À l'antenne
Titre
Artiste

#41 – À temps (a poem), tribute to Steve Paxton

proposée par Corinne Leconte

Diffusée le 21 mars 2024


#41 – À temps (a poem), tribute to Steve Paxton
Accords aux corps

 
Play/Pause Episode
00:00 / 1:00:00
Rewind 30 Seconds
1X

On ne peut toucher sans être touchée en retour. Tout ce que tu touches, tu le changes. Tout ce que tu changes te change, écrit Octavia E. Butler. Et c’est aussi ce que dit le mot hapticalité. L’hapticalité contraste avec l’opticalité.
Emma Bigé, Mouvementements, écopolitique de la danse – chap. Zones de contact, p.119

« Proche, et lointain
un danseur en mouvement
trouve l’itinérance
sur son chemin »
À temps, Timely (a poem) by Steve Paxton, 1977

Avec Carey Jeffries, Claire Filmon et Aurélie Vilette

Steve Paxton (21-01-1939 / 20-02-2024) s’est éteint, il y a juste un mois. Voici un tissage de ses textes, paroles sensibles, paroles agissantes lues par Carey Jeffries, Claire Filmon et Aurélie Vilette, toutes trois danseuses, contact danseuses, performeuses.

Nous nous sommes retrouvées comme par magie au studio de Cause Commune pour piocher parmi les très nombreux écrits de Steve Paxton, plaisir de les lire, de les écouter ensemble. Les donner à entendre, a tribute to and by Steve Paxton, et en l’honneur également du recommencement, de l’équinoxe, du cycle du printemps. La plupart des extraits sont des traductions (depuis l’anglais) d’Emma Bigé que nous remercions pour son encouragement et la somme de ses recherches notamment au sujet de la Danse Contact Improvisation.

Steve Paxton, danseur chorégraphe, débute sa formation en danse moderne et danse classique. Il explore ensuite le yoga, le tai chi chuan et surtout l’aïkido, d’abord au dojo Hombu de Tokyo et pratique à New York auprès de Yamada Sensei, qui transmet douceur et légèreté joyeuse, et apprend à apprendre en ralentissant, lentement, comme Steve Paxton nous l’a confié l’an dernier au cours d’un stage où Nora Hajos qui le donnait, l’avait invité à nous rejoindre en zoom pour intervenir, échanger, dialoguer.

Steve Paxton a été danseur de la Merce Cunningham Dance Company et membre fondateur du Judson Dance Theater et du collectif d’improvisation Grand Union à New York, qui réunissait nombreuses et nombreux chorégraphes – notamment Simone Forti (Fluxus), Lisa Nelson, Nancy Stark Smith… pour ne citer qu’elles, toutes trois très proches.

Dans les années 1960, Steve Paxton a recours aux mouvements quotidiens pour créer des premières pièces aussi singulières que Flat (1964), Satisfyin Lover (1967) et State (1968). En phase avec son intérêt pour la science et la technologie, Steve Paxton participe aux Nine Evenings : Theater and Engineering en 1966, tout comme John Cage.

En 1972, Paxton lance le Contact Improvisation, qui propose des principes physiques pour le mouvement de corps en contact : la fluidité dans la transmission et la réception du poids, la prise d’initiative, les réflexes et l’empathie physique innée. Le Contact Improvisation évoluera en un réseau international de danseurs chorégraphes qui se réunissent pour pratiquer et publier informations et essais dans la revue de danse et d’improvisation, Contact Quarterly, à laquelle Steve Paxton collabore en tant qu’auteur et éditeur depuis 1975.
Nous évoquerons la très proche danseuse et écrivaine, Nancy Stark Smith, fondatrice de l’Underscore, qu’on peut traduire comme le soulignement d’un trait, structure et partition pour l’improvisation, qu’elle dessine en glyphes devenus célèbres, et le global Underscore qui se pratique au rythme des cycles et des saisons, des solstices et des équinoxes.

Steve Paxton se produit, chorégraphie, donne des conférences et enseigne principalement dans les Amériques et en Europe. Il fonde Touchdown Dance avec Anne Kilcoyne en Angleterre en 1986, une structure qui offre à des mal-voyants la possibilité de danser.

En 1986, il commence également sa recherche sur Material for the Spine. Dans MFS, qui découle de sa pratique et de ses observations notamment avec l’aikido du Contact Improvisation, des chutes des liens, des relations, la colonne vertébrale devient alors, la spirale, l’hélix, l’hélice, le roulé, le membre essentiel du corps. Il réalise une étude technique et méditative des potentiels de mouvement du bassin et de la colonne vertébrale. En 2008, Steve Paxton réalise une publication numérique interactive du même nom, Material for the Spine, avec les Éditions Contredanse à Bruxelles, toujours en ligne, et qu’il décline ensuite sous forme d’expositions et d’installations : Phantom Exhibition, qu’on a vue en Belgique et au Japon, et Weight of Sensation au MoMA, Museum of Modern Art à New York.

Steve Paxton poursuit une collaboration au très long cours avec Lisa Nelson notamment dans PART (à partir de 1979) et Night Stand (depuis 2004). En 2016, il présente en tournée une reprise de Bound (1982) et chorégraphie la mise en scène d’un opéra de Robert Ashley, Quicksand, à New York.

À l’oreille

John Cage – The unavailable memory of (1944) – Prelude for meditation – mysterious aventure – Ryoanji.
Soma Baker – Soma’s Blend (2024)
Anohni and the Johnsons – Everything is new (2010)

Voix de Steve Paxton extraites de Humano Caracol – conversation filmée d’Ixiar Rozas
& de Swimming in Gravity – Lecture by Steve Paxton (2019)

Invitées contact danseuses

À lire

La Gravité

Sélection de textes publié dans Contact Quarterly (revue de danse contact)
Éditée par la cie L’œil et la main et traduit par Emma Bigé : Steve Paxton (1972-1982): une anthologie

Pour aller plus loin

Archives démonstrations performances Steve Paxton en ligne

Liens avec d’autres Accords aux corps

  • Listen to the little green frog – invitée Nora Hajos. Radio Cause Commune, Accords aux corps #26
  • Deep contact dance : pratiques somatiques et improvisations – invitée Carey Jeffries, Radio Cause Cause Commune, Accords aux corps #31


Sauf mention contraire et autres licences applicables cette œuvre sonore de Cause Commune est mise à disposition selon les termes de la

Licence Creative Commons Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.