avez pas tellement parlé de l'utilisation de la police mais moi j'avais
jamais vu une police aussi violente comme qui on peut vraiment parler de nervie fasciste de donc
voilà face à tout ça je pense que c'est assez bien dit il ya que quoi je parle pas pour moi
parce que je fais aussi partie je suis aussi syndicaliste et je suis aussi militant politique
mais il doit y avoir une espèce de ressaisissement général et de réappropriation de l'outil
démocratique moi je pense que tout de même la représentation ce que maintenant ça on a
compris que ça marchait plus que que le que le peuple doit vraiment avoir son mot à dire dans
le jeu politique doit s'exprimer dans les institutions et tout ça je pense que ça parce
que il va falloir à un moment balayer tout ça quoi c'est là c'est ça semble être la seule
solution comme c'est pas moi qui a inventé tout ça mais juste je voulais juste revenir sur ce que
moi j'ai relu un texte que fondane qui est un philosophe qui a été déporté par les nazis en
1939 il disait que face à ce qu'il appelait hitler le caliban il disait qu'il fallait aussi que nos
sociétés que les sociétés donc de l'époque qui qui avait voulu un petit peu c'est un peu
ce qui se passe à travers tous les réseaux sociaux faire croire qui qui avait plus d'opposition bon
à l'époque il disait qu'il y avait c'était en fait une espèce de m'en s'est excusé moi lâcher un
petit peu vague mais que ce qu'ils voulaient face au fascisme il fallait il fallait pas avoir peur
il fallait arrêter de faire croire aux gens que la violence que la cruauté existait plus quoi dans
nos sociétés qui avait à force de nous dire que les rapports sociaux étaient policés ou de nous faire
croire en tout cas que cette violence intresse que à l'être humain ce qu'il appelle la cruauté et
ce que Baudelaire aussi a appelé la cruauté il faut aussi arrêter de faire croire aux gens que ce
n'est pas en nous ça bon c'est peut-être un petit peu vague ce que je veux dire pas très clair mais
non juste juste partir de Chapoutot pour y revenir moi le livre auquel vous faites référence me pose
un énorme problème parce que d'abord je trouve très confus d'une part sur le concept de néolibéralisme
que que Joanne Chapoutot utilise un peu un peu à tort à travers et fait débarquer au 3e acte de
son livre un peu sans prevenir et surtout parce que je pense qu'il construit sur un exemple
intéressant parlant sur la société ouest allemande de l'après-guerre sur les immenses
limites de l'épuration menées par les américains les britanniques et dans une moindre mesure les
français dans les zones dans les zones qui s'occupaient qui dit des choses plus généralement
sur l'encadrement du monde des affaires du management allemand mais ce que Chapoutot est
obligé lui-même d'admettre dans ce livre c'est qu'à partir de 60 son école se casse la figure et
qu'à partir de 70 toutes les méthodes de management qu'il a mis en place ont disparu alors ensuite on
peut extrapoler et continuer d'extrapoler mais je trouve que en général quand on commence à
faire ça on arrive assez vite sur un fantasme qui a été très prospère dans les années 30 qui est
tout un fantasme qui a été partagé de l'autre côté mais qui est le fantasme de la synarchie et
qu'on en vient à des catégories tout aussi flou et tout aussi vague je sais pas si elles sont plus ou
moins dangereuses sont peut-être moins mais que celle qui est utilisée qui sont utilisées par
l'extrême droite par contre et je répondis sur ce que vous disiez sur l'angoisse qui vous tenait
devant les gens qui marchent dans la rue avec des téléphones à la main qui est une manifestation
je pense comme une autre de la modernité dans laquelle on vit qui est une modernité voilà voilà
en deux ans on a quand même un virus qui a traversé la planète il y a un mois et demi
l'homme qui est assis sur le plus gros arsenal nucléaire du monde a décidé de déclencher une
guerre à 3000 km d'ici donc l'angoisse est là l'angoisse géopolitique est là et puis par
ailleurs je pense que la modernité industrielle post industrielle dans laquelle on vit pose un
certain nombre de questions sur notre vie privée etc et pour le coup je vais revenir à jean caputo
qui avant ce dernier livre a écrit d'excellents livres à mon avis et qui notamment sur son
analyte du nazisme et et de ce qu'on pourrait appeler lourd nazisme en tout cas les différents
courants qui ont fécondé le nazisme qui sont concaténés dans les années 20 et 30 pour aboutir
au phénomène d'avant 39 c'est que le nazisme comme le fascisme comme d'ailleurs dans le cas
français le morassisme est une réponse à une modernité qui est la modernité industrielle du
deuxième siècle qui est la réponse à la seconde révolution industrielle qui ne va pas du tout dans
le sens de la réponse que lui apportent les socialistes marxistes et non marxistes qui est
plutôt une réponse que j'aurais tendance à appeler restauratrice qui consiste à dire que
quelque chose on parlait du voile qui a été déchiré recoussus moi je parlerai d'une autre
expression en cours à la restauration qui est la chaîne des temps qui a été rompue et que cette
chaîne des temps elle est pas seulement politique c'est une chaîne des temps qui est alexandre
posait la question de pourquoi on pourrait s'engager dans ces mouvements là moi c'est une question qui
me taraude aussi mais je pense qu'il ya une la manière dont les leaders les penseurs les
intellectuels de ces mouvements qui ont gravité à la droite de la droite présente le monde
d'avant 89 d'une manière qui est très irénique mais qui est aussi une manière de répondre à
la modernité c'est à dire la modernité politique de la révolution française prépare à leurs yeux
une modernité industrielle qui est terrifiante qui bouleverse des modes de vie qui ramène dans
les centres ville des centaines de milliers de gens dont le mode de vie jusque là était rural
qui remet en question bien un niveau très anthropologique des structures familiales qui
existaient dans ça qui était très différente selon les régions je fais un peu du toad avant
qu'il vienne fou mais enfin c'est des choses qu'il a très bien qu'il a très bien mis en valeur dans
ses dans ses dans ses premiers livres et je pense que l'extrême droite et pour le coup c'est
peut-être un point commun entre un peu tous les mouvements qu'on a évoqué du cas limite et du coup
très problématique et le nazisme parce qu'on a toujours tendance à réduire toutes les extrêmes
droites au nazisme alors je pense que c'est vraiment si on devait faire une sorte de spectre c'est
objectivement le plus dingue à des mouvements comme les mouvements légitimistes ou ultra
au 19e siècle je pense que à chaque fois dont je reviens à chapeau 2 je pense qu'il a il a cette
intuition là sur le nazisme je pense qu'elle s'applique à tous ces mouvements c'est une
réponse à la modernité qui n'est qu'il ya cette dimension restauratrice qui n'est pas seulement un
retour en arrière c'est comment composer avec le monde que nous a laissé que nous ont laissé les
révolutions politiques et industrielles du 19e siècle alors là bon je m'éloigne un peu de mon
champ de compétence que moi je suis spécialiste de la première moitié du 20e mais c'est possible
c'est même je pense assez évident qu'on qu'on soit entré dans les iphone a été inventé en 2007
2008 le premier iphone ça fait peu de temps quand même 14 ans je pense qu'on est rentré dans une
nouvelle vous parliez d'une période c'est pas d'autant moi j'ai dû utiliser le terme d'inter rain
mais de flou d'entre deux je pense qu'on est dans un moment d'inter rain de flou et donc c'est
vrai et je pense que c'est là où zemmour comme marine le pen mais voilà en italie salvini en
allemagne la fd je pense que tous les pays européens et alors trump aux états unis qui a réussi à
faire une opéa sur le sur le parti républicain et d'extrême je pense que tous propose une réponse
à cette modernité inquiétante il propose une réponse complète et séduisante si tant est que
vous rentrez dans leur définition à le mérite d'être en fait assez lâche est beaucoup plus
l'âge par exemple que la définition raciale que donnaient les nazis dans les années 30 ou la
définition que donnait l'action française parce que c'était qu'un français si vous entrez dans
ces cases là la tentation deux émaux de marine le pen je pense et forte parce que le fantasme la
société il n'y a pas que je suis en train de faire des choses un peu bizarre en ce moment mais je
pense que c'est quoi son slogan c'est le retour de la société le retour aux jours heureux et je
pense que marine le pen et éric zemmour aussi en fait proposent à ceux qui les écoutent vraiment
et à ceux qui sont prêts à adhérer à leur discours le retour des jours heureux alors zemmour
c'est la france sepia du général de gaulle marine le pen c'est plus difficile à préciser je pense
qu'elle varie d'ailleurs son discours selon la région on a un peu marqué celle elle dit pas les
mêmes choses en le sud de la france et dans le nord est mais je voilà j'ai parlé très longtemps
mais je pense que il ya des choses par contre là on va peut-être louer un domaine dans les
cvn et on va partir pour une semaine complète pour élaborer tout ça je pense qu'on va devoir
hélas conclure tu voulais dire un dernier mot très très rapide juste pour pour revenir sur ce qui
était dit sur les gilets je crois que la question qui se pose aussi c'est la question de la
transformation du mouvement social d'ailleurs que voilà les grèves défensives que l'on mène depuis
des années échoue et les gilets jaunes ont créé un autre modèle et on parlait du numérique voilà
ils ont mis en place des formes d'auto organisation nouvelle et voilà je crois que c'est peut-être la
lueur d'espoir que l'on peut avoir puis par ailleurs une autre lueur d'espoir on parlait
d'extrême droite on parlait de falsification de l'histoire on a subi un choc finalement choc
zémour assez brutale depuis l'automne mais finalement les historiens n'ont pas dit leurs
derniers mots puisque à un très très peu de temps se sortit le trac de galima ou le livre
de joie de lorraine jolie encore un ouvrage récemment donc il y a une réponse et également avec des
ponts qui ont été jetés vers des youtubeurs etc et je crois qu'il ya une prise de conscience
aussi des chercheurs en général qui descendent dans l'arène et peut-être que ce sera le point
de départ de la reconquête de l'hégémonie culturelle merci à tous alors bien sûr j'ai
oublié de préciser mes habitudes je donne le tempo pour que vous soyez rassuré la soirée ne
se termine pas maintenant puisqu'on va terminer autour d'un ver donc on termine de manière informelle
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